31 juillet 2009

Pourquoi passer de la cellule au Barreau n’est pas une simple affaire ?

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L'hebdomadaire catholique La Vie a récemment publié une interview de l'avocat Christian Laplanche. Interview ordinaire ? Pas tant que cela puisque le tout nouveau « Me Laplanche » a était dans une vie antérieure l'auteur d'une douzaine de braquages et a été incarcéré pendant près de 18 mois.

Cet ancien détenu, plus que rangé aujourd'hui, a confié à La Vie toutes les difficultés rencontrées par un ex-taulard pour faire accepter sa réinsertion, et encore plus lorsqu'il s'agit de passer de l'autre côté de la barrière.

Extrait :

« Pour devenir un nouvel homme, Christian Laplanche s'est battu, avec une énergie folle. Longtemps, d'autres n'ont pas voulu accepter sa mue. Il ne restait pourtant plus rien en lui de cet adolescent mal dans sa peau, élevé par sa grand-mère loin de ses parents, qui avait commis une douzaine de braquages, en 1982, blessé un policier municipal à la jambe, et avait été incarcéré 18 mois, en deux séjours. Il était devenu professeur de droit, et même maître de conférences, en poste à l'université de Cayenne, en Guyane. Mais quand, en 2003, de retour en métropole, il a voulu devenir avocat, le barreau de Nîmes s'y est opposé. Ces redresseurs de torts qui se gargarisent du mot réinsertion ont voulu le bannir à jamais ! Christian Laplanche n'a pas renoncé, s'est dressé contre le conseil de l'ordre.

Au total, son combat a duré « cinq ans et demi ». Une première fois, il a triomphé, prêté serment, s'est installé à Nîmes, sa ville. Mais, le 21 mars 2006, après une décision de la Cour de cassation infirmant l'arrêt de la cour d'appel qui l'avait accepté dans la profession, il a dû fermer son cabinet, après 15 mois d'activité. En juillet 2008, il a de nouveau prêté serment devant le barreau de Paris. De nouveau enfilé la robe noire. À 46 ans, il exerce enfin le métier pour lequel il se sent une vocation profonde. »

Lire la suite sur La Vie « de la prison au barreau »

29 juillet 2009

Pourquoi la Turquie innove dans ses peines alternatives à la prison ?

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Courrier International propose un article traitant des peines alternatives à la prison mises en place par le Gouvernement turc. Si le travail d'intérêt général demeure une peine alternative appréciée tant du côté d'Ankara qu'à Paris comme une solution viable pour désengorger les prisons pour des délits mineurs, la Turquie innove dans le bon sens en développement une peine alternative unique et originale : la lecture sous contrôle judiciaire !

L'article de Bakr Sidqi paru dans le journal libanais An Nahar, présente ce système original en précisant que « La législation turque autorise à surseoir à une peine de prison en imposant à l'accusé jusqu'à cinq ans de contrôle judiciaire assorti de l'obligation de lire et parfois aussi d'accomplir un travail d'intérêt général - faire le ménage dans une bibliothèque publique, par exemple. Ces jugements concernent des délits pour lesquels la peine encourue ne dépasse pas les trois ans de réclusion. Ils ne peuvent en outre s'appliquer qu'aux condamnés qui n'ont pas d'antécédents, font preuve de bonne conduite et manifestent des regrets. La première condamnation à la lecture d'un livre remonte à 2006. »

Le journaliste poursuit par un entretien d'un détenu turc condamné à quinze jours de prison pour état d'ébriété et tapage en ville, pour lequel la peine a été commuée en une obligation de lire une heure et demi par jour sous surveillance policière. Dans son témoignage Alparslan Yigit, pour qui la lecture relève presque de la torture morale, évoque son émoi lorsque le juge a choisi de lui appliquer cette sanction : « J'ai demandé au juge de me traiter comme tout le monde. Je lui ai dit : 'Si vous me condamnez à lire un livre, les gens vont se moquer de moi !' Pour moi, lire un livre, c'était comme faire la vaisselle à la maison. Mais le juge a maintenu cette peine. Je me suis enfui à Ankara. J'étais très perturbé. »

Autre exemple atypique : celui d'Omar, 33 ans, qui a été condamné à lire un classique de la littérature mondiale chaque mois pendant cinq ans pour avoir giflé son épouse de 28 ans en pleine rue ! Déjà condamné à un travail d'intérêt général de 4 mois et demi pour vol de portable, Omar ayant exprimé des regrets sincères pour son geste envers sa femme, a reçu sa carte d'abonné à la bibliothèque municipale et a commencé la lecture d'un « Guerre et Paix » qui sonne comme un retour souhaité à la morale.

