01 décembre 2008
Pourquoi je suis à jour de cotisations au PS ?
« Au cours de l’été 2007, dans l’objectif de la campagne municipale, j’ai fait le choix d’une tête de liste et d’orientations stratégiques allant à l’encontre de la position majoritaire défendue par les militants socialistes de Puteaux. J’en tire aujourd’hui pleinement les conséquences sans rien renier de cette décision dictée par ma conscience et mes convictions.»
Ce paragraphe a servi d’introduction au courrier adressé aux militants socialistes de Puteaux à l’occasion de leur réunion du 18 novembre dernier. Malgré ma dissidence lors des dernières élections municipales je n’ai jamais été exclu du Parti Socialiste et suis resté jusqu’à cette date un simple militant « non à jour de cotisations ».
Être membre d’un parti politique oblige plus que cela ne permet. Participer au débat, exprimer ses opinions et défendre ses propres convictions reste souvent plus facile à l’extérieur qu’à l’intérieur d’un parti. A mon sens, adhérer à des idées ne doit pas conduire à se censurer soi-même et à renoncer à sa propre liberté de pensée et d’action.
C’est en résumé le sens du message que j’ai souhaité faire passer au lendemain d’un Congrès socialiste de Reims que les observateurs ont jugé désastreux, ce qui est loin d’être mon cas.
Occasion m’a également été donnée d’affirmer clairement que mes positions socialistes-libérales s’inscrivent parfaitement dans une famille socialiste ouverte et élargie à la diversité d’opinion de ses militants. Le PS ayant longtemps souffert d’une pensée monocorde, les militants ont exprimé à Reims une forte envie de changement et de renouvellement des hommes comme des idées.
C’est en écho à cette reprise en mains de l’appareil socialiste par les militants eux-mêmes que j’ai choisi de participer à l’effort de transformation à l’intérieur du PS, et non en allant grossir les rangs du nouveau parti fondé par Jean-Marie Bockel : Gauche Moderne.
Lors du Congrès de Dijon en 2005, j’avais défendu la motion « Pour un parti social libéral » présentée par Jean-Marie Bockel. La motion N°4 qui n’avait recueillie que 0,65% des voix portait une orientation volontairement réformiste et pragmatique d’un socialisme moderne et ancré au cœur des réalités que la société française traverse actuellement.
La pensée de cette orientation ne s’est pas amoindrie en trois ans, elle s’est au contraire confirmée au moment de la crise financière. A la différence de Jean-Marie Bockel pour qui je conserve une profonde estime, je ne crois pas que la réalisation de cet objectif passe impérativement par la politique menée par Nicolas Sarkozy et le Gouvernement actuel. C’est pour cette raison que ma place n’est nulle part ailleurs qu’au Parti Socialiste.
Resté éloigné des débats de la section et du parti depuis l’été 2007, j’ai renoncé volontairement à participer au vote pour les motions ainsi que ceux liés aux désignations du secrétaire de section, du secrétaire fédéral et du premier secrétaire du PS. Cette abstention très inhabituelle pour moi n’est pas liée à une question de droit puisque en signant mon chèque le soir du scrutin je pouvais légitimement prendre part au vote. Je me suis abstenu par correction par égard pour mes camarades putéoliens qui n’auraient guère apprécié un bourrage d’urne bien mal venu…
Au moment même où Martine Aubry a été officiellement désignée comme nouvelle Première Secrétaire du PS, Albert François -nouveau Secrétaire de la section socialiste de Puteaux- a donc reçu mon chèque de mise à jour de cotisations pour les années 2007 et 2008.
Soucieux de ne pas réveiller de vieilles querelles liées aux élections municipales, j’ai proposé dans un premier temps un transfert vers une section thématique du PS. Maintenant, s’exiler reste une forme de désertion….et ma place doit logiquement être là où mon engagement reste le plus affirmé. A ce jour, mon engagement le plus affirmé reste celui que j’entends mener à Puteaux.
Cet engagement reste axé sur le principe que si l’on souhaite voir une alternance émerger dans les prochaines années à Puteaux, il n’est pas possible de rester cloisonné à ses seules considérations partisanes. Il faut s’ouvrir et donc écouter les voix de celles et de ceux dont la pensée globale diverge, mais avec lesquels nous partageons les réalités de la vie locale.
Neuf mois ont passé depuis le deuxième tour des élections municipales. Les tentatives de reprise en main politique du projet collectif porté par les habitants ont toutes avorté, et n’ont pas réussi à entacher ou à limiter la volonté de certains de poursuivre sur la voie d’un travail purement local au-delà des différences partisanes et des ambitions personnelles de quelques uns.
Dans quelques jours, cette volonté s’exprimera dans les faits et résonnera comme un écho au message adressé à tous les putéoliens en mars 2008. Si Puteaux Ensemble a été sacrifié sur l’autel des intérêts particuliers, son âme première et les idées qui y ont été défendues demeurent. Naturellement, je ferai partie de cette nouvelle aventure.
Je ne doute pas que des langues généreuses (ou vénéneuses) viendront à se délier à mon annonce qui n’a rien de surprenant sur le fond. Mais rester fidèle à la parole donnée et à ses engagements de toujours, c’est jouer un mauvais tour à ceux qui s’en sont écartés à des motifs indéterminés.
