21 avril 2009
Pourquoi la France doit rester à la Conférence sur le Racisme de Genève ?

Suite aux propos racistes et antisémites prononcés à la tribune par le Président Iranien Marmoud Ahmadinejad, le monde est en ébullition et le microcosme politique français s'interroge à gauche comme à droite sur la nécessaire présence de la France à cette conférence.
Chacun y va de sa petite formule en s'offusquant que la France n'ai pas adopté la position des Etats-Unis, de l'Italie ou de l'Allemagne, qui ont préféré la politique de la chaise vide.
J'avoue ne pas bien comprendre cette levée de boucliers. Les français habituellement si prompt à jouer les donneurs de leçons en matière de démocratie et de défense des Droits de l'Homme, seraient désormais prêts à « baisser leur culotte » devant les racistes, antisémites et autres révisionnistes de tout poil.
Avez-vous observé l'attitude du Président Iranien durant son discours et son regard au moment où les délégations européennes ont quitté la salle ? Ce dernier a souri avec ironie et arrogance ! Satisfait de son petit effet.
La position de la France est juste et adaptée à la situation. Il n'est pas question de laisser à quelques fanatiques le loisir de déverser leur haine. Il n'est pas non plus question de punir le peuple iranien pour les égarements de ses représentants. L'Iran n'est pas une démocratie. Son peuple est opprimé et chaque jour des exécutions primitives sont faites en place publique. Le monde laisse faire....
L'échec de la démocratie, l'échec des Droits de l'Homme et l'échec des grandes puissances à ne pas « régler » le sort de ces fondamentalistes religieux. Le constat est sévère pour la communauté internationale en Iran comme dans de nombreuses autres régions du monde.
Si la France n'était pas allée à cette Conférence, elle aurait renié cette image qu'elle porte depuis la Révolution française : celle de la patrie des Droits de l'Homme. Si notre pays n'est plus là pour exprimer sa vision, pour exprimer sa désapprobation, pour relayer les idéaux de justice et de liberté : qui le fera ?
C'est sans doute la Secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme Rama Yade qui est dans le vrai : « Ne laissons pas la tribune de l'ONU aux extrémistes » !

Pourquoi la France a-t-elle finalement décidé de se rendre à la conférence contre le racisme organisée à Genève sous l'égide des Nations unies ?
Rama Yade : Après avoir été négocié âprement, le texte qui sert de base à la conférence présente des avancées positives. Il est équilibré et ne dépasse pas les lignes rouges fixées par la France. Il a notamment été expurgé des déclarations à connotation antisémite. N'y figure plus également le concept de diffamation des religions que nous ne souhaitons pas voir intégrer dans le corpus international. Nous respectons les croyances de chacun, mais, au pays de Voltaire, la critique des religions ne doit pas être pénalisée. Enfin, la question de la liberté d'expression a été traitée de manière convenable. Par ailleurs, cette conférence doit permettre à la France de réaffirmer sa détermination à lutter contre le racisme. Notre pays a un bilan à faire valoir dans ce domaine. Ne laissons pas la tribune de l'ONU aux extrémistes. Il faut être présent pour leur apporter une contradiction immédiate.
Le boycott de plusieurs nations serait-il donc contre-productif ?
Je respecte le choix de ces pays. Ils le font pour des raisons qui leur appartiennent et restent compréhensibles. Mais nous pensons que la politique de la chaise vide n'est pas la manière la plus appropriée de défendre les valeurs de la France. Face aux dérapages éventuels, il est important d'être sur place et de réaffirmer ce en quoi nous croyons. C'est-à-dire la démocratie, l'État de droit, la liberté d'expression, l'égalité hommes-femmes, la lutte contre l'impunité.
12:11 Publié dans Bien s'engager ? | Lien permanent | Envoyer cette note
| Tags : politique, ump, ps, onu, geneve, durban, ramayade, iran |
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