05 juin 2013

Pourquoi nos amis les think tank ?

france_think_tank_rouge_bleu.jpg

« Innover, ce n'est pas d'avoir une nouvelle idée mais arrêter d'avoir une vieille idée » c'est en substance ce que m'inspire la citation d'Edwin H. Land au sujet des nombreux Laboratoires d'Idées qui se dissimulent sous l'anglicisme de « Think tank » (NDRL : la traduction littérale est réservoir de pensées).

La paternité de ces clubs est attribuée à la Fabian Society, née au début du siècle dernier -cela ne surprendra personne- dans les salons feutrés et enfumés londoniens, connus pour égayer les soirées de vieux messieurs distingués venus refaire le monde et assurer la prospérité de leurs affaires autour d'un verre de Brandy. Le décor est posé.

La mode de la pensée en réunion se propagea très rapidement en s'exportant dans les grandes capitales européennes et aux Etats-Unis. Les premiers échanges s'axaient principalement autour de considérations sociales et d'évolutions sociétales, avant que les adeptes du développement économique et des relations internationales s'en servent bientôt comme accélérateurs de leurs propres desseins.

Si l'on en comptait seulement quelques dizaines au cœur des années 30, la seconde guerre mondiale et la constitution des deux grands blocs opposés qu'ont été les Etats-Unis et l'URSS viendront modifier la donne. C'est lors des années 70 et 80, riches en révolutions sociales et techniques, que la création de think tank trouvera son apogée. A ce jour, à travers le monde, on en recense environ 7.000 reconnus comme tels, dont près des trois quarts sont implantés sur les continents américains et européens.

Les livres et les rapports qu'ils éditent ou rédigent sont disséqués, relayés ou interprétés. Preuve de leur intérêt sur des sujets géopolitiques, géostratégiques ou géoéconomiques, ils font même l'objet d'un classement annuel et mondial de la célèbre Université américaine de Pennsylvanie qui fait référence.

Respectant les principes démocratiques par une neutralité affichée, personne ne peut douter de la volonté de ces clubs (souvent très fermés et incontestablement élitistes) d'influer directement sur les politiques publiques conduites. Ils jouent et assument parfaitement le rôle d'influenceurs d'opinions plutôt que celui de relais direct des considérations populaires. Dans les pays anglo-saxons où l'élitisme est érigé en religion, ils constituent des réservoirs d'importance où les deux grands partis viennent puiser leur matière intellectuelle et physique au travers des membres qui y sont partie prenante.

La France ne fait pas exception et, comme ailleurs, les groupes existants demeurent transparents pour le grand public, tout en s'assurant une relative discrétion. Comme chacun sait, les français nourrissent une vieille rancœur envers celles et ceux qu'ils estiment issus du même sérail. Mais tous ces cercles de réflexion sont pourtant bel et bien devenus les amis de notre quotidien. Le règne du tout info aidant : presse, radios et chaines de télévision offrent chaque jour leur lot de rubriques économiques ou chroniques politiques où se succèdent une quantité de sociologues, spécialistes et autres docteurs en sciences diverses qui viennent donner la réplique à nos journalistes.

En effet, qui n'est jamais tombé sur les tirades d'un Olivier Ferrand de Terra Nova (LCI – émission Think tank), les exposés d'un Dominique Reynié de la Fondation pour l'Innovation Politique dite Fondapol (France 5 – émission C'est dans l'air), les articles de l'Institut Français des Relations Internationales dite IFRI (Le Monde, Les Echos, La Tribune) ou sur les publi-reportages de l'Institut Montaigne (BFM TV et RMC Info – Des idées pour demain) diffusés en amont de la campagne présidentielle ? Au fil des années, les think tanks français ont pleinement investis nos médias et participent chaque jour activement à sonder l'opinion publique et à la faire réfléchir sur les thématiques qui assurent leur propre existence.