Le devoir de transparence c’est ça et rien d’autre !
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17 octobre 2008
Pourquoi Gauche Moderne offre une nouvelle chance aux déçus du PS ?
1er Congrès de Gauche Moderne : 29 et 30 novembre 2008 (Suresnes – 92)
Quelques jours après le 73ème Congrès du Parti Socialiste de Reims, le nouveau parti lancé par Jean-Marie Bockel prendra ses quartiers à Suresnes. L’occasion pour ce nouveau mouvement de se faire connaitre, de développer ses positions et de présenter ses propositions aux français.
Pour n’importe quel petit parti, réussir à exister entre les deux mastodontes que sont le PS et l’UMP s’avère être un pari difficile au moment où les français retournent au bipartisme et renonce à une forme de dispersion des voix qui a montré ses limites en 2002.
Gauche Moderne est la résolution politique des thèmes développés par Jean-Marie Bockel pendant de nombreuses années au sein du Parti Socialiste. Lassé d’être marginalisé –voire méprisé- par ses pairs, ce dernier a choisi de prendre le large en rejoignant le Gouvernement de François Fillon suite à l’appel à l’ouverture de Nicolas Sarkozy.
Lors du dernier Congrès du PS, j’ai fait partie des 664 « malades » qui avaient apporté leur soutien et leur vote à la motion défendue par Jean-Marie Bockel : « Pour un Parti Social Libéral ». Je n’ai jamais regretté ce choix, car les orientations défendues dans ce texte sonnaient comme une réelle remise en cause des dogmes sacrés d’un PS qui sombre aujourd’hui dans le néant par manque de clarté et de discernement dans ses rares prises de position.
Comme beaucoup de membres du fameux « Peuple de Gauche » dont je me revendique ouvertement, je suis un orphelin. Orphelin de cette gauche qui me faisait rêver et que je croyais capable de caler ses actes sur l’évolution du temps et des mœurs. Orphelin de cette gauche qui pouvait prétendre défendre les intérêts des plus modestes sans risquer de se faire traiter de « gauche caviar ». Orphelin de cette gauche qui reste à l’origine des principales réformes sociales et sociétales qui ont permis aux français, au siècle dernier, de s’approcher de notre idéal d’égalité.
Et si aujourd’hui Gauche Moderne offrait une nouvelle chance à ces déçus du PS d’antan ? Jugeons-en ensemble à travers le texte d’un adhérent –Fabien Decker- qui se demande comment définir Gauche Moderne :
Si un tableau devait suffire à expliquer ce qu’est la Gauche Moderne ce serait celui d’Eugène Delacroix : la liberté guidant le peuple.
Tableau révolutionnaire, il nous rappelle nos valeurs de gauche : égalité et solidarité.
Tableau moderne, il nous rappelle que son auteur n’acceptait pas les normes de l’Académie comme nous refusons la vision archaïque d’un Etat interventionniste et la pensée unique.
Etre de gauche mais moderne n’est pas pour autant un refus ou une révolution, c’est la volonté de construire ensemble un monde plus humain en prenant en compte les réalités et en acceptant les différences.
Si être de gauche c’est penser que l’Etat pourra résoudre tous les problèmes individuels en faisant abstraction du marché, de la mondialisation et du capitalisme alors il faut nous pardonner de ne pas être suffisamment aveugle ou sourd pour croire en cette fable populaire.
Si être de droite et libéral, c’est penser que le marché doit résoudre tous les maux du monde parce qu’il se régulera de lui-même alors il faut nous pardonner de ne pas être assez naïfs pour aliénés nos droits à cette entité abstraite qui remplace l’humain par l’argent.
La crise actuelle qui réduit le pouvoir d’achat chaque jour un peu plus, avec son cortège d’augmentations des prix : pétrole, alimentation, etc. montre bien que la liberté seule n’est pas une solution. Le libéralisme tel qu’il se conçoit aujourd’hui renforce les inégalités et nous éloigne de notre volonté de construire un monde plus humain fondé sur nos valeurs de gauche. Le marché ne peut se substituer complètement à l’Etat sans que les plus faibles n’en souffrent.
La Gauche Moderne ne se bâtira cependant pas sur le rejet des idées des uns ou des autres, c’est un parti où se retrouvent les gens de bonne volonté qui veulent ensemble, et malgré leur différences, construire un monde meilleur.
Un monde où les valeurs de gauche retrouveront tout leur sens sans nier la réalité, le modernisme et l’évolution de la société.
Ce monde nous devons le construire sur des bases solides : la République, l’Education et la Liberté seront ses fondations.
Le Pragmatisme, l’esprit d’Ouverture et de Tolérance, le Respect et l’Egalité formeront l’édifice.
L’esprit de Citoyenneté, l’Amour de l’autre, la Concorde et la Fraternité couvriront cet édifice.
Il nous appartient désormais de développer la Gauche Moderne, de la soutenir et cela en dépit des forces opposées qui la traverseront inévitablement.
Il nous appartient désormais de construire, sans nostalgie, sans regrets et dans un esprit d’ouverture et de tolérance ce nouveau parti où chacun a sa place dans le respect de nos valeurs.
