25 février 2010

Pourquoi les élections régionales sont sur une mauvaise pente ?


Régionales: mauvaise pente
envoyé par LEXPRESS. - L'info internationale vidéo.

08 décembre 2009

Pourquoi Nicolas Sarkozy s'égare entre les minarets et l'identité nationale ?

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Le Monde - 08/12/2009 - Nicolas Sarkozy « Respecter ceux qui arrivent, respecter ceux qui accueillent »

Cette tribune du Président de la République me choque, me blesse autant qu'elle m'interpelle. Je ne me reconnais ni dans ces mots, ni dans cette vision de la France qui ne me ressemble pas.

Je m'interroge sur le parallèle plus que douteux qui est fait du résultat du référendum suisse sur les minarets et celui qui avait conduit les français à rejeter la Constitution Européenne en 2005.

Je m'interroge donc, sur le fait que Nicolas Sarkozy entend comparer un texte censé fixer des règles et des valeurs communes à une question qui mêle stigmatisation et rejet d'une différence cultuelle (et non communautariste).

Je m'interroge toujours sur l'affirmation du Chef de l'Etat lorsqu'il évoque la maturité de la démocratie helvétique et le possible résultat d'un tel référendum s'il avait été voté en France.

C'est oublier que les suisses sont des habitués des « votations citoyennes », de ces votes de proximité, alors que nos référendums sont fixés sur des questions de souveraineté ou d'organisation des pouvoirs publics. La parodie de notre référendum d'initiative populaire fait pâle figure. C'est occulter le fait que leur système fédéraliste opère comme une décentralisation pleine et entière, accordant une autonomie réelle de leurs cantons alors que notre Etat à nous, se borne à ne pas payer ses dettes à ses collectivités locales les laissant à leur triste sort. C'est masquer le fait qu'une telle question n'aurait jamais pu être posée aux Français au nom du sacro-saint principe de Laïcité.

Je m'interroge sans cesse, autour des contradictions idéologiques du Président de la République lorsqu'il parle d'une dénaturation possible du mode de pensée ou des relations sociales au sein des Peuples européens d'une part et revendique la tolérance et l'accueil reconnus de ces mêmes Peuples européens d'autre part.

Je m'interroge sur la volonté de lier les Etats, les hommes, les pensées, les cultes et les communautarismes dans un magma qui nous ramène au temps où cette « vieille Europe » a franchi le pas de tous les nationalismes, de toutes les intolérances, aboutissant aux plus grands malheurs portés par la guerre.

Je m'interroge avec désespoir lorsque notre Président revendique un soutien "cultuel" aux musulmans de France alors que dans de très nombreuses villes, comme dans la mienne à Puteaux, ces mêmes compatriotes sont contraints d'exercer leur culte à même le sol et ce par tous les temps ! Cet épilogue sur les minarets vire à la querelle de clochers....

Je m'insurge définitivement contre ce renvoi permanent aux racines chrétiennes de la France qui devrait justifier que tous les cultes ne sont pas logés à la même enseigne et que, seuls les musulmans de France sont tenus de faire preuve de compréhension devant les heurts ou les chocs que la pratique de leur propre culte serait censé provoquer !

Parce que la République est une et indivisible, le Chef de l'Etat doit s'adresser à TOUS les français sans poser de marqueurs de traçabilité !

Cette tribune me heurte car elle n'est pas conforme à ma vision de la France. Cette tribune me choque car elle contrevient à l'image d'une République où chacun dispose des mêmes droits et des mêmes devoirs. Cette tribune me blesse car je n'y retrouve aucun terme propre à ma conception de l'identité nationale.

Puisque désormais il faut avoir le courage de ses convictions. Puisque désormais il faut faire le choix d'être français ou d'être Sarkozyste. Mon identité à moi c'est d'être français !

Régis Sada

 

17 septembre 2009

Pourquoi Brice Hortefeux n’est pas plus raciste que les autres ?

 

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La cabbale médiatique subie par le Ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux suite à ses propos tenus lors de l'Université d'Eté de l'UMP à Seignosse, restera comme un bon exemple de la surveillance citoyenne appliquée désormais à notre vie politique.

Quelle énergie dépensée ! Que de reportages, de démentis, de critiques et autres analyses pour tenter de décrypter la bourde de Brice de Saint-Saturnin (village du Puy-de-Dôme pour les ignares).

Brice Hortefeux a-t-il fauté ? Oui bien entendu.... Malgré de piètres séances de rattrapage, il reste difficile d'expliquer l'inexplicable. Un ministre, de l'Intérieur de surcroit, est tenu à un discours entendu et ne doit pas recourir à des raccourcis hasardeux dignes de fins de soirées bien arrosées.

 

 

Brice Hortefeux a suivi le propos de cette dame, sans doute un peu limitée, qui en pointant son doigt palmé sur le jeune Amine s'est sentie obligée de préciser au Ministre : « vous savez, il est catholique et il mange du cochon » !

Il en a bien de la chance Amine... Je ne suis pas tout à fait catholique et je digère très mal le cochon ! Je ne me sens pas moins français pour autant madame...

