31 août 2011

Pourquoi le miracle norvégien ?

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L’attaque sanglante et meurtrière du 22 juillet dernier perpétrée par le psychopathe Anders Behring Breivik, a tristement placé la Norvège sous le feu des projecteurs du monde entier. Ce royaume nordique surprenant qui n’a rien à envier aux pétromonarchies du Moyen-Orient, cultivait jalousement jusqu’alors sa singularité en toute sagesse aux portes de l’Europe.    

Membre du Conseil de l’Europe, membre fondateur de l’OTAN, membre de l’espace économique européen et de l’espace Shengen, les norvégiens ont refusé par deux fois de rejoindre l’Union Européenne à l’inverse de ses voisins et amis scandinaves.

La Norvège vue de France apparait comme une grande inconnue à l’exception notable des exemples de son modèle de société repris ici ou là au gré de nos campagnes électorales ou bien encore, de son emblème le plus visible de par chez nous à travers la truculente Eva Joly, franco-norvégienne, qui bien qu’attaquée par François Fillon sur son manque de connaissance de l’Histoire française revendique ne pas descendre de son drakkar.

Son modèle de société justement, c’est bien ce dernier qui était directement visé lors de ces évènements. Une société en paix, nobélisée de paix où la social-démocratie partage le trône souverain de son Roi Harald V. Une société qui enseigne et applique concrètement à son Peuple les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité. Une société qui prône le respect et la tolérance. Une société axée sur la confiance, où la police est quasiment invisible et qui pourtant répond aux sirènes du populisme et du nationalisme en accordant le quart de ses voix au parti d’extrême-droite du Progrès.

Etrange société norvégienne qui fait baver bon nombre de français qui se prennent à rêver d’appliquer la miraculeuse formule à notre propre société. Certains tenteront de vagues comparaisons mais buteront rapidement sur l’impossibilité d’une telle éventualité. Les gaulois ne sont pas des vikings. La France partage les valeurs morales de la Norvège, mais crois certainement bien plus dans son patrimoine et son Histoire que dans la possibilité de son Peuple à s’autogérer.

Le drame vécu en Norvège devait sonner le glas de ce miracle et de cet Etat-Providence. Admiratifs du calme et du flegme adoptés par les norvégiens au lendemain de ces attentats, même frappés au cœur le miracle continue ! Le Premier ministre norvégien assène la riposte de son Peuple à l’intolérance : « la seule réponse est plus de démocratie, plus d’ouverture » ! 

A la manière d’Albert Einstein : « Il n'y a que deux façons de vivre sa vie : l'une en faisant comme si rien n'était un miracle, l'autre en faisant comme si tout était un miracle ».

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29 août 2011

Pourquoi la dysphasie estivale ?

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Lorsque les vacances ne sont programmées pas avant le 15 août les travailleurs ne varient guère leurs habitudes. Si la trêve estivale est propice à un allègement de l’emploi du temps, les bonnes vieilles habitudes poussent les accros de l’info du matin à zapper sur toutes les chaines comme LCI, I-Télé ou BFM TV.

Seul hic, amis journalistes du quotidien se sont fait la malle. Les chaines de télévisions, toujours en quête de nouvelles stars, profitent de la période du 14 juillet au 15 août pour lancer quelques mulets dans le grand bain. Et là, soyons sincères, c’est le drame !

Non contents que ces nouveaux journalistes annoncent une météo médiocre ou s’étendent plus que de raison sur les faits divers les plus sordides, ils offrent au téléspectateur un véritable spectacle de dysphasie organisée !

Entre l’humour potache, les erreurs de syntaxe, l’écorchement du nom des personnalités et le fait d’être contraint de refaire deux ou trois fois sa phrase pour être sûr que nous ayons bien compris : les cerveaux des travailleurs qui devraient s’orienter en mode repos… pataugent sévèrement !

De grâce mesdames et messieurs ! Faites un effort et soignez votre dysphasie qui est, et doit demeurer, une maladie infantile. Préservez nous en épargnant nos oreilles... Pour le bal des illettrés Secret Story est amplement suffisant ! Oufff c'est la rentrée !

A la manière de Plutarque : « Pensez deux fois avant de parler et vous parlerez deux fois mieux ».