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22 septembre 2008
Pourquoi au lendemain des sénatoriales la gauche continue à pleurer sur elle-même ?
C’est hier dimanche 21 septembre 2008 dans le plus grand secret, que ce sont déroulées les élections sénatoriales qui a vu renouveler un tiers des sièges de cette assemblée méconnue des français et si contestée pour son utilité et le mode de désignation de ses représentants.
Pour celles et ceux qui l’ignorent encore, le Sénat ne représente pas le Peuple mais les collectivités locales et territoriales. Héritage d’une France passée, les petites communes rurales y sont surreprésentées au détriment des villes et des grands ensembles urbains.
La droite y est confortablement installée depuis sa création et observe avec une jubilation ostentatoire les gesticulations d’une gauche qui préfère se plaindre du système électoral plutôt que de se concentrer à se faire l’écho des dossiers qui y sont traités.
Qu’elle est mignonne et attendrissante cette gauche revancharde qui se roule dans ses mornes complaintes d’une serveuse automate. Qu’elle me plait cette gauche qui s’auto satisfait lorsqu’elle arrive aux responsabilités et qui se prend les pieds dans le tapis de ses propres contradictions. Qu’elle me gonfle cette gauche qui renonce à corriger certaines incohérences démocratiques et qui se plait à les pointer du doigt.
Un certain Jean-Marie Bockel n’a jamais hésité à lancer un mot, un seul, qui suffit à caractériser cette gauche qui s’est perdue dans un océan de médiocrité : L’AUDACE !
Où est cette gauche qui parle d’égalité entre les citoyens ? Où est cette gauche qui parle de changer de Constitution ? Où est cette gauche qui souhaite enfin diriger avec son temps en oubliant ses vieilles formules du passé ? Où est cette gauche qui donne envie aux jeunes de se lever et d’affronter les inégalités et les atteintes aux libertés ? Où est cette gauche réaliste qui ne perd pas de temps pour satisfaire ses chapelles mais qui agis pour le bien de tous ?
Cette gauche existe. Cette gauche résiste. Mais cette gauche est invisible car elle n’a pas été capable de chasser ses vieux démons. Cette gauche a laissé la droite diriger la France depuis 2002 car elle est incapable de se monter à la hauteur des enjeux et des exigences des français. Cette gauche s’est perdue sous les ors de la République. Cette gauche n’a plus d’idées et a perdue l’envie de se surpasser pour les gens qui l’attende.
Lorsque les français décideront de donner une nouvelle chance à cette gauche, celle-ci n’aura pas le droit à l’erreur. Elle devra enfin se lancer dans ses grands chantiers dont elle nous abreuve chaque jour : le droit de vote des étrangers (je n’y suis pas spécialement favorable), l’égalité des droits pour tous les citoyens (adoption et mariage homosexuel), réforme des institutions (une vraie Constitution moderne), réforme des systèmes de retraite (arrêtez la langue de bois et s’attaquer à la pénibilité du travail et aux acquis devenus injustifiés)…..
A quant le jour du grand retour ? Seuls les français le savent et le peuvent…. Ce jour là, le jour où cette gauche muette sera capable de surpasser ses dogmes poussiéreux, elle sera à même de corriger cette erreur démocratique que constitue le Sénat. Une Haute Assemblée élue par un parterre d’initiés à l’ombre des citoyens et à la marge de la démocratie. Si son importance institutionnelle n’est plus à démontrer, c’est bel et bien sa représentation et le mode de désignation qui posent problème.
Un Sénat moderne doit être élu par les citoyens eux-mêmes. Une Sénat moderne qui représente les territoires doit s’en faire le reflet parfait : les français habitent maintenant dans les villes, c’est un fait. Un Sénat moderne doit disposer de
Femmes et hommes politique de gauche : arrêtez de vous plaindre ! Votre problème n’est que celui de votre propre égo ! Le jour où vous avez réalisé que le monde avait évolué et que la société française s’était muée, c’était le jour où les français n’ont plus voulu de vous (de nous). Le jour où les français ont sanctionné votre incapacité à corriger ce que vous dénoncez aujourd’hui.
Ne soyez plus comédiens du passé. Devenez acteurs des idées de demain !
Oui vraiment, plutôt que la gauche pleure sur son sort actuel, je préfèrerai qu’elle pleure sur le sort des français et pense avec intelligence à ses propres erreurs du passé ! Mais oui, faut-il encore qu’elle soit capable de comprendre que ce n’est pas avec les idées du passé que l’on fait tourner la roue du progrès. En cela, le retour de Martine Aubry –par exemple – n’est pas un signe positif envoyé à son électorat potentiel.
Régis Sada
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13 juin 2008
Pourquoi le Parti Socialiste doit devenir Social Libéral ?
C’est avec plaisir que j’ai lu l’article de Michel Revol ci-dessous, et qui martèle à ceux qui on toujours voulu le nier, que l’avenir du Parti Socialiste était de devenir un grand parti socialiste libéral, utile aux français et ouvert aux réalités du monde actuel.