A l'inverse de Brice Hortefeux, je ne pense pas que (en parlant des arabes) : « Quand il y en a un ça va, c'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes ».

En revanche, je demeure convaincu que (en parlant de cette dame sans doute un peu limitée) : « Quand il y en a une, c'est gênant mais cela reste gérable. Mais c'est quand il y en a beaucoup qu'il est nécessaire d'appliquer un vaste programme de rééducation sociale et verbale».

Brice Hortefeux est-t-il raciste ? Cela ne m'intéresse guère et je ne crois pas que cela soit le cœur de toute cette polémique. Les français sont des habitués de blagues vaseuses tantôt sur nos amis belges, sur les arabes, sur les hommes politiques ou sur une classe sociale différente. Sont-t-ils tous racistes pour autant ? Non, juste un peu primaires, parfois, à la pensée limitée, souvent.

Je m'étonne en revanche que dans une Université d'Eté d'un parti qui entend défendre la diversité et la lutte contre le racisme, on laisse des gens -comme cette dame- déblatérer des crétineries contraires aux engagements affirmés.

Les gauloiseries graveleuses, tout comme les idées reçues, méritent un bon coup de balai tant elles sont nuisibles à la santé de notre société.  Si les partis politiques refusent de faire le ménage, comment pourrons-nous le faire dans la vie quotidienne ?

Régis Sada

 

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16 juillet 2009

Pourquoi Manuel Valls a répondu à Martine Aubry ?

Manuel Valls répond sur son blog au courrier que lui adressé Martine Aubry, et dans lequel elle lui a demandé de se taire ou de quitter le Parti Socialiste pour cause de liberté d'expression et de parole en décalage avec l'orthodoxie prônée par la direction qu'elle a mise en place.

J'ai apporté mon soutien hier à Manuel Valls dans ce post. Les réactions ont été nombreuses et ont une nouvelle fois créé la zizanie au PS au profit d'un Nicolas Sarkozy qui n'en demande pas tant. La presse juge la lettre de Martine Aubry assez sévèrement et Laurent Joffrin de Libération rédige un éditorial taillé à la serpe.

Je retiens l'analyse de Pierre Moscovici ce matin sur l'antenne de France Info qui estime que le PS courait à sa perte. Il poursuit avec deux phrases emprunt d'une profonde réalité : "Essayons de rehausser le niveau de jeu du PS parce que tout ça est un peu désespérant" et "Soyons conscients que oui, si nous continuons comme ça, le Parti socialiste est une entité périssable."

Je récapitule où tout le monde a compris ?

Régis Sada

 

manuel valls.jpgREPONSE A MARTINE AUBRY

« Chère Martine,

J'ai lu avec étonnement la lettre dans laquelle tu m'adresses tes amitiés et m'enjoins... de me taire ou de quitter le Parti socialiste.

J'ai conscience des difficultés de ton rôle et de sa part ingrate. Personne n'a oublié les circonstances exceptionnelles de notre dernier congrès. Beaucoup de forces se sont alors mobilisées pour étouffer l'indispensable démarche de rénovation. Après le désastre électoral du 7 juin dernier, je ne suis pas étonné que ces mêmes forces te demandent aujourd'hui d'imposer le silence dans les rangs.

Je suis surpris, par contre, par la méthode. Pourquoi avoir transmis simultanément ta lettre à la rédaction du Parisien ? L'objectif affiché par ton courrier n'est-il pas de clore l'ensemble de nos débats à l'abri des huis clos ? L'urgence était-elle donc telle qu'il ait fallu reprendre la plume pour masquer le cuisant échec d'une récente initiative épistolaire à l'attention des autres partis de gauche ?

Mais je veux te répondre sur l'essentiel.

Tu me soupçonnes « d'espérer la fin du Parti socialiste ». J'y suis rentré à l'âge de 18 ans et j'y consacre ma vie. Sans jamais renoncer à mes convictions, j'y ai exercé de multiples responsabilités et j'en suis l'élu depuis 1986. Et contrairement à certains qui s'érigent aujourd'hui en grands sages, j'ai toujours respecté, quoiqu'il ait pu m'en coûter, le choix des militants et les règles de vote de notre groupe parlementaire dont je suis aussi l'un des animateurs.

Ton procès d'intention relève donc, au mieux, de la désinformation et, au pire, de l'insulte. S'il y a une chose dont j'espère la fin, ce n'est pas celle d'une formation qui garde encore l'honneur d'être le pivot de la gauche ; c'est celle d'une machine à perdre qui détruit l'espoir mis par nos concitoyens dans le progrès social.

Tu affirmes que notre « parti s'est remis au travail, s'est ouvert sur la société et a su porter des propositions fortes » depuis le congrès de Reims. Malgré un dévouement et une bonne volonté  que je ne mets pas en cause, force est pourtant de constater, pour l'heure, que ce travail et ces propositions n'ont pas convaincu nos compatriotes. Je suis frappé que tu n'évoques nulle part, dans ta lettre, les résultats du scrutin européen. Pourquoi un tel déni ? Faut-il que le désaveu ait été si cruel pour justifier un tel refoulement ?