Dernier exemple avec Ozgur âgé de 23 ans et condamné à un an de prison et 375 livres d'amende (environ 180 €) pour avoir tiré en l'air avec son pistolet, a vu sa peine suspendue durant 5 ans s'il lisait des ouvrages sur les dangers des armes à feu durant les trois premiers mois et qu'il distribue des brochures sur le sujet dans les rues de sa ville....

Les peines infligées par les tribunaux turcs doivent en faire sourire plus d'un dans la bonne vieille Europe éduquée. Certains penseront que le taux d'analphabétisme est certainement plus élevé chez nos amis turcs qu'en France. Les sourires s'effaceront lorsque l'on découvre que selon les chiffres de l'Agence Nationale de Lutte Contre l'illettrismepas moins de 9% de nos compatriotes ne savent ni lire ni écrire. Selon les chiffres des Nations Unies, le pourcentage de la population illettrée en Turquie était de 13,50 % en 2003.

Cet article permet de mettre en parallèle deux points importants. Le premier c'est l'intérêt de trouver des peines alternatives viables et profitables tant aux détenus qu'à notre société qui cherche des pistes pour limiter la récidive par une réussite des projets de réinsertion. En cela, l'initiative turque ne peut en aucun cas être ridiculisée ou brocardée lorsque l'on sait que près de 40% de la population carcérale française est frappée d'illettrisme, et que ce mal est une résultante directement liée à une sous-éducation (de l'ordre de 18%) qui touche les milieux les plus défavorisés.

Le second point réside dans l'impérieuse nécessité de trouver des peines alternatives à l'incarcération qui permettraient de favoriser un désengorgement de nos établissements pénitentiaires. Ajouté à l'accroissement des peines de travaux d'intérêt général et à un accès beaucoup plus affirmé à l'enseignement professionnel et au monde du travail, nous tenons ici une promesse d'améliorations des conditions de détention et de réinsertion de nos détenus.

Travail, Culture et Education renforcés pour tous, quelle beau programme ! Toujours sceptiques sur la méthode turque ?

Régis Sada

 

21 juillet 2009

Pourquoi la crise des prisons françaises ne sera pas résolue dans les cinq prochaines années ?

 

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Le Figaro publie dans son édition du 21 juillet 2009 une interview de Jean-Marie Bockel, Secrétaire d'Etat à la Justice en charge des prisons françaises. Cette interview fait suite à la condamnation de l'Etat français par le Tribunal Administratif de Nantes, pour non respect des conditions de détention consécutive à la plainte déposée par plusieurs détenus.

Jean-Marie Bockel ne nie pas que la situation actuelle de nos prisons demeure particulièrement difficile tant pour les détenus eux-mêmes que pour le personnel pénitentiaire. Un rapport de l'Inspection Générale précise que près de 82.000 détenus condamnés à de la prison ferme sont actuellement en « liberté », est venu ajouter une donnée complémentaire au problème du nombre de places disponibles dans des établissements pénitentiaires déjà surchargés.

Sur demande du Chef de l'Etat et de la Garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie, 5.000 places supplémentaires sont prévues en 2009 pour augmenter la capacité d'accueil des détenus et parvenir à une exécution effective des enfermements ordonnés par la Justice. Insuffisant ! scande l'Observatoire International des Prisons qui juge que cette décision n'apportera pas les réponses escomptées aux situations actuellement vécues.

