20 juin 2008
Pourquoi je n’adhère pas à l’association Puteaux Ensemble ?
Le microcosme politique putéolien est une nouvelle fois en ébullition !
A peine trois mois après le deuxième tour des élections municipales, ils sont bien nombreux les sites internet liés à notre commune, à se faire l’écho volontaire de quelques difficultés chroniques au sein de l’ancienne équipe Puteaux Ensemble, qui a recueilli plus de 25% des suffrages lors de la dernière élection.
Après avoir lu les différents comptes-rendus, les différentes versions ou les annonces de dernière minute qui se sont étalés ici ou là, mon silence prolongé en ma qualité d’ancien Directeur de Campagne de Christophe Grébert et de cette équipe, était mal perçu par certains et incompris par d’autres. C’est pour cette raison que je décide aujourd’hui de sortir de mon « devoir de réserve », afin d’exprimer ma position personnelle et de rétablir certaines vérités.
La première chose à dire, c’est que cela viendra clore les bouches –ou les doigts gluants- de certains de nos anciens opposants qui ne manquent aucune occasion de railler le « miracle citoyen » auquel ils n’ont jamais cru et qu’ils n’ont eu de cesse de combattre au moyen de pratiques politiciennes habituelles qui leur ont coûté quelques points lors du dernier vote populaire.
La deuxième chose, c’est que je doute très fortement que cela puise intéresser les habitants de Puteaux qui préfèrent que leurs représentants s’occupent de leurs problèmes quotidiens plutôt que de leurs histoires nombrilistes.
La troisième et dernière chose, c’est un regret profond de voir que l’on ne parle justement plus de ces putéoliens que nous avons « envahi » durant la campagne, en préférant se pencher sur des joutes orales ou morales sans grand intérêt pour le devenir de notre commune.
Les putéoliens doivent savoir que cette élection s’est déroulée sans ombrage et que leur vote a été clairement entendu. Madame Joëlle Ceccaldi-Raynaud a été élue (et non réélue) à la régulière en remportant une adhésion populaire incontestable dès le premier tour avec près de 49% des suffrages. Le résultat du second tour est venu confirmer cette tendance en lui permettant de dépasser allègrement la barre des 53%.
Nous avons été nombreux à regretter cette élection en pensant que l’application d’une politique honteusement dépensière, ouvertement clientéliste et souvent incompréhensible, n’était pas un gage de développement et de stabilité pour l’avenir de Puteaux. Toutefois, les putéoliens se sont exprimés et ont fait un choix clair qui doit être reconnu et respecté comme tel. La démocratie c’est aussi cela. Dont acte.
Lorsque Christophe Grébert m’a chargé de diriger sa campagne en mai 2007, j’ai accepté sa proposition avec enthousiasme et détermination, sur le principe de convictions et de valeurs personnelles que j’entendais voir défendues dans une ville où être « opposant » rimait avec les faits d’être méprisé, insulté ou victime de pressions dont j’ai moi-même été la victime à un niveau qui ne m’ont jamais affecté. C’était également le fruit d’un choix personnel suite à mon expérience au sein de la section locale du Parti Socialiste où les règles de la compromission et de la magouille étaient de mise. Il m’était impossible de cautionner le fait que l’on m’impose le nom d’un candidat et que l’on connaisse le résultat d’une « consultation militante » dès le 14 juillet, alors que celle-ci n’était programmée que fin septembre. Enfin, les procès à répétition orchestrés par la majorité municipale et cette honteuse insinuation affichée sur le site de la ville de l’époque, qui avait laissé entendre que Christophe Grébert avait des penchants pédophiles, ont fini par me décider à me lancer dans cette bataille pour offrir une autre alternative aux putéoliens.
Puteaux Ensemble, une campagne d’exception
Je ne reviendrai pas sur le déroulement d’une campagne que j’ai très largement commentée et que vous pouvez retrouver en détail dans la catégorie « saga Puteaux Ensemble ».
Il me semble essentiel de rappeler ici que notre modeste équipe de départ qui n’était constituée que de trois clampins à son démarrage a su rallier à sa cause 4.523 putéoliens au deuxième tour, à qui je souhaite renouveler nos remerciements.