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22 août 2011

Pourquoi la prophétie des papes (saint Malachie) ?

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Arnold de Wyon… ce nom tristement inconnu est pourtant responsable du grand mystère que constitue la prophétie des papes dites « prophéties de saint Malachie ». Moine bénédictin et éditeur à Venise, c’est en 1595 qu’il léguera à la postérité son ouvrage   « Lignum vitae, Ornamentum et decus Ecclesiae » dans lequel il reprend les prophéties attribuées à Malachie d’Armagh, archevêque irlandais mort en 1148 retranscrites dans le passage  « Prophetia S. Malachiae, Archiepiscopi, de Summis Pontificibus ».

Texte apocryphe moqué par la communauté des chercheurs qui le juge fantaisiste et ignoré par l’Eglise catholique qui s’interdit -du moins officiellement- de caler l’élection de ses papes sur ces prédictions en préférant s’en remettre à l’Esprit Saint. Il n’en demeure pas moins qu’à chaque conclave, le spectre de la prophétie des papes refait surface et ne manque pas d’alimenter les reportages et autres commentaires relatant cet évènement planétaire.

Mystère ou mystification, la lecture de ces prophéties offre de biens troublantes traductions. Il existe 112 prophéties. Une liste bien trop longue pour être reprise ici d’autant que les sites les reprenant en intégralité ne manquent pas. Intéressons nous aux 10 dernières qui débutent en 1878, date à laquelle Vincenzo Gioacchino Raffaele Luigi Pecci accède au trône de Saint-Pierre sous le nom de Léon XIII.

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« Lumen in caelo » La lumière dans le ciel : Léon XIII (1878-1903)

Pape progressiste et intellectuel de part les 86 encycliques qu’il rédigea, sa prophétie est mise en relation par la présence d’une comète sur ciel d’azur portée sur les armoiries de sa famille. D’autres estiment que cette « lumière » tient à son travail diplomatique envers les empires russe et allemand durant toute la période de son pontificat.

« Ignis ardens » Le feu ardent : Pie X (1903-1914)

Giuseppe Melchiorre Sarto, saint-Pie X conserve l’image d’un pape conservateur, réformateur et profondément antimoderniste. La devise du feu ardent prête à diverses interprétations. La première lie le jour de son élection (le 4 août) à la fête de saint-Dominique. L’Ordre des dominicains reprend une torche ardente dans son écusson. Par ailleurs, sa propre mère aurait rêvé de cette même torche lorsque celui-ci n’était encore que le petit Giuseppe. La seconde rappelle que sa charge de Cardinal romain le rendait titulaire de l’église Saint-bernard-aux-Thermes bâtie sur les ruines antiques du Caldarium des thermes de Dioclétien où régnait une fournaise quasi permanente. Enfin, la troisième la rattache au début de la première guerre mondiale qui débutera à sa mort et qui en laquelle, selon des indiscrétions de la Curie, Pie X croyait fortement en prenant appui sur la prophétie de son successeur et qui annonçait un dépeuplement de la chrétienté.

« Religio depopulata » La religion dépeuplée ou dévastée : Benoît XV (1914-1922)

De son vrai nom Giacomo della Chiesa, le pontificat de Benoît XV couvrira toute la période de la première guerre mondiale où il développera une intense activité diplomatique. La prophétie qui lui est associée trouve ici une résolution assez marquée, surtout si l’on y ajoute les ravages provoqués par la grippe espagnole de 1918 qui fera près de 30 millions de morts à travers le monde.

« Fides intrepida » La foi intrépide : Pie XI (1922-1939)

C’est sous pontificat que l’Etat de la Cité du Vatican verra le jour au travers des accords du Latran de 1929 conclus avec Mussolini et qui mettront un terme à 1200 ans de domination sur les Etats pontificaux dits « patrimoine de saint-Pierre ». Sa prophétie tient en son intransigeance à ne pas voir la papauté dépossédée lors des négociations débouchant sur les accords du Latran, à son combat contre l’idéologie nazie et aux nombreuses missions pastorales et de l’action catholique menées tout au long de son pontificat.