Comme sa Ministre de tutelle, le Secrétaire d'Etat à la Justice souhaite miser sur un renforcement des peines dites alternatives comme le recours aux bracelets électroniques ou aux travaux d'intérêts généraux. Jean-Marie Bockel ne nie pas les problèmes actuels en estimant que cette situation existe depuis une trentaine d'année et que c'est seulement depuis 2002 que la France entend les nombreuses recommandations dictées notamment par le Conseil de l'Europe qui n'a jamais hésité à épinglé notre pays à de nombreuses reprises, jugeant même il y a encore quelques mois, que les prisons françaises étaient classées juste avant celle de.....la Moldavie !

Un point positif à l'actif de Jean-Marie Bockel lorsqu'il évoque la question délicate de la réinsertion des prisonniers. Si le respect dû aux victimes et à leurs familles passe impérativement par une Justice qui s'applique à tous, et que la détention doit tenir son rôle de réparation pour un délit commis, celle-ci doit préparer avec la plus grande attention la sortie des détenus.

De l'aveu même du Ministre, la situation trouvera difficilement une issue conforme aux espérances avant les deux ou cinq prochaines années...

Lire l'interview de Jean-Marie Bockel sur Le Figaro

Régis Sada

 

17 juillet 2009

Pourquoi l’Etat français est condamné à indemniser d’anciens détenus ?

 

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Trois anciens détenus de la Maison d'Arrêt de Nantes viennent d'obtenir gain de cause devant le Tribunal Administratif de Nantes, en faisant condamner l'Etat français pour manquement aux règles des conditions de détention qu'elle s'est elle-même imposé.

L'avocat de ces anciens détenus affirme que le T. A. de Nantes a infligé des amendes allant de 5 à 6.000 € par détenu plaignant, en reconnaissant la responsabilité directe de l'Etat dans la dégradation de l'état de santé de ses clients.

Comme Me Rousseau le souligne, cette décision est logique, puisque la France s'impose des règles de bonne conduite depuis de nombreuses années tout en laissant ses établissements de détention se dégrader. L'expertise menée à la Maison d'Arrêt a conduit au constat que « les conditions de détention proposées ne respectent pas le principe de la dignité humaine».

Cela rappelle l'affaire du T.G.I. de Paris courant mai 2009, où des travaux d'urgence pour un montant d'un million d'euros avaient été commandés par l'ancienne Garde des Sceaux Rachida Dati au regard de l'insalubrité du lieu dénoncée avec force par les avocats parisiens.

Le 9 juillet dernier la France a été condamnée par la Cour Européenne des Droits de l'Homme suite à la plainte déposée par Cyril Khider, détenu à Liancourt (60), qui recevra au titre de préjudice moral la somme de 12.000 € pour « traitement inhumain et dégradant envers un détenu ».

Si l'on ajoute à tout cela la vidéo tournée par des détenus de la prison de Fleury-Mérogis il y a quelques mois, c'est au moment où Florence Aubenas (journaliste anciennement détenue en Irak) prend la présidence de l'Observatoire International des Prisons, que la France, terre dite jadis des Droits de l'Homme, subi un flot permanent de critiques sur les conditions qu'elle réserve à bon nombre de ses détenus.

Malgré le leurre que constitue l'inauguration régulière de nouveaux établissements pénitentiaires flambants neufs la crise est profonde et durablement ancrée. Les problèmes de surpopulation carcérale, d'hygiène, de salubrité ou de suicides de détenus ne sont à ce jour nullement résolus. Combien de temps cette situation devra-t-elle durer ?

Un pays qui ne prend plus appui sur ses propres fondamentaux. Un pays qui refuse d'appliquer ses propres lois. Un pays qui renonce à respecter la dignité humaine, n'est plus un pays démocratique.

C'est un mauvais coup porté à l'image de la France. Comment dans une telle situation la voix de notre pays peut elle être entendue dans certains endroits du monde où la Justice demeure au rang d'une simple illusion d'optique ?

Régis Sada

 

16 juillet 2009

Pourquoi Manuel Valls a répondu à Martine Aubry ?

Manuel Valls répond sur son blog au courrier que lui adressé Martine Aubry, et dans lequel elle lui a demandé de se taire ou de quitter le Parti Socialiste pour cause de liberté d'expression et de parole en décalage avec l'orthodoxie prônée par la direction qu'elle a mise en place.