Les 43 colistiers de Puteaux Ensemble sont allés à la rencontre de leurs pairs avec courage, enthousiasme et volonté d’agir collectivement pour parvenir à construire « une ville qui nous ressemble ». Ils sont partis à la bataille en gardant à l’esprit que les putéoliens sont des citoyens comme eux, qui réclament que leurs représentants les entendent et travaillent en toute intelligence au-delà de leurs convictions politiques et personnelles.
Une vision utopiste certes, mais une vision qui a prouvé son efficacité et sa valeur ! Les colistiers de Puteaux Ensemble n’ont jamais trahi cet engagement et continuent encore aujourd’hui à défendre cette nouvelle manière de faire de la politique.
J’ai aimé notre équipe. Je n’ai eu de cesse d’écrire et de dire l’affection et le profond respect qui me lie à chaque femme et à chaque homme qui l’on constitué. C’est à eux, et à personne d’autre, que les putéoliens ont accordé leur confiance !
Puteaux Ensemble, un projet citoyen
A qui appartient le projet de Puteaux Ensemble ? La réponse n’a pas changé : à tous les putéoliens. A la seule différence qu’ils n’ont pas été assez nombreux les jours de vote, à estimer que celui-ci devait être appliqué jusqu’en 2014.
Notre ancien projet n’est pas tombé aux oubliettes du jour au lendemain. Il est simplement devenu obsolète et doit être enrichi, repensé et amélioré si il doit le jour venu, être une nouvelle fois soumis aux suffrages des habitants.
Comme de nombreux putéoliens, j’ai participé à la rédaction de ce projet. Mes petites mains ont assuré sa maintenance durant tous les mois de campagne. Christophe Grébert n’en est pas le rédacteur, puisqu’il n’est intervenu que lors de l’étape finale de rédaction. Il ne peut à ce titre, en tirer aucun bénéfice ou gloire personnelle. Ce projet n’était pas son projet.
Puteaux Ensemble, les dessous politiques et les non-dits
Les Verts ont été les premiers à rejoindre notre rassemblement citoyen. En fin d’année 2007, ils étaient tenus de répondre à une question : s’engager « naturellement » derrière la liste socialiste de Stéphane Vazia ou rejoindre Puteaux Ensemble. Ils n’ont subi aucune pression de notre part, ce qui n’a pas été le cas de la part de la section socialiste. Ils ont fait un choix de conscience qui respectait leur conviction de faire vivre la parole citoyenne.
Les Verts ont pris la décision d’intégrer notre équipe et de participer activement à la rédaction du projet. Je ne peux que souligner leur courage politique. Appréciés de tous, ils ont su prendre toute leur place au sein de l’équipe en gommant avec classe leur étiquette pour laisser s’exprimer leurs convictions. Ils ne sont pas venus « vendre des cartes », ils n’avaient pas besoin de cela pour être vus et entendus.
Cette discrétion des Verts n’a pas été aussi aisée pour le MoDem. Malgré une rencontre à la fin de l’automne qui avait réunie Frank Lévèque, Robert Bernasconi et Stéphane Audru d’une part, et Christophe Grébert , Frédéric Chevalier et moi-même d’autre part, la section locale du MoDem avait choisi dans un premier temps de partir seule à la bataille.
Tout le monde comprendra que la présence d’une énième liste lors de l’élection municipale, et sur une base « électorale » qui nous était plus favorable, risquait d’amoindrir la force de notre message et donc, du résultat que nous comptions obtenir.
Christophe Grébert avait annoncé clairement à toute l’équipe qu’il souhaitait voir Sylvie Cancelloni devenir N°2 de sa liste. Les tractations politiciennes m’indisposant au plus haut point, je n’ai pas souhaité être mêlé de près où de loin aux suites que cela pourrait entraîner avec le MoDem. J’ai été au courant d’un dîner au Sénat où semble t-il, un accord avait été conclu qui visait à obtenir deux personnes estampillées Modem dans les cinq premières places de notre liste. La suite est connue de tous, c’est certainement au nom de cet accord que Frédéric Chevalier était donc annoncé comme tel au lendemain de l’élection !