Il est vain de m'accuser qu'« il n'y a pas un jour, où [je] n'explique [...] que notre parti est en crise profonde ». La crise de notre parti - qui est aussi celle de la social-démocratie européenne - n'est pas de mon fait ; elle a été établie et sanctionnée par nos concitoyens eux-mêmes lors de toutes les échéances électorales majeures depuis 2002. Et si cette vérité dérange notre confort et nos certitudes, je prendrai toujours le risque, pour ma part - et avec bien d'autres - de l'assumer. Quel que soit le prix à payer, je ne me ferai pas le silencieux complice de l'aveuglement. C'est un choix éthique qui relève de ma conscience et qui donne sens à mon engagement. Je te confirme donc que mes propos reflètent bien ma pensée !

Il est également malhonnête de sous-entendre que je réserve ma parole « aux médias ». Avec une égale constance, je m'exprime à l'intérieur comme à l'extérieur de notre parti. Et si cette parole rencontre davantage d'écho hors les murs, c'est qu'elle entre en résonance avec des aspirations et des interrogations que l'on voudrait bien étouffer.

Ma chère Martine, tu l'auras compris, je ne renoncerai donc jamais à l'ambition collective de définir un nouveau projet pour la gauche - d'autant que je suis convaincu que nous pouvons gagner en 2012 et battre Nicolas Sarkozy. A travers mes ouvrages et mon expression publique, sans vouloir imposer une vérité, je me place toujours sur le terrain des idées et des propositions : école, retraites, sécurité, culture, entreprise, nouvelle ville...

C'est cet effort que j'ai souhaité amplifier - et je tiens à t'adresser, une nouvelle fois, mon intervention faite le mois dernier au Théâtre Michel ; et c'est cet effort que j'entends bien poursuivre au cours des prochaines années en m'appuyant sur l'expérience de nos élus locaux, la générosité de nos militants, l'attente de nos sympathisants et aussi sur les travaux de nos clubs de réflexions.

Oui, pour redonner une envie de gauche, je pense qu'il faut transformer profondément notre formation, l'ouvrir réellement à la société et être clair sur des alliances qui ne doivent pas être déterminées au cas par cas.

L'idée selon laquelle un parti peut être à lui-seul porteur d'un projet clé en main pour transformer la société est aujourd'hui dépassée. Son action est désormais plus horizontale que verticale à l'instar de la révolution internet. La mise en place de primaires s'inscrit parfaitement dans cette évolution. A la lecture de ta lettre, je ne te cache pas ma profonde inquiétude sur ta conception très datée du parti.

Pour la gauche, l'urgence est de redessiner, avec les français, une perspective qui suscite, à nouveau, l'espérance. En partant de notre traditionnelle ligne de clivage avec la droite - l'appréciation différente de l'origine des inégalités entre les hommes - je m'efforcerai, avec tous ceux qui voudront en faire l'effort, de jeter les bases d'un nouveau modèle de développement pour le 21ème siècle. Donner à chaque individu les moyens de son autonomie devrait devenir la nouvelle frontière de la gauche.

« Je me révolte donc nous sommes » disait Albert Camus. Par cette formule, il établissait une dialectique originale entre l'individuel et le collectif. J'espère que tu pourras aussi y voir, comme moi, une source d'encouragement et d'espoir.

Et puisque tu me sommes de donner une réponse claire à ton ultimatum, je t'informe que j'entends bien rester fidèle à mon poste, à ma famille politique et à mes valeurs.

Avec toute mon amitié,

Manuel Valls

Député Maire d'Evry »

 

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15 juillet 2009

Pourquoi Martine Aubry sanctionne-t-elle Manuel Valls ?

logo_rainbow rose.jpgAbasourdi et dépité sont les deux premiers mots qui me viennent à l'esprit en lisant le contenu du courrier de Martine Aubry à Manuel Valls. Cette lettre de la Première Secrétaire sonne comme une exécution en règle et sans sommations, à moins que ce soit le Parti Socialiste lui-même qui soit porté à l'échafaud !

Ainsi donc, Martine Aubry rappelle que : « S'engager dans un Parti, c'est un acte d'adhésion à des valeurs et des pratiques communes, mais c'est aussi - qui plus est dans un parti démocratique comme le nôtre-, accepter de débattre en son sein, d'y apporter ses idées et ses réflexions, et lorsque la décision est prise de la respecter et la porter dans l'opinion. » et choisi dans le même temps de signifier à Manuel Valls (et aux militants et sympathisants qui le soutiennent) qu'il ne dispose que d'un seul droit : celui de la fermer !

Elle poursuit par : « On ne peut utiliser un Parti pour obtenir des mandats et des succès, en s'appuyant sur la force et la légitimité d'une organisation collective, et s'en affranchir pour exister dans les médias à des fins de promotion personnelle. On n'appartient pas à un Parti pour s'en servir mais pour le servir. Les militants et même les français exigent de nous du travail, du courage et des idées. ». Ravi de lire qu'être membre du PS n'est pas fait que pour obtenir des mandats et des succès. Faire de la politique n'est donc pas un métier. Certains de nos élus qui squattent le haut de l'affiche depuis plusieurs décennies seront désormais tenues de s'en souvenir. Je suis par contre très surpris de lire qu'être membre du PS implique de servir l'appareil plutôt que les français eux-mêmes !

