26 juillet 2010

Pourquoi le journalisme est-il devenu ennemi du politique ?

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Article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre à l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi ».

Durant des décennies nos gouvernants se sont accommodés du journalisme. Du moins, tant qu’ils étaient en mesure de le contrôler et de dicter les informations qui étaient audibles par le Peuple. Le Peuple était quant à lui soumis aux actualités émises dans les journaux et à la radio, en attendant l’arrivée de la télévision.

Le véritable journalismelibre et non faussé- est réellement né en 1974, année où le Ministère de l’Information a disparu. Avant cette date, nos dirigeants jugeaient des informations acceptables et transmissibles au bon Peuple.

La voix de l’Etat a mutée en voix du Peuple et, si les journalistes ont respecté très –trop- longtemps certaines règles de bienséance (certains appellent cela la déontologie), ils ont révolutionné leur métier au virage des années 2000.

C’est une particularité française. Une part de notre identité nationale. A l’aube du IIIème millénaire, les journalistes ont décidé de tout dire sans que rien, ni personne ne puisse altérer leur jugement ou leurs dires. Pour le politique, cette mutation est synonyme de hantise de chaque instant. De cauchemar permanent.

L’arrivée d’Internet et des nouveaux systèmes de communication ont bouleversé l’ordre établi : désormais l’information est continue. Le droit au secret, à la vérité opaque ou à la dérive du politique est impossible.

Certains jugent cet état de fait comme préjudiciable à la perception de la vie politique par les français. C’est vrai, quant le Peuple se met à réfléchir ou à se poser des questions…..ce n’est jamais très bon !

Dans de nombreux pays démocratiques, personne ne trouve à redire du principe que les populations soient informés des faits et gestes de leurs représentants. En France cela est considéré parfois comme une atteinte au principe de liberté de parole et de mouvement.

Alors, à la question de savoir si le journalisme est devenu l’ennemi du politique, il convient de répondre par la négative et de souligner qu’au contraire il lui garanti une forme de prospérité médiatique. Lorsque l’on passe son temps à distiller directives et autres commandements, il convient d’observer une exemplarité teintée de rigueur et de retenue.

Le politique ne doit pas craindre le journalisme, il doit l’encourager. Le politique ne doit pas craindre le regard du Peuple, il est tenu de le servir. Le politique propose, le Peuple dispose. La démocratie et la République sont à ce prix.

A la manière de Confucius : «  Se regarder scrupuleusement soi-même, ne regarder que discrètement les autres ».

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16 juin 2010

Pourquoi le nouvel âge de la retraite ?

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10 juin 2010

Pourquoi faut-il limiter le cumul des mandats ?

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Dans l'objectif du projet présidentiel pour 2012, le Parti Socialiste, par la voix de sa Première Secrétaire Martine Aubry, a relancé l'hypothèse de mettre un terme au cumul des mandats.

Vœu pieux ou promesse irréaliste, cette détermination laisse l'UMP muette et le PS une fois encore très partagé. Gérard Collomb, Député-maire de Lyon et François Hollande, Député et Président du Conseil Général de la Corrèze, se sont exprimé contre cette mesure qui placerait selon eux, le PS dans une fâcheuse posture face à l'UMP.

Pour faire valoir leur désapprobation, ces deux élus brandissent le fait que les élus locaux se trouveraient fortement désavantagés pour être entendus de Paris.

Les partisans de cette mesure évoquent quant à eux, une ouverture du cercle politique, l'émergence d'une nouvelle génération face à l'hégémonie des barons locaux et une facilité pour parvenir à une représentation diverse et paritaire.

Quoi que l'on puisse en penser, tous les arguments sont valables et recevables. Valables dans le sens où les requêtes des élus provinciaux doivent trouver un juste écho à Paris où siège le Parlement, et recevables car ils expriment une volonté de démocratisation de la représentation politique.

Favorable au non cumul des mandats, j'estime que cette décision n'est viable que si elle est liée à quelques éléments. Tenir compte de la taille de l'exécutif local dirigé (une commune rurale ou une petite ville, n'exige pas la même disponibilité d'un élu que le Maire de Paris ou le Président d'un Conseil Général), la fin du mille-feuilles territorial qui voit les compétences se chevaucher et, que les Collectivités Locales disposent enfin d'un véritable contre-pouvoir.