En janvier, au prix de longues et coûteuses discussions avec les responsables (nouveaux, ex, anciens) du MoDem, Sylvie Cancelloni a obtenu la direction du MoDem local et a choisi de rejoindre le groupe Puteaux Ensemble. Cette arrivée s’est bien passée sur le plan des personnes, mais très mal au niveau de la volonté hégémonique de placer le MoDem au devant de la scène. C’est du moins le ressenti de nombreux membres de notre équipe à ce moment là et encore aujourd’hui. Je souhaite tout de même préciser que certains adhérents du MoDem avaient déjà rejoint notre équipe avant cette date, et que pour certains d’entre-eux, ils ont eu la même pudeur et la même discrétion que nos amis Verts.
La campagne s’est ensuite déroulée normalement avec quelques couacs comme dans toute campagne. C’est sans doute cette perpétuelle volonté hégémonique qui est à l’origine de la présence des logos des partis sur notre matériel de campagne. Logos qui n’étaient ni souhaités, ni convenus avec la majorité des membres de l’équipe.
C’est aussi très certainement la manie de vouloir justifier de notre non ancrage à gauche ou à droite, qui a lourdement ralentie notre campagne. On ne doit pas passer son temps à justifier de ce que l’on n’entend pas être, restant entendu que « rassemblement citoyen » était le mot d’ordre de notre campagne !
Puteaux Ensemble, les lendemains douloureux de l’élection
Le jeudi suivant le scrutin, Christophe Grébert lance devant son ancienne équipe : « le prochain Maire de Puteaux sera de droite ou de centre-droit ». Les PE de sensibilité de gauche n’ont pas apprécié cette annonce et c’est à mon avis un contre sens car chacun sait à la lecture des résultats, que Joëlle Ceccaldi-Raynaud a remporté l’élection sur l’électorat dit « Ceccaldiste », donc lié à une politique clientéliste appliquée depuis quarante ans, et à l’abstention qui est souvent la majorité silencieuse de tout scrutin.
L’annonce mensongère du ralliement de Frédéric Chevalier au MoDem au lendemain de l’élection a causé de nombreuses interrogations auxquelles Christophe Grébert et Sylvie Cancelloni ont refusé de répondre, créant une exaspération sensible au sein de l’équipe. Il m’écrira quelques jours plus tard : « je ne sais pas si Puteaux Ensemble a encore des raisons d’exister ».
De fil en aiguille, rien n’a été fait pour apaiser le climat et les tensions sont allées croissantes. De maladresses en maladresses, la volonté de certains membres de l’équipe d’obtenir des explications n’a pas été satisfaite et nous en sommes arrivés à des extrémités de langage qui n’avait plus rien à voir avec les idéaux que nous avions défendus.
Christophe Grébert souhaitait dans le même temps voir l’avènement de l’Association Puteaux Ensemble. Une bien mauvaise intention en pleine crise ouverte qui ne laissait que peu de chances à celle-ci. Sa volonté était de voir une association construite autour de l’action des cinq élus du nouveau groupe Puteaux Ensemble, dirigée par ses soins et où les membres de l’ancienne équipe n’étaient relayés qu’à des rôles de figurants et de précieuses petites mains, allant même jusqu’à envisager des vice-présidents représentatifs de la gauche et de la droite.
Sur ces bases, je ne voyais plus vraiment le lien avec la dynamique que nous avions construite tout au long de notre campagne, et je me suis clairement opposé à cette vision d’une association qui n’était plus destinée à rendre la parole aux putéoliens, mais bel et bien à servir de plate-forme électorale au service des intérêts d’une seule personne. Ma vision de Puteaux Ensemble est différente et j’ai proposé alors ma candidature à la présidence provisoire de PE afin d’apaiser les tensions existantes et d’accoucher d’une ligne directrice pour cette association qui soit clairement apolitique.
Christophe Grébert n’a pas apprécié ma position et il m’a souhaité sèchement « bon vent » en dehors de Puteaux Ensemble. J’ai pris acte de cette requête et suis resté en dehors d’une orientation politique qui ne me convenait pas. Jusqu’au bout je reste fidèle aux valeurs et aux convictions que j’ai souhaité défendre. Rien, ni personne, ne pourra m’empêcher d’être libre de penser et d’agir. Pas même le candidat que j’ai soutenu lors de cette campagne.
Puteaux Ensemble, l’association mort-née et l’adhésion de Christophe Grébert au MoDem
Le 19 juin 2008, Christophe Grébert a annoncé conjointement le lancement de l’association Puteaux Ensemble et son adhésion au MoDem pour retrouver un nouveau projet.
