10 juin 2010
Pourquoi faut-il limiter le cumul des mandats ?

Dans l'objectif du projet présidentiel pour 2012, le Parti Socialiste, par la voix de sa Première Secrétaire Martine Aubry, a relancé l'hypothèse de mettre un terme au cumul des mandats.
Vœu pieux ou promesse irréaliste, cette détermination laisse l'UMP muette et le PS une fois encore très partagé. Gérard Collomb, Député-maire de Lyon et François Hollande, Député et Président du Conseil Général de la Corrèze, se sont exprimé contre cette mesure qui placerait selon eux, le PS dans une fâcheuse posture face à l'UMP.
Pour faire valoir leur désapprobation, ces deux élus brandissent le fait que les élus locaux se trouveraient fortement désavantagés pour être entendus de Paris.
Les partisans de cette mesure évoquent quant à eux, une ouverture du cercle politique, l'émergence d'une nouvelle génération face à l'hégémonie des barons locaux et une facilité pour parvenir à une représentation diverse et paritaire.
Quoi que l'on puisse en penser, tous les arguments sont valables et recevables. Valables dans le sens où les requêtes des élus provinciaux doivent trouver un juste écho à Paris où siège le Parlement, et recevables car ils expriment une volonté de démocratisation de la représentation politique.
Favorable au non cumul des mandats, j'estime que cette décision n'est viable que si elle est liée à quelques éléments. Tenir compte de la taille de l'exécutif local dirigé (une commune rurale ou une petite ville, n'exige pas la même disponibilité d'un élu que le Maire de Paris ou le Président d'un Conseil Général), la fin du mille-feuilles territorial qui voit les compétences se chevaucher et, que les Collectivités Locales disposent enfin d'un véritable contre-pouvoir.
Si les Collectivités Locales disposent aujourd'hui d'une représentation à travers le Sénat, force est de constater qu'en tout état de cause, et bien que le travail de celui-ci aie été souligné, l'Assemblée nationale décide toujours.
C'est à mon sens, l'effet boomerang du choix du Président Nicolas Sarkozy de donner la primauté de la réforme des conseillers territoriaux au lieu de privilégier celle du Sénat, de son mode d'élection et du contre-pouvoir efficace qu'il peut exercer à l'image du Sénat américain.
Le non cumul des mandats, c'est garantir un travail effectif de nos élus et une juste représentation de nos régions.
A la manière de Jean-Luc Hees : « Il y a soixante millions de personnes, dans ce pays, qui n'habitent pas qu'en région parisienne ! On devrait s'en souvenir un peu plus souvent... ».
10:00 Publié dans Décoder la politique ? | Lien permanent | Envoyer cette note
| Tags : politique, mandat, élus, ump, ps, réforme, sénat, cumul des mandats |
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