19 mars 2012
Pourquoi la querelle mémorielle ?

50 ans après la signature des Accords d'Evian qui ont mis fin à la guerre d'Algérie et acté son indépendance, la plaie a toujours autant de mal à cicatriser. 50 ans après, les consciences sont toujours taraudées et l'encre des livres d'histoire a du mal sécher.
France 2 diffusait la semaine dernière un documentaire remarquable retraçant les anciens « événements survenus en Algérie » décrits depuis comme le simple récit de la « Guerre d'Algérie ». Le mot de remarquable n'est pas usurpé. C'est sans doute la première fois où ce douloureux moment d'Histoire est raconté de manière linéaire sans rien omettre de la réalité.
Au-delà du débat sur la fixation d'une date de commémoration commune pour les morts et les anciens combattants de ce conflit, en plein cœur de la campagne présidentielle, le souvenir resurgit en plaçant les candidats en fâcheuse posture. Beaucoup l'écarte, d'autres le survole quant les derniers le renie tout simplement.
La France aime l'Histoire. Aime son Histoire. Surtout quant elle est noble, quant elle vieille et qu'elle la place en position dominante. La France déteste l'Histoire. Déteste son Histoire. Surtout quant elle trouble, quant elle est trop récente et qu'elle la place dans une position de faiblesse.
De la même manière que notre pays aime à se rappeler l'épopée de ses Rois qui le valorise tout en majesté, celui-ci a mis du temps à s'amender des égarements de certains dans la collaboration honteuse dont ils se sont rendus coupables lors de la seconde guerre mondiale. Tant qu'il y a des survivants pour témoigner, il n'est jamais évident de trouver les seuls éléments qui permettent de se glorifier.
A la différence d'autres territoires qu'elle avait colonisé ou sur lesquels elle avait assuré un simple protectorat, l'Algérie était considérée comme une extension de la Métropole séparée par la Méditerranée. Des départements d'Outre-Mer à portée de rames. Des départements qui ont mêlées en un siècle population native et populations installées. Des populations installées qui ont fini par devenir natives elles-mêmes.
Une fois l'indépendance décidée, la France n'a pas su (ou n'a pas voulu) gérer les regrets, l'amertume, les peurs et le ressenti de ces mêmes populations. Elle a préféré se retirer par la petite porte en espérant que chacune finirait par y trouver son compte. C'est sans doute l'erreur magistrale commise par la France. Car une mémoire mutilée ou soigneusement oubliée ne trouve jamais le repos, ne trouve jamais la paix.
Les générations d'aujourd'hui ne peuvent pas être tenues pour responsables des erreurs de leurs aînés. Elles ne sont que les dépositaires d'une Histoire léguée. Il leur appartient en revanche de trouver les justes définitions permettant à tous, de retrouver une trace de cette dignité trop longtemps piétinée.
A la manière de Jean Guitton : « La mémoire la plus profonde est une mémoire de toute notre destinée ».
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16 mars 2012
Pourquoi notre primitive Liberté européenne ?

Le monde a changé et nous sommes tous les jours comptables de ses perpétuelles évolutions. Alors que la Chine s’est éveillée, l’Amérique continue de nous émerveiller. Si l’Europe piétine un brin, la France, innove dans la continuité ou régresse sans innover !
Cette campagne présidentielle donne des ailes à nos candidats ! Non contents de nous ramener à des débats déjà tranchés, à enfoncer des portes déjà grandes ouvertes ; voilà que l’immigration et le mythe de ces barbares d’étrangers refait surface !
Histoire de rassurer des français déjà très inquiets, c’est l’Europe que l’on entend désormais sacrifier. Jadis bel emblème de paix, de stabilité et de prospérité, le « machin » est cassé et il convient de tout changer. La faute à ce maudit Shengen, espace bien trop pourri, qui ouvert aux quatre vents fait se déverser des cohortes d’immigrés non désirés.
C’est dit, c’est fait, Berlin n’a plus son mur et c’est en Grèce que l’on se propose de l’exporter. Merci Arno, quelle belle idée, la Turquie est un ennemi dangereux qu’il convient de cloisonner. Renoncer aux accords de Shengen sous couvert de mieux contrôler les flux migratoires, est une honteuse tartufferie qu’il est nécessaire de contester.
Refermer nos frontières, c’est nous replier sur nous-mêmes. La France a déjà trop longtemps péché par excès d’orgueil. Alors que nous regardions passer les trains, baignés d’une arrogante autosatisfaction permanente, nos voisins européens ont lentement observé notre déclin.
Revenir sur le principe de liberté de circulation des biens et des personnes, y penser seulement, c’est ramener la France à une primitivité d’esprit. C’est mentir une nouvelle fois aux français en leur faisant croire que nous sommes plus forts entre-nous.
De grâce chers candidats ! Imaginez pour nous la France de demain et non celle d’avant-hier ! Rappelez-vous qu’en France, si on n’a pas de pétrole, nous sommes quant même censés avoir des idées ! Encore une fois, c’est raté !
A la manière de Pythagore : « En quittant ton pays, détourne les yeux de la frontière ».
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09 mars 2012
Pourquoi croiser les doigts pour Florence ?

