12 mai 2010

Pourquoi l’homophobie résiste à la crise ?

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17 MAI 2010 : JOURNEE MONDIALE CONTRE L'HOMOPHOBIE

Le 17 mai 2010, SOS Homophobie présentera son rapport annuel sur l'homophobie dans notre pays. Au-delà des seules statistiques, faussées par l'omerta, l'année 2009 confirme que l'homophobie n'a pas reculée depuis 2008, et que celle-ci est même sur la voie de la recrudescence.

On cherchera toujours à trouver une explication à cet état de fait. Ces dernières semaines, si vous prêtez l'oreille aux rubriques faits-divers de la presse, vous constaterez que les actes de délinquance physique contre les personnes sont en augmentation. La crise est réelle, profonde, et dépasse le seul schéma économique pour trouver une résonnance directe sur la société.

Ainsi, l'homophobie progresse en nombre d'actes et de gravité de ces derniers. Le stade de la simple insulte de type « tapette » ou « tarlouze » est largement dépassé. La violence physique est devenue monnaie courante, et les jeunes homosexuels (filles ou garçons) demeurent les plus touchés.

Innovation plus surprenante de ce rapport, et plus détestable encore, l'homophobie n'est plus un fait extérieur. Le cercle familial est aujourd'hui le théâtre de cette poussée d'intolérance avec des parents qui refusent d'accepter la différence de leur enfant. Cette là, sonne comme une conséquence directe du « traitement » réservé à l'homosexualité à la télévision, qui présente trop souvent cette sexualité comme un principe contre nature.homophobie

SOS Homophobie dresse un bilan attristant : « Aussi, les quelque 1 200 témoignages que SOS homophobie reçoit chaque année en moyenne depuis six ans ne peuvent à eux seuls rendre compte du vécu des victimes qui nous contactent sur notre ligne d'écoute ou témoignent sur notre site Internet. A côté des vandalismes, passages à tabac, viols, meurtres et autres manifestations flagrantes, les agressions sourdes, latentes, insidieuses font légion. Faute de preuves, de trop nombreuses personnes ne peuvent obtenir réparation, ne sont pas même reconnues comme victimes. Une insulte lâchée dans une cage d'escalier par un voisin, une mère qui exclut son fils homosexuel de chaque repas familial, un homme qui ne salue jamais sa collègue  lesbienne... sont autant de comportements de rejet contre lesquels, malheureusement, les homosexuel-le-s et trans sont désarmé-e-s ».

Rappelons que le taux de suicide chez les jeunes homosexuels est 4 fois supérieur qu'à la moyenne constatée chez les moins de 25 ans. La tolérance et la différence sont des droits que chaque citoyen est en droit d'attendre.

Tolérance et différence doivent aussi être présentées comme des valeurs républicaines à part entière.

A la manière de Frederick Perls : « Le contact, c'est l'appréciation des différences ».

 

Rapport SOS Homophobie 2010

Site de SOS Homophobie

Site de la HALDE

 

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