30 juillet 2010

Pourquoi la fermeture de prisons vétustes fait débat ?

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C’est par un communiqué publié sur le site du Ministère de la Justice que la Garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie, a annoncé la fermeture définitive de 23 prisons -jugées trop vétustes- entre 2015 et 2017.

Cette mesure est une conséquence de la nouvelle Loi Pénitentiaire adoptée en 2009, et qui vise à mettre la France en conformité avec les recommandations du Conseil de l’Europe qui sanctionne notre pays depuis plusieurs années pour ses mauvaises conditions de détention.

Dans ces 23 établissements de taille moyenne, 14.000 places succèderont aux 9.000 actuellement en service. Ce bénéfice de 5.000 places devrait satisfaire syndicats et autres organisations qui luttent contre la surpopulation carcérale, mais visiblement des réserves sont émises car ce « bénéfice » ne permettrait qu’une mise en conformité « partielle » puisque aspiré par le principe d’encellulement individuel des détenus.

Par ailleurs, dans la liste communiquée du Ministère, on note que les nouvelles prisons seront majoritairement construites sur des sites excentrés de leur positionnement actuel. Les syndicats pénitenciers pointent du doigt les conséquences pour leurs personnels, sur le futur transfert des détenus et sur la taille des nouveaux établissements.

PRISONS A « TAILLE HUMAINE »

Les syndicats émettent les plus grosses réserves sur les points suivants :

« Américanisation » des prisons françaises : à l’image du docu-fiction Prison Valley diffusé récemment sur Arte, un risque de développement de super-prisons modernes certes, mais où les effectifs de surveillance sont réduits et où les détenus seraient gérés par caméras et interphones, n’est pas à exclure.

Sous-population de personnel contre surpopulation carcérale : ces nouvelles prisons pourraient accueillir près de 700 détenus contre des unités de 200 souhaitées par les syndicats. Ils évoquent le fait qu’un surveillant actuel est censé avoir 60 détenus à sa charge. Ce chiffre serait en réalité de 90.

La concentration ennemie de la réinsertion : comment tenir les engagements de réinsertion (surveillance sous bracelet électronique comprise) si l’on décide d’augmenter la capacité d’accueil des détenus sans tenir compte des besoins en personnel censés les accompagner.

Ces réserves ne sont pas négligeables. Elles n’abordent pourtant pas certains problèmes explosifs.

La Cour des Comptes a rendu le 20 juillet son rapport « Prévenir la récidive, gérer la vie carcérale ». L’institution juge dans ce rapport, la santé et l’accès à la formation professionnelle comme des points noirs. Nos établissements ne sont pas adaptés à une bonne prise en charge des détenus souffrant de problèmes psychiatriques, de même qu’ils ne permettent pas d’envisager de bonnes conditions de sortie (et donc de réinsertion) à des détenus souvent privés d’enseignements et de formations qualifiantes.

Comment faut-il interpréter la volonté affichée du Gouvernement à vouloir avancer rapidement sur le dossier de nos prisons ? Cet empressement vise-t-il à apporter des solutions aux recommandations et autres avertissements visant la France ?

Le débat est lancé et ne manque pas d’agiter le petit monde des commentateurs. Certains n’hésitent pas à conseiller une réouverture des bagnes d’antan ou mieux, de laisser à nos détenus les joies du pain sec et à l’eau…

Au final, la conclusion du rapport de la Cour des Comptes répond à ces questions : donner la priorité à un service public pénitentiaire qui gagne d’abord en efficacité et en dignité. S’il faut rattraper des lacunes considérables, la précipitation n’est toutefois jamais bonne conseillère. Pour redonner à la France ses lettres de noblesse en matière de dignité humaine, il convient avant tout de garder à l’esprit que les décisions prises aujourd’hui engagent notre pays pour l’avenir.

A la manière de Mencius : « Ceux qui s’avancent trop précipitamment reculeront encore plus vite ».

26 juillet 2010

Pourquoi le journalisme est-il devenu ennemi du politique ?

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Article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre à l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi ».

