28 avril 2012

Pourquoi la main du Peuple ?

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Habituel faiseur de roi des scrutins, l’électorat centriste fédéré par François Bayrou s’est fait griller la priorité lors du 1er tour des présidentielles. Ses 9 % de voix représentent à peine la moitié de celles qu’a recueillie Marine Le Pen pour le Front National. Dès lors, les camps de Nicolas Sarkozy et de François Hollande fourbissent leurs armes chacun de leur côté pour tenter de séduire cette poule aux voix d’or censée confirmer l’un ou porter l’autre vers la présidence de la République.

Beaucoup auront noté une profonde fébrilité dans les deux camps. Un écart de 3% en faveur de François Hollande l’aurait quasiment assuré d’une élection au second tour. Mais les français –toujours très joueurs- n’ont placé Nicolas Sarkozy qu’à 1,5 point derrière celui-ci et une vague bleue Marine de plus de 18% a déferlé sur la France. Les cartes sont totalement redistribuées et l’issue du scrutin demeure totalement incertaine. 

Au petit jeu des reports de voix, certains se lancent dans de savants calculs. Les théories ne manquent pas et ainsi, les voix qui se sont portées sur Marine Le Pen et François Bayrou devraient logiquement s’additionner à celles de Nicolas Sarkozy au second tour, sauf que… Sauf que les français sont fâchés de longue date avec l’arithmétique et que l’équation paraît beaucoup plus complexe qu’elle n’y parait.

Avec François Bayrou comme arbitre de second tour, les arguments auraient été beaucoup plus simples car les attentes de son électorat sont bien identifiées. Mais avec Marine Le Pen en souveraine courtisée, les deux camps sont contraints à une danse du ventre version décryptage du message adressé !

Il y a 15 ou 20 ans de là, un vote FN était catalogué simplement raciste. En 2012, la mode est définie comme représentative de la colère. Dans son discours, François Hollande mise sur le statuquo quant Nicolas Sarkozy trouve désormais une profonde compatibilité entre le Front National et la République.

La vérité est ailleurs : au PS comme à l’UMP les Spin Doctors des candidats sont dans les choux ! Ils sont incapables de déterminer de quel côté va tomber la pomme… Le résultat sera donné le 6 mai prochain. Ce résultat, cette seule vérité, est désormais dans la main du Peuple.

A la manière d’Aristote : « La main est l’instrument des instruments ».   

20 avril 2012

Pourquoi mon choix pour la France ?

 

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Moment privilégié de la vie démocratique de notre pays, l'élection présidentielle est le rendez-vous des français avec leur propre Histoire. Lorsque l'on souhaite ménager ses amitiés ou son propre avenir professionnel, il n'est jamais bon de trop se livrer. Pourtant, il ne faut jamais manquer une occasion de donner son opinion et de confier sa propre part de vérité, dans le respect des convictions et des choix de chacun.

Clairement démocrate, profondément républicain, c'est en toute conscience et en toute liberté que je me risque pourtant, aujourd'hui, à exprimer et à expliquer mon choix pour la France.

Lors de l'élection présidentielle de 2007, et encore traumatisé par le rendez-vous manqué de 2002, je n'ai pas aimé la désignation et la campagne de Ségolène Royal. Désignée par des militants PS bien plus aveuglés par la folie sondagière que par la réalité des aspirations souhaitées par les français, j'ai voté François Bayrou au premier tour et, contre Nicolas Sarkozy au second. Ce dernier fut porté logiquement à la présidence par un Peuple hésitant et un Parti Socialiste mauvais joueur envers sa candidate.

Si je confesse avoir été un Sarko-indifférent assumé en début de quinquennat, c'est en décembre 2009 lors du référendum suisse contre la construction de minarets et la tribune honteuse du président de la République dans le journal Le Monde, que je suis devenu un Anti-Sarkozyste pleinement affirmé. Les débats orientés, la stigmatisation permanente des populations, la différenciation sociale et la multitude des propos déplacés tout au long du quinquennat, m'ont confirmé dans la conviction que je ne veux plus vivre dans une France et une République dirigées par un Nicolas Sarkozy qui, à mon sens, n'a eu de cesse de déprécier la fonction présidentielle.

Le président, Chef de l’État, se doit de prendre de la hauteur et ne pas confondre ses intérêts personnels -privés ou politiques- avec les intérêts supérieurs de notre pays. Cinq ans ont suffit à Nicolas Sarkozy et sa majorité parlementaire, pour affaiblir les repères d'une société déjà en proie au doute. Cinq longues années à fouler du pied les bons usages républicains, à faire des croches pattes répétés au principe de Laïcité garante d'égalité, à mélanger les genres et à utiliser le Palais de l’Élysée comme une annexe exclusive de l'UMP. Cette méthode toute particulière de la conduite des affaires de l’État, demeure incompatible avec ma vision d'une République affirmée et d'une France qui s'adresse sans exception, à tous les français.

Sans m'abaisser à user de termes inconvenants, je souhaite que notre Peuple, fort de sa sagesse et de l'expérience passée, partage avec moi l'analyse qu'il est devenu impossible de reconduire dans ses fonctions un président Nicolas Sarkozy qui n'a respecté ni ses engagements envers les français, ni son devoir moral envers la Nation.