Le fameux slogan en vogue dans les années 70 qui affirmait qu’ « en France on n'a pas de pétrole mais on a des idées » n’était donc pas une usurpation et demeure plus que jamais d'actualité ! La fidélité aux principes de la liberté de penser et de la liberté d’association dans notre pays, sonne comme une heureuse évidence tout en lui assurant la vitalité de sa démocratie. Toutefois, il convient aux observateurs vigilants que nous sommes de nous interroger sur certains points contrastés de cette nouvelle masse d’espaces de convivialité :

Tout d’abord, et bien qu'ils cherchent à gommer cette réalité, nombre de cercles de pensées sont ouvertement orientés. La manière dont sont traités leurs travaux entre régulièrement en résonnance directe avec les thèses défendues par nos grands partis politiques. Ainsi, nous pouvons noter que la Fondation Jean-Jaurès, Terra Nova ou la République des Idées penchent aisément vers des idées progressistes revendiquées à gauche quant, dans le même temps la Fondapol, la Fondation Concorde ou l'Institut Montaigne orientent leur réflexion sur des thèses plus libérales chères à l'UMP.

Un exemple récent est venu confirmer ces dires, puisque le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) a demandé début avril 2012 à BFM-TV la suspension des publi-reportages de l’Institut Montaigne lors de la campagne présidentielle, au motif que les idées et thématiques qui y étaient présentées étaient jugées trop proches du programme défendu par le candidat Nicolas Sarkozy.

 

argent_budget_think_tank.jpg

Dans le même temps, nos clubs à la française sont bien plus que de simples associations Loi 1901. Les lotos de campagne ou les kermesses de soutien sont loin d’être leurs sources principales de financement ! On observe ainsi qu’en plus des cotisations de leurs seuls adhérents et de la commercialisation de divers produits, les grandes entreprises (publiques ou privées) ou les fonds publics (grâce notamment à leur reconnaissance d'utilité publique) pourvoient à leurs besoins et permettent à certains de disposer de budgets colossaux pour travailler en toute sérénité. Citons par exemple Terra Nova* (1 M€ - page 11 budget visé en année pleine), Fondapol* (2,2 M€ - recettes prévisionnelles 2011) ou l'Institut Montaigne* (3 M€ - CA 2010 hors actifs et immobilisations). Bien loin du leader qu'est l'IFRI* et ses quelques 6,6 M€ (annexe financière du rapport d'activités 2011) de chiffre d'affaires ! De quoi faire palîre nombre d’associations ou de PME !

Si l’on complète par le fait que ces thinks tank demeurent un vivier permanent de grands entrepreneurs, de vrais intellectuels, de personnalités politiques reconnues ou de jeunes pousses -issues de grandes écoles- qui ne demandent qu’à le devenir, et par le fait qu’ils disposent d’une surexposition médiatique démontrée plus haut, nous sommes en droit d’évoquer un risque de collusion ou de notion contraire à la déontologie.

Certains penseront que je m’égare dans une hypothétique théorie du complot. Ils seront gravement dans l’erreur car je laisse ce type de dénonciation aux adeptes de la pensée rapide et primaire. Cela ne m’empêche pas d’être interpellé lorsque je consulte les sites de nos thinks thank (généralistes) les plus importants, et de lire que tous revendiquent une totale indépendance et une pleine ouverture sur la société civile !

D’abord, si le mécénat des grandes entreprises privées est difficilement contestable, au même titre que les cotisations personnelles des adhérents, l’indépendance de la pensée et le devoir de moralité s’accommode mal du mélange des genres lorsque des fonds publics sont en jeu. En effet, comment être assuré de l’impartialité des études menées sur l’état de nos finances publiques, les grands sujets sociaux ou la réforme nécessaire de l’Etat, lorsque ceux qui sont amenés à y réfléchir sont intimement liés aux sujets évoqués, qu’ils font partie des donneurs d’ordres ou qu’ils ne cachent pas leurs liens avec les deux grands partis majoritaires ?

 

diversité_france_representatif.jpg

Ensuite, personne ne fera reproche à nos thinks tank d’être d’incontestables catalyseurs d'énergies intellectuelles et industrielles françaises. La rédaction d’une étude sérieuse et approfondie nécessite toujours l’intervention de gens suffisamment qualifiés disposant d’une expertise pointue. Mais au regard de la composition des conseils d’administrations, techniques ou scientifiques de ces grands organismes, nous sommes obligés de relever que la diversité sociale et intellectuelle n’est en rien assurée. Le terme société civile apparait abusif puisqu’il est entendu comme apolitiques. Ainsi, si l'on met en parallèle les sujets majeurs développés lors de la dernière campagne présidentielle et les aspirations du Peuple qui a porté François Hollande à la présidence de la République, peut-on être convaincus d'une réelle convergence ou au contraire, d'un fossé définitivement infranchissable qui empêche les grands d'entendre ce que disent les petits ?