Je ne peux pas laisser écrire et dire que la base du travail des colistiers de Puteaux Ensemble reste fidèle aux engagements de François Bayrou et du MoDem. Pour la bonne et simple raison que l’on ne peut pas placer sur une même ligne, une volonté nationale et un projet purement local. C’est une hérésie que d’écrire cela et une justification douteuse.
Si notre volonté collective était de surpasser nos choix politiques respectifs, c’était dans un but et un objectif précis : les élections municipales de Puteaux. De même, cette dangereuse affirmation porte atteinte à la liberté de pensée et aux convictions personnelles de nombreux anciens colistiers. Ces derniers refusent clairement d’être pris en otage de la décision personnelle de Christophe Grébert d’adhérer au MoDem. Cette annonce de dernière minute est un mauvais coup porté à l’association mort-née Puteaux Ensemble, où bien peu d’anciens colistiers ont choisi d’apporter leur soutien.
Christophe Grébert a fait des choix personnels qu’il devra assumer seul devant les électeurs et ses anciens soutiens. C’est à eux que revient le droit de le juger, et donc de lui renouveler ou non leur confiance. Maintenant, comme beaucoup d’autres, je ne souhaite pas que celui-ci continue à utiliser notre nom et le fruit de notre travail pour justifier de ses actions au sein du Conseil Municipal ou en dehors.
A titre personnel, si l’étiquette « Puteaux Ensemble » lui semble désormais trop lourde à porter, et s’il ne se sent plus à l’aise avec la Charte Ethique qu’il a signé comme nous tous, je ne peux que lui conseiller de faire son examen de conscience et/ou à se démettre d’un mandat qu’il n’honorerait plus.
C’est pour toutes ces raisons que j’ai choisi de ne pas répondre aux demandes répétées de Christophe Grébert , et de ne pas adhérer à l’Association Puteaux Ensemble qui n’est rien d’autre qu’une coquille tristement vide. Je n’aime pas l’idée de servir d’alibi ou de pacificateur à qui l’on tend un os à ronger.
Puteaux Ensemble, mes relations personnelles
Le dernier chapitre de ce trop long récit –comme d’habitude- c’est de dire que je conserve de l’amitié et de l’estime pour tous mes anciens colistiers. J’ai partagé des moments intenses de joie et d’engagement à leurs côtés, et ils n’ont jamais cessé de me témoigner une affection à laquelle je reste sensible.
Les cinq élus actuels de Puteaux Ensemble : Christophe Grébert , Sylvie Cancelloni, Bruno Lelièvre, Evelyne Hardy et Frédéric Chevalier , ont une lourde responsabilité à remplir. Je les appelle au bon souvenir des 4.523 putéoliens qui leur ont confié la tâche de ne pas laisser l’UMP et le PS à demeurer seuls maîtres de leur destin. S’ils doivent prendre certaines décisions par besoin de clarification et nécessité dans l’accomplissement de leur mandat : qu’ils les prennent rapidement en toute transparence devant les putéoliens.
Le but n’est pas d’alimenter les chroniques mondaines de quelques sites putéoliens, où leurs rédacteurs n’ont d’autre sujet que de détruire ce qu’à été Puteaux Ensemble durant de longs mois et sa résolution au sein du Conseil Municipal. L’alimentation de ces chroniques leur permet ainsi d’éviter de parler du seul sujet qui devrait les préoccuper : le devenir de notre commune et de ses habitants. Personnellement, je ne peux lier mon nom à certaines personnes qui ont des idéologies que je dénonce et que je combats. Ils sont très souvent les premiers bénéficiaires d’une politique municipale qui ne place pas tous les putéoliens sur un pied d’égalité.
Quant à mes relations personnelles avec Christophe Grébert , elles demeurent de mon domaine réservé et ne peuvent sortir du cadre strict de ma vie privée. Je n’ai pas pour habitude de m’épancher sur des épaules compatissantes qui s’éloignent bien rapidement lorsqu’elles n’y trouvent plus aucun intérêt personnel ou stratégique.
Les putéoliens méritent que l’on se soucient d’eux…..le reste c’est de la comédie tragique ou sentimentale.
Régis Sada
14:59 Publié dans Kyrielle Puteaux Ensemble ? | Lien permanent | Envoyer cette note
| Tags : puteauxensemble, puteaux, municipales, christophe grébert, ceccaldiraynaud, ump, ps |
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