L'élection présidentielle de 2012 s'est déroulé dans un climat bien particulier très éloigné de l'image de la Vème République telle que l'avait pensée Charles De Gaulle. Habitués jusque là aux débats portants sur des sujets institutionnels et des visions affirmées sur le devenir de la France, les français ont du se contenter de petites phrases et de grandes postures morales. Les grands desseins de la Nation attendront.

Dans mes votes « présidentiels » précédents, j'ai toujours veillé à apporter ma voix au premier tour à mon candidat de cœur. La femme ou l'homme capable de développer un véritable projet de société, représentatif d'une République de droits et devoirs égaux pour tous. Au regard des évolutions de cette même société dans la période qui s'achève, je suis contraint de reconnaître que l'aspect programmatique ne déterminera pas mon vote de 2012.

Je n'ai pas aimé vivre dans la France de Nicolas Sarkozy. Le français que je suis, attaché aux principes de liberté, d'égalité et de fraternité, a souffert et s'est senti humilié de trop nombreuses fois de voir la République sacrifiée au nom des intérêts personnels d'une minorité.

Ainsi, mon choix aurait du se porter presque naturellement vers François Bayrou. Celui qui à mon sens a été le plus précis dans les propositions qu'il a déclinées. Mais le cru Bayrou 2012 n'a pas la même saveur de celui de 2007. Les enjeux sont différents et une France qui a subi en cinq ans une telle révolution de pensée, ne peut se payer le luxe de s'offrir le ni-à droite, ni à gauche, prôné par le centriste. Notre pays s'est trop égaré et de nouvelles lignes plus précises doivent être définies.

Je ne suis pas un électeur socialiste de premier tour. Bien qu'ayant milité à Puteaux, dans des circonstances très particulières, j'ai toujours veillé à ne pas laisser une hégémonie trop importante au PS à gauche. Souvent, j'ai voté pour les écologistes au premier tour lors de différents scrutins. La primaire des Verts, le trust électoral, l'amateurisme des militants et la campagne affligeante d’Éva Joly m'ont fait définitivement renoncer à cette option sans valeur et sans effet pour le devenir du pays. Je marque ici ma rupture avec l'écologie politique.

Dans une France en crise, dans une société où les bases s'effritent j'ai, comme nombre de français, eu envie de tout changer et faire table rase du passé. La promesse d'une VIème République attendue et d'un discours simple et populiste m'ont naturellement porté à jeter un regard attentif sur Jean-Luc Mélenchon. Attiré par sa gouaille, sa diatribe naturelle et les prouesses de ce tribun de talent, il s'en est fallu de peu pour que je lui accorde mon vote. Il restera mon candidat de cœur dans cette élection présidentielle. Le meilleur de tous.

Cette élection présidentielle a la particularité de répondre à une question par une autre question. Loin de moi l'idée d'occulter le devenir de la France au-delà des cinq prochaines années. Mais, à mes yeux, l'essentiel est ailleurs aujourd'hui. Le véritable enjeu est de réconcilier les français avec eux-mêmes.

J'ai perdu nombre de mes illusions. Ma vision utopique s'est fanée. Je ne crois plus aux lendemains meilleurs. Je ne crois plus aux vaines promesses faites et rarement tenues. Je ne crois plus dans la parole de dirigeants intrigués et intrigants.

 

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En revanche, je crois dans les valeurs qui nous rassemblent. Je crois en une société juste, mixte et fière de sa diversité. Je crois dans une République qui protège et respecte ses enfants, tous ses enfants. Je crois dans la grandeur de la France. Une France qui relève la tête et qui porte haut les principes qui ont toujours fait sa gloire.

A ce titre, je suis certain que Nicolas Sarkozy ne doit pas être réélu. Je suis convaincu que la France a besoin d'un grand bol d'air frais, d'un grand moment d'alternance.

Je ne veux rien avoir à regretter, le 22 avril et le 6 mai : je vote pour François Hollande !

 

14 mars 2012

Pourquoi la bourde présidentielle ?

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Il y a quelques jours à peine, j’évoquais la question de la fonction même du Chef de l’Etat au moment où les candidats en lice pour l’élection présidentielle semblent l’avoir parfaitement occulté.

Au lendemain du discours de Nicolas Sarkozy à Villepinte et, de la probable riposte de son principal rival François Hollande en meeting ce soir à Marseille, certains commentateurs de notre vie politique s’interrogent aujourd’hui sur la place que doit tenir le premier des français.

Selon certains, Nicolas Sarkozy a commis l’année même de son élection, une erreur impardonnable aux yeux des français. Ils prêtent même à François Hollande -si celui-ci est élu le 6 mai prochain- l’intention de reproduire cette même erreur fondamentale ! Mais de quelle erreur s’agit-il ?

Mes chers lecteurs : cette erreur fatale, cette tare immonde, c’est d’être ou de devenir un Président proche des français !

L’analyse de ces spécialistes insiste sur le fait que l’esprit de la Vème République selon Charles De Gaulle était respecté du temps des « rois fainéants » si décriés par Nicolas Sarkozy en 2007. A ce titre, le Président doit demeurer la figure majeure de l’exécutif, tout en tenant le rang qui est le sien à savoir, au-dessus de tout…et particulièrement des français eux-mêmes !

Faut-il s’étonner d’un tel constat ou au contraire disposer d’un début d’explication du profond rejet que peut susciter le « style Sarkozy » depuis son instauration à l’Elysée ? Un Président présent sur tous les fronts, qui mêle intérêts nationaux et étrangers, qui mélange les genres et qui ne se place pas au-dessus des partis en considérant le Château comme une annexe de son propre parti, est semble-t-il un Président qui dévalorise la fonction qui doit être la sienne.

