30 mars 2012

Pourquoi le radicalisme se nourrit du repli carcéral ?

radicalisme_religion_prison_sarkozy_islam.jpg

Lors de son allocation consécutive à l’assaut du Raid contre Mohamed Merah, le président Sarkozy a annoncé une batterie de mesures complémentaires visant à lutter contre le terrorisme. Parmi elles, une mesure concerne la mise en place d’une réflexion sur la propagation des idéologies extrémistes en prison. 

En réponse à cette annonce, le journal La Croix a publié des extraits d’un courrier que lui a adressé Abdelhak Eddouk, coordinateur de l’Aumônerie musulmane à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, sur le constat du radicalisme religieux en prison et des propositions permettant d’y remédier :

« Y a-t-il un radicalisme religieux dans les prisons ? Ce phénomène existe bel et bien. Il faut être aveugle, pour ne pas dire complice, pour le nier. Seulement, le reconnaître ne doit faire de lui un phénomène majoritaire. Un seul cas, qui pourrait provoquer un drame tel que celui de Montauban et de Toulouse, serait toujours un cas de trop. Mais il ne doit pas nous conduire à l’extrême en stigmatisant et pénalisant la majorité de la population carcérale, en l’accusant de ce qu’elle n’est pas.

Il faut distinguer deux types de radicalisme au sein de la prison. Le radicalisme idéologique, exprimé par des individus qui se trouvent en prison à la suite des affaires liées à leur idéologie extrémiste, et cherchent par tous les moyens à s’imposer en tant qu’imams ou leaders autoproclamés. Le radicalisme de ces individus ne reconnaît aucune limite, comme il n’obéit à aucun ordre.

Il y a ensuite le radicalisme comportemental. Il est exprimé par des détenus influencés par les premiers. Pour la majorité, ils n’ont aucune formation religieuse. Cette forme de radicalisme s’exprime par un changement brutal dans leur apparence (barbe, tenue vestimentaire…), mais elle n’altère pas la reconnaissance du règlement intérieur des établissements pénitentiaires, ni les rapports avec le personnel. Elle peut provoquer des demandes à caractère cultuel, mais elle ne dépasse pas les limites de l’organisation carcérale.

Cette distinction s’avère nécessaire pour éviter tout amalgame dans les rapports avec les détenus. Depuis quelques années maintenant, le radicalisme religieux en prison n’est présenté que sous un seul et unique schéma, qui ne reconnaît aucune frontière, entre les détenus qui cherchent à donner un sens à leur vie et les détenus qui sont dans la revendication idéologique. Ce schéma ne laisse aucune chance à l’écrasante majorité des détenus qui, lorsqu’ils empruntent le chemin de la religiosité, ne sont que dans une démarche spirituelle provoquée par le regret.

Comment éviter le risque de radicalisation religieuse dans les prisons ? Les circuits classiques, qui permettent au détenu de garder les repères, dépendent beaucoup du parcours de vie de chacun. Mais les plus importants sont la famille et l’encadrement au sein de la détention. Un troisième se rajoute lorsqu’il s’agit de la pratique religieuse : la présence de l’aumônier. Lorsque le détenu est entouré d’une bonne prise en charge familiale, administrative et religieuse, ses chances d’une réinsertion post-carcérale sont plus que sûres.

La pire des situations qui puisse arriver aux détenus, notamment les jeunes récidivistes, c’est de ne plus avoir de contacts avec leurs proches. Perdre l’espoir d’un parloir familial, c’est rompre avec les racines. Ainsi, le jeune détenu devient le client idéal pour tout type d’endoctrinement.

L’autre prise en charge doit être administrative. Dans beaucoup de prisons françaises, les syndicats déplorent le manque de personnel, notamment de proximité, pour que toutes les activités, et donc les mouvements, puissent se faire dans des conditions satisfaisantes. Nous constatons aussi que certains détenus, pour plusieurs raisons, ne sont pas assez motivés pour suivre l’ensemble des activités proposées, malgré les efforts du personnel pénitentiaire et des autres intervenants. Une vigilance à l’égard de ce type de détenus est plus que nécessaire, car n’être inscrit à aucune activité ne veut pas nécessairement dire que le détenu n’a aucune activité.

Sur le plan religieux, tout le monde s’accorde pour dire que les prisons françaises manquent cruellement d’aumôniers musulmans. Tous ceux qui sont sur le terrain estiment qu’il faut au moins tripler le nombre des aumôniers musulmans. Seulement, suffit-il de mettre un certain nombre d’aumôniers musulmans dans les prisons pour prétendre répondre à la demande ? Un aumônier dépourvu d’une formation adéquate risque de se trouver discrédité par un simple détenu qui ne maîtrise qu’une seule littérature religieuse, celle de la haine. »

Notons que le coordinateur de l’Aumônerie musulmane ne nie en aucune manière la fragilité de jeunes détenus face aux idéologies prônées par les ultras ou certains de leurs aînés, tout en soulignant l’importance d’une formation adaptée et d’un encadrement renforcé des personnels chargés de leur détention.