Durant des décennies nos gouvernants se sont accommodés du journalisme. Du moins, tant qu’ils étaient en mesure de le contrôler et de dicter les informations qui étaient audibles par le Peuple. Le Peuple était quant à lui soumis aux actualités émises dans les journaux et à la radio, en attendant l’arrivée de la télévision.

Le véritable journalismelibre et non faussé- est réellement né en 1974, année où le Ministère de l’Information a disparu. Avant cette date, nos dirigeants jugeaient des informations acceptables et transmissibles au bon Peuple.

La voix de l’Etat a mutée en voix du Peuple et, si les journalistes ont respecté très –trop- longtemps certaines règles de bienséance (certains appellent cela la déontologie), ils ont révolutionné leur métier au virage des années 2000.

C’est une particularité française. Une part de notre identité nationale. A l’aube du IIIème millénaire, les journalistes ont décidé de tout dire sans que rien, ni personne ne puisse altérer leur jugement ou leurs dires. Pour le politique, cette mutation est synonyme de hantise de chaque instant. De cauchemar permanent.

L’arrivée d’Internet et des nouveaux systèmes de communication ont bouleversé l’ordre établi : désormais l’information est continue. Le droit au secret, à la vérité opaque ou à la dérive du politique est impossible.

Certains jugent cet état de fait comme préjudiciable à la perception de la vie politique par les français. C’est vrai, quant le Peuple se met à réfléchir ou à se poser des questions…..ce n’est jamais très bon !

Dans de nombreux pays démocratiques, personne ne trouve à redire du principe que les populations soient informés des faits et gestes de leurs représentants. En France cela est considéré parfois comme une atteinte au principe de liberté de parole et de mouvement.

Alors, à la question de savoir si le journalisme est devenu l’ennemi du politique, il convient de répondre par la négative et de souligner qu’au contraire il lui garanti une forme de prospérité médiatique. Lorsque l’on passe son temps à distiller directives et autres commandements, il convient d’observer une exemplarité teintée de rigueur et de retenue.

Le politique ne doit pas craindre le journalisme, il doit l’encourager. Le politique ne doit pas craindre le regard du Peuple, il est tenu de le servir. Le politique propose, le Peuple dispose. La démocratie et la République sont à ce prix.

A la manière de Confucius : «  Se regarder scrupuleusement soi-même, ne regarder que discrètement les autres ».

10:00 Publié dans Décoder la politique ? | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : france, politique, journalisme, peuple, information | | | Digg! Digg |  Facebook

23 juillet 2010

Pourquoi la prison continue-t-elle de tuer ?

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Depuis le 1er janvier 2010

71 détenus

ont mis fin à leurs jours ou sont décédés

dans des conditions suspectes dans les prisons françaises

139 détenus se sont suicidés en 2009

Ban Public

OIP section France

13:04 Publié dans Changer la prison en France ? | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : france, prison, suicide, détenu, droits de l'homme, justice | | | Digg! Digg |  Facebook

21 juillet 2010

Pourquoi l’insécurité à Grenoble n’est pas un fait nouveau ?

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Les français sont pris pour des imbéciles. Ils sont condamnés à la politique du moment, à la politique de l’émotion.

La mort d’un des deux braqueurs du casino d’Uriage, et les incidents qui s’en sont suivis, ont contraint medias et Gouvernement à nous dévoiler toute la vérité, rien que la vérité, la seule vérité.

L’insécurité (mêlant précarité et insalubrité) des quartiers voisins de Villeneuve et de Teisseire à Grenoble, n’a pas démarré avec ce fait-divers.

De 1995 à 1999, j’ai vécu à Grenoble. De 1995 à 1997, j’étais interne au Lycée Professionnel André-Argouges de Grenoble, situé en plein cœur des quartiers de Teisseire et de Villeneuve.

Mon cousin a passé son service national dans le bureau de Police de la Galerie de l’Arlequin dans le quartier de Villeneuve, le même qui s’étale aujourd’hui sur les images à la télévision.