Ce raisonnement global donne un écho particulier à la proposition de François Bayrou sur un référendum de moralisation de la vie politique. Injustement passée sous silence par les médias, le projet défendu par le président du MoDem n’offrirait pourtant rien de moins qu’une présidence forte et un Parlement qui ne serait plus une simple chambre d’enregistrement.

Oui mais voilà, pour retrouver cette France qui assume ses fondamentaux et qui préfère se doter d’un Chef d’Etat plutôt que d’un chef de clan, il convient de savoir si notre Loi fondamentale est encore adaptée (ou adaptable) à l’ère vers laquelle nous souhaitons entrer.

Tous les présidents qui ont succédé à Charles De Gaulle ont apporté leur touche personnelle à notre Constitution sans jamais oser franchir le pas de la réécrire. A croire que l’idée de passer de la Vème à la VIème serait un crime de lèse majesté républicaine !

Assez de tergiversations ! Assez de vaines palabres ! Assez de micro-modifications ! Un peu d’audace et de courage que diable ! Modernisons rapidement notre sacro-sainte République !

A la manière de Marcel Proust : « L’audace réussit à ceux qui savent profiter des occasions ».

29 avril 2009

Pourquoi les sympathisants de gauche n’excluent plus une alliance avec le MoDem ?

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« Bayrou, l'homme qui parle à l'oreille de la gauche ». C'est le début d'explication du journal Libération daté du 27 avril 2009 à une question posée lors d'un sondage sur les attentes des électeurs en matière de futures alliances électorales :

« La possible présence du candidat du Modem au second tour de la présidentielle de 2012 entraîne forcément la question des alliances. Et là, les socialistes risquent d'être plongés dans un abîme de perplexité. A 41 % (contre 52 %), les personnes interrogées se déclarent favorables à une alliance de gouvernement entre le Modem et le PS. Un taux qui s'élève même à 56 % chez les électeurs de gauche et à 65 % chez les sympathisants socialistes, à 64 % pour les proches du Modem. La stratégie des alliances s'était déjà imposée en 2007, au lendemain du premier tour, quand Ségolène Royal avait voulu se rapprocher de François Bayrou. Elle continue à diviser les socialistes. Récemment encore, François Hollande proposait au centriste «une clarification des convergences et des divergences» et, le cas échéant, d'«en tirer les conclusions». Une option prématurée pour le patron du Modem. Bayrou a donc réussi une partie de son pari initié lors de son refus d'appeler à voter Sarkozy au second tour de la présidentielle et lors de la création du Modem, en décembre 2007. Il a réussi à faire oublier ses habits d'ancien homme de centre droit, de président de l'ex-UDF et ses passages successifs dans des gouvernements de droite. Le leader centriste est désormais socialo-compatible. »

Comment faut-il interpréter le souhait exprimé par certains français dans cette enquête ?

Premièrement, que l'espoir d'un grand soir s'éloigne de plus en plus pour les derniers dragons d'une gauche anti-tout qui a toujours freiné des quatre fers contre la réalité d'une évolution de la société convertie depuis quelques décennies aux vertus de la concertation à celle de la confrontation.

Deuxièmement, l'idée communiste défendue aujourd'hui par le PC s'est défraichie autant que ses porte-parole et l'anti-capitalisme prôné par Olivier Besançenot constitue certes, un motif louable d'expression d'angoisses et de revendications, mais qui ne trouve aucune réalisation concrète dans l'exercice d'une politique applicable dans le modèle économique aujourd'hui effectif partout dans le monde.

Troisièmement, les sympathisants de gauche donnent expriment ici leur défiance vis-à-vis d'un Parti Socialiste qui lui donne des signes de faiblesse et qui ne semble pas prêt à reconquérir le pouvoir en 2012 malgré trois défaites consécutives aux élections présidentielles. Les résultats du dernier Congrès de Reims et les conditions d'accès de Martine Aubry au Secrétariat National ont sans doute largement contribués à renforcer l'idée que pour sauver la gauche, il faut aujourd'hui sauver le PS de ses propres viscicitudes.

Jean-Michel Normand, journaliste au Monde, titre d'ailleurs sur son blog et sans détours « les primaires ouvertes : dernière chance du PS ? ». Les dirigeants du PS ont bien compris que le parti souffre d'une décomposition de son électorat et que, si il demeure en position dominante, ses alliés naturels sont devenus soit trop faibles soit trop encombrants pour espérer reconstituer la gauche dite plurielle qui avait fait le bonheur de Lionel Jospin en 1997.

Pour vaincre un Nicolas Sarkozy passé du statut de Président de la République à celui de Régent du Royaume UMP, le PS n'a d'autre solution que de redessiner les contours d'une future majorité qui se profile dans une alliance rose, verte et orange. Si l'anti-sarkozysme s'est développé et fait du bien aux sympathisants de gauche, il ne constitue pas un programme. Le MoDem apparaît comme un allié presque incontournable.

L'opinion change et évolue. 2012 reste encore loin. Le résultat des élections européennes du 7 juin prochain constituera un premier test national de popularité pour Nicolas Sarkozy. Il permettra également de déterminer les forces politiques appelées à prospérer ou à disparaitre dans les prochaines années.