Si les Collectivités Locales disposent aujourd'hui d'une représentation à travers le Sénat, force est de constater qu'en tout état de cause, et bien que le travail de celui-ci aie été souligné, l'Assemblée nationale décide toujours.

C'est à mon sens, l'effet boomerang du choix du Président Nicolas Sarkozy de donner la primauté de la réforme des conseillers territoriaux au lieu de privilégier celle du Sénat, de son mode d'élection et du contre-pouvoir efficace qu'il peut exercer à l'image du Sénat américain.

Le non cumul des mandats, c'est garantir un travail effectif de nos élus et une juste représentation de nos régions.

A la manière de Jean-Luc Hees : « Il y a soixante millions de personnes, dans ce pays, qui n'habitent pas qu'en région parisienne ! On devrait s'en souvenir un peu plus souvent... ».

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23 mars 2010

Pourquoi le Gouvernement enterre la Taxe Carbone ?

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Dans mon post du 22 février, relatif à mon renoncement de la vie politique, j'évoquais la question de la supériorité des convictions sur celle de l'opportunisme qui consiste à défendre ses idées sans jamais renoncer et sans jamais varier la teneur de son discours.

Au regard des évolutions politiques et sociales qu'à connu notre pays dans cette dernière décennie, je maintiens qu'à mon sens la gauche a du courage mais manque d'audace alors que la droite a de l'audace mais manque cruellement de courage.

Aux lendemains de régionales douloureuses pour la majorité et d'un remaniement ministériel censé apaiser les dissensions de celle-ci, François Fillon, notre Premier Ministre, a annoncé l'abandon de la Taxe Carbone en insistant sur le fait que ce nouvel impôt affaiblissait la compétitivité de nos entreprises et qu'elle ne peut s'engager qu'au niveau européen.

Sur la compétitivité des entreprises, François Fillon a oublié de préciser que les plus gros pollueurs étaient exemptés de payer cette taxe et qu'au final, la facture serait réglée par les PME et les consommateurs eux-mêmes.

Cette annonce inattendue va sans doute pousser l'ancien Premier Ministre Michel Rocard à sortir de sa réserve et, à dire tout haut ce qu'il pense de ce renoncement qui ôte toute crédibilité aux actions défendues par le Gouvernement en matière d'écologie et de Développement Durable, et qui annonce une colère de tous les acteurs du Grenelle de l'Environnement pourtant mis en avant par ce même Gouvernement.

Lors de la dernière Université d'Eté du Medef, Michel Rocard a clairement annoncé que la France ne peut en aucun cas faire l'impasse sur une telle taxe si elle souhaite pouvoir mettre en application ses engagements européens et internationaux. Il a complété son exposé en précisant que les français doivent accepter l'idée de payer -au prix fort- leurs excès passés et que sans cela la facture leur sera présenté d'ici 2020 dans des proportions considérables.

La décision d'abandonner la Taxe Carbone est une grave erreur, une de plus, qui ne réponds ni aux enjeux écologiques, ni aux enjeux économiques et qui alourdie l'épée de Damoclès portée sur la dette de nos enfants. Ce renoncement n'est pas décevant, il est synonyme d'une profonde irresponsabilité politique.

A la manière de Georges Meredith : « Fermer les yeux devant le danger, c'est se donner en proie et renoncer à son libre arbitre ».

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22 mars 2010

Pourquoi la vraie victoire du 21 mars 2010 n’est pas due aux régionales ?

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Si la victoire aux élections régionales de la Gauche Solidaire -nouvellement nommée- a sévèrement douché les ardeurs d'une UMP trop sûre de sa bonne parole, le score par K.O. de 23 régions contre 3 ne constitue pas la vraie victoire de ce 21 mars 2010.

Non, le score important qu'il faut retenir c'est celui de 219 contre 212 ! Ces 219 voix sont celles des Représentants américains qui ont permis l'adoption de la nouvelle couverture santé universelle offerte par le Président Barack Obama aux millions de ses concitoyens qui en été privés jusqu'ici.