« Pastor angelicus » Le pasteur angélique : Pie XII (1939-1958)

Eugenio Maria Giuseppe Giovanni Pacelli, Nonce apostolique en Allemagne et témoin direct de la montée du nazisme, puis Secrétaire d’Etat de son prédécesseur à la chaire de saint-Pierre, restera longtemps un pape controversé pour le silence du Vatican –jugé complice- sur l’extermination des juifs en Europe de l’est. Sa devise est interprétée comme un signe de sa dévotion à la Vierge Marie et son attachement aux enseignements de saint-Thomas d’Aquin.

« Pastor et nauta » Le pasteur et nautonier : Jean XXIII (1958-1963)

Le Bienheureux Jean XXIII conserve l’appellation de « Bon Pape » par sa bonhommie sympathique et l’image d’un pape très progressiste et ésotérique. Nonce apostolique à Paris où il fut élevé Cardinal par le Président Vincent Auriol, il sera le père du Concile Vatican II qui a modernisé l’Eglise catholique en profondeur. La prédiction le concernant tiendrait dans son intense activité pastorale et au fait qu’il fut nommé Patriarche de Venise en 1953.  

« Flos florum » La fleur des fleurs : Paul VI (1963-1978)

On dresse de Giovanni Battista Enrico Antonio Maria Montini le portrait d’un pape doux et apaisant qui viendra appliquer un baume régénérant à l’Eglise, rendu nécessaire par les suites très difficiles du Concile Vatican II qui s’achèvera sous son pontificat. La devise qui lui est associée tiendrait par la présence d’une fleur de lys sur ses armoiries et de sa naissance dans la région de Florence qui reprend également cette fleur dans son écusson. Le lys, fleur royale par excellence est appelée par les spécialistes…la fleur des fleurs.  

« De mediate lunae » de la moitié de la lune ou du temps moyen d'une lune : Jean-Paul Ier (1978-1978)

Albino Luciani est un pape atypique dans l’Histoire qui ne manque pas de faire parler de lui tant pour la durée de son pontificat qui ne dura que 33 jours et 6 heures que par son immanquable sourire. Celui qui accepta sa charge presque par contrainte continue d’alimenter les spéculations et les interrogations. L’interprétation de sa devise demeure partagée et axée sur l’astre lunaire. Si certains y voient le temps d’un simple cycle lunaire (environ 1 mois), d’autres l’associent au jour de sa naissance le 17 octobre 1912, date à laquelle la Lune était à sa moitié…

« De labore solis » de l'éclipse solaire, du labeur du soleil : Jean-Paul II (1978-2005)

Karol Józef Wojtyła, devenu le Bienheureux Jean-Paul II le 1er mai 2011, est un pape que personne n’attendait. Venu de la froide Pologne, il marquera l’Histoire de la papauté par son intense activité pastorale qui le conduira dans 129 pays à travers le monde, sa volonté de développer la diplomatie vaticane qui aidera à la chute du bloc soviétique et par l’étonnante longévité de son pontificat (27 ans). La prédiction qui lui est associée est sujette à controverse. Certains y voient une référence à son origine de l’est (où se lève le soleil), d’autres l’associent au fait qu’il soit né et enterré le jour d’une éclipse solaire quant les derniers ne doutent pas du lien l’unissant au message de Fatima qui parlait « De l’œuvre du soleil, un grand pape surviendra ».    

« De gloria olivae » de la gloire de l'olivier : Benoît XVI (2005-)

Depuis l’élection de Joseph Alois Ratzinger (anciennement surnommé le « Panzer Kardinal ») en 2005, la prophétie qui lui est associée laisse les bien pensants perplexes. Il est utile de préciser aussi que les interprétations sont souvent faîtes au lendemain de la mort d’un pape. La gloire de l’olivier n’inspire pas les foules à ce jour. Si les moins disant se contentent de voir l’olivier porté sur les armoiries de l’Ordre de Saint-Benoît, les plus courageux se risquent à y voir un lien avec la « prédication des deux témoins » -présente dans l’Saint-Jean où ces mêmes témoins sont étrangement nommés les « oliviers ».

« Petrus Romanus » (Pierre le Romain)

Pierre le Romain, le grand inconnu qui fait vibrer les adorateurs des grands mystères ! Le prochain pape qui devrait prendre le nom de Pierre II, et ainsi créer un drame au sein du Collège cardinalice jugeant cette appellation comme sacrilège, détient une prophétie que bien peu lui envient.