Le passage sur « Les militants, eux, ont un souhait, c'est que tu mettes ton intelligence et ton engagement au service du Parti et donc des Français. Tes propos, loin d'apporter une solution, portent atteinte à tous les militants et à tous les dirigeants, qui aujourd'hui travaillent à retrouver la confiance avec nos concitoyens » relève en revanche d'une profonde imposture intellectuelle. Nombre de militants se sentent au contraire presque soulagés qu'un éléphanteau tienne la dragée haute aux anciens et qu'il porte une parole en phase avec les réalités vécues dans la France d'en bas. Je fais partie de ces militants -et de nombreux autres français de gauche- qui remercient Manuel Valls de leur faire croire dans une autre réalité implacable de celle d'une réélection dans un fauteuil de Nicolas Sarkozy en 2012 !

Sans doute la phrase « Tu donnes l'impression d'attendre, voire d'espérer la fin du Parti Socialiste. » résonne comme une étrange réalité aux oreilles de Martine Aubry. Espérer la fin du Parti Socialiste ? Mais le Parti Socialiste, le vrai, celui qui faisait rêver de nombreux français, celui qui était porteur d'une certaine conception de la France, ce Parti Socialiste là existe-t-il toujours ? Le fait que nombre de militants ont avoué avoir préféré voter Europe Ecologie plutôt que PS aux élections européennes ne confirme t-il pas qu'ils doutent d'un sauvetage du Parti ?

La fin du courrier peut presque être jugé comme anticonstitutionnelle : « Mon cher Manuel, s'il s'agit pour toi de tirer la sonnette d'alarme par rapport à un Parti auquel tu tiens, alors tu dois cesser ces propos publics et apporter en notre sein tes idées et ton engagement. Si les propos que tu exprimes, reflètent profondément ta pensée, alors tu dois en tirer pleinement les conséquences et quitter le Parti Socialiste. Je ne peux, en tant que première secrétaire, accepter qu'il soit porté atteinte au travail que nous avons le devoir de réaliser. La discipline n'est pas la police des idées, mais la condition de la cohésion et de la réussite d'une équipe. C'est un moment de vérité. Je te demande de me faire part de ton choix dans les jours qui viennent, et d'en assumer toutes les conséquences pour l'avenir. ». C'est un remake étrange de « la valise ou le cercueil » de sinistre mémoire pour les rapatriés d'Algérie. La fermer ou être placardisé ! Si Martine Aubry pense les mots qu'elle à écrit alors elle doit se poser elle-même certaines questions. Interdire à un élu ou un militant d'avoir son propre libre arbitre ou de penser reste contraire à nos fondamentaux. Appliquer d'éventuelles sanctions à Manuel Valls à la seule raison qu'il s'exprime librement, c'est tuer purement et simplement ce qui reste de l'idéal socialiste !

Au regard du ton condescendant employé par Martine Aubry, je ne suis pas étonné qu'elle soit soutenue par les tontons flingueurs, gardiens du dogme socialiste, qui ont conduit aujourd'hui l'un des parti politique majeur de notre pays à être déserté par les électeurs.

Martine Aubry a tenu à rappeler le formidable travail engagé lors du séminaire de Marcoussis début juillet. Ayant participé à la réflexion en envoyant un texte très personnel, je ne peux que m'en réjouir. Je regrette simplement que même cet événement là soit passé inaperçu et qu'aucun compte rendu n'ai été communiqué.

Restant un inconditionnel de la pensée des Pères fondateurs du socialisme comme Jean-Jaurès ou Léon Blum, je digère mal que leurs descendants n'en soient pas les dignes héritiers et qu'ils décident aujourd'hui d'appliquer la Loi du Talion.

Soutenir les propos de Martine Aubry c'est renoncer et se résigner. Manuel Valls appelle à une insurrection militante, donc une fois de plus, je me range du côté des insurgés pour tenter de sauver ce qui peut encore l'être au Parti Socialiste.

Régis Sada

 

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Pourquoi Martine Aubry a écrit à Manuel Valls ?

Lettre de Martine Aubry à Manuel Valls

« Cher Manuel,

Notre Parti a besoin de chacun des socialistes pour contribuer à son redressement après des années difficiles ponctuées par trois échecs à la présidentielle et un Congrès de Reims difficile qui a laissé une image déplorable de notre parti.

Au congrès, les militants nous ont demandé avec force de jouer notre rôle de principal parti d'opposition, c'est-à-dire de dénoncer ce qui nous apparaît injuste, ou inefficace, et de proposer une alternative qu'attend aujourd'hui notre pays. Ils nous ont aussi demandé de nous réunir et de parler d'une même voix.

Depuis cette date, et personne ne le conteste, le parti s'est remis au travail, s'est ouvert sur la société et a su porter des propositions fortes. Nos parlementaires mènent depuis plusieurs mois un travail coordonné et tout à fait remarquable.

Par ailleurs, j'ai mis toute mon énergie à rassembler les diverses sensibilités dans le respect de la ligne politique définie par le Congrès de Reims, aujourd'hui présentes dans la direction. Je suis d'ailleurs heureuse des relations de confiance qui me permettent de débattre en toute sérénité avec Ségolène Royal.

