24 avril 2009
Pourquoi l’enquête PREVAGAY est contraire à la morale ?

Le bon vieux temps du fichage et du collage d'étiquette est de retour. Parfois il arrive d'une manière honteusement détournée sous couvert d'une enquête pour la recherche médicale. On a besoin d'estimer.....toujours estimer....
Le 14 janvier 2009, la Ministre de la Santé Roselyne Bachelot a une nouvelle fois justifier l'écartement préventif des homosexuels du don du sang, en justifiant sa décision par un devoir de précaution estimant que les risques d'une éventuelle contamination étaient trop élevés.
Du 28 avril au 5 juin 2009, le SNEG (Syndicat National des Entreprises Gays), l'INVS (Institut National de Veille Sanitaire) et l'ANRS (Association Nationale de Recherche sur le Sida et les Hépatites Virales) s'associent étrangement pour lancer une grande enquête de prévalence du VIH auprès des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes.
Voici le texte de présentation sur le site PREVAGAY :
« En effet, depuis le début de l'épidémie, les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes restent largement touchés par le VIH-sida. En Europe et en France, la situation est préoccupante puisque les rapports homosexuels masculins sont le seul mode de contamination pour lequel aucune baisse des nouveaux diagnostics n'a été enregistrée depuis le début des années 2000. Parallèlement, on constate une recrudescence des comportements sexuels à risque et une augmentation des infections sexuellement transmissibles.
Première du genre en France, cette enquête baptisée « Prevagay » sera réalisée au sein de la population des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes qui fréquentent des établissements gay parisiens. L'objectif de Prevagay est d'estimer la prévalence des infections par le VIH et les virus des hépatites virales B et C. Elle permettra également de déterminer le nombre d'hommes récemment contaminés parmi ceux séropositifs pour le VIH et de décrire les comportements sexuels à risque associés à une séropositivité aux VIH, VHC et VHB.
Cette enquête est soutenue par plusieurs associations de lutte contre le sida (ACT UP, AIDES, LE KIOSQUE, SIDA INFO SERVICE). Elle se déroulera du 28 avril au 6 juin 2009 dans une dizaine d'établissements volontaires parisiens (bars, saunas, backrooms). Il sera proposé aux clients présents dans ces lieux de participer à l'enquête, après avoir reçu une information préalable et donné un consentement. »
J'avoue ne pas comprendre et très mal accepter que des associations qui entendent défendre une reconnaissance et les droits des citoyens homosexuels en France, soutiennent et s'associent à ce que je considère comme une atteinte à la dignité morale des gays.
La République n'applique pas le principe d'égalité des droits. On refuse le don du sang aux homosexuels au nom du devoir de précaution. On refuse ou on trépigne sur les questions de l'adoption, et l'on accepte d'envoyer un message à la société en disant : « les gays ont des pratiques sexuelles à risque et il est nécessaire de l'évaluer » !
Je doute que ce genre de stigmatisation honteuse aide à faire progresser les mentalités et à considérer une bonne fois pour toutes que les gays n'ont pas de comportements plus « dépravés » ou aussi dangereux que les hétérosexuels. A une différence bien réelle : les gays n'ont pas l'art de le camoufler aussi bien que les hétérosexuels !
Cette enquête est mal venue, déplacée et contraire à tous les combats que les citoyens homosexuels français mènent depuis des années. Les associations qui soutiennent cette initiative n'ont pas mesuré les conséquences et se sont lourdement trompé.
Une enquête sur le nombre d'hétéros qui se grattent les parties devant un match de foot, ça intéresse l'INVS ?
11:39 Publié dans Garçonnière & Homosexualité ? | Lien permanent | Envoyer cette note
| Tags : politique, gay, prevagay, sida, sneg, anrs, invs, santé, dondusang |
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