« In persecutione extrema sacrae Romanae Ecclesiae, sedebit Petrus Romanus, qui pascet oves in multis tribulationibus; quibus transactis, civitas septicollis diruetur, et Judex tremendus judicabit populum. »

Ou en version traduite :

« Dans la dernière persécution de la sainte Église romaine, siégera Pierre le Romain, qui fera paître ses brebis au milieu de nombreuses tribulations. Celles-ci étant passées, la ville aux sept collines (Rome ?) sera détruite et le Juge terrible jugera son peuple ».

Pierre était l’un des douze apôtres de Jésus. C’était le chef du collège apostolique, premier évêque de Rome et à ce titre considéré par les catholiques comme le fondateur de la papauté. C’est également l’apôtre qui renia Jésus à 3 reprises peu avant la Crucifixion. Une triple protestation d’amour répara ce triple reniement. Il joua un rôle essentiel après la mort de Jésus et œuvra à la conversion des Juifs. Le Vatican a été construit à l’endroit où Pierre aurait été crucifié la tête en bas et où ses ossements auraient été retrouvés dans les catacombes. Sa mort se situe pendant ou après l’incendie qui ravagea Rome en l’an 64. Pour satisfaire la colère du peuple qui voulait des coupables, Néron fit sacrifier des chrétiens. Pierre serait donc mort en martyr.

Ne doutons pas que le jour de l’annonce du décès du pape Benoit XVI, les télévisions du monde entier braqueront leurs caméras en direction Vatican pour voir émerger « Pierre le Romain ». En 2012 ? Sait-on jamais, cette année est voulue comme annonciatrice de la fin du monde et du Jugement dernier

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15 août 2011

Pourquoi les 12 commandements des vacances ?

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Les vacances….période bénie pour tout salarié qui entend fuir son triste quotidien, impose tous les ans à celles et ceux qui partent en quête de détente et de loisirs de se soumettre à 12 commandements savamment hiérarchisés.

Commandement N°1 : enfants tu expédieras ! (en colonie ou chez pépé et mémé)

Commandement N°1bis (pour ceux qui n’ont pas d’enfants) : forme de tes vacances tu trancheras ! (soleil et farniente, culturelles ou sportives).

Commandement N°2 : lieu de tes vacances tu détermineras !

Commandement N°2bis : location tu paieras ! (sauf si c’est papa et maman qui paient)

Commandement N°3 : transport(s) tu réserveras !

Commandement N°4 : papiers et vaccins tu vérifieras !

Commandement N°5 : maillot de bain tu achèteras ! (sauf si y’a pas la mer là-bas)

Commandement N°6 : valise tu feras ! (toujours penser au petit cadenas, on ne sait jamais…)

Commandement N°7 : livres et mots fléchés tu emporteras ! (enfin des choses pas trop compliquées…)

Commandement N°8 : animaux tu n’abandonneras pas ! (pour les poissons c’est facile, pour les chats et les chiens faut penser aux conserves ou aux croquettes, pour les araignées et les serpents….c’est beaucoup plus compliqué)

Commandement N°9 : gardienne ou amis tu préviendras ! (pour surveiller c’est la gardienne, pour le courrier ou pour arroser les orchidées c’est les amis…)

Commandement N°10 : gaz et eau tu fermeras !

Commandement N°11 : portes et fenêtres tu boucleras !

Commandement N°12 : grand sourire tu arboreras !

Maintenant que tout le monde a bien pointé sa petite liste personnelle : bonnes vacances à tous !

A la manière de Pierre Daninos : « Le farniente est une merveilleuse occupation. Dommage qu'il faille y renoncer pendant les vacances, l'essentiel étant alors de faire quelque chose ».

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13 août 2011

Pourquoi le mur de Berlin ?

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HISTOIRE DU MUR DE BERLIN

12 août 2011

Pourquoi les prisons surpeuplées ou peuple suremprisonné ?

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C’est presque historique ! Jamais autant qu’en cette année 2011, les conditions de détention en France n’auront connues un tel battage médiatique ! Si nos prisons n’ont pas encore réussi à détrôner Secret Story sur TF1 et à la télévision en général (à l’exception notable de Prison Valley diffusé sur Arte et la série américaine l’Enfer des prisons diffusée sur National Geographic Channel), elles font régulièrement la une des colonnes de la presse écrite.