J'ai apporté mon soutien hier à Manuel Valls dans ce post. Les réactions ont été nombreuses et ont une nouvelle fois créé la zizanie au PS au profit d'un Nicolas Sarkozy qui n'en demande pas tant. La presse juge la lettre de Martine Aubry assez sévèrement et Laurent Joffrin de Libération rédige un éditorial taillé à la serpe.

Je retiens l'analyse de Pierre Moscovici ce matin sur l'antenne de France Info qui estime que le PS courait à sa perte. Il poursuit avec deux phrases emprunt d'une profonde réalité : "Essayons de rehausser le niveau de jeu du PS parce que tout ça est un peu désespérant" et "Soyons conscients que oui, si nous continuons comme ça, le Parti socialiste est une entité périssable."

Je récapitule où tout le monde a compris ?

Régis Sada

 

manuel valls.jpgREPONSE A MARTINE AUBRY

« Chère Martine,

J'ai lu avec étonnement la lettre dans laquelle tu m'adresses tes amitiés et m'enjoins... de me taire ou de quitter le Parti socialiste.

J'ai conscience des difficultés de ton rôle et de sa part ingrate. Personne n'a oublié les circonstances exceptionnelles de notre dernier congrès. Beaucoup de forces se sont alors mobilisées pour étouffer l'indispensable démarche de rénovation. Après le désastre électoral du 7 juin dernier, je ne suis pas étonné que ces mêmes forces te demandent aujourd'hui d'imposer le silence dans les rangs.

Je suis surpris, par contre, par la méthode. Pourquoi avoir transmis simultanément ta lettre à la rédaction du Parisien ? L'objectif affiché par ton courrier n'est-il pas de clore l'ensemble de nos débats à l'abri des huis clos ? L'urgence était-elle donc telle qu'il ait fallu reprendre la plume pour masquer le cuisant échec d'une récente initiative épistolaire à l'attention des autres partis de gauche ?

Mais je veux te répondre sur l'essentiel.

Tu me soupçonnes « d'espérer la fin du Parti socialiste ». J'y suis rentré à l'âge de 18 ans et j'y consacre ma vie. Sans jamais renoncer à mes convictions, j'y ai exercé de multiples responsabilités et j'en suis l'élu depuis 1986. Et contrairement à certains qui s'érigent aujourd'hui en grands sages, j'ai toujours respecté, quoiqu'il ait pu m'en coûter, le choix des militants et les règles de vote de notre groupe parlementaire dont je suis aussi l'un des animateurs.

Ton procès d'intention relève donc, au mieux, de la désinformation et, au pire, de l'insulte. S'il y a une chose dont j'espère la fin, ce n'est pas celle d'une formation qui garde encore l'honneur d'être le pivot de la gauche ; c'est celle d'une machine à perdre qui détruit l'espoir mis par nos concitoyens dans le progrès social.

Tu affirmes que notre « parti s'est remis au travail, s'est ouvert sur la société et a su porter des propositions fortes » depuis le congrès de Reims. Malgré un dévouement et une bonne volonté  que je ne mets pas en cause, force est pourtant de constater, pour l'heure, que ce travail et ces propositions n'ont pas convaincu nos compatriotes. Je suis frappé que tu n'évoques nulle part, dans ta lettre, les résultats du scrutin européen. Pourquoi un tel déni ? Faut-il que le désaveu ait été si cruel pour justifier un tel refoulement ?

Il est vain de m'accuser qu'« il n'y a pas un jour, où [je] n'explique [...] que notre parti est en crise profonde ». La crise de notre parti - qui est aussi celle de la social-démocratie européenne - n'est pas de mon fait ; elle a été établie et sanctionnée par nos concitoyens eux-mêmes lors de toutes les échéances électorales majeures depuis 2002. Et si cette vérité dérange notre confort et nos certitudes, je prendrai toujours le risque, pour ma part - et avec bien d'autres - de l'assumer. Quel que soit le prix à payer, je ne me ferai pas le silencieux complice de l'aveuglement. C'est un choix éthique qui relève de ma conscience et qui donne sens à mon engagement. Je te confirme donc que mes propos reflètent bien ma pensée !