Le Mexique ne s'opposera pas à l'ordre constitutionnel dans l'affaire Florence Cassez a déclaré mercredi 7 mars au soir un ministre après la publication du projet d'un juge de la Cour suprême préconisant la libération de la Française condamnée à 60 ans de prison pour enlèvement.
"L'ordre mexicain ne peut s'opposer à l'ordre constitutionnel, ne peut s'opposer aux lois", a déclaré à CNN Max Alberto Diener, sous-secrétaire d'Etat mexicain aux Affaires juridiques et aux Droits de l'Homme, dépendant du ministère de l'Intérieur.
"Par conséquent, si le moment venu, les juges ou le pouvoir judiciaire, en faisant leur évaluation, considéraient que certains points portent atteinte aux droits de l'accusé, il faudra agir en conséquence", a dit le ministre.
Extrait NouvelObs
COMITE DE SOUTIEN
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17 février 2012
Pourquoi la RIP Society ?

Mickaël Jackson, Steve Jobs, Amy Winehouse, Whitney Houston ou François-Xavier dit “FX”. Une longue liste de stars adulées (ou détestées) récemment décédées. Jusqu’ici, aucune surprise me direz-vous… sauf si vous avez joué les Robinson Crusoé sur une ile déserte pendant quelques mois !
Ces disparitions n’auront pas pu échapper aux geeks invétérés et autres tweeters du moment, puisque chaque annonce a vu fleurir des RIP au détour d’un message déposé sur un blog ou d’un tweet lancé à la volée.
Si vous avez la correction d’écarter les fautes d’orthographe, les erreurs de syntaxe ou les noms de personnes qui sont confondues et encore bien vivantes, vous serez sans doute saisis par la vive émotion qui envahi tous ces esprits…
Il est cruel de retirer aux rédacteurs de ces messages la sincérité de leur propos. J’aime beaucoup les messages du type « Je n’ai jamais entendu une de ses chansons mais c’est horrible, je suis super triste, respect quant même et RIP ». Je sens poindre quelques risettes ici ou là…
Si les stars du petit ou du grand écran nous laissent parfois sur notre faim, rien ne remplacera désormais le spectacle que nous offre la communauté internet. Cette déferlante de vives réactions, de grandes émotions et d’immense tristesse partagée marquera -pour longtemps- le reflet d’une société qui a définitivement renoncé à communiquer directement.
Le malheur n’est bon que lorsqu’il est partagé par tous. #RIP Society !
A la manière de Saint Jean Damascène : « Envie. Tristesse du bien d’autrui ».
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15 février 2012
Pourquoi l’anachronisme de l’austérité ?

Quel observateur vigilant de l’actualité n’a jamais entendu prononcer le mot d’austérité ? En s’amusant à rechercher sa définition, ce même observateur y trouvera deux significations éloquentes.
La première définie le caractère de quelqu’un ou de quelque chose qui est austère, sévère ou rigoriste, poussant l’imagerie à l’âpreté de la vie monacale !
La seconde est bien plus surprenante lorsqu’elle fait référence à une politique économique visant à une réduction des déficits et à une maitrise des dépenses contribuant à retrouver un juste équilibre.
Une fois ceci évoqué, où se cache donc cet hypothétique anachronisme de l’austérité ?
Sans doute par le fait d’être surpris que l’on puisse trouver à redire sur une volonté –ou une nécessité- de bien gérer et de contrôler les dérapages jugés superflus. En somme, de refuser de dépenser de l’argent que nous ne sommes pas censés avoir. En somme, de disposer de dirigeants capables de renoncer à une forme avancée de gaudriole économique.
L’anachronisme est poussé également dans le choix de nos dirigeants. Ainsi, au nom du sérieux et de la nécessité de rigueur, un président de la République plus mûr dans ses propos et plus mâture dans la gestion qu’il entend donner à ses affaires, aura beaucoup plus de chances de se faire entendre qu’un jeunot souvent maladroit et toujours trop progressiste dans ses propositions.
Enfin, l’austérité (ou rigorisme économique) qui se veut pourtant salvatrice de la bonne gestion d’un Etat, trouve rarement un écho favorable auprès des Peuples qui y sont contraints et soumis. Vous ne trouverez aucun grec qui vous dira le contraire ! Le premier qui dit AUSTERITE ! dans une rue d’Athènes risque fort de se faire tailler de sérieuses croupières…
L’austérité est toujours dictée par le bon sens. L’austérité est nécessaire lorsqu’elle n’est pas imposée au détriment de ceux qui la subissent. L’austérité est une vertu disparue, les hommes l’ayant travestie sur l’autel de leur propre incompétence.
A la manière de Georges Marchais : « L’austérité vise par certaines mesures à avancer l’âge de la mort ».
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08 février 2012
Pourquoi la civilisation égarée ?