A la suite des élections européennes, nous avons défini notre feuille de route, en nous attelant à deux tâches essentielles : la préparation du projet et le rassemblement de la Gauche.

Le séminaire de Marcoussis a constitué le coup d'envoi de ce travail collectif. Chacun a reconnu la qualité du débat qui nous a rassemblés.

Par ailleurs, après de nombreux contacts avec nos partenaires de la gauche, j'ai écrit à chacun d'entre eux pour engager une nouvelle démarche de rassemblement, fondée sur les idées comme sur la stratégie politique.

Force est de constater que ce travail collectif pour moderniser nos idées est contrarié chaque jour par la cacophonie d'expressions isolées -d'ailleurs le plus souvent contradictoires-, et par des initiatives solitaires prenant le contrepied des positions de notre Parti.

S'engager dans un Parti, c'est un acte d'adhésion à des valeurs et des pratiques communes, mais c'est aussi - qui plus est dans un parti démocratique comme le nôtre-, accepter de débattre en son sein, d'y apporter ses idées et ses réflexions, et lorsque la décision est prise de la respecter et la porter dans l'opinion.

On ne peut utiliser un Parti pour obtenir des mandats et des succès, en s'appuyant sur la force et la légitimité d'une organisation collective, et s'en affranchir pour exister dans les médias à des fins de promotion personnelle. On n'appartient pas à un Parti pour s'en servir mais pour le servir. Les militants et même les français exigent de nous du travail, du courage et des idées.

Il n'y a pas un jour, mon cher Manuel, où tu n'expliques aux médias que notre parti est en crise profonde, qu'il va disparaître et qu'il ne mérite pas de se redresser. Paradoxalement, tu t'appuies sur nos règles collectives pour appeler à « l'insurrection militante ».

Les militants, eux, ont un souhait, c'est que tu mettes ton intelligence et ton engagement au service du Parti et donc des Français. Tes propos, loin d'apporter une solution, portent atteinte à tous les militants et à tous les dirigeants, qui aujourd'hui travaillent à retrouver la confiance avec nos concitoyens.

Tu donnes l'impression d'attendre, voire d'espérer la fin du Parti Socialiste.

Mon cher Manuel, s'il s'agit pour toi de tirer la sonnette d'alarme par rapport à un Parti auquel tu tiens, alors tu dois cesser ces propos publics et apporter en notre sein tes idées et ton engagement. Si les propos que tu exprimes, reflètent profondément ta pensée, alors tu dois en tirer pleinement les conséquences et quitter le Parti Socialiste.

Je ne peux, en tant que première secrétaire, accepter qu'il soit porté atteinte au travail que nous avons le devoir de réaliser. La discipline n'est pas la police des idées, mais la condition de la cohésion et de la réussite d'une équipe.

C'est un moment de vérité. Je te demande de me faire part de ton choix dans les jours qui viennent, et d'en assumer toutes les conséquences pour l'avenir.

Avec toute mon amitié.

Martine AUBRY »

 

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29 juin 2009

Pourquoi Martine Aubry a écrit aux militants socialistes ?

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Comme tous les militants du Parti Socialiste, j'ai reçu la semaine dernière la lettre de la Première Secrétaire Martine Aubry, datée du 19 juin 2009, consécutive au résultat très préoccupant obtenu par le PS lors des dernières élections européennes.

Le début de ce courrier débute par un constat sans équivoque : « le résultat du scrutin du 7 juin a été un échec pour notre parti » suivi par : « je connais le découragement voire la colère de certains d'entre-nous après nos échecs successifs aux élections présidentielles et législatives que n'ont pas fait oublier nos succès locaux ».

Je ne cache pas ma surprise du ton général employé dans ce courrier. Ce dernier est volontairement dramatique et tranche avec la rengaine servie de longue date par l'establishment du je vais bien tout va bien habituellement servi comme plat de résistance aux militants.

Nous ne sommes pas ici dans la câlino-thérapie utilisée pour calmer les voix discordantes ou les éléments agités. Ce courrier peux presque être considéré comme une thérapie de choc lorsque l'on peut lire que le PS à travers la social-démocratie qu'il entend incarner a, comme partout ailleurs en Europe, faibli sur ses valeurs et été dans l'incapacité de renouveler ses réponses !

Martine Aubry semble avoir entendu les griefs, mais surtout les attentes immenses, que les français ont souhaité exprimer à travers leur vote de défiance vis-à-vis du PS en apportant beaucoup de voix à la liste Europe Ecologie. Je lui concède la valeur de cette analyse lorsqu'elle écrit vouloir rebâtir le lien de confiance, souhaiter une rénovation du PS au-delà du simple replâtrage en changeant les pratiques et refondant tant le projet lui-même que le Parti Socialiste.