Il est également malhonnête de sous-entendre que je réserve ma parole « aux médias ». Avec une égale constance, je m'exprime à l'intérieur comme à l'extérieur de notre parti. Et si cette parole rencontre davantage d'écho hors les murs, c'est qu'elle entre en résonance avec des aspirations et des interrogations que l'on voudrait bien étouffer.

Ma chère Martine, tu l'auras compris, je ne renoncerai donc jamais à l'ambition collective de définir un nouveau projet pour la gauche - d'autant que je suis convaincu que nous pouvons gagner en 2012 et battre Nicolas Sarkozy. A travers mes ouvrages et mon expression publique, sans vouloir imposer une vérité, je me place toujours sur le terrain des idées et des propositions : école, retraites, sécurité, culture, entreprise, nouvelle ville...

C'est cet effort que j'ai souhaité amplifier - et je tiens à t'adresser, une nouvelle fois, mon intervention faite le mois dernier au Théâtre Michel ; et c'est cet effort que j'entends bien poursuivre au cours des prochaines années en m'appuyant sur l'expérience de nos élus locaux, la générosité de nos militants, l'attente de nos sympathisants et aussi sur les travaux de nos clubs de réflexions.

Oui, pour redonner une envie de gauche, je pense qu'il faut transformer profondément notre formation, l'ouvrir réellement à la société et être clair sur des alliances qui ne doivent pas être déterminées au cas par cas.

L'idée selon laquelle un parti peut être à lui-seul porteur d'un projet clé en main pour transformer la société est aujourd'hui dépassée. Son action est désormais plus horizontale que verticale à l'instar de la révolution internet. La mise en place de primaires s'inscrit parfaitement dans cette évolution. A la lecture de ta lettre, je ne te cache pas ma profonde inquiétude sur ta conception très datée du parti.

Pour la gauche, l'urgence est de redessiner, avec les français, une perspective qui suscite, à nouveau, l'espérance. En partant de notre traditionnelle ligne de clivage avec la droite - l'appréciation différente de l'origine des inégalités entre les hommes - je m'efforcerai, avec tous ceux qui voudront en faire l'effort, de jeter les bases d'un nouveau modèle de développement pour le 21ème siècle. Donner à chaque individu les moyens de son autonomie devrait devenir la nouvelle frontière de la gauche.

« Je me révolte donc nous sommes » disait Albert Camus. Par cette formule, il établissait une dialectique originale entre l'individuel et le collectif. J'espère que tu pourras aussi y voir, comme moi, une source d'encouragement et d'espoir.

Et puisque tu me sommes de donner une réponse claire à ton ultimatum, je t'informe que j'entends bien rester fidèle à mon poste, à ma famille politique et à mes valeurs.

Avec toute mon amitié,

Manuel Valls

Député Maire d'Evry »

 

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15 juillet 2009

Atelier des Idées : 19 rue collin à Puteaux, un taudis en plein centre-ville

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19 rue Collin à Puteaux : un taudis en plein centre-ville

Une fracture sociale de proximité.

Ce second rapport, définitif, a été établi à partir des documents d'archives du Syndic, du Conseil Syndical et de copropriétaires , de 1992 à 2008. Les archives sont incomplètes, le précédent syndic ayant conservé certains documents essentiels, en particulier les dossiers des débiteurs.

Cependant ces 16 ans d'histoire sont éclairants

L'immeuble dégradé du 19 Rue Collin, au cœur de Puteaux, est un immeuble privé. C'est le bâtiment D d'une copropriété découpée, quant à sa gestion, en 10 parties de A à J, aux numéros 111, 113, 115 Rue Jean Jaurès et aux 17 et 19 Rue Collin. La cour, dont l'entretien et les réparations devraient être assumées par LRDM... Monoprix (lots 176, 177, 178, 179, selon le règlement de copropriété), était un cloaque... jusqu'au miracle d'aujourd'hui : quelqu'un a dégagé et nettoyé l'espace ! (la Mairie)

Les volets, en premier plan de la façade, sont ceux de la loge de l'employé des parties B, C, D.

La mairie de Puteaux a demandé, plusieurs fois, des travaux d'urgence, en 2001, en 2006 (contre le saturnisme, l'insalubrité) ...et vient d'initier, à la suite d'un premier rapport, une large réunion afin d'envisager, certainement, un meilleur avenir.