La petite phrase prononcée le week-end dernier par Claude Guéant selon laquelle toutes les civilisations ne se valent pas, ne cesse d'alimenter le bottin mondain des chroniques politiques.
La droite est-elle à ce point en manque d'idées pour tenter, à quelques encablures d'une élection présidentielle périlleuse, de redonner sens et un énième sursaut à notre identité nationale voulue en péril depuis 2007 ?
C'est désormais chose courante : il convient de décrier ce que l'on ne peut contrôler.
Notre Ministre de l'Intérieur, pourtant adversaire acharné de la récidive de nos vilaines racailles, se lance à son tour dans le grand bain de la récidive des propos aussi choquants qu'outranciers qui viendront, n'en doutons pas, faciliter notre communication diplomatique et le retour de la France au rang des nations qui comptent.
Le plus étonnant -ou le plus choquant- c'est que l'avis du locataire précaire de la Place Beauvau, semble trouver un écho favorable chez les français qui lui donne raison de peu. Ainsi donc, c'est dit, toutes les civilisations ne se valent pas !
Soyons bons joueurs et saluons les bonnes intentions de Claude Guéant qui nous ramène à la réalité de notre triste existence. La civilisation supérieure, celle dans laquelle nous vivons naturellement, puise ses fondements dans l'idée saine selon laquelle tout homme né libre et égaux en droits.
Peu importe de savoir si, ici ou là, quelques imperfections viennent polluer cet idéal, en ces temps incertains il convient de dire et de s'entendre dire que nous sommes les champions.
Peu importe de savoir s'il subsiste, ici ou là, quelques inégalités. Même si nos compatriotes féminines peinent encore à comprendre la finalité du mot « égalité », même s'il vaut mieux s’appeler Jean qu'Hicham, même s'il convient de demeurer chrétien plutôt que de succomber à la doctrine d'un islamisme galopant, même s'il vaut mieux profiter de la générosité offerte par les Restos du cœur que de crever la dalle, même s'il convient d'être un hétérosexuel frustré plutôt qu'un homosexuel assumé puisque le caractère de ce dernier se révèle inférieur moralement au premier.
Non mes amis, je suis rassuré et veux rendre grâce ici à la bienveillante attention du gardien du dogme intérieur. Dans sa très grande sagesse et la pureté de son esprit malin, il nous a rendu l'espoir que rien n'est perdu et que nous pouvons continuer à glorifier le modèle de civilisation que nous avons construit et entretenu.
Une chose m'effraie toutefois. La vilaine possibilité d'être privé de cette clairvoyance et de cette conscience généreuse d'ici le printemps. Je n’ose imaginer un retour à l’anarchie de l'esprit, un retour de la pensée maudite, à l'éventualité de la dégénérescence de l'ordre moral. Certains prônent à un changement dès maintenant. Sacrebleu la civilisation libertaire revient au galop !
A la manière de Gaston Bouthoul : « la civilisation est une lutte contre la peur ».
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06 février 2012
Pourquoi l'art de la polémique ?

Notre Peuple est-il devenu à ce point stupide pour que seule la polémique suffise à le nourrir ? Voilà bien en substance la seule question qui me vient à l'esprit en observant les débats qui nous animent aujourd'hui. Les français sont enfants de polémique.
Un mot, une boutade ou autre gauloiserie bien calée, suffit désormais à satisfaire leur appétit politique. A écouter les échanges fleuris dont nous sommes les otages, on se surprend à retrouver quelques scènes héritées des récréations de notre enfance. A qui aura le calot le plus gros, le plus grand nombre de soldats ou la barbichette la plus longue, emportera les cœurs que la raison ne saurait ignorer !
Il est toujours utile de préciser que la controverse est un art bien né qu'il faut savoir manier avec la plus grande dextérité. La controverse est fille de l'art polémique et, à ce jeu, je ne suis pas certain que nous suffisamment armés pour l'affronter en toute tranquillité.
Notre pays dit-on, à défaut d'avoir du pétrole, regorge d'idées qui ne demandent qu'à jaillir pour inonder la société. Soyons utiles et raisonnés et laissons aux artistes, aux vrais, le seul art qu'ils manient avec génie, celui de polémiquer pour le bien de l'Humanité !
A la manière de Paul Gauguin : « La vérité ne se dégage pas de la polémique, mais des œuvres qu'on a faites. »
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