Comme une coïncidence de l'Histoire, Nicolas Sarkozy avait ironisé il y a quelques mois sur le fait que le Président américain était jugé sur l'adoption d'une seule et unique réforme alors que lui-même devait l'être sur une multitude. Au moment où le Congrès américain adoube la politique conduite par Obama, le Peuple français inflige une sévère correction à celle menée par son Président !

Lorsqu'un pays comme les Etats-Unis importe une réforme aussi emblématique et ancrée d'un vieux pays comme la France, c'est le signe que rien n'est perdu et que nous n'avons pas toujours passé notre temps à oublier de penser. Là où il y a de la vie : il y a de l'espoir.

A la manière de Pierre-Joseph Proudhon : « Toute société se forme, se réforme ou se transforme à l'aide d'une idée ».

25 février 2010

Pourquoi les élections régionales sont sur une mauvaise pente ?


Régionales: mauvaise pente
envoyé par LEXPRESS. - L'info internationale vidéo.

08 décembre 2009

Pourquoi Nicolas Sarkozy s'égare entre les minarets et l'identité nationale ?

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Le Monde - 08/12/2009 - Nicolas Sarkozy « Respecter ceux qui arrivent, respecter ceux qui accueillent »

Cette tribune du Président de la République me choque, me blesse autant qu'elle m'interpelle. Je ne me reconnais ni dans ces mots, ni dans cette vision de la France qui ne me ressemble pas.

Je m'interroge sur le parallèle plus que douteux qui est fait du résultat du référendum suisse sur les minarets et celui qui avait conduit les français à rejeter la Constitution Européenne en 2005.

Je m'interroge donc, sur le fait que Nicolas Sarkozy entend comparer un texte censé fixer des règles et des valeurs communes à une question qui mêle stigmatisation et rejet d'une différence cultuelle (et non communautariste).

Je m'interroge toujours sur l'affirmation du Chef de l'Etat lorsqu'il évoque la maturité de la démocratie helvétique et le possible résultat d'un tel référendum s'il avait été voté en France.

C'est oublier que les suisses sont des habitués des « votations citoyennes », de ces votes de proximité, alors que nos référendums sont fixés sur des questions de souveraineté ou d'organisation des pouvoirs publics. La parodie de notre référendum d'initiative populaire fait pâle figure. C'est occulter le fait que leur système fédéraliste opère comme une décentralisation pleine et entière, accordant une autonomie réelle de leurs cantons alors que notre Etat à nous, se borne à ne pas payer ses dettes à ses collectivités locales les laissant à leur triste sort. C'est masquer le fait qu'une telle question n'aurait jamais pu être posée aux Français au nom du sacro-saint principe de Laïcité.

Je m'interroge sans cesse, autour des contradictions idéologiques du Président de la République lorsqu'il parle d'une dénaturation possible du mode de pensée ou des relations sociales au sein des Peuples européens d'une part et revendique la tolérance et l'accueil reconnus de ces mêmes Peuples européens d'autre part.

Je m'interroge sur la volonté de lier les Etats, les hommes, les pensées, les cultes et les communautarismes dans un magma qui nous ramène au temps où cette « vieille Europe » a franchi le pas de tous les nationalismes, de toutes les intolérances, aboutissant aux plus grands malheurs portés par la guerre.

Je m'interroge avec désespoir lorsque notre Président revendique un soutien "cultuel" aux musulmans de France alors que dans de très nombreuses villes, comme dans la mienne à Puteaux, ces mêmes compatriotes sont contraints d'exercer leur culte à même le sol et ce par tous les temps ! Cet épilogue sur les minarets vire à la querelle de clochers....

Je m'insurge définitivement contre ce renvoi permanent aux racines chrétiennes de la France qui devrait justifier que tous les cultes ne sont pas logés à la même enseigne et que, seuls les musulmans de France sont tenus de faire preuve de compréhension devant les heurts ou les chocs que la pratique de leur propre culte serait censé provoquer !