Enfin -et c'est sans doute là où je reste le plus sceptique- il convient pour nous tous de nous interroger sur les motivations qui guident l'ensemble de ces cercles d'intérêts. J'entends les uns parler d'une crise et de son incidence sur la santé des entreprises, j'en entends d'autres élaborer les politiques d'austérité indispensables à mener sans même se soucier des Peuples qui les subiront, j'entends toujours se dessiner les contours des grands ensembles économiques et j'entends surtout, comme l'a dit un jour Coluche, beaucoup de gens s'autoriser à penser dans les milieux autorisés.

Oui, mais les hommes dans tout ça ? Leur a-t-on demandé leur avis et s'est-t-on enrichi de leurs propres expériences ? L'Humanité au sens large du terme, ne serait-elle pas la grande oubliée de toutes ces bonnes idées qu'une minorité souhaite lui imposer ? Sans cette base de l'homme du plus humble au plus fortuné ou du plus inculte au plus cultivé, à quoi sert une idée qui n'est pas concertée et mal partagée ?

A la manière de Benjamin Franklin : « L'humanité se divise en trois catégories : ceux qui ne peuvent pas bouger, ceux qui peuvent bouger, et ceux qui bougent ».

24 avril 2013

Pourquoi la lettre à tous les homosexuels qui nous ont précédés ?

eugene_delacroix_liberté_gay_guidant_le_peuple_france_mariagepourtous.jpg

C’est à vous, femmes et hommes, homosexuels français de tous les temps qui nous ont précédés ;

C’est à vous, femmes et hommes homosexuels français, qui avez dû assumer, cacher ou protéger votre différence et vos amours durant de si longues années ;

C’est à vous, femmes et hommes homosexuels français, qui durant la seconde guerre mondiale avez été victimes de déportations, de tortures, de mutilations ou d’expériences scientifiques ;

C’est à vous, femmes et hommes homosexuels français, que cette lettre s’adresse et vers qui nos pensées s’envolent au moment où la France, notre pays, vous rend enfin la justice qui vous est due.

Nous, qui vous avons succédé, nous avons observé la lente évolution des mentalités de notre société. Il aura fallu attendre le 27 juillet 1982 pour que l’homosexualité ne soit plus un délit en France. Il aura fallu attendre toujours, 1997 pour que l’OMS retire l’homosexualité de sa liste des maladies mentales. Il aura fallu attendre encore, le 15 novembre 1999 pour que soit adopté le Pacte Civil de Solidarité ouvrant à une timide reconnaissance des couples homosexuels.

Il aura fallu attendre enfin, ce 23 avril 2013 pour que la France reconnaisse une pleine et entière égalité entre les couples et familles hétérosexuels ou homosexuels.

mariagepourtous_france_gay_mariagegay_homosexualité_adoption.jpg

Désormais, la République Française que vous avez aimée, autant que nous l’aimons, reconnaît à tous ses citoyens, tous ses enfants, la Liberté de naître et de demeurer égaux en droits.

La Liberté de ne plus vivre cachés. La Liberté de ne plus se sentir discriminés. La Liberté d’aimer et d’être respectés. La Liberté pour deux femmes ou deux hommes d’élever leurs enfants sans être contraints de justifier une évidence. La Liberté d’être des citoyens soumis aux mêmes devoirs et, désormais, aux mêmes droits que tous les autres. 

Cette Loi pour « le mariage pour tous » et l’adoption d’enfants par des couples de même sexe sera, nous l’espérons, le plus bel hommage et la plus grande reconnaissance que nous pouvions vous apporter.

Nous, homosexuels français qui vous avons succédé, nous n’avons pas subi les outrages, les humiliations ou les blessures dans les mêmes termes que les vôtres. Nous nous sommes confrontés aux violences de notre temps.

Nous n’avons pas tout réussi, mais peut-être que ceux qui nous succéderont nous rendront justice à leur tour en se souvenant que nous avons participé et contribué à gommer une non-conformité de l’Histoire.