Il y a fort à parier que le MoDem fera une nouvelle fois parler de lui. L'annonce d'une future alliance (forcée) annoncée pour le PS ?

Régis Sada

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20 avril 2007

Pourquoi (et pour qui ?) certains détenus voteront dimanche ?

medium_flag_france.4.jpgComme tous les citoyens français, les détenus n’ayant pas été privés de leurs droits civiques ou familiaux, peuvent voter par procuration. Si beaucoup d’entres-eux n’usent pas de ce droit c’est la plupart du temps par manque d’information et de consigne du Ministère de la Justice et des établissements pénitentiaires.

Pourtant, bien plus que d’autres français, les détenus ont tout intérêt à remplir leur devoir de citoyen. Même derrière les murs de leurs prisons, ils peuvent faire entendre leur voix et espérer que les candidats entendent les diverses requêtes présentées sur une nécessaire réhabilitation des prisons dans notre pays.

Ci-dessous, l’intervention du Sénateur Socialiste Richard Yung sur le respect du droit de vote des détenus et la réponse du Garde des Sceaux, Ministre de la Justice , Pascal Clément :

Question écrite n° 25344 de M. Richard Yung (Français établis hors de France - SOC) publiée dans le JO Sénat du 23/11/2006 - page 2925

M. Richard Yung attire l’attention de M. le garde des sceaux, ministre de la justice sur le respect du droit de vote en prison. Il constate que les détenus qui ne sont pas privés du droit de suffrage ne sont pas toujours informés de la possibilité d’exercer ce droit fondamental qui leur permet de demeurer des citoyens. Il rappelle aussi que toute personne détenue, radiée des listes électorales de la commune où elle avait sa résidence avant son incarcération, peut demander, par courrier ou par l’intermédiaire d’une tierce personne, munie d’une procuration manuscrite, son inscription sur les listes de la commune où l’établissement pénitentiaire est implanté, à condition d’y résider depuis au moins six mois consécutifs depuis la clôture des listes électorales. Etant données les nombreuses échéances électorales qui auront lieu en 2007, il lui demande si la chancellerie a mis en place un dispositif destiné à inciter les détenus qui le peuvent à s’inscrire sur les listes électorales avant le 31 décembre 2006. Il souhaite en particulier savoir si les directeurs de prison informeront les détenus de la possibilité de voter par procuration.

Réponse du Ministère de la justice publiée dans le JO Sénat du 08/02/2007 - page 298

Le garde des sceaux, ministre de la justice, informe l’honorable parlementaire de l’intérêt qu’il porte à l’exercice effectif du droit de vote par les personnes détenues. En application de l’article L. 71 du code électoral, les personnes placées en détention provisoire et les condamnés qui n’ont pas perdu leur capacité électorale, ont la faculté d’exercer leur droit de vote par procuration. Aussi, à l’occasion de chaque élection générale, des notes destinées à informer les personnes détenues sur les modalités d’inscription sur les listes électorales et sur les conditions d’exercice du droit de vote et les modalités de vote par procuration, sont adressées aux établissements pénitentiaires. Chaque établissement pénitentiaire organise ensuite, en fonction des souhaits exprimés, la venue des officiers de police judiciaire chargés d’établir les procurations. Pour l’accomplissement de ces formalités, les personnes détenues peuvent se faire aider par un travailleur social de l’établissement pénitentiaire. L’administration pénitentiaire prendra, en lien étroit avec ses partenaires intervenant en prison, une série d’initiatives pour permettre aux détenus d’exercer pleinement, s’ils le souhaitent, leur droit de vote.

Source : Ban Public

Justement, quelles sont les propositions et engagements des trois principaux candidats sur les prisons françaises ?

 

medium_campagne_segolene.jpgSEGOLENE ROYAL ET LES PRISONS : « Réformer la prison »

Il faut rompre avec la politique du « toujours plus d’enfermement » qui veut nous faire croire que « plus de prisons c’est plus de sécurité », alors que cette politique a manifestement échoué dans la lutte contre la montée des violences. Les nombreux rapports sur les prisons et le fonctionnement du système pénitentiaire insistent sur les conséquences désastreuses de la situation dans les prisons pour les détenus comme pour les personnels qui y travaillent. Ils sont parfois entendus, mais ils sont rarement suivis d’effet.

Les conséquences des actes délictueux et surtout criminels sont, pour les personnes qui en sont victimes, douloureux et parfois irréparables. L’Etat doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour aider et accompagner les personnes auxquelles un tort a été fait. Mais il ne doit pas céder à une logique de vengeance : les souffrances et la perte de leur dignité infligées aux condamnés ne peuvent en aucun cas compenser la douleur des victimes.

Nous avons trop longtemps laissé dériver nos prisons d’une manière inhumaine et irresponsable. Il faut, pour renverser cette tendance, une réforme fondamentale. C’est pour cela que je veux, rapidement, faire adopter une loi pénitentiaire qui rappellera que la privation de liberté est une sanction grave, lourde de conséquences pour celui qui la subit et pour sa famille, qui doit donc être prononcée avec mesure.

Au travers des dix engagements qu’ils soumettent aux candidats à l’élection présidentielle, les Etats généraux de la condition pénitentiaire posent, à mes yeux, les bases d’une telle réforme.

