25 mai 2009
Pourquoi les élections européennes ne tombent jamais au bon moment ?
Dans son édition du jour, le journal Le Monde retrace les couacs survenus au moment des élections européennes depuis 1979 à nos jours.
Moi qui me plaignais ce matin même d'une morne campagne, cet article est venu confirmer mes craintes sur une abstention record le 7 juin prochain !
« L'Europe, ça ne tombe jamais bien ! » Arnaud Leparmentier - Le Monde 25/05/2009
1979 : MITTERRAND ET CHIRAC EN EMBUSCADE
« Pour la première fois, les députés du Parlement européen sont élus au suffrage universel. Le président Valéry Giscard d'Estaing l'a voulu, les gaullistes en contestent le principe. En vain. Ils crient à la trahison et prédisent que le Parlement va s'ériger en Assemblée constituante. Cette première campagne est la seule où l'on parlera d'Europe. Violemment parfois.
L'affrontement entre gaullistes et fédéralistes, partisans des Etats-Unis d'Europe, est délétère. Dès décembre 1978, Jacques Chirac dénonce dans son appel de Cochin la "voie paisible et rassurante" du "parti de l'étranger" et "l'inféodation de la France" qui se prépare. »
1984 : COLÈRES FRANCO-FRANÇAISES
« L'Europe va repartir, mais nul n'en a conscience. Ce sont les heures sombres de l'"eurosclérose". La Communauté est bloquée par la querelle sur la contribution britannique au budget européen. "I want my money back", martèle le premier ministre britannique, Margaret Thatcher. L'affaire ne sera résolue qu'au conseil européen de Fontainebleau... huit jours après les élections.
"L'année 1985 sera dramatique", prédit, à tort, Simone Veil, qui conduit une liste d'union RPR-UDF. En réalité, François Mitterrand a fait le choix de l'Europe en 1983 : il est resté dans le système monétaire européen.»
1994 : GUERRE ET GUÉGUERRES
« La vraie bataille sur l'Europe a eu lieu deux ans plus tôt, lors du référendum sur le traité de Maastricht, ratifié in extremis par les Français. Les élections sont une répétition sans risque. Il s'agit de compter les eurosceptiques, alors que la monnaie unique, prévue par le traité, semble encore lointaine. C'est la première victoire du souverainiste Philippe de Villiers, qui engrange 12,4 % des voix.
L'Europe désabusée est incapable d'empêcher la guerre qui déchire les Balkans, tandis que la cohabitation (entre François Mitterrand et Edouard Balladur pour l'exécutif, entre Jacques Chirac et Edouard Balladur au RPR) affadit les débats. »
1999 GUERRE ET AFFAIRES
« Cela aurait dû être le triomphe de l'Europe rose. Le premier ministre socialiste, Lionel Jospin, organise à Paris un meeting avec ses homologues, le Britannique Tony Blair, l'Allemand Gerhard Schröder et l'Italien Massimo d'Alema. Mais il s'agit d'une fausse unité, le socialisme français étant bien éloigné du New Labour.
La guerre du Kosovo écrase les débats et force à l'unité nationale en période de cohabitation avec Jacques Chirac. Après l'échec du traité d'Amsterdam sur les institutions, la campagne porte sur le nécessaire approfondissement de l'intégration européenne avant son élargissement. »
2004 TROP TÔT ET TROP TARD
« L'élection arrive trop tôt et trop tard. Trop tard, parce que l'élargissement aux pays de l'Est a eu lieu, le 1er mai 2004, sans qu'on demande leur avis aux Français. Trop tôt, parce que la vraie bataille aura lieu en 2005 avec le référendum sur la Constitution européenne. A cette époque, les Français ne se sentent plus chez eux en Europe. Ils se sont retrouvés minoritaires dans leur opposition à la guerre en Irak. Ils maugréent sur les pays de l'Est tout en ayant mauvaise conscience. Le ministre des finances, Nicolas Sarkozy, dénonce l'octroi d'aides régionales aux pays qui pratiqueraient le dumping fiscal, tandis que le PS a adopté pour slogan "Et maintenant, l'Europe sociale".
Nul n'a remarqué la directive sur la libéralisation des services qu'a présentée un an plus tôt un commissaire néerlandais inconnu : Frits Bolkestein. Ce n'est que dans la campagne référendaire sur la Constitution qu'éclatera la polémique sur le "plombier polonais". »
2009 ENCORE RATÉ !
« Trente ans après 1979, la campagne pourrait porter de nouveau sur l'Europe. Le Parlement va voir ses pouvoirs encore renforcés par le traité de Lisbonne, tandis qu'il faut réinventer le modèle européen de l'après-crise. Le débat est atone, non faute d'enjeux, mais parce que la gauche social-démocrate est si mal en point en Europe que peu d'observateurs croient à la possibilité d'une prise de pouvoir politique du Parlement qui empêcherait la reconduction du président de la Commission sortante, José Manuel Barroso. »
Alors ça donne pas envie d'aller voter tout ça ?
17:35 Publié dans Journal d'Europe ? | Lien permanent | Envoyer cette note
| Tags : europe, elections, politique, france, ump, ps, modem |
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