Cette zone de Grenoble était déjà considérée comme malfamée et dangereuse. Les grenoblois biens informés ont toujours évité d’y rôder la nuit. Délinquance, voitures brûlées et trafics en tout genre y avaient déjà droit de cité.

Entendre dire que de tels débordements ne sont jamais intervenus dans cette partie de la ville est un mensonge. Une infamie.

L’ordre républicain n’y est pas respecté depuis plusieurs décennies. Les habitants de ces quartiers sont des orphelins de la République. Ils ont été abandonnés à leur triste sort.

Le Président de la République Nicolas Sarkozy entend ramener l'Etat de droit et la sécurité aux habitants. Il n'a pourtant rien fait de plus lorsqu'il était Ministre de l'Intérieur.

Ces incidents, presque des scènes de guerre, sont représentatifs d’une société délaissée. Une nouvelle forme de République assassinée.

A la manière de Mark Twain : « Il y a trois sortes de mensonges : les mensonges, les sacrés mensonges et les statistiques ».

13 juillet 2010

Pourquoi faut-il fêter la République ?

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Un 14 juillet bien morose. Voilà sans doute ce qu’il faudra retenir de notre Fête Nationale pourtant si emblématique

Crise financière, crise démocratique et crise de défiance du Peuple envers ses dirigeants : voici le menu aigre-doux de cette année 2010.

Les français doutent et pourtant, ils ne doivent pas renoncer à porter haut les couleurs et à fêter la République comme il se doit !

Le 14 juillet est une date essentielle. Chaque année elle rappelle à qui veut bien l’entendre, que la France n’est pas une terre où la médiocrité s’épanche aisément en toute impunité.

La France est une terre imbibée de valeurs essentielles qui s’expriment avec force dans sa devise : « Liberté, Egalité, Fraternité ».

A la manière de Noël Mamère : « La République est là où respire la société ».

01 juillet 2010

Pourquoi j'attends des réponses à mes questions ?

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28 juin 2010

Pourquoi les détenus remportent-ils une victoire essentielle contre l’Etat ?

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Le 15 juin dernier, le Tribunal Administratif de Rouen a condamné l’Etat français à verser des indemnités allant de 350 à 17.500 € à 38 détenus et anciens détenus de la Maison d’Arrêt de Rouen.

Cette condamnation fait suite à la plainte déposée collectivement par ces détenus qui avaient jugé leurs conditions de détention incompatibles avec les dispositions inscrites dans la nouvelle Loi Pénitentiaire adoptée en 2009 et, aux engagements de la France sur les recommandations de détention souhaitées par le Conseil de l’Europe.

Malgré l’appel de condamnation du Ministère de la Justice devant la Cour Administrative de Douai, c’est un très sévère camouflet infligé à l’Etat, qui risque de faire tâche d’huile tant les conditions de détention dans notre pays sont régulièrement montrés du doigt comme portant préjudice à la dignité humaine.

Le Tribunal a estimé que les cellules de la Maison d’Arrêt de Rouen ne disposait pas pour la plupart de ventilation spécifique du cabinet d’aisance (entendez les toilettes), et que complété par une absence de cloisonnement avec la pièce principale, ces conditions de détention étaient un manque aux règles d’hygiène et de salubrité.

La Garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie a pour sa part, regretté cette décision en estimant que le Tribunal n’avait pas tenu compte des efforts de rénovation entrepris dans cet établissement pénitentiaire. Tout en précisant que cet établissement trop vétuste –comme beaucoup d’autres- serait fermé et détruit, c’est surtout un cruel aveu du manque de moyens alloués à la mise en place de la Loi Pénitentiaire qui s’entend dans les propos contrastés de la Ministre de la Justice.

 

Peut-on très sérieusement se réjouir d’une telle condamnation ? Non, bien entendu ! Qui pourra se satisfaire de voir la France portée au gibet pour avoir ôté à certains le droit légitime de bénéficier d’un minimum  de dignité ?

Une satisfaction pourtant : celle de savoir que les français ne sont plus désormais placés dans l’ignorance…

A la manière de Nathaniel Hawthorne : « La prison, cette fleur noire de la société civilisée ».