D’abord, il y a en prison des personnes qui n’ont rien à y faire et qui doivent être sanctionnées autrement ou orientées vers d’autres institutions. Les études montrent que les auteurs de petits délits récidivent moins s’ils sont soumis à une peine alternative comme le travail d’intérêt général. La politique pénale doit, autant que possible, développer ces modes de sanction. Les condamnés âgés, malades, lourdement handicapés ou en fin de vie et ceux qui souffrent de graves troubles psychiatriques doivent relever de structures de soins adaptées.

Il faut également, en retenant les leçons d’Outreau, restreindre le recours à la détention provisoire qui fait de la France le champion européen en la matière, en limitant cette mesure aux personnes soupçonnées des infractions les plus graves, et en encadrant strictement les durées d’enfermement des personnes en attente de jugement.

Ensuite la prison ne saurait demeurer le lieu de l’arbitraire. La loi pénitentiaire reconnaîtra aux personnes détenues, à l’exception de la liberté d’aller et de venir et des droits qu’une décision de justice leur aurait retirés, l’intégralité des droits de l’homme et du citoyen.
Seule une prison respectueuse des droits de l’homme permettra d’aider les délinquants à retrouver le chemin du respect des lois et des règles de la vie en société.

La loi doit définir précisément les conditions dans lesquelles des sanctions disciplinaires sont prises et soumettre ces décisions au contrôle de la justice. La loi doit faire en sorte que les services publics s’exercent en prison, comme à l’extérieur, et que les droits à la santé, à la formation, au travail, au maintien des liens familiaux, soient reconnus. Elle doit faire de la prison un temps utile pour le détenu et la société, en préparant les détenus à leur sortie avec la mise en place d’actions de formation et d’aide à la recherche d’emploi.

Il est démontré que rendre à la société des personnes sans logement, sans projet professionnel, ayant perdu tout lien familial ne peut que favoriser la récidive. A l’inverse, l’aménagement systématique de la peine, qui permet, de manière encadrée et contrôlée, de distinguer, dans le temps de la sanction, un temps d’incarcération et un temps d’accompagnement dans le monde libre est la clef de la réinsertion des personnes détenues. Il faut faire en sorte que les durées de détention ne rendent pas impossible toute perspective de réinsertion.

Cette politique suppose que la mission des surveillants, qui sont, ne l’oublions pas, des fonctionnaires de justice, soit mieux considérée, afin que ces personnels soient pleinement associés à ce processus de réinsertion.

La loi pénitentiaire doit également créer un organe de contrôle, spécifique et indépendant, afin de garantir son application effective.

Le système pénitentiaire fonctionne aujourd’hui dans une contradiction permanente : à l’écart des règles et exigences de la société libre, il est supposé permettre aux personnes détenues de retrouver le chemin d’une vie responsable et respectueuse du droit.

Les réformes de nos prisons, proposées par les Etats généraux de la condition pénitentiaire, visent à sortir de cette contradiction, pour que nos sanctions pénales aient un sens pour ceux qui sont condamnés, pour ceux qui ont en charge de les exécuter et pour la société toute entière. C’est pourquoi je m’engage, si je suis élue, à les mettre en œuvre.

Source : Ban Public

 

medium_campagne_francois.jpgFRANCOIS BAYROU ET LES PRISONS : « Nos prisons sont des pourrissoirs »

François Bayrou avait signé, avec deux cents autres personnalités, l'appel lancé par le Nouvel Observateur contre les "prisons de la honte". Appelant dans ce domaine à des engagements transpartisans, il souscrit à la démarche des Etats généraux de la condition pénitentiaire.

"Les mots du commissaire européen [Gil-Robles, dans son rapport de février 2006] sont ceux de toute personne qui connaît la réalité des prisons françaises. On y entre délinquant, on en sort caïd.

Deux axes : la ré-humanisation des lieux d’emprisonnement, et la recherche de toutes les alternatives à la détention, notamment pour les jeunes.

La prison doit préparer le condamné à sortir de prison

La loi pénitentiaire doit assurer le respect de l'état de droit dans la prison : confidentialité, rencontres régulières entre détenus et personnels pénitentiaires, droit de vote effectif. La loi doit instaurer un organe indépendant de contrôle des prisons.

Toute personne détenue doit exercer une activité, formation ou travail. C’est ce qui se passe en Allemagne, au Danemark, en Italie ou en Espagne. Tout travail doit donner lieu à rémunération.

Les unités de vie familiale doivent permettre un retour progressif à la vie sociale et familiale, être un atout dans la réinsertion. Les personnes dont l’état de santé, physique et psychique, rend le maintien en détention indigne, doivent être placées dans des structures d’accueil et de soins.

Toute peine devrait être exécutée en partie en milieu fermé, en partie en milieu ouvert. Aujourd’hui, la France est le dernier pays du Conseil de l'Europe pour le nombre de libertés conditionnelles accordées !

La détention provisoire doit être l'exception.

Pour les jeunes, la sanction doit être ultrarapide et éducative.

Pendant la campagne de 2002, chaque candidat annonçait des internats pour les jeunes délinquants … combien en a-t-on fait ? moins de cent places sur le territoire national !

Je suis pour des sanctions qui mettront le jeune au contact de l'autorité, avec rigueur, et qui soient aussi éducatives - comme de vrais travaux d’intérêt général (TIG) d’une durée de 3, 6, 12 mois qui consisteraient par exemple à effacer les tags dans les cités et dans les trains.

Les alternatives à l’emprisonnement, c’est une question de volonté et une question de moyens. On devrait se fixer comme horizon le doublement du budget de la Justice en 10 ans. On devrait pouvoir signer sur cela des engagements communs aux différents candidats."

