17 mars 2009

Pourquoi Puteaux de mars 2008 à mars 2009 ?

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Revenons plus en détail sur l'état de Puteaux un an tout juste après l'élection municipale de mars 2008 et le premier bilan dressé par la majorité municipale emmenée par la Députée-Maire UMP Joëlle Ceccaldi-Raynaud.

Dire que tout va mal est un mensonge. Lorsqu'une commune (ou une collectivité locale) dispose d'une aisance financière, il lui est possible de se moderniser plus facilement ou d'apporter des preuves de sa prospérité à ses habitants. Sur ce point, bon nombre de ses collègues maires doivent considérer Joëlle Ceccaldi-Raynaud comme une Bienheureuse.

Dire que tout va bien n'est pas convenable non plus. Gérer une commune aisée oblige bien plus qu'elle ne permet ! Les fonds consacrés aux structures et à leur entretien, font souvent défaut à celles et ceux qui y réside.

Puteaux est ville très bien équipée en structures il n'y aucun doute là-dessus, mais lorsque je découvre aux pages 6 et 7 du Puteaux-Infos de mars 2009 que notre Maire estime que le lien social avec les habitants se tisse seulement au travers de « grands rendez-vous festifs », par le « maintien de l'ordre », « l'amélioration des déplacements », ou encore la mise en place de « zones 30 et 20 en centre-ville », je manque de peu de m'étouffer !

C'est ici la confirmation que la vision d'un véritable projet de ville qui associe les élus, les responsables associatifs et les habitants, n'est pas la priorité de Joëlle Ceccaldi-Raynaud qui s'enferme désespérément dans son schéma autocratique de : « mon idée à moi, rien que mon idée à moi, toujours mon idée à moi ».

Réalisons, créons : il en restera toujours quelque chose !

Sur les nombreuses réalisations évoquées par la majorité, toutes ne sont pas à jeter au pilori. Etre dans l'opposition ne dispense pas d'être intelligent, ainsi : comment regretter les efforts consentis pour l'amélioration des conditions de circulation et d'accessibilité des personnes handicapées ? Comment renier la création d'une nouvelle structure médicale de soins palliatifs, d'une nouvelle maison de retraite ou de nouveaux berceaux pour les bébés ?

Lors de l'un de mes premiers entretiens en qualité de Représentant de Quartier (les rires sont proscrits) avec Joëlle Ceccaldi-Raynaud, nous avions évoqué la future Médiathèque (ouverte depuis). La réponse de cette dernière avait été sans appel : « je veux toujours offrir le meilleur pour les putéoliens » ! Une affirmation bien cruelle à mes yeux.

Cette déclaration de bonne intention vis-à-vis de ses concitoyens ne mange pas de pain. C'est sympathique, c'est louable, mais ce n'est pas à mon sens la juste définition d'une volonté politique affirmée. Un Maire n'est pas élu pour offrir le meilleur à ses administrés. Il est élu pour écouter, entendre et répondre aux besoins de sa population en réfléchissant sur le long terme, ce que tel ou tel équipement, tel ou tel engagement, aura comme incidence sur le devenir de sa commune (tant sur le plan financier que sur son rayonnement). Pour le reste, tout est une question de goût ou de conviction.

« Le goût est le sourire de l'âme ; il y a des âmes qui ont un vilain rictus, c'est ce qui fait le mauvais goût. » Léo Ferré

Sur le goût, ne soyons pas avares, celui de la majorité reste très personnalisé et je doute qu'il ne soit réellement majoritaire. Je ne reviendrais pas sur le fameux Temple d'Amour qui veille sur les nuits des habitants de Lorilleux, et encore moins sur les palmiers, fontaines ou autres arbres en pots qui jalonnent les ruelles putéoliennes. Ces diverses expériences sont bien assez douloureuses pour ne pas être mentionnées.

Je me contenterai d'évoquer les touches vertes qui ont fleuries ici où là sur la commune et qui sont censées apporter un côté nature aux habitants. Là il faut bien avouer que si notre Députée-Maire souhaite « innover dans la continuité », les putéoliens ne devraient pas être déçus !

Citons les exemples du carré de lavande qui agrémente le parking rue Lavoisier, la bambouseraie et le Jardin du Sud proches du Pont de Puteaux et la prochaine trouée verte (version gréco romaine) entre les rues Jean-Jaurès et Roque de Fillol. Il y en a pour tous les genres, tous les styles et toutes les envies. Sans remettre en question la nécessité de cette verdure si essentielle en ville, et si un futur jardin des Eléphants et un autre des Pandas sont promis, il n'est pas inutile de demander un brin de cohérence urbanistique. Ne faisons pas n'importe quoi, n'importe où, n'importe comment ! Puteaux dispose d'une âme et d'une identité historique, n'est-il pas préférable de les mettre en valeur plutôt que d'importer des concepts parfois risibles ?

« On appelle "mauvaise foi" les convictions d'autrui qu'on ne partage pas. » Philippe Bouvard.

Sur les convictions, rendons hommage au sieur Bouvard en lui décernant la médaille de citoyen d'honneur de la Ville de Puteaux ! Car dans notre charmante bourgade alto-séquanaise il ne fait pas bon exprimer ses convictions tant elles sont souvent détournées lorsqu'elles ne correspondent pas à l'ordre établi.

Joëlle Ceccaldi-Raynaud n'aime pas être contestée dans ses choix. Ainsi, lorsque ses opposants tiennent à lui rappeler ses erreurs de jugement ou ses décisions trop hâtives, la Députée-Maire de Puteaux n'a aucun scrupule à tourner ses interlocuteurs en ridicule et à décrier leur mauvaise foi destructrice.