L’exemple le plus fort est sans doute le journal Le Monde qui leur consacre un dossier spécial et fait plancher régulièrement ses journalistes sur les problématiques rencontrées par celles-ci. L’un d’entres-eux, Franck Johannès, alimente son blog « Libertés Surveillées – garantir les droits dans un monde inquiet » à partir des sujets liés à la détention, à la Justice et à la défense des libertés individuelles.

Noyé au milieu d’une actualité très riche depuis le début de l’année, c’est logiquement au cœur de l’été que l’on remarque que l’on a jamais autant parlé des prisons françaises –et de leurs dysfonctionnements permanents- que depuis les deux années qui viennent de s’écouler. Faut-il y voir un simple hasard ou une volonté affichée de faire bouger les lignes ? Quoi qu’il en soit, le travail mené par les associations comme l’Observatoire International des Prisons ou Ban Public se trouve ainsi justement récompensé : dénoncer l’inacceptable et briser l’omerta de l’Etat sur ce sujet !

Nouvel éditorial du journal Le Monde du 04/08/2011

Il y a une dizaine d'années, une commission d'enquête parlementaire dressait un constat accablant de la situation des prisons françaises : "Une humiliation pour la République", concluait son rapport, resté dans les annales. En juin 2009, à nouveau, le président de la République avait solennellement sonné l'alarme : notre situation pénitentiaire est "une honte pour la République", avait déclaré Nicolas Sarkozy devant le Congrès.

Il faut croire que la France s'habitue à cette humiliation et que ses pouvoirs publics ne rougissent plus de cette honte. Au 1er juillet, en effet, 73 320 personnes étaient placées sous écrou dans notre pays. Le chiffre - en augmentation de 50 % en dix ans - est un record absolu dans l'histoire de la pénitentiaire.

Le nombre de personnes sous écrou ne se confond pas avec celui des détenus ; 18 % des condamnés bénéficient d'un aménagement de peine, comme le bracelet électronique. Reste que près de 65.000 personnes sont incarcérées en France, dans des conditions trop souvent indignes.

Certes, des efforts budgétaires ont été consentis par les gouvernements successifs et les plus vieux établissements, construits avant 1900, vont être progressivement fermés. La chancellerie table sur 70.000 places en 2018, contre 56.000 aujourd'hui. Mais le programme immobilier ne résoudra rien : le nombre de personnes sous écrou a augmenté de près de 7 % cette année, et la surpopulation carcérale est endémique.

La cause de cette inflation pénitentiaire est simple : on emprisonne chaque jour davantage, et pour les délits de moins en moins graves. A cet égard, la responsabilité de l'actuel pouvoir exécutif, et en particulier du chef de l'Etat, est lourde. L'empilement de lois alourdissant les peines, la dénonciation incessante du prétendu "laxisme" des juges, la pression constante exercée sur les parquets banalisent de plus en plus l'emprisonnement.

L'affaire de Pornic a, incontestablement, marqué un tournant. Après le meurtre affreux de la jeune Laëtitia en janvier, Nicolas Sarkozy avait vivement mis en cause les magistrats et les fonctionnaires d'insertion qui, faute de moyens, n'avaient pas assuré le suivi de celui qui est devenu son assassin. Les multiples enquêtes sur les magistrats de Nantes n'ont pas donné grand-chose, mais le message est passé. Les mises à exécution de peines d'un an à moins de trois ans ont augmenté de 50 % : dans le doute, les juges envoient désormais les petits délinquants en prison, où la situation était déjà intenable.

Il faut donc relever le courage du procureur de Dunkerque qui a osé demander, récemment, la suspension des écrous pour les délits les moins graves pendant le mois d'août, avant d'être rappelé à l'ordre par la chancellerie.

"On nous dit que les prisons sont surpeuplées, écrivait Michel Foucault en 1971. Mais si c'était la population qui était suremprisonnée ?" La question est plus pertinente que jamais : il y avait, à l'époque, 29 500 personnes en prison ; elles sont aujourd'hui plus du double.

A la manière d’Albert Camus : « J'ai compris qu'il ne suffisait pas de dénoncer l'injustice, il fallait donner sa vie pour la combattre ».

