29 août 2008

Pourquoi Dieu s’est invité à l’Université d’été du MEDEF ?

religions du monde.jpgLe MEDEF a invité les cultes à la table des débats. « Dieu pour point d’appui et la prière pour appui » tel était le titre de la conférence dédiée à la place du culte dans la vie des entreprises. Les trois grandes religions monothéistes étaient conviées à converser sur les évolutions de la pratique religieuse et de sa comptabilité dans le monde du travail.

Les grands débats qui secouent régulièrement la société française comme le port du foulard islamique ou le respect de la loi sur la Laïcité, ont rapidement fait surface et on été régulièrement abordés lors de cette conférence.

On s’étonnera presque d’apprendre que près de 26% des salariés français (37% en Ile de France), sont aujourd’hui demandeurs d’aménagements quand à la pratique de leur croyance dans leur société. Sur ce point Michel Coquillon, Vice-président de la CFTC, insiste sur la liberté qui doit être laissée aux entreprises (et à ses salariés) par la négociation, de faciliter la pratique des cultes ou de la place qui peut lui être consacrée en son sein.

La rigidité des français sur les questions religieuses ne pouvait pas non plus être absente de ce débat. Le travail du dimanche, par exemple, reste un point qui ne fera pas consensus avant longtemps. Pierre Deschamps, Président d’Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens évoquera le fameux et très irritant « héritage chrétien de la France » pour justifier de la lenteur des évolutions possibles.

Lors du jeu des questions / réponses avec la salle, j’ai souhaité interpellé les intervenants sur la question de la Laïcité, une loi de 1905, incontestablement utile mais édicté en des temps où seule la religion catholique faisait loi dans notre pays. Je pose le constat qu’en 2008 notre pays compte plus de 8 millions de musulmans et pas moins d’un demi million de juifs, et m’interroge sur la nécessité d’un nécessaire dépoussiérage d’une loi restée calquée sur le modèle d’une France catholique.

Michel Coquillon me répond simplement que la loi sur la Laïcité n’est aujourd’hui pas remise en question sur sa forme, mais que des évolutions sont envisageables voire souhaitable.

C’est sans doute un commentaire de l’écrivain Fabrice Hadjaj qui définie la relation entre la religion et le monde du travail. Cette même relation qui lie la spiritualité de l’homme à son nécessaire besoin de subsistance : « L’homme doit travailler pour s’ouvrir et s’épanouir en société. Il doit créer et produire des richesses qu’il doit ensuite apprendre à partager. Mais ce travail, cette tâche nécessaire à sa subsistance physique, ne doit en aucun cas l’éloigner du don de ce qui ne s’achète pas comme de beaux paysages, l’amour ou la tendresse des siens. L’homme malgré ses obligations matérielles doit garder du temps pour sa famille et ne pas en être dépourvu ».

Il termine par une citation de Gandhi : « L’homme peut se passer plusieurs jours sans manger mais il ne peut pas passer une journée sans prier ».

Régis Sada