14 décembre 2011

Pourquoi l'OIP édite son rapport sur les conditions de détention en France ?

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Le Rapport Les conditions de détention en France, édité aux éditions La Découverte, est disponible auprès de l'Observatoire International des Prisons depuis le 6 décembre 2011 et sera disponible en librairie à partir du 5 janvier 2012.

Destiné à un public soucieux du respect des droits fondamentaux de la personne, cet ouvrage de 336 pages qui couvre une période de cinq ans (2005-2011) fournit les clés pour comprendre les tenants et aboutissants du scandale persistant du système carcéral français.

A l'aune d'enquêtes qu'il réalise dans les prisons, et d'observations cumulées par de nombreux acteurs, institutions, et chercheurs, l'Observatoire International des Prisons dresse dans cet ouvrage, un état des lieux des différentes dimensions de la vie et du travail derrière les murs. Des dispositifs de sécurité s'inscrivant dans une logique de coercition plus que de prévention, aux possibilités d'accès aux soins somatiques et psychiatriques, en passant par le travail des détenus, les contacts avec leurs proches et leurs possibilités d'expression une véritable radiographie de la prison est mise à disposition de tous. Elle témoigne d'un mode de sanction plus contre-productif que réparateur, invitant à revisiter autant nos représentations des auteurs d'infraction que de la réponse pénale et sociale.

Cette édition 2011 vise à devenir un document de référence du débat public sur la prison et la réponse pénale dans les années à venir. Nous souhaitons qu'il fasse l'objet d'une diffusion particulièrement large, notamment dans les rayons de l'ensemble des bibliothèques des établissements pénitentiaires à destination des personnes incarcérées. Depuis sa création, l'Observatoire International des Prisons met en effet un point d'honneur à mettre gracieusement ses publications à disposition des personnes détenues. Á l'occasion du 10 décembre 2011, journée mondiale des droits de l'Homme, les bibliothèques des prisons recevront par voie postale près de 2 000 exemplaires de ce Rapport. Les détenus qui en feront la demande pourront également le recevoir directement.

A l'heure où le nombre de personnes incarcérées atteint des niveaux historiques et dans un contexte où les fonds alloués aux associations sont de plus en plus restreints, nous en appelons à votre solidarité pour nous soutenir dans cette action.

Consultez ici le dossier de presse

Cliquez ici pour acheter ce livre ou faire un don à l’Observatoire International des Prisons

29 décembre 2010

Pourquoi encore 114 suicides en prison en 2010

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114 SUICIDES dans les prisons françaises pour l’année 2010 contre 139 en 2009.

Les actes préventifs décidés et déployés par le Ministère de la Justice dans les lieux de détention, n’ont pas suffit à enrayer cette vague massive de suicides au sein de la population carcérale.

Ainsi, les solutions telles que les isolements sous contrainte, les aides psychologiques entre détenus, les « kits anti-suicides » ou autres repérages de détenus à risque par l’Administration Pénitentiaire, ne laissent observer aucune inflexion des chiffres qui s’inscrivent année après année dans une douloureuse constance.

Un rapport rendu début 2010 précise que dans la catégorie des hommes entre 15 et 45 ans l’on se suicide 6 fois plus à l’ombre qu’en liberté. Comme à l’extérieur, mettre fin à ses jours de manière volontaire n’est jamais une chose anodine. C’est souvent l’expression d’une déshérence affective, d’un désespoir humain ou d’un renoncement social.

Cette différence « statistique » peut-elle trouver une explication recevable au moment ou un individu s’inflige son « Jugement dernier » ? Pour ma part, un seul mot suffit : SOLITUDE.

A la manière de Florence Aubenas, présidente de l’Observatoire International des Prisons : « Alors maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? »

16 janvier 2009

Pourquoi l’Observatoire International des Prisons (OIP) tire le signal d’alarme ?

 

 

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COMMUNIQUE DE L’O.I.P.

 

Paris, 15 janvier 2009

 

A l’heure où les établissements pénitentiaires sont le théâtre d'une vague de suicides sans précédent et où l’évolution de la mortalité intramuros et des phénomènes de violences prennent des proportions alarmantes, l'Observatoire international des prisons invite le Parlement à prendre la mesure, par lui-même, de la profonde dégradation survenue sur nombre d’aspects de la situation carcérale depuis que les commissions d’enquête de l’Assemblée nationale et du Sénat ont rendu leurs rapports en 2000.

 

Dans un contexte marqué par une hausse de 20 % du nombre des suicides survenus en prison et alors que treize personnes détenues se sont déjà données la mort depuis le 1er janvier 2009, il apparaît urgent que les parlementaires évaluent et réorientent la politique de prévention du suicide mise en œuvre depuis 2004 et établissent les raisons pour lesquelles la France demeure le pays d’Europe marqué par le taux de suicide en détention le plus élevé. La représentation nationale doit se saisir de cette question grave, la définition et le pilotage de la politique publique mise en œuvre en matière de prévention du suicide en milieu carcéral ne sauraient être laissés à la seule appréciation de l'administration pénitentiaire. Toute commission mise en place en son sein ou placée sous l’égide du seul ministère de la Justice se trouve inévitablement dans l'impossibilité de s'abstraire des contingences pénitentiaires, d’ordres sécuritaires ou gestionnaires.

 

Plus largement, l'OIP appelle les parlementaires à examiner l’impact sur l’augmentation de la mortalité et des phénomènes de violences intramuros des conditions matérielles et psychologiques dans lesquelles s’effectuent les peines privatives de liberté, de l’organisation et du fonctionnement des établissements pénitentiaires, et des politiques pénale et pénitentiaire mises en œuvre. Il apparaît que 56 décès par mort naturelle ont été constatés lors du premier trimestre 2008 dans les prisons françaises, contre 103 pour l’ensemble de l’année 2007.  Les chiffres officiels concernant les phénomènes de violences entre détenus et entre détenus et surveillants sont contestés par les organisations professionnelles de personnels. L'opacité de l'administration pénitentiaire sur ces sujets témoigne de son incapacité à admettre et mettre en œuvre les réformes décisives que ces phénomènes appellent.

 

Pour toutes ces raisons, l’OIP demande à l’Assemblée nationale et au Sénat de décider sans délai de la création de commissions d’enquête. L'OIP attend notamment des parlementaires qu’ils tirent toutes les conséquences du diagnostic posé par le contrôleur général des lieux de privation de liberté sur la question du suicide. « Privé du droit de recours, de rencontre avec un travailleur social, enfermé sans lumière, apeuré à l’idée d’aller en promenade ou à la douche, un détenu peut avoir les idées noires, ce sont là quelques-uns des ingrédients du suicide en prison », a estimé Jean-Marie Delarue en marge de la publication de sa première recommandation. L’OIP s’adresse solennellement à l’ensemble des parlementaires pour qu’ils refusent que la discussion sur le projet de loi pénitentiaire du gouvernement soit engagée avant que leurs travaux et conclusions soient rendus publics.

 

Consultez le site de l’O.I.P.

 

Consultez le site de Ban Public

 

DEPUIS LE 1er JANVIER 2009

15 SUICIDES OU MORTS SUSPECTES

DANS LES PRISONS FRANCAISES

11:54 Publié dans Changer la prison en France ? | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : politique, france, suicide, prison, oip, ban public | |  Facebook