Notre mission était de faire en sorte que nos enfants, que tous les enfants de la France d’aujourd’hui et de demain, n’aient pas à rougir de leurs propres amours, n’aient pas à renier la différence qui peut être la leur et mieux encore, qu’ils n’aient plus de questions à se poser.  

Notre devoir était de ne pas oublier, de ne jamais oublier, de saluer et de remercier toutes les femmes et tous les hommes français homosexuels qui nous ont précédés.

Nous espérons que de là où vous êtes, femmes et hommes français homosexuels de tous les temps, nous avons réussi à vous rendre la fierté dont vous n’avez jamais bénéficié et donné définitivement les moyens de vivre en paix.

La Liberté et l’Egalité dont nous bénéficions en France, aujourd’hui, c’est à vous que nous les devons. C’est la juste récompense de tous les combats que vous avez mené.

mariagepourtous_gay_mariagegay_homosexualité_adoption.JPG


23 avril 2013

L'Egalité, fille de la République et de la France...

mariagepourtous_egalite_tricolore_bleu_blanc_rouge.jpg

MARDI 23 AVRIL 2013


La République

offre l'Egalité des Droits

à tous les français


mariagepourtous_liberte_egalite_fraternite_homosexualité_diversité.jpg

 

ENFANTS DE FRANCE

Désormais, Aimez-vous

et mariez-vous comme vous voulez !

 

 

mariagepourtous_egalite_23 avril 2013_republique.jpg

TOUS DIFFERENTS

TOUS EGAUX

 

france,société,gay,hetero,mariage,mariagepourtous;france,republique,égalité

 

france,société,gay,hetero,mariage,mariagepourtous;france,republique,égalité


05 mars 2013

Pourquoi le Peuple des paillettes ?

eteindre_la_lumière_peuple_paillettes_siecle des lumieres.jpg

Toujours à contre courant. Ne jamais se laisser enfermer par la pensée du moment. Ne jamais céder à la facilité. Voilà bien quelques raisonnements bien sentis à mettre en pratique en toute occasion. Surtout, lorsque l’on est fils de France, issu d’un Peuple jadis révolutionnaire et désormais tout acquis aux strass et aux paillettes !

Pessimistes par tradition, abandonnés aux esprits chagrins, ces sacrés français soulignent plus que de raison auprès de leurs gouvernants, que le temps de la guillotine n’est pas si loin et que, si celle-ci s’est mutée de lame tranchante en sanction démocratique, ils entendent se faire entendre et geindre comme bon leur semble.

Hier patrie des grands penseurs et de la géniale mégalomanie, la terre de France s’est asséchée lentement, au fil des années, pour nous offrir aujourd’hui une société quelque peu désordonnée. Le Siècle des Lumières s’est fait la belle sans omettre d’éteindre les lumières, toutes les Lumières. Restons gais, il nous reste les paillettes !

Oui, mes chers amis, nous nous devons de reconnaitre que c’est un spectacle bien attristant, bien affligeant, que nous offrons à la lecture du monde. Certains disent que nous nous sommes appauvris, soit. Si c’est d’économie qu’il s’agit, martelons une fois encore que la crise économique ne pouvait épargner notre pays comme le nuage de Tchernobyl le fit en son temps !

Non, bien au-delà de cette simple rigueur matérielle, c’est de moralité et d’intellectualité que nous nous sommes le plus dépouillé. Sommes nous devenus des êtres trop faibles ou assez stupides pour penser que ce la télévision offre chaque jour à notre réflexion serait un reflet réel et direct de la réalité vécue par chacun d’entre-nous ?

Aux audiences surprenantes de certains programmes de téléréalité ou aux commentaires qui les accompagnent sur les forums internet ouverts à la vindicte populaire, comment ne pas être dépité à l’idée qu’il fut un temps où nous nous bornions à demeurer les fiers héritiers d’un phare de la connaissance dignement légué.

made_in_france.jpg

Faisons œuvre de réflexion et de responsabilité. Cessons de geindre, de pleurnicher et de nous laisser berner par des sirènes drapées d’une honteuse futilité. Nous ne sommes pas si faibles que cela pour croire à tout ce que l’on entend nous conter.

Peuple des paillettes, le temps est venu de te réveiller pour faire face à toutes tes contrariétés et combattre contre toutes les formes d’adversité !