Par la voix de sa Première Secrétaire, les dirigeants du PS ont semble-t-il compris la nécessité d'orienter le discours sur le principe que notre modèle de société dans son entier doit être refondé. C'est une preuve supplémentaire que le PS est resté trop longtemps enfermé dans ses certitudes et qu'il n'avait saisi le besoin de construire un projet qui ne base pas sa rhétorique sur de simples constatations, de vagues incantations, mais qui dresse une liste détaillée d'un traitement de choc à appliquer pour se séparer de ce qui ne fonctionne plus au profit de réponses adaptées à la réalité vécue par les français. Cette réalité semble s'acheminer vers la doctrine nouvelle de « société du bien-être ».

Martine Aubry évoque l'ébauche des nouvelles questions qui se posent : nécessité d'accumuler des biens, construction d'un système innovant assurant l'emploi et une juste répartition des richesses, création de nouveaux services pour garantir la qualité de vie, conditions de travail et de respect de la planète dans une société tournée vers le numérique. Une révolution de la sémantique qui fait du bien aux oreilles....

marianne_ancienne.JPGLe point qui m'a sans doute le plus rassuré, c'est cette nécessité enfin assumée à gauche et au PS en particulier de se poser la question suivante : « Comment faire vivre la France, ses valeurs, son identité, sa laïcité et son pacte républicain et mieux assumer notre diversité ? » ! Ici c'est une adhésion pleine et entière après des années noires où le PS a continué d'évoquer honteusement la question de « l'intégration » alors qu'il avait lui-même initié une loi -contrastée certes- mais qui donnait une primauté du droit du sol à celui du sang, et qui avait lâchement abandonné certains symboles à la droite voire à l'extrême droite notamment ceux de l'identité et de la défense de nos valeurs républicaines.

En relisant le cheminement politique et Parlementaire qui a conduit à l'élaboration de la loi dite de séparation des Eglises et de l'Etat en 1905, personne ne peux oublier, personne ne doit oublier que la gauche dans toute sa diversité, a été et est au cœur de ce que la République incarne. Si la gauche récente a connu autant de déconvenues électorales c'est aussi car elle a oublié les fondements mêmes de ce qui la caractérisait à ses débuts. Elle a transigé dans ses valeurs, elle a renoncé à ses devoirs, elle a failli à la parole donnée. La gauche s'est donc repliée sur elle-même et elle a perdu toute crédibilité aux yeux de siens en les faisant douter.

Le courrier de Martine Aubry ne se contente de jouer sur la sémantique en mettant à niveau son logiciel jugé désuet, il replace également l'appareil PS face à ses propres responsabilités en évoquant l'arrogance qui a été la sienne dans sa volonté d'hégémonie suicidaire d'une gauche aujourd'hui morcelée. Oui, le rassemblement de toutes les gauches est possible sur la base d'une Maison commune de toute la gauche qu'elle appelle de ses vœux. Une Maison qui accouche d'un projet commun et d'une stratégie commune pour 2012. Une Maison qui regroupe toutes celles et tous ceux qui pensent la voie empruntée par l'UMP et Nicolas Sarkozy n'est pas la meilleure en se bornant simplement à la critiquer sans proposer une alternative crédible et audible.

La question de primaires ouvertes pour la désignation d'un candidat commun à toute la gauche est également posée. J'ai signé l'appel de Pierre Moscovici qui va dans ce sens. Le PS ne peux pas, le PS ne doit pas sous peine de disparaitre, resté cloisonné et enfermé dans une décision qui n'appartient plus aux seuls militants du parti. Cette question appelle également la question du renouvellement des têtes du Parti Socialiste et du mode de désignation de ses candidats qui sont aujourd'hui malheureusement, le fruit de combines et d'ententes préalables entre motions et baronnies locales. La redéfinition des alliances électorales devront également être synonyme de renouvellement et d'ouverture actées sur des considérations locales et non nationales.

Avec l'annonce de la candidature de Manuel Valls ce matin pour les élections présidentielles de 2012, il semble qu'une nouvelle génération ne souhaite plus laisser le parti aux mains de ceux qui l'ont accaparé et donc détourné de celles et ceux à qui celui-ci était destiné. Un PS qui parle à tous les français c'est presque une surprise...

Régis Sada

 

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Pourquoi Manuel Valls est candidat à la candidature pour la présidentielle de 2012 ?

Manuel Valls candidat à la présidentielle de 2012 - Nouvel Obs
Manuel Valls s'est déclaré candidat pour la présidentielle de 2012 sur Europe 1... (PLUS D'INFO SUR TELEOBS.COM)

 

"Il faut des idées neuves portées par des équipes, des hommes et des femmes neuves"

"Le rôle de la gauche, c'est d'apaiser, de faire en sorte que les gens se reparlent, se réconcilient alors que la droite et Nicolas Sarkozy sont en train de faire en sorte que la société française soit plus dure"

Manuel Valls - Europe 1 - 29/06/2009

 

12 juin 2009

Pourquoi j'ai signé la pétition pour des primaires ouvertes au PS et à toute la gauche ?

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Pour l'organisation de primaires ouvertes pour désigner le candidat du PS à la présidentielle

Nous voulons ouvrir les portes et les fenêtres du Parti socialiste en organisant une primaire ouverte pour désigner le candidat du PS à la prochaine élection présidentielle.