11 août 2011

Pourquoi SOS jeunesse suicidée ?

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L’annonce du suicide de François-Xavier en pleine saison 5 de Secret Story, a donné lieu à des réactions et des propos aussi surprenants que déroutants.

Les larmes de crocodile versées par certains de ses anciens camarades de jeu comme la pulpeuse Cindy Lopes, font rire au mieux et affligent au pire. Loin de moi l’idée de penser qu’aucun affect ne se soit développé entre les « ex ». Je m’interroge toutefois sur la nature de cet affect en voyant la précipitation affligée de ces pleureuses remplir les colonnes de France Soir ou de Voici à peine l’information du décès connue !

Il en va de même avec cette prodigieuse jeunesse virtuelle qui s’épanche longuement sur cette disparition en portant François-Xavier au Panthéon des grandes stars trop vîtes disparues ou qui vient à se satisfaire de cette mort sur les réseaux sociaux.

FX n’était pas une star. C’était une étoile filante de cette télévision grande consommatrice de curiosités. FX n’était pas mon ami et je ne pleure pas sa disparition. Qu’il soit considéré comme un petit prodige ou une « erreur de casting » n’empêchera pas d’avoir du respect pour l’homme qui vient de disparaitre et pour ses proches qui le pleure aujourd’hui. 22 ans n’est pas un âge pour mourir.

Premier point : au-delà de ce fait-divers tragique et du personnage atypique qui en est l’acteur, j’aurais préféré que l’on évoque le fait que le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les jeunes entre 15 et 25 ans. Deux suicides récents ont prouvé que ces idées suicidaires interviennent bien plus tôt encore. J’aurais préféré que les journalistes qui se sont fait l’écho de ce suicide parle de cette jeunesse isolée, cette jeunesse qui s’abandonne au virtuel et qui vit sa vie par procuration, qu’ils nous parlent de cette jeunesse suicidée.

Deuxième point : les récentes déclarations de FX où il évoquait sa profonde dépression devant une carrière qui ne voulait pas se dérouler dans le sens souhaité doit nous interpeller. Nous interpeller sur la dangereuse illusion de l’argent facile et d’une célébrité assurée. La dangereuse illusion que tout est beau dans la jeunesse et dans l’insouciance. Cette illusion est sans doute vraie lorsque les lumières brillent. Quant est-t-il lorsque celles-ci s’éteignent ?  

Si pour François-Xavier il est malheureusement trop tard, il est peut-être possible de faire quelque chose pour tous les autres…En mettant fin à ses jours, FX a emporté ses secrets avec lui. Le premier d’entres-eux n’en est plus un : le reflet d’une très grande solitude !

A la manière de Thomas Bernhard : « La jeunesse est un défaut… Mais le défaut de l’âge, c’est de voir les défauts de la jeunesse ».

10 août 2011

Pourquoi avoir la foi ?

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Paris, un samedi soir sur la terre, quatre gays en goguette viennent à échanger sur le sens de la vie et la place accordée à la religion.

Ces gays là sont plutôt du genre républicains. La Laïcité reste sacrée et la religion doit rester dans la sphère privée. L’un y est farouchement opposé, le second interrogateur, le troisième très évasif quant le dernier développe un ton suspicieux. Alors à la question : « C’est quoi avoir la foi ? »… les réponses se croisent et ne se ressemblent pas…

Première possibilité : Avoir la foi c’est accepter que quelques hommes et quelques vieux écrits puissent dicter les faits, les gestes et les pensées de plusieurs milliards d’individus…

Deuxième possibilité : La foi c’est quelque chose que l’on a en soi et que personne ne peut expliquer.

Troisième possibilité : Personne n’est obligé de croire…sans pour autant avoir la possibilité de se retrouver dans un groupe le reconnaissant contre non-croyant...

L’un des gays s’étouffe quant un second s’écrit : « C’est des conneries tout ça, y’a personne là-haut ! Vous avez vu une échelle pour y monter vous ? »krishna_foi.JPG

Toujours très disert, il poursuit par : « Dieu, s’il existe pour les gays, c’est un mix de Krishna entre Mylène Farmer, Rihanna et Madonna ! ». Blasphème honteux, simple boutade ou raccourci rapide d’un esprit embué…rions un peu

Il fini par conclure : « Moi, je n’ai pas la foi, car c’est tout simplement contraire à toutes les lois de la physique ! ».