Parce que la République est une et indivisible, le Chef de l'Etat doit s'adresser à TOUS les français sans poser de marqueurs de traçabilité !

Cette tribune me heurte car elle n'est pas conforme à ma vision de la France. Cette tribune me choque car elle contrevient à l'image d'une République où chacun dispose des mêmes droits et des mêmes devoirs. Cette tribune me blesse car je n'y retrouve aucun terme propre à ma conception de l'identité nationale.

Puisque désormais il faut avoir le courage de ses convictions. Puisque désormais il faut faire le choix d'être français ou d'être Sarkozyste. Mon identité à moi c'est d'être français !

Régis Sada

 

17 septembre 2009

Pourquoi Brice Hortefeux n’est pas plus raciste que les autres ?

 

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La cabbale médiatique subie par le Ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux suite à ses propos tenus lors de l'Université d'Eté de l'UMP à Seignosse, restera comme un bon exemple de la surveillance citoyenne appliquée désormais à notre vie politique.

Quelle énergie dépensée ! Que de reportages, de démentis, de critiques et autres analyses pour tenter de décrypter la bourde de Brice de Saint-Saturnin (village du Puy-de-Dôme pour les ignares).

Brice Hortefeux a-t-il fauté ? Oui bien entendu.... Malgré de piètres séances de rattrapage, il reste difficile d'expliquer l'inexplicable. Un ministre, de l'Intérieur de surcroit, est tenu à un discours entendu et ne doit pas recourir à des raccourcis hasardeux dignes de fins de soirées bien arrosées.

 

 

Brice Hortefeux a suivi le propos de cette dame, sans doute un peu limitée, qui en pointant son doigt palmé sur le jeune Amine s'est sentie obligée de préciser au Ministre : « vous savez, il est catholique et il mange du cochon » !

Il en a bien de la chance Amine... Je ne suis pas tout à fait catholique et je digère très mal le cochon ! Je ne me sens pas moins français pour autant madame...

A l'inverse de Brice Hortefeux, je ne pense pas que (en parlant des arabes) : « Quand il y en a un ça va, c'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes ».

En revanche, je demeure convaincu que (en parlant de cette dame sans doute un peu limitée) : « Quand il y en a une, c'est gênant mais cela reste gérable. Mais c'est quand il y en a beaucoup qu'il est nécessaire d'appliquer un vaste programme de rééducation sociale et verbale».

Brice Hortefeux est-t-il raciste ? Cela ne m'intéresse guère et je ne crois pas que cela soit le cœur de toute cette polémique. Les français sont des habitués de blagues vaseuses tantôt sur nos amis belges, sur les arabes, sur les hommes politiques ou sur une classe sociale différente. Sont-t-ils tous racistes pour autant ? Non, juste un peu primaires, parfois, à la pensée limitée, souvent.

Je m'étonne en revanche que dans une Université d'Eté d'un parti qui entend défendre la diversité et la lutte contre le racisme, on laisse des gens -comme cette dame- déblatérer des crétineries contraires aux engagements affirmés.

Les gauloiseries graveleuses, tout comme les idées reçues, méritent un bon coup de balai tant elles sont nuisibles à la santé de notre société.  Si les partis politiques refusent de faire le ménage, comment pourrons-nous le faire dans la vie quotidienne ?

Régis Sada

 

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16 juillet 2009

Pourquoi Manuel Valls a répondu à Martine Aubry ?

Manuel Valls répond sur son blog au courrier que lui adressé Martine Aubry, et dans lequel elle lui a demandé de se taire ou de quitter le Parti Socialiste pour cause de liberté d'expression et de parole en décalage avec l'orthodoxie prônée par la direction qu'elle a mise en place.

J'ai apporté mon soutien hier à Manuel Valls dans ce post. Les réactions ont été nombreuses et ont une nouvelle fois créé la zizanie au PS au profit d'un Nicolas Sarkozy qui n'en demande pas tant. La presse juge la lettre de Martine Aubry assez sévèrement et Laurent Joffrin de Libération rédige un éditorial taillé à la serpe.