La désignation de Barack Obama comme candidat du parti démocrate démontre que l'organisation d'une primaire peut enclencher une puissante dynamique politique, en attirant vers le parti qui la met en place un nombre considérable de nouveaux sympathisants et une énergie difficile à mobiliser par d'autres méthodes. Les deux tiers des électeurs de gauche se disent aujourd'hui favorables à l'organisation de ces primaires : cela démontre la force du désir de participation des sympathisants socialistes à cette séquence essentielle de la vie politique du pays. Cela témoigne aussi d'une certaine frustration devant le mécanisme de désignation existant aujourd'hui et du besoin de modernisation des procédures démocratiques du PS.

Jusqu'ici, les votes de désignation au PS conduisent davantage à diviser les militants et les élus entre eux qu'à nous faire avancer vers la victoire aux élections. Nous pensons que cela doit changer.

Une primaire conduira à revaloriser le rôle des militants, en les incitant à s'ouvrir vers l'extérieur pour convaincre des sympathisants de venir participer à la démocratie interne du PS en faveur du candidat et du programme politique de leur choix.

Pour rassembler plusieurs centaines de milliers voire millions de participants, cette primaire suppose un prix accessible à tous et une simplification des conditions de participation au vote. Cette pétition sera transmise à la direction nationale du PS pour demander la tenue d'une convention nationale sur l'organisation de primaires, comme les statuts du PS en ouvrent la possibilité.

Tu peux la signer en allant sur le site: http://www.primairesouvertes.fr/

 

Le député du Doubs Pierre Moscovici a lancé ce matin sur internet une pétition en ligne favorable à des primaires ouvertes relatif à la désignation du candidat de la gauche aux prochaines élections présidentielles de mai 2012.

Faisant suite à la réunion du Bureau National du Parti Socialiste où de nombreux quadras ont accueilli assez tièdement les propositions de rénovation et de relance de Martine Aubry, l'idée défendue par Pierre Moscovici, Manuel Valls, Vincent Peillon ou par Arnaud Montebourg d'ouvrir le débat à l'ensemble des sympathisants de gauche est désormais lancée.

Cette pétition vise à faire pression sur la direction du Parti Socialiste dans les prochains mois, dans l'objectif de permettre à tous les sympathisants -et non plus simplement aux militants socialistes- de décider du nom de celui ou de celle qui sera le plus à même de mener la bataille face à Nicolas Sarkozy.

J'ai signé ce matin cette pétition ce matin, convaincu que la reconstruction du PS est possible si le débat reste ouvert et demeure loyal avec l'ensemble des partenaires de la gauche. Le PS ne détient plus seul les réponses que les français attendent. La dernière chance ?

Si vous refusez de cautionner plus longtemps une hégémonie idéologique calquée sur des schémas dépassés, alors vous aussi signez la pétition pour des primaires ouvertes à toute la gauche !

Régis Sada

 

10 juin 2009

Pourquoi Manuel Valls appelle les socialistes à se débaptiser ?

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Invité politique de Laurent Bazin sur la matinale de I-Télé, le député-maire d'Evry Manuel Valls a lancé un appel qui ne manquera pas de faire grincer de nombreuses dents au lendemain de la réunion du Bureau National du Parti Socialiste convoqué à la suite des élections européennes, et qui a vu le parti culminer à 16,48 % des voix.

En effet, après avoir jugé dès dimanche soir que le Parti Socialiste parlait une langue morte et qu'il était clairement en voie de disparition sans un sursaut salutaire, Manuel Valls a complété sa pensée ce matin en appelant les socialistes à changer le nom du parti estimant que le mot socialiste « ne veux plus rien dire ».

Sans aller jusque là, il est rejoint par quelques fines lames du PS comme Jean-Christophe Cambadélis, Aurélie Filippeti, Pierre Moscovici ou Arnaud Montebourg, qui sont largement restés sur leur faim après que Martine Aubry ai souhaité que le PS se donne six mois pour que la rénovation du parti soit effective et que les élections régionales de mars 2010 ne sonnent pas le glas définitif d'un Parti Socialiste tenu en état de survie idéologique.

Le député-maire d'Evry estime qu'il est « minuit moins le quart avant la mort clinique du Parti Socialiste », que « nous sommes menacés de mort » et qu'il faut « changer totalement la direction du Parti socialiste, confier à cinq-six personnes trois-quatre chantiers pour que dans les trois ou six mois nous ne réfléchissions pas seulement mais nous tranchions les problèmes ».

Que penser de cette position qui a le mérite d'être franche ?

Sur le mot socialiste ne veut plus rien dire

J'avoue trouver cette affirmation un peu au-dessus la vérité sans toutefois la contredire totalement. Explication : le terme seul de socialiste me parait bien mal adapté aux enjeux de la société actuelle. C'est sans doute pour cette raison que j'ai choisi depuis longtemps de l'associer au mot libéral, dans le sens d'un socialisme qui répond à la réalité d'une économie mondialisée mais qui entend maitriser (et non contrôler à outrance) les débordements d'un libéralisme effréné.

Défenseur du fait que le PS doit tenir un langage de vérité et d'action sans se réfugier derrière les prétextes d'un dogme aujourd'hui poussiéreux, j'ai souvent subi les foudres -voir les injures- de certains de mes camarades de la section de Puteaux qui n'ont pas hésité à me traiter de « social-traitre » ou d'homme de droite (pour la version allégée).