LE marronnier putéolien par excellence demeure celui des voyages organisés par la municipalité à l'attention des jeunes putéoliens. Je rassure ma famille, Clermont-Ferrand et l'Auvergne ont retrouvé un semblant d'attrait pour ma Députée-Maire depuis les dernières élections et si, il est toujours aussi difficile de faire du ski à Bamako, rien n'a d'égal que le catalogue de destinations fournies comme la Laponie, les Etats-Unis ou le Viêt-Nam !

Il faut se satisfaire que 603 jeunes putéoliens aient bénéficié de ces prestations et que la ville couvre 70% du prix total de chacun de ces voyages. Mais il faut regretter que les 700 ou 800 € restant à financer par les familles continuent de priver une majorité de jeunes putéoliens de ces destinations rêvées et que de l'aveu même de Joëlle Ceccaldi-Raynaud en conseil municipal, se soient souvent les même qui partent se détendre pendant que les copains se contentent de Puteaux en plage ou en neige !

Oui Madame, VOUS êtes de mauvaise foi ! Etre incapable ou se refuser à comprendre que la base de calcul du prix d'un voyage doit être celle des revenus des parents, et non du montant de l'enveloppe qu'y consacre la commune, c'est négliger l'égalité républicaine et renier l'égalité des chances promise par le président de la République.

De même, la majorité municipale met en avance son travail au niveau de la sécurité et du maintien de l'ordre en brandissant le Contrat Local de Sécurité signé en 2006 ou en justifiant l'extension de la vidéoprotection alors que celle-ci présente un bilan en demi-teinte.

L'insécurité est un vieux chiffon rouge que l'on agite souvent pour masquer d'autres maux parfois gênants. Lors d'un récent Conseil Municipal, sur une question liée sur le Taser posée par Evelyne Hardy, la Députée-Maire de Puteaux s'est refusé à acquérir ce type de matériel en annonçant que sa Police Municipale avait rendue les armes dont elle disposait jusqu'à cette date. La raison principale : Puteaux n'est pas Chicago et il n'y règne pas un climat d'insécurité probant !

Lorsqu'au Conseil suivant la réunion passée du Contrat Local de Sécurité est abordée, on rappelle gentiment que l'opposition critique n'y a pas assisté preuve de son désintérêt. On a oublié de mentionner que celle-ci n'y avait pas été conviée ! Sur le Contrat Local de Sécurité (signé en 2006), une lecture attentive de l'enquête préliminaire ayant servi à son élaboration démontre que ce dernier a été ouvertement orienté et que l'échantillon représentatif des habitants relève de l'imposture pour ne pas dire de la malhonnêteté !

« La démocratie a du bon pour ceux qui savent en profiter. » Charlotte Savary.

Merci Charlotte, car à Puteaux certains savent en profiter ! Non rassurez-vous, je n'attaque pas Joëlle Ceccaldi-Raynaud en procès pour déni de démocratie. Après lui avoir souhaité un bon anniversaire et l'avoir félicité pour la dissolution de son opposition, je laisse le soin à certains professionnels putéoliens de lui en faire la querelle.

Tout de même, je suis à deux doigts de m'énerver ! Agacé un chouillas des représentations théâtrales données à l'occasion des derniers conseils municipaux. Frustré de constater que la majorité (et ses affiliés) préfèrent donner de l'importance à des gens et à leurs propos qui ne servent en rien les putéoliens, en omettant d'entendre celles et ceux qui ont des compétences et des valeurs à défendre pour le bénéfice de tous.

Faut-il parler du Conseil Economique et Social Local de Puteaux ? Notre Maire et sa majorité sont-ils en mesure d'expliquer en quoi ce « machin » est censé porter un regard nouveau sur de futurs chantiers ? Faut-il supporter encore longtemps l'affront d'une mise en valeur de représentants ou de conseillers de quartiers à Puteaux ? Comment accepter que ces deux organes consultatifs soient considérés comme parties intégrantes de ladite démocratie participative ?

La seule démocratie participative viable et propre c'est celle qui associe des habitants qui ne sont pas choisis arbitrairement et de manière totalement opaque, mais désignés par leurs pairs en toute transparence, et qui s'inscrivent dans une structure dont on a préalablement déterminé le périmètre d'action. Cette notion est inexistante à Puteaux et les annonces ci-dessus ne sont que la forme avouée d'une vaste fumisterie organisée.

Enfin, le questionnaire en page 11 du Puteaux-Infos qui invite les lecteurs à donner leur opinion sur leurs priorités ou les projets souhaités reste toujours une bonne initiative. Le paragraphe 5 lié à l'équipe municipale est d'un cynisme rare presque insultant.

Optimisme de rigueur

Non, malgré les quelques coups de canif ci-dessus je reste optimiste pour Puteaux. J'espère, j'espère toujours que la raison l'emportera un jour sur la passion. L'alternance n'est pas venue alors qu'elle était tant attendue. Je ne doute pas, un jour viendra où même la gestion de l'actuelle municipalité sera passée de mode.

Faut-il se résigner ? Faut-il s'opposer sans proposer ? Faut-il tout accepter ? Non, car tout cela c'est renoncer. Pour ma part, je ne veux pas renoncer à l'idée que l'on peut faire tout aussi bien si ce n'est mieux de manière très différente et beaucoup plus égalitaire.

Que souhaiter à Joëlle Ceccaldi-Raynaud ? Qu'elle prenne plus conscience du slogan de sa ville, la ville où il fait bon vivre, car Plutarque l'a dit un jour : « Le commencement de bien vivre, c'est de bien écouter. »

Régis Sada

17:18 Publié dans Habiter Puteaux ? | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : politique, municipale, puteaux, ceccaldi raynaud, ump, ps | | | Digg! Digg |  Facebook

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