En trame des annonces du Chef de l’Etat, il faut relever une précipitation devenue coutumière à vouloir légiférer sur des sujets d’importance qui méritent pourtant d’être traités dans le calme et la sérénité. Toutes formulations de Lois ou de mesures rédigées dans la précipitation, conduisent trop souvent à de mauvaises interprétations dans la possibilité de leur mise en application sur le terrain. Les prisons ne font pas exception.    

Le renforcement et le maintien des liens familiaux, le suivi psychologique et psychiatrique des détenus, ainsi que le développement des programmes d’éducation et de réinsertion prennent ici tout leur sens. La prison est une sanction. Elle a pour fonction d’écarter de la société ceux qui n’ont pas respecté les règles. Elle a toutefois l’impérieuse nécessité de préparer les détenus à leur retour dans une société de droits et de devoirs.

Toujours sur le même sujet : retrouvez l’avis du Contrôleur Général des Prisons, Jean-Marie Delarue, sur l’exercice des cultes en prison et l’article que j’avais consacré à ce rapport en mai 2011.

A la manière de François-René de Chateaubriant : « Tout crime porte en soi une incapacité radicale et un germe de malheur : pratiquons donc le bien pour être heureux, et soyons justes pour être habiles. »

29 mars 2012

Pourquoi le chiffre magique ?

10000_visites_blog_internet_avec les mots de regis sada.jpg

Une grande première pour mon blog créé en octobre 2006.

Entre le 1er et le 27 mars 2012 : vous avez été plus de 10.000 à le visiter.

Un énorme MERCI à toutes et à tous pour votre fidélité !

 

28 mars 2012

Pourquoi le piège Sarko-musulman ?

sarkozy_musulman_islam_islamophobie_republique.png

Les attentats terroristes perpétrés par Mohamed Merah n’en finissent pas de troubler une opinion publique bercée entre horreur et questionnement. Au grand dam de certains, cet évènement dramatique ne place pas pour autant le thème sécuritaire au cœur des attentes des français dans cette campagne présidentielle.

Pour autant, celui-ci constitue un vilain retour de flamme pour la stratégie politicienne mise en place par l’équipe du candidat-président Nicolas Sarkozy bien avant son élection en mai 2007. Une stratégie politicienne qui visait à siphonner les voix du Front National en le débordant sur ses thèmes de prédilection et en y ajoutant un savant mélange d’amateurisme, de vulgarité et de malhonnêteté intellectuelle.  

Arrivés au crépuscule du dernier quinquennat, il est grand temps de dresser le bilan désastreux de la politique de stigmatisation quasi-permanente menée contre l’Islam et les musulmans par le président Sarkozy, ses conseillers ou autres membres de l’UMP.

Résumons simplement par : l’épisode du Karcher, le discours de St-Jean-de-Latran, le débat sur l’identité nationale, le discours de Grenoble, la loi anti-Burqa, les insinuations liant le mot délinquance à celui d’immigration ou de « l’appel à la tolérance des mulsmans de France » du président Sarkozy lors du référendum sur les minarets en Suisse.

Tous ces éléments sont autant d’entorses répétées et avouées au principe de Laïcité et, d’attaques à peine dissimulées dirigées contre les musulmans présents sur notre territoire qu’ils soient français ou étrangers. 

Au moment où la France traverse un épisode sinistre, comment peut-on avoir le culot d’appeler à l’unité nationale de tous les français alors, que ce président et cette majorité n’ont eu de cesse de considérer nos compatriotes musulmans comme des citoyens de seconde zone ?  

Nicolas Sarkozy s’est toujours défendu d’être le porte-parole de ceux qui considèrent l’islamophobie comme un loisir. Au regard des politiques conduites ces dernières années et de la sémantique provocatrice employée par des gens comme Brice Hortefeux, Henri Guaino, Claude Guéant, Christian Vanneste et autres membres de la Droite Populaire, il appartient aux français de dire s’ils souhaitent poursuivre ce mélange des genres nauséabond.

Un retour aux fondamentaux républicains m'apparait essentiel. Ces valeurs fondamentales placent la tolérance au coeur de toute idée de développement pour notre société, en passant par un rejet ferme de toute stigmatisation de population. Il n'existe pas de "musulmans d'apparence" ou de citoyens inférieurs en droits et en devoirs, il n'y a que des français fiers de leur diversité et profondément attachés à l'égalité de tous !

Je dis non à cette République des infidèles. Infidèles aux valeurs universelles de la France !

A la manière d’un proverbe québécois : « Quant la cruche est pleine, elle renverse ».