Mais à la fin, après toutes les hypothèses évoquées….personne ne sait toujours pas ce que c’est que d’avoir la foi ! Ce samedi soir sur la terre, une fois de plus…la foi est restée un grand mystère…!

La vraie liberté c’est peut-être ça finalement : celle d’avoir le droit d’avoir, ou de ne pas avoir la foi !

A la manière d’Arthur Koestler : « Il est facile de croire, facile de ne pas croire. Ce qui est dur c'est de ne pas croire à son incroyance ».

09 août 2011

Pourquoi un nouveau contre-la-montre pour Hank Skinner ?

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Suite à la Conférence de l’association Ensemble Contre la Peine de Mort, j’avais évoqué le témoignage poignant de Sandrine Ageorges-Skinner qui nous avait relaté la journée du 24 mars 2010 où son mari Hank Skinner, condamné à mort au Texas depuis 1995, avait vu son exécution ajournée suite à une décision de la Cour Suprême des Etats-Unis intervenue moins de 45 minutes avant l’heure prévue pour celle-ci.

Cette même Cour Suprême avait accepté courant mars 2011, qu’Hank Skinner puisse se pourvoir devant la juridiction civile du Tribunal Fédéral d’Amarillo (Texas) pour faire une nouvelle demande de tests ADN. Cette plainte toujours en cours, est contestée par l'Avocate Générale chargée du dossier  d'accusation qui cherche à la faire annuler*.  Hank Skinner continue de clamer son innocence.

Sans attendre la décision de ce Tribunal ou dans l’espoir d’hâter une décision de celui-ci, l’Etat du Texas a fixé une nouvelle date d’exécution d’Hank Skinner au 9 novembre prochain.

Un nouveau contre-la-montre est donc engagé. 90 jours, c’est le temps qui reste à la défense d’Hank Skinner et aux enquêteurs pour prouver son innocence et ainsi, lui éviter la peine capitale par injection létale.

A la manière de Gabrielle Roy : «Il ne faut jamais dire que l'espoir est mort. Ça ne meurt pas, l'espoir ». 

*précision de Sandrine Ageorges-Skinner

08 août 2011

Pourquoi je ne suis pas candidat à l’élection présidentielle ?

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Comme tout bon surfeur du net, il arrive des fois, comme ça, où l’on tombe sur l’article d’un congénère qui n’appelle pas spécialement de réponse, mais qui vous interpelle quant même. Cette aventure m’est arrivé la semaine passée en lisant le post du très grand « Mr. on peut pas plaire à tout le monde ! » à la plume aussi affinée qu’affutée qui titrait « Pourquoi je suis candidat à l’élection présidentielle ».

De premier abord, j’ai cru en une quelconque usurpation de ces pourquoi qui me sont si familiers, puis, dans un second temps en une rétrospective des chansons version 70’s qui reprenait le tube de Gérard Lenorman : « Si j’étais président de la République…. ! ». Connaissant mon ami bipède, j’ai rapidement compris qu’il s’agissait ici d’une nouvelle satire sur la vie politique de notre pays.

Ainsi donc, qu’aurais-je à redire de sa vision personnelle des multiples candidatures de nos potentats nationaux à l’occasion de la présidentielle 2012 ? Tout simplement le passage suivant : « Soyons sérieux il existe dans la classe politique contemporaine 4 raisons de se porter candidat à la présidence : parce qu’on pense qu’on va gagner, parce qu’on pense que ca va nous permettre de gagner la suivante, parce qu’on a presque gagné la fois précédente, parce qu’on veut témoigner de notre idéologie ». Incontestable sur la forme…effrayant sur le fond !

Mes lecteurs assidus –oui, il y en a- ne manqueront pas encore une fois de penser que je vais sauter comme un cabri sur ma chaise en vociférant mon éternel couplet sur la grandeur de la France et la désertion des idéaux républicains auxquels nous sommes tous attachés. Ces lecteurs sont très assidus et ils ont naturellement raison ! Ce pâle constat de notre vie politique catégorisé par « Mr. on peut pas plaire à tout le monde ! » vaut désormais pour une quasi tradition républicaine et je ne peux m’empêcher de trouver cela affligeant.