Je retiens l'analyse de Pierre Moscovici ce matin sur l'antenne de France Info qui estime que le PS courait à sa perte. Il poursuit avec deux phrases emprunt d'une profonde réalité : "Essayons de rehausser le niveau de jeu du PS parce que tout ça est un peu désespérant" et "Soyons conscients que oui, si nous continuons comme ça, le Parti socialiste est une entité périssable."

Je récapitule où tout le monde a compris ?

Régis Sada

 

manuel valls.jpgREPONSE A MARTINE AUBRY

« Chère Martine,

J'ai lu avec étonnement la lettre dans laquelle tu m'adresses tes amitiés et m'enjoins... de me taire ou de quitter le Parti socialiste.

J'ai conscience des difficultés de ton rôle et de sa part ingrate. Personne n'a oublié les circonstances exceptionnelles de notre dernier congrès. Beaucoup de forces se sont alors mobilisées pour étouffer l'indispensable démarche de rénovation. Après le désastre électoral du 7 juin dernier, je ne suis pas étonné que ces mêmes forces te demandent aujourd'hui d'imposer le silence dans les rangs.

Je suis surpris, par contre, par la méthode. Pourquoi avoir transmis simultanément ta lettre à la rédaction du Parisien ? L'objectif affiché par ton courrier n'est-il pas de clore l'ensemble de nos débats à l'abri des huis clos ? L'urgence était-elle donc telle qu'il ait fallu reprendre la plume pour masquer le cuisant échec d'une récente initiative épistolaire à l'attention des autres partis de gauche ?

Mais je veux te répondre sur l'essentiel.

Tu me soupçonnes « d'espérer la fin du Parti socialiste ». J'y suis rentré à l'âge de 18 ans et j'y consacre ma vie. Sans jamais renoncer à mes convictions, j'y ai exercé de multiples responsabilités et j'en suis l'élu depuis 1986. Et contrairement à certains qui s'érigent aujourd'hui en grands sages, j'ai toujours respecté, quoiqu'il ait pu m'en coûter, le choix des militants et les règles de vote de notre groupe parlementaire dont je suis aussi l'un des animateurs.

Ton procès d'intention relève donc, au mieux, de la désinformation et, au pire, de l'insulte. S'il y a une chose dont j'espère la fin, ce n'est pas celle d'une formation qui garde encore l'honneur d'être le pivot de la gauche ; c'est celle d'une machine à perdre qui détruit l'espoir mis par nos concitoyens dans le progrès social.

Tu affirmes que notre « parti s'est remis au travail, s'est ouvert sur la société et a su porter des propositions fortes » depuis le congrès de Reims. Malgré un dévouement et une bonne volonté  que je ne mets pas en cause, force est pourtant de constater, pour l'heure, que ce travail et ces propositions n'ont pas convaincu nos compatriotes. Je suis frappé que tu n'évoques nulle part, dans ta lettre, les résultats du scrutin européen. Pourquoi un tel déni ? Faut-il que le désaveu ait été si cruel pour justifier un tel refoulement ?

Il est vain de m'accuser qu'« il n'y a pas un jour, où [je] n'explique [...] que notre parti est en crise profonde ». La crise de notre parti - qui est aussi celle de la social-démocratie européenne - n'est pas de mon fait ; elle a été établie et sanctionnée par nos concitoyens eux-mêmes lors de toutes les échéances électorales majeures depuis 2002. Et si cette vérité dérange notre confort et nos certitudes, je prendrai toujours le risque, pour ma part - et avec bien d'autres - de l'assumer. Quel que soit le prix à payer, je ne me ferai pas le silencieux complice de l'aveuglement. C'est un choix éthique qui relève de ma conscience et qui donne sens à mon engagement. Je te confirme donc que mes propos reflètent bien ma pensée !

Il est également malhonnête de sous-entendre que je réserve ma parole « aux médias ». Avec une égale constance, je m'exprime à l'intérieur comme à l'extérieur de notre parti. Et si cette parole rencontre davantage d'écho hors les murs, c'est qu'elle entre en résonance avec des aspirations et des interrogations que l'on voudrait bien étouffer.