26 mars 2012

Pourquoi Mélenchon modifie tous les repères ?

 

mélenchon_bastille_18_mars_présidentielle_gauche.jpg

La société a perdu ses repères. Une poule n'y retrouverait pas ses poussins ! De tout temps les torchons étaient tenus à distance des serviettes. Si jadis, un gosse de riche répondait au style chemisette pantalon à pinces mocassins et raie sur le côté, le gamin de la basse lui s'en tenait fièrement au tee-shirt jeans troué baskets et cheveux en bataille.

Il y avait les « salauds » à droite et la « vermine » à gauche ! Si tu allais à l'école des curés et que papa était cadre, tu étais destiné à voter à droite ! Si en revanche tu allais à l'école des ânes et que papa ne dépassait pas la maîtrise en fin de carrière, tu voterais forcément à gauche !

Pour les meetings politiques c'était un peu la même chose. A droite c'était Bleu-Blanc-Rouge et Marseillaise quant la gauche était toute rouge point levé avec l'infatigable Internationale ! Depuis 2007, j'avais laissé ma France à droite en état de grâce rangée aux ordres de Nicolas Sarkozy, avec ma gauche égarée dans la ségosphère et un PC sous Buffet totalement écrasé.

Cinq années écoulées, les temps ont bien changé ! La droite a perdu la République quant Mélenchon a repris la Bastille ! L'UMP rempli les salles du Président de ses propres militants réquisitionnés quant Mélenchon déborde les boulevards parisiens de tout ce que la capitale compte de cocos et de bobos. Pour Sarkozy c'est meeting avec la clientèle des chiffres et des lettres et du JT de TF1 quant Mélenchon mise sur celle des chaînes infos et de toutes les séries US quant y'a pas Top Chef à la télé !

La France forte fortement ébranlée s'oppose à la reprise du pouvoir par un front d'un genre nouveau. Le président du Peuple se donne des airs de Chegevara quant le vrai candidat du Peuple emprunte quelques accents gaulliens. Allez comprendre Charles ! Sarkozy entonne la Marseillaise en solitaire quant Mélenchon la fait toujours précéder par cette satanée Internationale bras tous emmêlés de ses nouveaux camarades !

La société a changé. Tous les codes sont modifiés. Difficile de s'y retrouver même en jouant à qui et qui, où et pourquoi ? Si les rouges sont devenus bleus et que les bleus deviennent tout rouge, mais où sont donc passés les communistes ? C'est à n'y rien comprendre et j'en perds mon latin. L'insurrection civique serait-elle pour demain ? C'est une révolte ? Non Sire, c'est une Révolution !

A la manière de Dominique Muller : « Il s'en faut d'un rien pour que la raison s'égare quant on a perdu ses repères ».

 

23 mars 2012

Pourquoi la Justice des faibles ?

prison_perpetuite_justice_raid_mohammed_merah.jpg

Quelques minutes à peine après l’attaque meurtrière de l’école juive Ozar Hatorah ayant couté la vie à trois jeunes enfants et un père de famille, la Justice des faibles, la Justice du Peuple fou a déjà rendu son verdict : la mort !

De FaceBook à Twitter, tout ce qu’internet compte de réseaux sociaux, s’enflamme et bruisse de commentaires aussi rapides que sanguinaires. La sanction suprême et exemplaire, la peine de mort, est immédiatement requise. Le footballeur marseillais André-Pierre Gignac succombe lui-même à cette émotion de l’instant en demandant le retour de la chaise électrique, ignorant sans doute que ce procédé d’exécution n’a jamais été utilisé en France !

Pas de quoi être surpris ! Le Peuple éduqué que nous sommes doit s'interroger sur la dérive grossièrement racoleuse de nos journalistes et des chaines qui les emploient. Le traitement de l'information dans notre pays est devenu une tare insoutenable. La couverture médiatique accordée à la tuerie de Toulouse et au siège de l'appartement de Mohamed Merah était profondément affligeante. BFM TV et I-Télé n'ont plus rien a envié à la Fox !

Aucun mot, aucun qualificatif n’est assez fort pour exprimer notre horreur et notre aversion collective face à ces exécutions primaires. Un homme tuant de sang froid et n’exprimant aucune forme de regrets, est un homme fâché avec l’Humanité. Une Humanité qui l’a pourtant engendré.

Il nous appartient à tous, collectivement, d’assumer et de juger ce type de criminels. De les juger à la hauteur des crimes dont ils se rendent coupables, tout en n’ayant pas l’angélisme de croire que cette pensée pourrait remplacer les vies ôtées.

Un retour vers la peine de mort, quelque soit la nature du crime commis, est impossible. Cette éventualité serait une régression de notre démocratie. La preuve évidente d’un fléchissement collectif et d’un renoncement à combattre les racines du mal. Ce combat passe incontestablement par l'éducation donnée à nos enfants et au devoir de responsabilité des parents qui ne peuvent déléguer cette charge à la société.