Source : Programme présidentiel de François Bayrou

 

medium_campagne_nico.jpgNICOLAS SARKOZY ET LES PRISONS : « Pour une nouvelle loi pénitentiaire »

Nicolas Sarkozy, candidat de l’UMP à l’élection présidentielle, a visité lundi la prison pour femmes de Rennes et s’est prononcé en faveur d’une nouvelle loi pénitentiaire, afin de créer les conditions d’une meilleure réinsertion des détenus une fois leur peine purgée.

Le ministre de l’Intérieur et président de l’UMP, qui a effectué cette visite en tant que candidat, n’était pas accompagné par la presse. Il a expliqué sa démarche dans une vidéo diffusée sur son site internet de campagne.

"Je suis pour une certaine sévérité, je trouve que celui qui a fait une faute doit être puni et assumer les conséquences de sa faute. Mais je pense que nos prisons doivent être modernisées", déclare-t-il dans cet enregistrement. Il propose ainsi de distinguer les détenus relevant de la psychiatrie des autres détenus. "Il y a trop de malades psychiatriques dans nos prisons et il faut créer des hôpitaux-prisons pour la partie psychiatrique de la détention", explique-t-il. "Et puis deuxièmement il faut que la prison prépare à la réinsertion", ajoute-t-il. "On est condamné à une peine de prison, on n’est pas condamné à se faire battre, à se faire violer ou à se faire agresser parce qu’on est dans une prison."

Nicolas Sarkozy estime que les surveillants de prison font "un travail exceptionnel" et que ce n’est pas un problème de personnel. "C’est un problème d’immobilier, c’est un problème de place", ajoute-t-il. "La question d’une nouvelle loi pénitentiaire est clairement posée. Je veux pour la France des prisons modernes, c’est-à-dire des prisons qui répondront à la double question (...) La punition, bien sûr, mais la réinsertion." "Il faut bien penser que celui qui a payé sa dette doit reprendre sa place dans la société", a souligné le candidat de l’UMP, qui a dit avoir voulu aller sur le terrain "pour comprendre la réalité des choses" et être sûr que ses propositions en la matière correspondent à cette réalité. "La prison doit changer, la prison va changer", a conclu Nicolas Sarkozy, qui devait initialement effectuer lundi un déplacement dans la région de Marseille.

Source : Ban Public

« Des cellules individuelles pour les détenus »

Dans l'hebdomadaire Lyon Capitale du mardi 3 avril, Nicolas Sarkozy, s'engage, s'il est élu, à mettre un terme au partage des cellules entre détenus dans les prisons.

En réponse à une question d'un animateur de la campagne "Trop c'est trop! Pour un numerus clausus en prison", le candidat UMP à la présidentielle se dit favorable "à l'élaboration d'une loi pénitentiaire exigeante" et à la "création d'un contrôle général indépendant".

Ces initiatives "feront qu'il ne sera plus possible, en France, d'obliger un détenu à partager sa cellule", ajoute l'ancien ministre de l'Intérieur. "Je m'y engage, le plus vite possible", a-t-il déclaré.

Pour l'"hôpital-prison"

Afin de lutter contre la surpopulation carcérale, le candidat UMP évoque également "la poursuite de la construction des établissements pénitentiaires dont nous avons besoin, la réduction du nombre de personnes en détention provisoire (...) et le placement dans d'autres structures, mieux adaptées, d'un grand nombre de personnes qui n'ont rien à faire en prison". "Je pense en particulier aux personnes qui souffrent de troubles psychiatriques", poursuit le candidat de l'UMP", ajoute-t-il.

Lors d'une visite d'un centre pénitentiaire en janvier, Nicolas Sarkozy avait appelé à "développer de toute urgence l'hôpital-prison". Il y a "clairement un problème essentiel qui est celui de la présence dans les prisons de malades. Il faut de toute urgence développer ce qu'on peut appeler l'hôpital-prison", avait-il dit.

Jeudi, Nicolas Sarkozy doit se rendre à Lyon dans le cadre d'une réunion publique.

04.04.2007Nouvel Observateur

Les détenus, comme tous les français, s’interrogent certainement sur leur avenir et sur les promesses des candidats. Chacun attend de voir les actions qui seront menées directement sur le terrain. C’est sans doute cela qui inquiète le plus, tant les désillusions n’ont pas manqué dans l’exercice effectif du pouvoir.

Dire qu’il aura fallu un rapport accablant du Commissaire Européen aux Droits de l’Homme pour constater que la France ne donnait –non plus- dans ce domaine, une quelconque illusion. Certains y verront un retour de flamme ou d’image : « nos prisons ressemblent à s’y méprendre à l’état général de la société… ».

Aux citoyens détenus qui disposent de leurs droits civiques : VOTEZ EN MASSE DIMANCHE.

Chaque voix construit la France ….même celle des détenus !

Régis Sada

Pourquoi mes chers compatriotes, le moment est arrivé de faire un choix clair pour la France ?

medium_flag_france.3.jpgNous voilà arrivé au moment tant attendu et tant redouté depuis cinq ans, celui de se choisir un nouveau Président pour la France.

Si le débat a été complètement asphyxié par les « grands » durant toute cette campagne, vous êtes désormais placés devant vos propres responsabilités en étant appelés à désigner votre nouveau Chef de l’Etat sans connaître l’issue de sa future politique.