Ma chère Martine, tu l'auras compris, je ne renoncerai donc jamais à l'ambition collective de définir un nouveau projet pour la gauche - d'autant que je suis convaincu que nous pouvons gagner en 2012 et battre Nicolas Sarkozy. A travers mes ouvrages et mon expression publique, sans vouloir imposer une vérité, je me place toujours sur le terrain des idées et des propositions : école, retraites, sécurité, culture, entreprise, nouvelle ville...

C'est cet effort que j'ai souhaité amplifier - et je tiens à t'adresser, une nouvelle fois, mon intervention faite le mois dernier au Théâtre Michel ; et c'est cet effort que j'entends bien poursuivre au cours des prochaines années en m'appuyant sur l'expérience de nos élus locaux, la générosité de nos militants, l'attente de nos sympathisants et aussi sur les travaux de nos clubs de réflexions.

Oui, pour redonner une envie de gauche, je pense qu'il faut transformer profondément notre formation, l'ouvrir réellement à la société et être clair sur des alliances qui ne doivent pas être déterminées au cas par cas.

L'idée selon laquelle un parti peut être à lui-seul porteur d'un projet clé en main pour transformer la société est aujourd'hui dépassée. Son action est désormais plus horizontale que verticale à l'instar de la révolution internet. La mise en place de primaires s'inscrit parfaitement dans cette évolution. A la lecture de ta lettre, je ne te cache pas ma profonde inquiétude sur ta conception très datée du parti.

Pour la gauche, l'urgence est de redessiner, avec les français, une perspective qui suscite, à nouveau, l'espérance. En partant de notre traditionnelle ligne de clivage avec la droite - l'appréciation différente de l'origine des inégalités entre les hommes - je m'efforcerai, avec tous ceux qui voudront en faire l'effort, de jeter les bases d'un nouveau modèle de développement pour le 21ème siècle. Donner à chaque individu les moyens de son autonomie devrait devenir la nouvelle frontière de la gauche.

« Je me révolte donc nous sommes » disait Albert Camus. Par cette formule, il établissait une dialectique originale entre l'individuel et le collectif. J'espère que tu pourras aussi y voir, comme moi, une source d'encouragement et d'espoir.

Et puisque tu me sommes de donner une réponse claire à ton ultimatum, je t'informe que j'entends bien rester fidèle à mon poste, à ma famille politique et à mes valeurs.

Avec toute mon amitié,

Manuel Valls

Député Maire d'Evry »

 

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15 juillet 2009

Pourquoi Martine Aubry sanctionne-t-elle Manuel Valls ?

logo_rainbow rose.jpgAbasourdi et dépité sont les deux premiers mots qui me viennent à l'esprit en lisant le contenu du courrier de Martine Aubry à Manuel Valls. Cette lettre de la Première Secrétaire sonne comme une exécution en règle et sans sommations, à moins que ce soit le Parti Socialiste lui-même qui soit porté à l'échafaud !

Ainsi donc, Martine Aubry rappelle que : « S'engager dans un Parti, c'est un acte d'adhésion à des valeurs et des pratiques communes, mais c'est aussi - qui plus est dans un parti démocratique comme le nôtre-, accepter de débattre en son sein, d'y apporter ses idées et ses réflexions, et lorsque la décision est prise de la respecter et la porter dans l'opinion. » et choisi dans le même temps de signifier à Manuel Valls (et aux militants et sympathisants qui le soutiennent) qu'il ne dispose que d'un seul droit : celui de la fermer !

Elle poursuit par : « On ne peut utiliser un Parti pour obtenir des mandats et des succès, en s'appuyant sur la force et la légitimité d'une organisation collective, et s'en affranchir pour exister dans les médias à des fins de promotion personnelle. On n'appartient pas à un Parti pour s'en servir mais pour le servir. Les militants et même les français exigent de nous du travail, du courage et des idées. ». Ravi de lire qu'être membre du PS n'est pas fait que pour obtenir des mandats et des succès. Faire de la politique n'est donc pas un métier. Certains de nos élus qui squattent le haut de l'affiche depuis plusieurs décennies seront désormais tenues de s'en souvenir. Je suis par contre très surpris de lire qu'être membre du PS implique de servir l'appareil plutôt que les français eux-mêmes !