L'inégalité entre les bâtiments

Copropriété unique, elle frappe les passants par la hiérarchie qui s'est établie, au fil du temps, entre les divers bâtiments : le bâtiment A, qui abrite Monoprix, en particulier, montre une façade sur rue, restaurée, en très bon état, la porte d'entrée de l'immeuble est sécurisée par un digicode... La façade « tragique » du D est ornée de volets de guingois et d'une porte d'accès ouverte en permanence.

Les couloirs intérieurs, refaits pour A, B, C ne le sont pas pour D. Les escaliers du A sont cirés, parfaits, les parties communes du D sont d'une rare saleté. Cette saleté a été plusieurs fois dénoncée par le précédent conseil syndical et l'actuel, mais sans effet.

L'employé d'immeuble de A dispose d'un logement correct, le logement pour l'employé de B, C, D est un réduit indigne dont la surface s'est encore rétrécie à partir d'une partition interne, semble-t-il, (illicite ?) sur laquelle les responsables du moment ont fermé les yeux.

Ce ne sont pas les seules différences.

La gestion, assurée par le même Syndic, sur une longue durée, se concrétise par des votes en Assemblées Générales de Copropriété pour lesquels les copropriétaires du Bâtiment D ne peuvent, JAMAIS, avoir aucune des majorités prévues. Ils subissent, structurellement. L R M D GES IMMO Monoprix dispose de 11 668/18 020 de parts de copropriété, c'est plus que la majorité absolue. L'article 22 de la loi du 10/07/1965 apporte un rectificatif en réduisant ce nombre de voix à la majorité des voix des autres copropriétaires mais 6 copropriétaires sur 117, dont aucun de D, possèdent  les 2/3 de la copropriété.

Les Assemblées Générales n'attirent pas les nombreux petits copropriétaires dont ceux du D qui doivent affronter la barrière de la langue, la complexité des comptes, la « diplomatie » des informations et le point sur les débiteurs. Le compte-rendu de la 1ère réunion du nouveau conseil syndical fin 2008 est resté affiché ½ journée dans l'entrée du D : plusieurs fois remis, il a toujours été retiré. Faute de présents, plusieurs assemblées extraordinaires ont eu lieu, augmentant ainsi le coût des charges.

A partir d'une gestion incompétente, les bâtiments sont devenus, peu à peu, en conflit d'intérêt.

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Pourquoi Martine Aubry sanctionne-t-elle Manuel Valls ?

logo_rainbow rose.jpgAbasourdi et dépité sont les deux premiers mots qui me viennent à l'esprit en lisant le contenu du courrier de Martine Aubry à Manuel Valls. Cette lettre de la Première Secrétaire sonne comme une exécution en règle et sans sommations, à moins que ce soit le Parti Socialiste lui-même qui soit porté à l'échafaud !

Ainsi donc, Martine Aubry rappelle que : « S'engager dans un Parti, c'est un acte d'adhésion à des valeurs et des pratiques communes, mais c'est aussi - qui plus est dans un parti démocratique comme le nôtre-, accepter de débattre en son sein, d'y apporter ses idées et ses réflexions, et lorsque la décision est prise de la respecter et la porter dans l'opinion. » et choisi dans le même temps de signifier à Manuel Valls (et aux militants et sympathisants qui le soutiennent) qu'il ne dispose que d'un seul droit : celui de la fermer !

Elle poursuit par : « On ne peut utiliser un Parti pour obtenir des mandats et des succès, en s'appuyant sur la force et la légitimité d'une organisation collective, et s'en affranchir pour exister dans les médias à des fins de promotion personnelle. On n'appartient pas à un Parti pour s'en servir mais pour le servir. Les militants et même les français exigent de nous du travail, du courage et des idées. ». Ravi de lire qu'être membre du PS n'est pas fait que pour obtenir des mandats et des succès. Faire de la politique n'est donc pas un métier. Certains de nos élus qui squattent le haut de l'affiche depuis plusieurs décennies seront désormais tenues de s'en souvenir. Je suis par contre très surpris de lire qu'être membre du PS implique de servir l'appareil plutôt que les français eux-mêmes !