La dangerosité et la haine développée par des individus comme Mohamed Merah, méritent toutefois que l’on s’interroge très sérieusement sur les peines qui peuvent être prononcées à leur encontre. Si en France depuis 1986, la peine maximale applicable est de 30 ans incompressibles, le recours à une perpétuité à vie réelle apparait désormais presque indispensable.        

Notre loi naturelle, la force de loi républicaine, c’est de ne jamais cesser de prôner et de défendre nos valeurs de Liberté, d’Egalité et de Fraternité. Des valeurs auxquelles il convient d’associer dans les présentes circonstances, la Tolérance et la Justice.

Mohamed Merah voulait ébranler la République. La République a répondu et s'est défendu. Sa mort ne sert pas les desseins de la Justice. Elle permettra sans doute aux familles de toutes les victimes de se dire que les assassinats qui les ont frappé ne sont pas restés impunis. C'est là l'essentiel.

A la manière de Voltaire : « La loi naturelle est l’instinct qui nous fait sentir la justice.  »

22 mars 2012

Pourquoi les petits conseils de Jacques Attali ?

 

jacques_attali_note_secrete.jpg

Note secrète, sur la conduite des dernières semaines de campagne

"Chers amis,  

Il va sans dire que la note qui suit est secrète et ne doit pas sortir de vos quatre bureaux. Elle ne vise qu'à vous servir à orienter vos équipes dans les prochaines semaines. 

Notre agence, sous les divers noms qu'elle porte, conseille à travers vous les principaux candidats à l'élection présidentielle française. Nous pouvons en être fiers. C'est le fruit d'un long travail, mené depuis de nombreuses années, pour obtenir la confiance de ces gens-là et de leurs entourages. C'est aussi le résultat des travaux approfondis de nos équipes de publicitaires, sociologues, spécialistes des sondages, du marketing interactif, d'Internet et de toutes les autres techniques, sans cesse renouvelées, si nécessaires à l'exercice de notre métier, dont je vous rappelle la haute et belle mission: convaincre. 

Pour l'instant, la campagne présidentielle française se déroule parfaitement bien, conformément à nos recommandations et à nos intérêts. Suivant nos prescriptions, tous les candidats sérieux refusent de parler de leurs bilans et encore plus de leurs programmes. Nous avons réussi à les convaincre que les électeurs sont amnésiques et myopes, que la ­campagne n'est pour eux qu'un spectacle et qu'ils ne s'intéressent ni au passé ni à l'avenir. Il était alors facile de démontrer aux candidats la nécessité de sortir chaque jour une idée nouvelle, faisant oublier celle de la veille. Peu importe le sujet, l'important est qu'on en parle. Il faut ne pas rester immobile, donner le sentiment d'un dynamisme illimité et, surtout, éviter d'être taxé de routinier ou d'ennuyeux : qui voudrait passer les cinq prochaines années avec un président rabâchant sans cesse les mêmes idées, de peur de se contredire? 

Ceci est peut-être contraire à l'intérêt de la démocratie, qui exige que les candidats s'affrontent en profondeur sur leurs visions et leurs projets. Ce n'est pas notre affaire et ne doit pas le devenir. Notre intérêt est de vendre à chaque camp un maximum de sondages (au moins un par jour), d'études qualitatives (au moins trois par semaine). Cela nous permettra non seulement d'engranger un confortable chiffre d'affaires, mais aussi - avantage annexe - de relayer, jour après jour,  

Les messages et les préoccupations de nos autres clients, entreprises commerciales dont dépend notre bien-être. 

En principe, il ne faut pas s'inquiéter : la tyrannie du neuf s'exerce partout dans la société, pour notre plus grand bénéfice. Et même si nous n'existions pas (après tout, nous n'existons peut-être pas...), tout se passerait sans doute de la même façon. Mais si je crois utile de vous l'écrire aujourd'hui, c'est pour que vous restiez vigilants, pour que vous évitiez tout dérapage, possible pendant les derniers jours, au cas où les électeurs deviendraient soudain plus pressants. 

Aucun sujet ne doit donc rester d'actualité pendant plus de vingt-quatre heures. A vous de proposer, chaque jour et à chaque équipe de campagne, selon le résultat de vos études, des thèmes nouveaux. A vous de créer des polémiques, de tester des humeurs, des mots, des gestes, des attitudes, des sourires, des slogans. Tout, sauf des projets! 

Je compte sur vous." 

Jacques Attali

21 mars 2012

Pourquoi le temple de la Fraternité ?

fronton_fraternite_400.png

"L'intolérance et le soupçon, l'orgueil et le mépris ;

Voilà de tristes chemins pour marcher vers le temple de la fraternité !"

George Sand