Les grandes questions ont été dissoutes dans des tentatives honteuses de détournement de l’opinion. Les français n’ont pas été épargnés, puisque c’est un véritable florilège de démagogie et de faux-fuyant qu’il leur a été proposé.

Au moment de faire son choix, les citoyens doivent répondre à une seule et unique question : Quelle France voulez-vous pour demain ? Cette question est saine puisqu’elle n’est ni de droite, ni de gauche.

Il n’est plus temps de s’interroger ou de s’inquiéter. Il est temps de choisir en conscience, celle ou celui le plus digne et le plus capable de représenter la France pendant les cinq prochaines années. Il y a quelques jours j’annoncer ici même que le 22 avril, je voterai en mon âme et conscience, non pas pour un clan, mais avant tout avec mon cœur pour la France et pour la République.

Puisque je crois à la France et à la République de toutes mes forces…mon choix est désormais ferme et définitif. Comprenne qui peu.

medium_buste_de_Marianne.3.jpgMais vous, mes chers compatriotes, quel est votre décision ?

Je n’ai jamais cédé à la pression des sondages, les jugeant trop aléatoires et trop incertains dans le temps. J’ai toujours préféré concentrer mes efforts sur une vision plus proche, plus juste, basée sur un véritable projet qui porte les attentes et les aspirations des citoyens.

La misère et la précarité sont si forts, si diverses et si ancrés dans la société, que l’on a pas jugé utile de le souligner assez fortement et d’y répondre de façon précise. Les enjeux étaient si importants que l’on a cru pouvoir occulter les vraies réponses à apporter.

Ma plus grande surprise et plus grande déception dans cette « campagne », c’est certainement le fait que tous les candidats ont esquivé une chose essentielle dans leur discours. Dire, crier et marteler leur amour de la République, de la France et des français.

Un pays et un Peuple que l’on sous-estime, que l’on méprise et que l’on regarde avec trop de hauteur, amène souvent à un souhait de soulèvement et de changement radical. Espérons que les dernières heures éclairent les lanternes des candidats.

Des candidats qui répondent aux questions posées par l’actualité du jour, ne sont pas un signe rassurant d’engagement et de stabilité pour demain. Un vieil adage dit pourtant qu’il ne faut jamais remettre à demain ce que l’on peut faire le jour même.

Les français semblent tantôt engagés à remplir leur devoir électoral en masse, tantôt résignés à apercevoir un résultat de premier tour désastreux et dangereux. Cette élection ne peut se terminer comme en 2002, avec un second tour offrant un non choix et une gifle à la République.

Notre devoir de citoyen de 2007, c’est de garder en mémoire que d’autres citoyens du monde n’ont pas la chance précieuse de décider de leur sort. De ne pas oublier la France au regard de son Histoire dans ses heures sombres comme claires. De ne pas oublier toutes celles et tous ceux qui se sont battus pour que nous vivions dans un pays de liberté, d’égalité et de fraternité. Et si nous doutons encore parfois de cette vérité, nous nous devons de sauver l’essentiel en protégeant notre démocratie et la République.

Faisons un choix sain et éclairé en gardant à l’esprit que rien ne sert de punir certains pour leur manque d’audace et d’action, et ainsi de favoriser des hommes porteurs d’une idéologie néfaste et nauséabonde pour les valeurs universelles portées dans notre Constitution.

Dimanche prochain, le Peuple aura la lourde responsabilité de trancher avec une France qui s’ouvre et qui saisi sa chance de réconcilier une société en proie au doute et au désespoir, ou de voir ressurgir une France haineuse, une France intolérante, une France où les français s’opposent les uns aux autres.

Le Peuple reste souverain et son choix devra être respecté. A 20H il sera trop tard pour dire « si j’avais su ! »…Vous n’aurez aucune excuse puisque vous saviez…..

L’Histoire est un éternel recommencement. Faisons en sorte de bannir cette éventualité et penser à des sourires plutôt qu’à des larmes. La démocratie en a besoin, la République nous appelle et la France nous tend ses bras.

AUX URNES CITOYENS !!! Pour toutes celles et tous ceux qui ne pourront être présent ce jour là, le vote par procuration vous permet de ne pas laisser aux autres le soin de décider de votre France d’après !

Chaque voix construit la France et renforce la République.

Le 22 avril prochain : VOTEZ quelque soit votre conviction, votre souhait ou votre désir d’avenir.

VOTEZ avant tout avec votre cœur, pour la France et pour la République.

Régis Sada

07:25 Publié dans Décoder la politique ? | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : presidentielle, politique, sarkozy, royal, bayrou, citoyen, france | |  Facebook

10 avril 2007

Pourquoi le 22 avril 2007, je voterai d’abord pour la France avant de voter pour un clan ?

medium_marianne.jpg Après plusieurs mois de harcèlement politico-médiatique, la course à l’élection présidentielle arrive à son terme dans moins de deux semaines.

Mon vote est-il cristallisé ? Oui, mon choix est fait depuis plusieurs semaines maintenant. Après avoir attendu un hypothétique débat entre les différents projets, je suis finalement resté sur ma première impression. Mon choix n’a donc pas varié d’un iota, il restera ferme et définitif jusqu'au dépôt de mon bulletin dans l’urne dimanche en 15.