A quelques mois du Congrès PS de Reims, et au moment où les ténors –toujours eux- se battent pour savoir qui de qui deviendra le nouveau calife, c’est un article qui devrait faire réfléchir plus d’un militant PS qui se demande comment sauver les meubles de la maison PS qui tente de sombrer.
Pour avoir défendu la motion « Pour un parti Social-Libéral » derrière Jean-Marie Bockel, au dernier Congrès socialiste, et même si mes anciens camarades de Puteaux ne me reconnaissent plus ce droit, je reste convaincu que c’est encore aujourd’hui la seule alternative crédible pour un parti qui n’entend plus celles et ceux qu’il entend défendre.
Le meilleur rempart contre Nicolas Sarkozy et une droite devenue presque intelligente, c’est un parti de gauche qui ne se cache plus derrière ses dogmes ancestraux et qui accepte l’idée que le libéralisme est une réalité qui doit être synonyme de modération et de justice sociale.
Aujourd’hui à mon sens, le seul qui incarne un changement d’orientation et qui propose –enfin- une vraie modernité au Parti Socialiste, c’est Manuel Valls.
De l’audace et du bon sens pour un PS qui construira une France en phase avec son temps. L’hégémonie de l’UMP n’est pas une fatalité, à condition de renoncer au principe des réponses catégorielles qui vont à l’encontre de l’intérêt général.
Un PS moderne est un PS qui tient un langage de vérité et d’action !
Régis Sada
Site de Gauche Moderne
Site du Parti Socialiste
Site de Marc D'Héré
Le Point – Michel Revol – 29/05/2008
Parti Socialiste - La bataille du libéralisme
Et le gagnant du week-end est... Jean-Marie Bockel. De Mulhouse, le secrétaire d'Etat de Nicolas Sarkozy, autrefois chevalier du socialisme libéral au sein du PS, a assisté avec un regard médusé au ping-pong verbal auquel ont joué Ségolène Royal et Bertrand Delanoë. Devant ses troupes réunies à la Mutualité, le maire de Paris a réaffirmé, en le nuançant, son credo lancé dans son livre (1), l'appuyant de grands gestes aériens : « Je suis socialiste et pas seulement libéral. » Quatre minutes après la fin de cette réunion, une dépêche de l'AFP lançait la contre-offensive : Royal jugeait qu' « être libéral et socialiste, c'est totalement incompatible ». Quelques semaines plus tôt, dans Le Point, elle affirmait pourtant que le libéralisme politique est « depuis l'origine indissociable du socialisme démocratique ». Un débat qui afflige Bockel. « Pendant dix ans, j'ai défendu l'idée que la gauche doit concilier la dimension libérale, y compris sur le plan économique, et la dimension sociale. Aujourd'hui, je souris de voir cette thématique reprise avec force. Mais combien de procès en sorcellerie ai-je entendus sur l'incompatibilité de ces deux notions ? »
L'histoire du libéralisme semble donner raison à Jean-Marie Bockel. Il faut pourtant distinguer deux concepts. Au sein du libéralisme, ce courant de pensée né aux XVIIe et XVIIIe siècles sous l'impulsion, en France, des Lumières, coexistent deux doctrines : le libéralisme politique et le libéralisme économique. Les deux sont indissociables. « Leur tronc commun, c'est l'idée selon laquelle l'initiative individuelle est le moteur de tout. Il ne faut la brimer inutilement, et on ne peut retrancher une liberté individuelle que si elle profite à la communauté », explique Raymond Boudon, membre de l'Académie des sciences morales et politiques et spécialiste de Tocqueville. L'essor des deux libéralismes est d'ailleurs concomitant. « Au XVIIIe, l'un des principaux arguments en faveur du libéralisme économique est politique, ajoute Pierre Manent, professeur à l'Ecole des hautes études en sciences sociales. L'idée, c'est que les princes doivent abandonner l'arbitraire s'ils veulent profiter de la prospérité économique qui découlera du libéralisme. » Les bienfaits du mariage entre libéralisme politique et libéralisme économique n'avaient pas échappé à Montesquieu : « Il a fallu que les princes se gouvernassent avec plus de sagesse [...] car [...] il n'y a plus que la bonté du gouvernement qui donne de la prospérité » (« De l'esprit des lois », livre XX).
En France, le libéralisme politique fait consensus, à droite comme à gauche. Le contraire serait étonnant : cette doctrine philosophique n'a-t-elle pas conduit à l'abolition de l'esclavage, à la « Déclaration des droits de l'homme et du citoyen », à la suppression de la peine de mort ? « L'idée d'égalité est très présente chez Tocqueville, souligne Raymond Boudon. Il tenait à siéger à gauche lorsqu'il était député de la Manche, et s'est battu pour des valeurs qui ne seraient pas reniées par la gauche, comme le suffrage universel. »
Le libéralisme économique, en revanche, est l'objet de tous les fantasmes. « Je regrette que les deux leaders socialistes prennent l'histoire des idées politiques par-dessus la jambe », s'emporte Raymond Boudon. Si le terme est aujourd'hui accolé aux délocalisations, au chômage et, donc, à la « liberté du renard dans le poulailler », métaphore employée par Delanoë et Royal, l'histoire nous enseigne que, dès son origine, la pensée libérale n'est pas celle du laisser-faire. « Aucun théoricien n'a jamais dit que le libéralisme imposait un marché dépourvu de normes, prévient Raymond Boudon. Au contraire, la notion même de marché implique celle de morale. » Et, dans ce jeu, l'Etat a sa place. L'Ecossais Adam Smith (1723-1790), l'un des premiers penseurs du libéralisme, avait théorisé les interventions étatiques dans trois cas : pour assurer la sécurité, la justice et lorsque l'initiative privée ne peut pourvoir aux besoins collectifs.