Le passage sur « Les militants, eux, ont un souhait, c'est que tu mettes ton intelligence et ton engagement au service du Parti et donc des Français. Tes propos, loin d'apporter une solution, portent atteinte à tous les militants et à tous les dirigeants, qui aujourd'hui travaillent à retrouver la confiance avec nos concitoyens » relève en revanche d'une profonde imposture intellectuelle. Nombre de militants se sentent au contraire presque soulagés qu'un éléphanteau tienne la dragée haute aux anciens et qu'il porte une parole en phase avec les réalités vécues dans la France d'en bas. Je fais partie de ces militants -et de nombreux autres français de gauche- qui remercient Manuel Valls de leur faire croire dans une autre réalité implacable de celle d'une réélection dans un fauteuil de Nicolas Sarkozy en 2012 !

Sans doute la phrase « Tu donnes l'impression d'attendre, voire d'espérer la fin du Parti Socialiste. » résonne comme une étrange réalité aux oreilles de Martine Aubry. Espérer la fin du Parti Socialiste ? Mais le Parti Socialiste, le vrai, celui qui faisait rêver de nombreux français, celui qui était porteur d'une certaine conception de la France, ce Parti Socialiste là existe-t-il toujours ? Le fait que nombre de militants ont avoué avoir préféré voter Europe Ecologie plutôt que PS aux élections européennes ne confirme t-il pas qu'ils doutent d'un sauvetage du Parti ?

La fin du courrier peut presque être jugé comme anticonstitutionnelle : « Mon cher Manuel, s'il s'agit pour toi de tirer la sonnette d'alarme par rapport à un Parti auquel tu tiens, alors tu dois cesser ces propos publics et apporter en notre sein tes idées et ton engagement. Si les propos que tu exprimes, reflètent profondément ta pensée, alors tu dois en tirer pleinement les conséquences et quitter le Parti Socialiste. Je ne peux, en tant que première secrétaire, accepter qu'il soit porté atteinte au travail que nous avons le devoir de réaliser. La discipline n'est pas la police des idées, mais la condition de la cohésion et de la réussite d'une équipe. C'est un moment de vérité. Je te demande de me faire part de ton choix dans les jours qui viennent, et d'en assumer toutes les conséquences pour l'avenir. ». C'est un remake étrange de « la valise ou le cercueil » de sinistre mémoire pour les rapatriés d'Algérie. La fermer ou être placardisé ! Si Martine Aubry pense les mots qu'elle à écrit alors elle doit se poser elle-même certaines questions. Interdire à un élu ou un militant d'avoir son propre libre arbitre ou de penser reste contraire à nos fondamentaux. Appliquer d'éventuelles sanctions à Manuel Valls à la seule raison qu'il s'exprime librement, c'est tuer purement et simplement ce qui reste de l'idéal socialiste !

Au regard du ton condescendant employé par Martine Aubry, je ne suis pas étonné qu'elle soit soutenue par les tontons flingueurs, gardiens du dogme socialiste, qui ont conduit aujourd'hui l'un des parti politique majeur de notre pays à être déserté par les électeurs.

Martine Aubry a tenu à rappeler le formidable travail engagé lors du séminaire de Marcoussis début juillet. Ayant participé à la réflexion en envoyant un texte très personnel, je ne peux que m'en réjouir. Je regrette simplement que même cet événement là soit passé inaperçu et qu'aucun compte rendu n'ai été communiqué.

Restant un inconditionnel de la pensée des Pères fondateurs du socialisme comme Jean-Jaurès ou Léon Blum, je digère mal que leurs descendants n'en soient pas les dignes héritiers et qu'ils décident aujourd'hui d'appliquer la Loi du Talion.

Soutenir les propos de Martine Aubry c'est renoncer et se résigner. Manuel Valls appelle à une insurrection militante, donc une fois de plus, je me range du côté des insurgés pour tenter de sauver ce qui peut encore l'être au Parti Socialiste.

Régis Sada

 

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