Le passage sur « Les militants, eux, ont un souhait, c'est que tu mettes ton intelligence et ton engagement au service du Parti et donc des Français. Tes propos, loin d'apporter une solution, portent atteinte à tous les militants et à tous les dirigeants, qui aujourd'hui travaillent à retrouver la confiance avec nos concitoyens » relève en revanche d'une profonde imposture intellectuelle. Nombre de militants se sentent au contraire presque soulagés qu'un éléphanteau tienne la dragée haute aux anciens et qu'il porte une parole en phase avec les réalités vécues dans la France d'en bas. Je fais partie de ces militants -et de nombreux autres français de gauche- qui remercient Manuel Valls de leur faire croire dans une autre réalité implacable de celle d'une réélection dans un fauteuil de Nicolas Sarkozy en 2012 !

Sans doute la phrase « Tu donnes l'impression d'attendre, voire d'espérer la fin du Parti Socialiste. » résonne comme une étrange réalité aux oreilles de Martine Aubry. Espérer la fin du Parti Socialiste ? Mais le Parti Socialiste, le vrai, celui qui faisait rêver de nombreux français, celui qui était porteur d'une certaine conception de la France, ce Parti Socialiste là existe-t-il toujours ? Le fait que nombre de militants ont avoué avoir préféré voter Europe Ecologie plutôt que PS aux élections européennes ne confirme t-il pas qu'ils doutent d'un sauvetage du Parti ?

La fin du courrier peut presque être jugé comme anticonstitutionnelle : « Mon cher Manuel, s'il s'agit pour toi de tirer la sonnette d'alarme par rapport à un Parti auquel tu tiens, alors tu dois cesser ces propos publics et apporter en notre sein tes idées et ton engagement. Si les propos que tu exprimes, reflètent profondément ta pensée, alors tu dois en tirer pleinement les conséquences et quitter le Parti Socialiste. Je ne peux, en tant que première secrétaire, accepter qu'il soit porté atteinte au travail que nous avons le devoir de réaliser. La discipline n'est pas la police des idées, mais la condition de la cohésion et de la réussite d'une équipe. C'est un moment de vérité. Je te demande de me faire part de ton choix dans les jours qui viennent, et d'en assumer toutes les conséquences pour l'avenir. ». C'est un remake étrange de « la valise ou le cercueil » de sinistre mémoire pour les rapatriés d'Algérie. La fermer ou être placardisé ! Si Martine Aubry pense les mots qu'elle à écrit alors elle doit se poser elle-même certaines questions. Interdire à un élu ou un militant d'avoir son propre libre arbitre ou de penser reste contraire à nos fondamentaux. Appliquer d'éventuelles sanctions à Manuel Valls à la seule raison qu'il s'exprime librement, c'est tuer purement et simplement ce qui reste de l'idéal socialiste !

Au regard du ton condescendant employé par Martine Aubry, je ne suis pas étonné qu'elle soit soutenue par les tontons flingueurs, gardiens du dogme socialiste, qui ont conduit aujourd'hui l'un des parti politique majeur de notre pays à être déserté par les électeurs.

Martine Aubry a tenu à rappeler le formidable travail engagé lors du séminaire de Marcoussis début juillet. Ayant participé à la réflexion en envoyant un texte très personnel, je ne peux que m'en réjouir. Je regrette simplement que même cet événement là soit passé inaperçu et qu'aucun compte rendu n'ai été communiqué.

Restant un inconditionnel de la pensée des Pères fondateurs du socialisme comme Jean-Jaurès ou Léon Blum, je digère mal que leurs descendants n'en soient pas les dignes héritiers et qu'ils décident aujourd'hui d'appliquer la Loi du Talion.

Soutenir les propos de Martine Aubry c'est renoncer et se résigner. Manuel Valls appelle à une insurrection militante, donc une fois de plus, je me range du côté des insurgés pour tenter de sauver ce qui peut encore l'être au Parti Socialiste.

Régis Sada

 

Pourquoi Martine Aubry a écrit à Manuel Valls ?