A la manière d’Eugène Delacroix : « L’adversité rend aux hommes toutes les vertus que la prospérité leur enlève ».

12 février 2013

L'Assemblée nationale a dit OUI au mariage pour tous !

vote_assemblee_nationale_mariagepourtous_gay.jpg

timbre_merci_mariage_pour_tous.jpg

i_love_taubira_team_taubira.jpg

06 février 2013

Pourquoi la « mauvaise » éducation des gauchos ?

gauchisme_gaucho_communisme_famille_mariagepourtous.jpg

Je n’ai pas attendu le débat de la Loi pour le mariage pour tous pour découvrir le travail de nos Parlementaires. Depuis ma plus tendre enfance, les séances de questions au Gouvernement n’ont aucun secret pour moi. A ce titre, je ne suis pas dupe des séquences mélodramatiques qui s’y déroulent et du travail de sape savamment organisé par les élus de l’opposition, qu’ils soient de gauche ou de droite.

En « vieux de la vieille » de ces échanges démocratiques, point donc de surprise à voir l’avalanche d’amendements déposés par l’UMP contre cette Loi ou à entendre certains députés répéter inlassablement les mêmes questions aux mêmes interlocuteurs. C’est risible, c’est pénible, mais c’est aussi cela la démocratie représentative !

Non, je viens ici révéler une imposture, dénoncer un mensonge et réduire à néant la fumisterie très droitière qui sous-entend que les gens de gauche éprouvent des difficultés à éduquer correctement leurs enfants et à leur transmettre les valeurs essentielles !

Quitte à être taxé une nouvelle fois de gauchiste invétéré, je persiste et je signe à dire que nos Parlementaires de droite ont la vilaine habitude de s’approprier les symboles d’une France ou les valeurs d’une République qui appartiennent à tous les citoyens !

Non contents de s’être prêtés aux dérives plus outrancières les unes que les autres, de m’avoir traité de « français anormal », de « destructeur de la société », de « déstabilisateur pour l’équilibre des enfants » ou de « négationniste de la différence sexuelle », ils s’acharnent à prétendre que si j’étais né dans une famille de droite je serais mieux élevé, mieux éduqué et que mes parents m’auraient transmis les valeurs de la France éternelle !

A l’image d’une Eva Joly qui n’a pas attendu de descendre de son drakkar pour connaitre les traditions bien françaises, sachez mes bons messieurs que le fils de communiste que je suis n’est pas né avec un marteau et une faucille suspendus au-dessus de son berceau !  

Soyez rassurés ! Mes parents n’ont jamais poussé le vice à me lire des passages du petit livre rouge en guise de comptines, n’ont pas passé leurs journées à me faire écouter les Chœurs de l’Armée rouge ou à inviter le petit fils de Joseph Staline à jouer les clowns pour mes anniversaires !

Non, jamais. Ils ont même trahi leur classe en me soustrayant à l’enseignement de l’école laïque et républicaine, lui préférant celui de l’école privée catholique toute proche. Voyez-donc, personne n’est parfait !

En revanche, ces dangereux asociaux que sont mes parents, n’ont jamais omis de m’expliquer l’Histoire : celle de la France et celle de notre propre famille. Ils m’ont toujours imposé de respecter les anciens, des respecter les morts, de dire « bonjour », « merci » et « au revoir » chez les autres ou chez les commerçants. M’ont expliqué ce qui différencie une femme d’un homme et, les obligations de la bienséance à l’égard de ces dames. M’ont toujours imposé de respecter notre drapeau, notre hymne national et inculqué le nécessaire « devoir de mémoire ». M’ont enseigné la rigueur nécessaire pour faire face aux obligations de la vie courante ou professionnelle. M’ont expliqué en détail ce qui distingue la pensée de gauche à celle de droite et, même si les enfants sont toujours influencés par leurs parents, ne m’ont jamais renié lorsque mes choix étaient différents des leurs. Ils m’ont enfin, toujours affirmé, que voter n’est pas uniquement un droit, mais le devoir de tout citoyen de ce pays !

mariagepourtous_communisme_matrioshka.jpg

Cet homme et cette femme. Mon père et ma mère. Ces dangereux gauchos qui m’ont pollué l’existence autant que le cerveau selon vous, ont construit l’homme et le citoyen que je suis ! Ces désaxés de votre théorie du genre unique, m’ont transmis (comme à mon frère avant moi) l’amour et le respect que je porte à la République et la France !   