Ainsi donc, nous en serions réduits à penser que nos candidats à l’élection présidentielle ne peuvent se ranger que dans ces seules catégories ? Que reste t-il de l’idée qu’une candidature à la magistrature suprême impose d’avoir une certaine idée de la France que l’on souhaite pour demain ? De disposer d’une envie profonde de moderniser la société ? De faire évoluer cette société dans le sens de l’Histoire ? De tourner le dos à certaines incohérences qui laissent penser que notre République est un modèle démodé et que celle-ci a muté en une vulgaire monarchie républicaine ? Ou de nier l’évidence que la répartition des pouvoirs est devenu obsolète dans notre pays avec un Parlement qui attend sagement ce que l’exécutif a décidé ? 

Ainsi donc, nous en serions réduits à penser que la France et la République sont sacrifiées sur l’autel d’obscures velléités de quelques chapelles politiques ou sur une sombre combinaison d’individualités ? Non, décidément je ne m’y résous pas. Cette vision d’une démocratie au rabais où c’est le moins mauvais qui l’emporte ne me satisfait pas.

Je veux conserver l’utopique idée qu’une candidature à la présidence de la République ne se résume pas à un hasard, à un devoir ou à un caprice personnel. Je réfute ces arguments simplistes qui voudraient que « l’on pense qu’on va gagner » : on ne gagne pas pour soi-même, c’est le pays qui doit y gagner quelque chose… que « l’on pense que cela va nous permettre de gagner la suivante » : l’élection présidentielle n’est pas une partie de Uno ou de Monopoly !... que « l’on a presque gagné la fois précédente » : le Peuple est sage, il se trompe rarement. Le politique propose, le Peuple dispose !... ou enfin que « l’on veut témoigner de son idéologie » : en observant la politique française des cent dernières années on constate rapidement que les idéologies ont souvent dérivées vers un vaste compromis qui réuni tous les français ou, qu’elles ont souvent été emportées par des évènements qui imposaient qu’on les cale sous le boisseau.

Enfin, la suite de cet article me laisse un goût amer au fond de la gorge. Une idée comme quoi les français ne seraient pas si mûrs que cela pour juger de leur propre destin. Une idée comme quoi notre personnel politique est capricieux et que sa seule activité se résume en un jeu vulgaire de chaises musicales. Une idée comme quoi cette élection présidentielle est déjà jouée d’avance et que nous n’aurons qu’à supporter un théâtre d’ombres chinoises.

Terminons-en et soyons honnêtes avec nous-mêmes. Si ces femmes et ces hommes qui entendent faire entendre leur voix dans le débat qui s’ouvre n’ont d’autre idée que de faire gagner la France et de rendre à la République ce qui lui appartient alors oui, comme le suggère sans l’écrire  « Mr. on peut pas plaire à tout le monde ! » certaines candidatures ne se justifient pas. Non parce qu’elles sont inutiles mais tout simplement parce qu’elles sont presque insultantes. Quant on n’a rien d’autre à vendre aux français que sa seule parole ou sa bonne tête, il est préférable parfois de rester chez soi.

Cela suppose bien entendu que les français n’interprètent pas la politique comme un jeu de télé-réalité. Cela suppose bien entendu que nos journalistes soient indépendants en ne se laissant pas dicter ce qu’il est bon ou non de dire aux français, et qu’ils chassent le besoin de sensationnel en donnant la priorité à l’information….à toute l’information !

Je suis confiant et je ne désespère pas. Je sais que se porter candidat à l’élection présidentielle n’est pas donné à tous et encore moins, de se faire élire par le Peuple. Se porter candidat est un acte fort réservé à un petit cercle de femmes et d’hommes qui dispose de compétences minimales, de la vision d’une France fidèle à son héritage mais ouverte au monde, d’une volonté de transmettre à nos enfants le meilleur et non le moins mauvais. Devenir Président n’est pas le rêve d’une personne…c’est son karma !

Estimant ne pas disposer des compétences requises et ne ressentant pas poindre ce karma en moi, mes chers compatriotes, je vous annonce que je ne suis pas candidat à l’élection présidentielle !

A la manière de Pierre Baillargeon : « L'instinct de conservation s'est développé chez nous au détriment de tous les autres instincts ».

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