29 avril 2009

Pourquoi les sympathisants de gauche n’excluent plus une alliance avec le MoDem ?

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« Bayrou, l'homme qui parle à l'oreille de la gauche ». C'est le début d'explication du journal Libération daté du 27 avril 2009 à une question posée lors d'un sondage sur les attentes des électeurs en matière de futures alliances électorales :

« La possible présence du candidat du Modem au second tour de la présidentielle de 2012 entraîne forcément la question des alliances. Et là, les socialistes risquent d'être plongés dans un abîme de perplexité. A 41 % (contre 52 %), les personnes interrogées se déclarent favorables à une alliance de gouvernement entre le Modem et le PS. Un taux qui s'élève même à 56 % chez les électeurs de gauche et à 65 % chez les sympathisants socialistes, à 64 % pour les proches du Modem. La stratégie des alliances s'était déjà imposée en 2007, au lendemain du premier tour, quand Ségolène Royal avait voulu se rapprocher de François Bayrou. Elle continue à diviser les socialistes. Récemment encore, François Hollande proposait au centriste «une clarification des convergences et des divergences» et, le cas échéant, d'«en tirer les conclusions». Une option prématurée pour le patron du Modem. Bayrou a donc réussi une partie de son pari initié lors de son refus d'appeler à voter Sarkozy au second tour de la présidentielle et lors de la création du Modem, en décembre 2007. Il a réussi à faire oublier ses habits d'ancien homme de centre droit, de président de l'ex-UDF et ses passages successifs dans des gouvernements de droite. Le leader centriste est désormais socialo-compatible. »

Comment faut-il interpréter le souhait exprimé par certains français dans cette enquête ?

Premièrement, que l'espoir d'un grand soir s'éloigne de plus en plus pour les derniers dragons d'une gauche anti-tout qui a toujours freiné des quatre fers contre la réalité d'une évolution de la société convertie depuis quelques décennies aux vertus de la concertation à celle de la confrontation.

Deuxièmement, l'idée communiste défendue aujourd'hui par le PC s'est défraichie autant que ses porte-parole et l'anti-capitalisme prôné par Olivier Besançenot constitue certes, un motif louable d'expression d'angoisses et de revendications, mais qui ne trouve aucune réalisation concrète dans l'exercice d'une politique applicable dans le modèle économique aujourd'hui effectif partout dans le monde.

Troisièmement, les sympathisants de gauche donnent expriment ici leur défiance vis-à-vis d'un Parti Socialiste qui lui donne des signes de faiblesse et qui ne semble pas prêt à reconquérir le pouvoir en 2012 malgré trois défaites consécutives aux élections présidentielles. Les résultats du dernier Congrès de Reims et les conditions d'accès de Martine Aubry au Secrétariat National ont sans doute largement contribués à renforcer l'idée que pour sauver la gauche, il faut aujourd'hui sauver le PS de ses propres viscicitudes.

Jean-Michel Normand, journaliste au Monde, titre d'ailleurs sur son blog et sans détours « les primaires ouvertes : dernière chance du PS ? ». Les dirigeants du PS ont bien compris que le parti souffre d'une décomposition de son électorat et que, si il demeure en position dominante, ses alliés naturels sont devenus soit trop faibles soit trop encombrants pour espérer reconstituer la gauche dite plurielle qui avait fait le bonheur de Lionel Jospin en 1997.

Pour vaincre un Nicolas Sarkozy passé du statut de Président de la République à celui de Régent du Royaume UMP, le PS n'a d'autre solution que de redessiner les contours d'une future majorité qui se profile dans une alliance rose, verte et orange. Si l'anti-sarkozysme s'est développé et fait du bien aux sympathisants de gauche, il ne constitue pas un programme. Le MoDem apparaît comme un allié presque incontournable.

L'opinion change et évolue. 2012 reste encore loin. Le résultat des élections européennes du 7 juin prochain constituera un premier test national de popularité pour Nicolas Sarkozy. Il permettra également de déterminer les forces politiques appelées à prospérer ou à disparaitre dans les prochaines années.

Il y a fort à parier que le MoDem fera une nouvelle fois parler de lui. L'annonce d'une future alliance (forcée) annoncée pour le PS ?

Régis Sada

10:00 Publié dans Décoder la politique ? | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : politique, modem, bayrou, aubry, royal, sarkozy, ps, ump | | | Digg! Digg |  Facebook

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