Ambiguïté
Insuffisant au yeux du socialisme ! Apparu au milieu du XIXe siècle, ce mouvement veut corriger certains effets du libéralisme économique. « Le socialisme apparaît comme un prolongement, un développement ou une négation du libéralisme, explique Pierre Manent. C'est toute son ambiguïté : il peut vouloir distribuer plus largement les bienfaits du libéralisme, le rendre plus égalitaire ou encore le considérer comme vicié, donc vouloir le renverser. » Sauf dans ce dernier cas, le socialisme est donc prêt à composer avec le libéralisme. « Les socialistes sont pour la propriété privée, le libre-échange et le marché, qui sont les trois piliers du libéralisme économique. Ils sont donc des libéraux, même s'ils ajoutent une marge d'intervention de l'Etat », juge Jean-Claude Casanova, directeur de la revue Commentaire . Un avis que partage, avec plus de provoc encore, Philippe Raynaud, professeur de sciences politiques à Paris-II : « A partir du moment où les socialistes acceptent l'économie de marché, ils deviennent une famille du libéralisme. »
Mais, en entretenant la confusion entre libéralisme politique et libéralisme économique, la famille socialiste se déchire. A la lumière de l'histoire, les experts du sujet le regrettent. « Le seul conseil que je donnerais à Delanoë et Royal, c'est de retourner à l'école », raille un éminent penseur du libéralisme qui refuse de prendre part à « cette histoire de corneculs ». Vincent Peillon justifie pourtant la réaction de Ségolène Royal, dont il est un proche conseiller, en avançant un besoin de « précision ». « Dans son livre, Bertrand Delanoë fait référence à John Locke, ce qui est maladroit, explique-t-il. Locke défendait en effet l'homme renfermé sur lui-même. Or le libéralisme devient oppressif s'il n'est pas accompagné d'une revendication d'égalité. »
Hormis la référence à Locke, Bertrand Delanoë se situe en fait sur la même ligne que Ségolène Royal. « Ils partagent la même conception du libéralisme politique. Ensuite, on peut s'interroger sur le niveau de régulation du marché par l'Etat. Mais ce n'est pas un duel à mort entre les deux ! » reconnaît Jean-Pierre Mignard, proche de Royal. D'ailleurs, lorsqu'elle évoque le libéralisme politique dans Le Point, lorsqu'elle y salue l'action de Jaurès, de Blum ou de Mitterrand en faveur des libertés individuelles et publiques, Ségolène Royal ne dit pas autre chose que Delanoë dans son livre...
Pour comprendre la polémique du week-end, nul besoin de se plonger dans les livres d'économie. Quelques manuels de politique suffisent. En relançant le débat sur le libéralisme, Bertrand Delanoë veut faire d'une pierre trois coups : déborder Ségolène Royal sur sa droite, apparaître comme le plus réformateur des deux et séduire les électeurs centristes. En réfutant l'alliance des mots libéralisme et socialisme, Ségolène Royal lorgne, de son côté, la gauche du PS. « Elle ne veut pas que ce flanc du parti se dégarnisse à la faveur d'une montée en puissance de l'extrême gauche menée par Besancenot », confie l'un de ses conseillers. Les deux leaders iront-ils, à l'approche du congrès de Reims, jusqu'à signer un texte intitulé « Pour un socialisme libéral » ? C'était le titre de la motion déposée en 2005 par Jean-Marie Bockel. Elle avait réuni 0,64 % des voix...
1. « De l'audace ! », Robert Laffont.
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14 novembre 2007
Pourquoi j’hésite à m’engager dans Gauche Moderne ?
Fin novembre 2007, Jean-Marie Bockel –Secrétaire d’Etat à la Coopération- lancera officiellement son nouveau parti Gauche Moderne. A l’heure de l’ouverture voulue par le Président de la République Nicolas Sarkozy, le pôle social-libéral de gauche disposera d’une structure s’inscrivant clairement dans la majorité présidentielle.
Lors du Congrès 2005 du Parti Socialiste, j’ai défendu la seule motion à mes yeux capable de sortir de ce parti de la dangereuse tendance à s’opposer sans être en mesure de proposer une nouvelle orientation politique. Cette motion 4, présentée par Jean-Marie Bockel portait le nom de : « Pour un parti social libéral ». Vous vous doutez bien qu’au sein d’un PS voué à se réformer ou à disparaître, une telle dénomination avait fait bondir plus d’un « vrai » militant gardien de la doctrine et de la bonne conscience de gauche.
