24 mai 2010

Pourquoi les oubliés de la République ?

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Le 7 mai dernier, le Nouvel Obs a publié la tribune « Toujours oubliés par la République » rédigée par Naïma Charaï (Députée suppléante de Noël Mamert), Stéphane Hessel (ancien Résistant et rédacteur de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948) et Alain Rousset (Député de Gironde et Président du Conseil Régional d'Aquitaine).

Cette tribune lancée par l'association « Les oubliés de la République Française » sonne comme un rappel à l'ordre douloureux à cette France qui n'est jamais parvenue à faire la paix avec ses anciennes colonies et les territoires qu'elle a administré durant plusieurs décennies.

S'agit-t-il d'une vieille querelle ? D'une vieille rancune ? Non, rien de tout cela. Juste l'évocation d'une vérité qui doit heurter les consciences et confronter les français à leur nécessaire devoir de mémoire. 50 ans ont passé et à ce jour, les combattants issus de l'ancien Empire Français subissent toujours la discrimination injustifiée qui place le montant de leur pension militaire soumise au barème de la nationalité qui est la leur aujourd'hui.

Ainsi la pension versée par l'armée française à un combattant français (disons plutôt métropolitain) s'élève à 630 € par mois. La même pension pour un soldat venu du Maroc s'élève quant à elle à 54 € par mois. Pour justifier cet écart de traitement, l'Armée insiste sur des points comme la parité de pouvoir d'achat et le fait que certains de ces anciens combattants résident hors de l'Union Européenne !

 

Extrait de la tribune : « La France refuse que ces hommes puissent percevoir dans leur pays une pension militaire de retraite égale à celle d'un Français mais leur accorde un droit de séjour qui leur permet de bénéficier du minimum vieillesse s'ils résident en France plus de neuf mois. Cette situation est proprement aberrante.

En janvier dernier, au terme d'une bataille juridique épuisante, Mohammed Mechti et 5 autres compagnons marocains ont obtenu gain de cause devant le tribunal administratif de Bordeaux, le Gouvernement se voyant contraint de revaloriser leur pension au niveau de celle des Français. Mohammed Mechti avait 91 ans. Trop tard pour en profiter : il est décédé au lendemain de ce jugement, loin des siens, alors qu'il s'apprêtait à rentrer définitivement au Maroc.»

Le devoir de la République, l'honneur de la France, c'est de ne jamais oublier que ces hommes ont répondu présent lorsque nos valeurs ont été violées. Le devoir de la République, l'honneur de la France, c'est de ne jamais oublier que l'on a demandé à ces hommes de venir combattre pour sauver la Patrie en danger. Le devoir de la République, l'honneur de la France, c'est de ne jamais oublier que le courage de ces hommes ne peut en aucun cas être différencié de celui d'un combattant de la Métropole.

Ces hommes ont participé à faire de la France d'aujourd'hui une terre de libertés.

 

A la manière de Tacite : « La postérité rend à chacun l'honneur qui lui est dû ».

Blog de l'association Les Oubliés de la République Française

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