Parmi les douze candidatures soumises aux français, une seule candidature doit logiquement recueillir mon soutien. Logiquement ? Oui car étant militant socialiste à Puteaux, et étant donné que mes pairs ont désigné Ségolène Royal le 16 novembre dernier je suis censé ne me poser aucune question.

Et pourtant…

Et pourtant, depuis plusieurs mois je n’ai jamais caché ma méfiance voire mon hostilité à cette candidature de Ségolène Royal. Si je respecte le vote militant, je regrette que ce dernier fût plus guidé par la dictature des sondages que par l’intérêt supérieur de la Nation.

Et pourtant, les très fortes réserves que j’avais émises sur le contenu du projet socialiste – et sur lequel j’ai voté NON sans regrets – n’ont pas semblé émouvoir mes « camarades » qui m’avaient assurés alors d’un Projet Présidentiel haut et fort en couleurs… J’ai vainement attendu, jour après jour, semaine après semaine, et ces réserves sont restées intactes noyées dans un océan de mutisme complice, révoltant et presque insultant pour les français.

Et pourtant, si j’ai longtemps espéré que Ségolène Royal m’apporte la preuve de sa capacité à devenir une grande Présidente, je n’ai à aucun moment senti un Désir d’Avenir pour cette dame de fer… L’espoir fait vivre et il reste encore quelques jours à Ségolène pour redresser une barre qui n’a jamais vraiment décollé du tarmac.

Et pourtant, à qui le citoyen que je suis peut-il donner son vote sans trahir ses convictions ?

Et pourtant, si le « mal » Jean-Marie Le Pen n’a jamais cessé de rôder depuis 2002, le péril « jeune » incarné par Nicolas Sarkozy m’effraie à bien des égards ? J’aime trop la France et la République pour abandonner l’idée que l’arrivée (probable ?) ce petit « Monsieur » à l’Elysée ne conduise à un véritable soulèvement de la population, tant son discours nous ramène au bon vieux temps de l’ORTF, de la propagande pour gens peu informés et aux idées aussi courtes que le niveau de certaines émissions de TF1.

Et pourtant, je ne suis pas rassuré. Je ne veux pas vivre dans une France où on laisse penser que certains citoyens valent mieux que d’autres. Une France où l’on se préoccupe plus des soucis des nantis modernes que la majorité qui travaille et qui demande juste à vivre dignement. Une France où les discriminations continueront d’exister car l’on refusera de s’attaquer aux racines du mal. Une France où les élus pourront continuer en toute quiétude de profiter des avantages que leur confèrent les ors de la République. Une France où la défiance, le mépris et la peur de l’autre deviendront des habitudes. Une France où comme dans le 92, certains citoyens surveilleront d’autres citoyens au nom d’une pseudo sécurité.

Et pourtant je ne rêve pas, c’est cette vision de la France que me donne Nicolas Sarkozy. Chassez le naturel, il revient au galop.

Et pourtant, je ne crois pas à cette « rupture » qui voudrait que l’on se préoccupe enfin des maux de la société, des demandes des citoyens, des besoins de la population, alors que ces mêmes citoyens ont été humiliés, insultés et trahis depuis si longtemps.

NON, la politique passionne mais ne fait plus rêver les français, car celles et ceux qui s’en sont servi pour leurs intérêts personnels ont décrédibiliser cette parole politique. NON, je ne veux pas cautionner ces gens là.

Avec un certain amusement, presque par ironie, j’ai vu aussi cette gauche antilibérale se déchirer et se ridiculiser. Pourtant si forte en 2002, pourtant si convaincante en 2005 contre l’Europe, même eux n’ont pas réussi à s’unir sous une seule et même bannière. Même les « petits partis » gèrent leur chapelle au nom des intérêts de cette dernière avant celui du plus grand nombre. C’est une forme très amusante et très convaincante de ce qu’est l’internationalisme. Et dire que les « bobos » se regardaient un peu trop le nombril…Pauvres travailleurs.

Que penser enfin de Jean-Marie Le Pen et de Philippe De Villiers qui expriment ce que l’esprit gaulois peut contenir de plus néfaste. Qui peut croire que ces deux personnages entendent sauver la Nation en refusant aux autres l’étiquette de patriote. Je suis un patriote. Un vrai patriote aimant la France. Et c’est justement parce que je reste un patriote fidèle à la France et à son histoire que je ne peux oublier que les idéologies prônées par ces deux fanfarons sont dangereuses pour la France et pour la démocratie. Dangereuses car les français y ont déjà succombé en d’autres temps.

Mon choix est fait, vous aurez sans doute réussi à le déterminer. Attention toutefois à ne pas coller d’étiquette trop rapide. Les mots et le sens des phrases révèlent parfois des trésors cachés. Une sorte de message subliminal. Mon choix est fait, ferme et définitif.

Le 22 avril 2007, avant de voter pour une écurie ou pour un clan, je choisi un personnage à même de sauver ce qui peut encore l’être. Je voterai avec mon cœur et avec la certitude qu’une société est plus belle quant elle est partagée, écoutée, solidaire et respectueuse. Je voterai pour un choix clair qui rend à tous les citoyens ses droits et ses devoirs.

Mes chers compatriotes, le Peuple souverain est appelé à s’exprimer pour désigner celle ou celui le plus à même de les représenter. Adepte de la Révolution Citoyenne , je souhaite que vous usiez largement de l’arme suprême du bulletin de vote.

C’est sans doute car je crois dans la République et dans la France ….de toutes mes forces.

Régis Sada