Aujourd’hui lancé dans la campagne des municipales à Puteaux sous une bannière indépendante, et donc en marge du PS que j’ai quitté de facto et sans le moindre regret, je me retrouve orphelin politique, privé d’une structure où je me sente à l’aise dans mes idées et dans mes possibilités de convergence. Car à la différence de certains militants –quelle que soit leur obédience- si je reste ouvert à discuter de tous les sujets sans tabous et à envisager des « fronts communs » sur des sujets précis, je refuse de renoncer à certains principes en m’alliant à des personnes (ou à ce qu’il représente) dont je ne partage en rien les pratiques ou la philosophie.
Du point de vue de mes idées politiques, cette année 2007 aura été aussi révélatrice que destructive ! Les scrutins présidentiels et législatifs m’ont fait prendre conscience brutalement, que la gauche n’était plus vraiment de gauche et la droite toujours très à droite mais avec quelques nuances parfois… Pour résumer ma pensée, je répète à qui veut bien l’entendre : « Si je sais pourquoi je n’ai pas voté pour Nicolas Sarkozy, je ne sais toujours pas pourquoi j’ai voté pour Ségolène Royal au deuxième tour de la présidentielle ! ». Heureusement, François Bayrou était candidat au premier…
Si le constat est fait, le choix reste quant à lui encore incertain :
- J’ai renoncé à croire à un PS réformé et rénové, aidé par les prestations de ses dirigeants aux abois et le comportement effrayant de quelques iconoclastes putéoliens. A mon sens, il est condamné à se diriger ENFIN vers la sociale-démocratie ou à disparaître dans les prochaines années.
- Les Verts ont toujours tenu un discours légitime à mes yeux mais le fonctionnement interne du mouvement ne me sied guère. C’est regrettable car c’est certainement le parti qui reste le plus fidèle à ses écrits.
- Le MODEM me parait encore fragile, et même si François Bayrou tient le cap de son discours de la Présidentielle , ses élus ne semblent pas vouloir lui donner toutes les clés pour achever ses desseins.
Reste donc Jean-Marie Bockel et son nouveau mouvement : Gauche Moderne…
Sur l’homme, je ne reviendrai pas sur mon jugement premier. Je reconnais le courage de Jean-Marie Bockel dans sa tentative de faire vivre une pensée « sociale libérale » au sein du PS. Je comprends aussi les raisons qui l’ont poussé à renoncer au bout de toutes ces années, dans un appareil sclérosé et vérolé de l’intérieur et devant le discours de ses dirigeants qui ne sont plus l’ombre que d’eux-mêmes. Le PS n’est pas en rénovation, il est en décomposition !
Sur les idées, il n’y a pas d’opposition. Sur la base de celles énoncées dans la motion 4 de 2005, je partage l’intégralité des positions qui y étaient défendues. Des positions courageuses, audacieuses et qui relevaient le défi de la modernité. Ces idées méprisées alors par les socialistes seront pourtant celles qui ont fait gagner Nicolas Sarkozy en mai dernier ! Tout est question de méthode…. Les socialistes ont été lâches et ils l’ont payé au prix fort.
Alors Gauche Moderne, me direz-vous ?
L’ouverture ? J’y suis largement favorable ! Car je reste convaincu que nous n’avons jamais raison seul et que c’est dans la confrontation des idées que l’on progresse sur tout et pour tout le monde. Accepter le principe du compromis ne veut pas dire accepter la compromission. Je reste un grand admirateur des coalitions qui existent en Allemagne ou en Scandinavie. C’est aussi la possibilité unique de ramener des citoyens fâchés avec les appareils vers le débat politique. Oui à l’ouverture dans le respect de la diversité des idées.
Soutenir le Gouvernement ? Sur de grandes réformes touchant l’ensemble des français, et du moment que ces lois ou réformes ne vont pas à l’encontre de mes propres convictions, je n’y suis pas opposé. Sur les régimes spéciaux de retraite : OUI. Sur l’instauration de tests ADN : NON. Etre membre d’un parti ne veut pas dire renier son sentiment personnel. Le rôle d’un élu n’est pas de satisfaire ses amis politiques, mais de respecter le mandat que ses électeurs lui ont confié. Les citoyens respectent la liberté de pensée et défient le manque de courage et les béni-oui oui. Chacun doit assumer ses responsabilités en faisant les meilleurs choix pour la France et pour les français.
Nicolas Sarkozy ? C’est sans doute sur ce point que je reste très septique et où je demande à Jean-Marie Bockel de tenir un discours de vérité et d’action. En effet, le Président de la République à vanté les vertus de l’ouverture et il a globalement réussi là où les autres avaient échoué. Chirac a dissous la droite en 1997, Sarkozy a dissous la gauche en 2007 ! Si Nicolas Sarkozy entend changer les pratiques politiques, je le soutiendrai à condition qu’il commence à changer les siennes. Il devra expliquer pourquoi il apporte son soutien à Joëlle Ceccaldi-Raynaud à Puteaux ou refuse de présenter un candidat face à Christian Vanneste dans le Nord…
A Puteaux, si les militants de base de l’UMP ou du MODEM regardent avec une bienveillance particulière le travail mené par l’équipe de Christophe Grébert, je me vois mal faire ami-ami avec une Joëlle Ceccaldi-Raynaud –soutenue par Nicolas Sarkozy- qui entend conserver un dû qui ne lui appartient pas et qui reste condamnée pour avoir laissé insinuer des propos diffamatoires contre l’un de ses administrés !