Lettre de Martine Aubry à Manuel Valls

« Cher Manuel,

Notre Parti a besoin de chacun des socialistes pour contribuer à son redressement après des années difficiles ponctuées par trois échecs à la présidentielle et un Congrès de Reims difficile qui a laissé une image déplorable de notre parti.

Au congrès, les militants nous ont demandé avec force de jouer notre rôle de principal parti d'opposition, c'est-à-dire de dénoncer ce qui nous apparaît injuste, ou inefficace, et de proposer une alternative qu'attend aujourd'hui notre pays. Ils nous ont aussi demandé de nous réunir et de parler d'une même voix.

Depuis cette date, et personne ne le conteste, le parti s'est remis au travail, s'est ouvert sur la société et a su porter des propositions fortes. Nos parlementaires mènent depuis plusieurs mois un travail coordonné et tout à fait remarquable.

Par ailleurs, j'ai mis toute mon énergie à rassembler les diverses sensibilités dans le respect de la ligne politique définie par le Congrès de Reims, aujourd'hui présentes dans la direction. Je suis d'ailleurs heureuse des relations de confiance qui me permettent de débattre en toute sérénité avec Ségolène Royal.

A la suite des élections européennes, nous avons défini notre feuille de route, en nous attelant à deux tâches essentielles : la préparation du projet et le rassemblement de la Gauche.

Le séminaire de Marcoussis a constitué le coup d'envoi de ce travail collectif. Chacun a reconnu la qualité du débat qui nous a rassemblés.

Par ailleurs, après de nombreux contacts avec nos partenaires de la gauche, j'ai écrit à chacun d'entre eux pour engager une nouvelle démarche de rassemblement, fondée sur les idées comme sur la stratégie politique.

Force est de constater que ce travail collectif pour moderniser nos idées est contrarié chaque jour par la cacophonie d'expressions isolées -d'ailleurs le plus souvent contradictoires-, et par des initiatives solitaires prenant le contrepied des positions de notre Parti.

S'engager dans un Parti, c'est un acte d'adhésion à des valeurs et des pratiques communes, mais c'est aussi - qui plus est dans un parti démocratique comme le nôtre-, accepter de débattre en son sein, d'y apporter ses idées et ses réflexions, et lorsque la décision est prise de la respecter et la porter dans l'opinion.

On ne peut utiliser un Parti pour obtenir des mandats et des succès, en s'appuyant sur la force et la légitimité d'une organisation collective, et s'en affranchir pour exister dans les médias à des fins de promotion personnelle. On n'appartient pas à un Parti pour s'en servir mais pour le servir. Les militants et même les français exigent de nous du travail, du courage et des idées.

Il n'y a pas un jour, mon cher Manuel, où tu n'expliques aux médias que notre parti est en crise profonde, qu'il va disparaître et qu'il ne mérite pas de se redresser. Paradoxalement, tu t'appuies sur nos règles collectives pour appeler à « l'insurrection militante ».

Les militants, eux, ont un souhait, c'est que tu mettes ton intelligence et ton engagement au service du Parti et donc des Français. Tes propos, loin d'apporter une solution, portent atteinte à tous les militants et à tous les dirigeants, qui aujourd'hui travaillent à retrouver la confiance avec nos concitoyens.

Tu donnes l'impression d'attendre, voire d'espérer la fin du Parti Socialiste.

Mon cher Manuel, s'il s'agit pour toi de tirer la sonnette d'alarme par rapport à un Parti auquel tu tiens, alors tu dois cesser ces propos publics et apporter en notre sein tes idées et ton engagement. Si les propos que tu exprimes, reflètent profondément ta pensée, alors tu dois en tirer pleinement les conséquences et quitter le Parti Socialiste.

Je ne peux, en tant que première secrétaire, accepter qu'il soit porté atteinte au travail que nous avons le devoir de réaliser. La discipline n'est pas la police des idées, mais la condition de la cohésion et de la réussite d'une équipe.

C'est un moment de vérité. Je te demande de me faire part de ton choix dans les jours qui viennent, et d'en assumer toutes les conséquences pour l'avenir.

Avec toute mon amitié.

Martine AUBRY »

 

15:29 Publié dans Décoder la politique ? | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : politique, ps, martine aubry, manuel valls, gauche | |  Facebook

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