Voyez-vous messieurs les biens pensants, bandits, voyous et barbares que vous êtes, je vous attends pour me dire que mes parents ne m’ont pas éduqué !

Retournez donc à vos études et pensez donc -confortablement installés dans vos fauteuils dorés du Palais Bourbon- que vos propos servent à construire l’Histoire de la France de demain.

A la manière de Montesquieu : « L’éducation consiste à nous donner des idées, et la bonne éducation à les mettre en proportion ».

01 février 2013

Pourquoi la « désunion pour tous » à l’assemblée Nationale ?

mariage_gay_mariagepourtous_adoption_assemblee_boutin_pacs.jpg

Le débat parlementaire sur l’étude du projet de Loi relatif à l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples de même sexe, a débuté mardi soir à l’assemblée Nationale et a très vite sombré dans un vaudeville pathétique.

Loin de moi l’idée de tomber dans un dénigrement primaire du « système parlementaire » au seul motif qu’il est question d’homosexualité. Je suis les questions d’actualité depuis bien trop longtemps pour m’étonner de l’ambiance carnavalesque qui résonne sous les ors de la République.

A une époque où mon homosexualité était beaucoup moins évidente à assumer pour une multitude de raisons, j’étais resté assez stupéfait de la manière avec laquelle certains élus du Peuple avaient accueilli le projet de Loi du Pacs. 15 années se sont écoulées, mon homosexualité s’est affirmée, le Mariage Pour Tous pointe le bout de son nez et, certains de ces mêmes élus du Peuple sont revenus pour me hanter.

Si Christine Boutin sonne son tocsin depuis les tribunes du public, je lui accorde au moins une relative constance dans ses propos et ses pensées. Elle ne défend toujours pas la veuve et l’orphelin, mais l’Eglise et sa conception très archaïque de la famille. Toujours en verve, rarement outrancière, je ne lui ai toujours pas pardonné d’avoir souillé la tribune de l’assemblée Nationale en brandissant sa Sainte Bible pour justifier de sa position de croisée invétérée.

Sans doute que ce nouvel épisode d’une société dont elle a du mal à suivre les évolutions, lui redonne la fougue de sa jeunesse d’antan. Madame Boutin, ma chère Christine, je sais que pour vous l’homosexualité n’a jamais été une erreur ou un problème, juste une vérité du Dieu que vous ne cessez d’implorer.

Non, je concède ici que je regrette que Dame Boutin et Dame Bachelot ne soient plus là pour s’affronter dans le temple de la démocratie. Ces drôles de dames avaient au moins le mérite de ne pas tourner autour du pot et d’annoncer avec une relative transparence, la réalité de leur pensée. En guise d’héritage, elles ont laissé aux yeux et aux oreilles des français, de biens sinistres successeurs qui manquent de classe, de dignité et pour certains d’entres-eux, d’une bonne paire de testicules !

Il est vrai qu’ils n’ont plus besoin d’user d’arguments sur les amours contre-nature ou de railler d’éventuelles unions d’animaux. L’Eglise Catholique s’est chargée de parler des risques d’inceste, de polygamie ou de pédophilie, quand l’Institut Civitas braille que bientôt on mariera les singes en terre de France !

Non, ils sont toujours aussi conservateurs, aussi réactionnaires, aussi provocateurs, mais ces quelques élus manquent de la qualité la plus élémentaire, celle du courage d’affirmer sa conviction la plus profonde.

Leurs propos ne me choque pas, ne me choque plus. Je suis solidement armé pour affronter les fantasmes et les allégations de ces parvenus du moment. Non, mon inquiétude se porte sur les enfants issus de familles homoparentales, à qui ces élus sans nom, sont venus dire qu’ils ne seront jamais des enfants comme les autres !

La République et la France ont affronté bien des tempêtes. Elles survivront à ce déballage d’insultes et de cruautés. Celles et ceux qui s’en font les artisans, demeureront à jamais prisonniers de leur propre conscience. Je souhaite qu’elle les taraude jusqu’à la fin des temps, en réponse à tout le mal qu’ils provoquent.

A la manière d’Oscar Wilde : « On a conscience avant, on prend conscience après ».