Non vraiment, cher Jean-Marie Bockel, il y a des limites que je ne franchirais pas ! OUI à l’ouverture, OUI à la modernité, OUI à la discussion mais NON au renoncement et aux petits arrangements entres-amis. Je ne vendrai pas mon âme au diable pour glaner quelques voix ou un poste quelconque. J’ai vécu cette plaie au sein de la section socialiste de Puteaux, ce n’est pas pour renouveler l’expérience ailleurs… Le jeu n’en vaut pas la chandelle et je souhaite pouvoir continuer à regarder ma famille droit dans les yeux.
Je souhaite rester fidèle à mes convictions, à mes valeurs et à mon sens de la probité. Aussi, si je me sens proche des fondements de Gauche Moderne, j’ai besoin de clarté et de transparence dans les orientations prises par ce nouveau mouvement. La vie politique française doit être assainie de ses plus mauvais éléments. C’est aux partis politiques de présenter et de soutenir des candidats propres. La démocratie française à été mise en péril par les pratiques et les propos immoraux de quelques élus honteux.
A cela, Gauche Moderne et son futur Président Jean-Marie Bockel, doivent apporter un éclairage précis.
Régis Sada
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26 juin 2007
Pourquoi les socialistes-libéraux peuvent survivre au départ de Jean-Marie Bockel ?
L’entrée de Jean-Marie Bockel au Gouvernement en qualité de Secrétaire d’Etat à la Coopération et à la Francophonie a suscité une désorganisation des militants PS engagés derrière lui depuis la présentation de la motion »Pour un parti Social-Libéral » à l’occasion du Congrès de Dijon en 2005.
Si la majorité d’entres-eux ont globalement ont acté une décision strictement personnelle, quelques remous logiques sont venus secouer cette nomination attendue mais non voulue.
Le jour même de la formation du nouveau Gouvernement, François Hollande –premier Secrétaire du PS- n’a pas cru nécessaire de prononcer l’exclusion du Sénateur Maire de Mulhouse, estimant qu’il s’était exclu de lui-même en acceptant son nouveau poste.
Le samedi 30 juin, les militants et sympathisants de Réformisme & Rénovation (Socialistes Libéraux) avaient rendez-vous au Sénat pour transformer leur réseau de pensée en véritable courant socialiste-libéral au sein du Parti Socialiste. La décision de Jean-Marie Bockel a contrarié ce calendrier, poussant les militants socialistes à réfléchir sur leur avenir.
La première option vise à se refonder en un groupe apolitique, ouvert à tous les courants de pensée et soumettant des textes mis à la disposition de tous les « appareils politiques ». Le terme employé est « Think Thank ».
La seconde option vise à se rapprocher du MODEM -voire de l’UMP- pour développer un réseau de centre-gauche collaboratif.
La troisième et dernière option vise à rester proche du Parti Socialiste en conservant l’esprit initial de Réformisme & Rénovation. Ce dernier point est le seul qui retienne mon attention.
Suis-je convaincu que la rénovation du PS peut s’engager dans les cinq prochaines années ? A vrai dire : pas vraiment. Le Conseil National de samedi dernier, les déclarations de divers responsables nationaux et la réélection de Jean-Marc Ayrault à la tête du Groupe Socialiste à l’assemblée Nationale, sonnent comme une véritable douche froide pour tous les militants qui attendent et souhaitent que le PS engage une véritable mutation idéologique.
L’option du « Think Thank » ne me plait guère. Il existe aujourd’hui une quantité de cercles et de groupes de réflexion (politiques ou non) sur des sujets aussi divers que variés. En créer un nouveau viendrai à alimenter un magma déjà conséquent et qui ne dispose d’aucun relais d’influence réelle. Par bonté, il arrive qu’un Ministère ou une personnalité de premier plan consulte ce type de communautés pour obtenir un regard tiers sur un sujet précis. Cela revient à jouer le rôle de passeur de plats : cent qui bossent et un qui en profite.
L’option de rapprochement vers le MODEM, le Nouveau Centre et l’UMP demeure pour moi improbable et d’une malhonnêteté intellectuelle évidente. Au moment même où l’ouverture est devenue un trou béant, cela constituerai un ralliement d’intellectuels de gauche à la politique souhaitée par Nicolas Sarkozy. Si l’on peut reprocher au PS de n’avoir pas su mettre à son profit ses cinq dernières années d’opposition au Parlement et d’avoir toujours préféré l’obstruction systématique à un travail utile de compromis, le but n’est pas de cautionner en totalité une politique qui risque de refroidir nombre de nos compatriotes les plus modestes. Compromis : OUI. Collaboration : NON.
Si j’éprouve de grandes craintes face à un appareil socialiste aussi décrépi dans les idées que certains de ses tenanciers, je crois dans la force de conviction des militants pour transformer un parti qui a encore des choses à dire.
OUI il faut changer les têtes de gondole du Parti Socialiste car elles représentent une génération de femmes et d’hommes qui n’ont pas su faire évoluer leur pensée, leur discours et leur méthode.
