03 septembre 2009

La crise financière rend le capitalisme éthique et responsable

 

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Certains pourront être surpris de cette accroche, c'est pourtant bien l'impression majeure que j'ai ressenti en assistant à la séance plénière du jeudi 3 au matin qui titre « le capitalisme sera éthique ou ne sera pas ».

Ni les efforts de Marc Ladreit de Lacharrière, président de l'agence de notation Fimalac, pour essayer de convaincre les patrons présents que les alarmes de dérive n'ont pas été respectées lorsque la crise a pointé son nez, ou ceux de Michel Pébereau, président du Conseil d'Administration de BNP Paribas, siffloté par la salle lors de sa fiévreuse campagne de pub pour louer l'engagement des banques vis-à-vis des entreprises, ne réussiront à me faire passer le sentiment qu'un vent de socialisme aux accents Jaurésiens impose désormais un capitalisme maîtrisé emprunt d'un devoir de responsabilité sociale et de modération de la part de tous les acteurs politiques et financiers.

On notera la prestation d'exception de Jean-Pierre Jouyet (ancien Ministre aux Affaires Européennes), président de l'AMF, qui entend lever les zones d'ombres portées par des transactions financières non contrôlées (plus de la moitié de celle du CAC 40 et 60% des transactions mondiales) et qui appelle à ne pas utiliser les excès de certains traders, présentés comme les boucs émissaires d'une crise dont ils ne sont qu'un symptôme.

Un zoom mérité sur celle de Pierre Bellon, président de Sodexo, qui rejette la faute aux erreurs conjuguées et additionnées des politiques inconsidérées menées par de nombreux états décisionnaires et des prises de risque de financiers qui ont oublié que l'accumulation de richesses n'est bonne que si elle profite à un maximum de bénéficiaires. Sa surprise de voir une progression de la pauvreté et des inégalités sociales en France et dans le monde a fait sensation dans une salle pleinement acquise à son propos.

Pierre Bellon donne quatre pistes pour solutionner cette crise : le devoir d'exemplarité, celui de transparence, la lutte contre la spéculation effrénée et l'arrêt de la maximisation du profit. Jean Jaurès passe du Panthéon au Paradis ! Laurent Fabius présent en qualité d'intervenant demeure inaperçu.... Le Medef refait l'Université d'Eté du PS à Jouy-en-Josas !

Le nouvel Ambassadeur des Etats-Unis venu assister aux débats en a eu pour ses frais. Son pays est régulièrement pointé du doigt comme l'un des responsables majeur de nombreuses dérives. L'administration Bush est assassinée quand celle d'Obama est portée au firmament. Pourtant certains de ses concitoyens sont cités en exemple comme Bill Gates ou Warren Buffet, qui utilise aujourd'hui leur fortune pour corriger certaines erreurs issues du système qui leur a profité. Les riches mécènes de la pauvreté mondiale.... Qui dit mieux ?

La Ministre de l'Economie Christine Lagarde en partance pour un nouveau G20 à Pittsburgh (USA) recadre les débats et conclu par une volonté franco-allemande soucieuse d'imposer de nouvelles règles aux marchés tout en vantant les vertus de l'audace qui dessine une relance par l'investissement et l'innovation.

Régis Sada

 

13:00 Publié dans Université d'Eté Medef 2009 | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : uemedef2009, medef, capitalisme, politique | |  Facebook