Il est vrai qu'à la différence de certains, je n'ai jamais cherché à savoir si j'étais de gauche.....car moi, je sais pourquoi je ne suis pas de droite !

La lecture récente du document biographique sur Jean-Jaurès de Jean-Pierre Rioux paru dans la collection Tempus, a suffi à m'ôter tout doute sur mon engagement socialiste.

Le combat mené par le député de Carmaux au début du siècle dernier n'a jamais été autant d'actualité. La période actuelle est terriblement socialiste si l'on adapte les réalités vécues il y a cent ans à celles d'aujourd'hui.

Si Manuel Valls appelle ses camarades à se débaptiser sans détours, c'est aussi peut-être à cause que de nombreux militants du PS actuel n'ont jamais pris le soin de connaitre l'héritage de Jean-Jaurès, père du socialisme, et donc demeurent incapables d'adapter leur pensée aux besoins de celles et ceux que nous entendons représenter.

Sur la chronique de la mort annoncée du PS

Arlésienne de la vie politique depuis 2002. Le PS est-t-il en danger de mort ? Oui sans doute. Oui, car le PS n'a pas su renouveler ses têtes et pire, sa pensée. Mais au fond, ce n'est pas ce que représente le PS qui est mort, c'est le parti en lui-même.

Longtemps les militants du PS et bien au-delà, les sympathisants de gauche, se sont amusé des déboires d'une droite revancharde et ringarde. Les années Mitterrand (surtout le deuxième septennat) ont été fatales au discours socialiste et à son appareil.

Les dirigeants -toujours les mêmes d'ailleurs- se sont endormis sur leurs lauriers en pensant que l'élection de Jacques Chirac allais dans le sens de l'Histoire et que les français répondraient très rapidement aux sirènes PS. Enfermés dans cette option, les législatives de 1997 et la victoire de la gauche plurielle emmenée par Lionel Jospin ont répondu à cette vérité écrite.

Depuis cette date, le PS a oublié de réfléchir !

Sur le changement de direction à la tête du PS

Changer la direction. Pourquoi pas. La logique veut effectivement qu'une direction cède sa place après une lourde défaite comme celle vécue dimanche dernier. Sauf que Martine Aubry a été choisie par les militants et que les statuts ne permettent plus un renversement de la direction par les militants.

Malgré les efforts de renouvellement ou de rajeunissement des têtes à la Direction, c'est bien une question de méthode générale et de mode de fonctionnement à l'intérieur du parti qui pose problème.

Comment expliquer que les Fédérations soient « tenues » par les barons locaux et que la sélection des nouveaux talents ne se fait plus à la base mais au sommet même du parti ? Le PS d'avant a permis l'ascension de ses jeunes pousses....aujourd'hui il les recrute au sein d'un cercle fermé et interdit aux petits militants. Si le parti majoritaire de la gauche n'assure pas la promotion sociale, devrons-nous compter sur l'UMP pour le faire ?

Sur le fait de trancher les problèmes

Pour répondre à cela, il suffit de reprendre un slogan de la CFDT Michelin utilisé dans les années 90 : « on ne fait pas tourner la roue du progrès avec les idées du passé » ! Ajoutez à cela un homme de Cro-Magnon et vous comprendrez pourquoi le PS est en panne !

Oui, sans doute que si le PS a du mal à se faire entendre c'est avant tout car il demeure incapable aujourd'hui de présenter des positions clairement définies et tranchées.

Prenons juste pour exemple le cas du changement des institutions, des droits accordés aux homosexuels, l'entrée de la Turquie en Europe ou les droits des salariés des PME. Sur les institutions : le PS attend d'être minoritaire pour dire son souhait d'en changer. Sur les droits des gays et des lesbiennes : le PS sèche le premier vote sur le PACS et de nombreux barons locaux s'interdisent tout mariage entre personne de même sexe. Sur l'entrée de la Turquie en Europe : si vous connaissez la position exacte du PS, faites signe. Enfin, dans le discours et les écrits du PS, les salariés des PME sont invisibles face à leurs amis fonctionnaires ou salariés des grandes entreprises.....

Le Bureau National de ce mardi n'a pas fait exception : au vote sanction des français, le PS a choisi de ne répondre.....que dans six mois ! Cette valse permanente des hésitations et des non réponses demeure un appel à l'abstention ou à un vote différent.

Maintenant, Manuel Valls a-t-il raison d'aller si loin dans ses propos : sans aucun doute oui ! C'est malheureusement souvent en osant aller à contre courant de la pensée unique que l'on draine derrière soi les espoirs de ceux qui ne veulent plus simplement attendre.

Comme beaucoup d'autres, je ne souhaite plus « attendre » une hypothétique rénovation du PS. Sans doute car comme bon nombre de militants et de français....j'en ai assez d'être dans le cas des perdants !

Régis Sada

 

18:43 Publié dans Décoder la politique ? | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : politique, ps, ump, modem, manuelvalls, martineaubry, renovation, socialisme | | | Digg! Digg |  Facebook

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