OUI il faut transformer le Parti Socialiste en véritable UMP de gauche, dans le sens d’un grand mouvement populaire en prise directe avec les préoccupations des citoyens.
OUI il faut dépoussiérer les logiciels et les dogmes socialistes et les adapter au monde d’aujourd’hui.
OUI le PS n’est pas mort s’il sort de sa logique de motions en la transformant en logique d’écuries présidentielles.
Ce pari d’un PS aussi utile qu’intelligent est tenable, et les militants socialistes qui assument leur vision d’un libéralisme modéré et maitrisé, y ont toute leur place.
Cette place ne sera pas facile à tenir. Car se revendiquer socialiste-libéral implique de subir l’ire, l’hilarité, l’indifférence ou le mépris des caciques du PS. Mais quel crédit donner à des femmes et des hommes qui ont conduit des millions de français dans une impasse idéologique et aux plus grandes défaites électorales de ces dernières années ? Quel crédit donner, à des gens qui n’entendent donner la priorité qu’à des intérêts particuliers ou personnels plutôt que de consacrer leur temps à être à l’écoute des besoins et des attentes des français ?
Les socialistes-libéraux pourront survivre au départ de Jean-Marie Bockel et de certains de ses proches collaborateurs, s’ils conservent leur sens de l’engagement, leur force de conviction et leur besoin d’être utiles aux autres plus qu’à eux-mêmes !
Loyauté ne veut pas dire suzeraineté. Accepter et faire accepter sa différence sans jamais renier ses propres convictions. Etre utile, c’est d’abord penser que l’on n’est jamais seul dans l’adversité, et jamais seul à détenir la vérité. Au PS de Puteaux comme au national, le mépris et l’intolérance ne m’ont jamais effrayé. Ma conviction et ma détermination sont garants de ma liberté de pensée et d’action.
Régis Sada
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19 juin 2007
Pourquoi Jean-Marie Bockel est entré au Gouvernement ?
Cohérence et courage politique pour les uns, trahison pour les autres, la nomination de Jean-Marie Bockel au poste de Secrétaire d’Etat à la Coopération et à la Francophonie , semble déchainer les plumes revanchardes à droite comme à gauche.
Du côté de l’UMP de Mulhouse (où Jean-Marie Bockel est Sénateur Maire), c’est l’amertume et le ressentiment qui règnent. Cette nomination n’est pas du gout de sa challenger UMP qui l’avait battu en 2002 aux élections législatives. Elle prend cette nomination comme un affront et une trahison de la part de Nicolas Sarkozy.
Du côté du PS, le choix personnel de Jean-Marie Bockel attire les foudres de quelques caciques socialistes (notamment du MJS pro-Fabius) et le commentaire acerbe de François Hollande : « Jean-Marie Bockel s’est mis en dehors du PS et a toujours représenté la droite du PS, la droite tout court désormais ! ». Un rien revanchard…
Chez mes amis socialistes-libéraux, cette annonce n’est pas vraiment bien accueillie, surtout à quelques jours de la création de l’association Réformisme & Rénovation, soutenue depuis ses débuts par Jean-Marie Bockel, et qui rallie tous les militants socialistes qui n’entendent pas relayer le message uniforme envoyé par Solferino depuis 2002.
Je ne doute pas qu’au sein de ma propre section PS de Puteaux, certains ne résisteront pas à l’envie de me lancer quelques railleries sur la trahison du « félon » et sur le fondement des valeurs que j’essaye de défendre auprès d’eux. Je suis rassuré dans le fait que ces railleries trouveront leur source auprès de certains de mes camarades qui placent l’intérêt supérieur de l’appareil socialiste, bien avant celui d’écouter les français et de relayer leurs attentes auprès de ce même appareil ou d’exprimer la force de leur conviction personnelle.
Pour ma part, je suis satisfait que les qualités et les compétences de Jean-Marie Bockel trouvent enfin un écho et qu’elles puissent s’exercer auprès des français. Il dit lui-même qu’il a tenté désespérément de faire entendre sa partition au sein du PS surtout dans les dix dernières années, et qu’il exprime ainsi sans doute un sentiment de lassitude devant le manque de discernement de ses futurs ex-camarades.
Je n’ai qu’un seul regret, que tous les gens de talent comme Bockel et Kouchner n’aient pas réussi à trouver leur place dans un appareil socialiste empêtré dans ses propres contradictions. La gauche a besoin de ces personnes et Nicolas Sarkozy à bien compris son intérêt de leur offrir un tel pont d’or. C’est une chance gâchée pour le PS et pour la gauche.
Si ces « ralliements » mal vécus au PS peuvent l’aider à dresser un bilan et inscrire ce parti sur la voie de la rénovation, cela ne peut être que salutaire.
En s’attardant sur cette nomination, certains démontrent une nouvelle fois qu’ils n’ont pas grand-chose d’autre à dire. Les français attendent que la nouvelle majorité et la nouvelle opposition travaillent. Au PS désormais de prouver qu’il est capable d’offrir des propositions concrètes aux français, plutôt que de s’enfermer dans une obstruction systématique et destructrice.
Régis Sada
17:50 Publié dans Décoder la politique ? | Lien permanent | Envoyer cette note
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