29 février 2012
Pourquoi les règles du parisien intégré ?

Etre parisien ne s’improvise pas. Etre reconnu comme tel impose de respecter certaines règles, non écrites, mais édictées par le petit Cénacle des « pièces rapportées de province ». Ces règles, souvent amusantes ou stupides (au choix), répondent à certains critères précis.
Parisien en rodage, sur les conseils précieux de mes amis, je tiens ici à en relever quelques unes qui ne manquent pas de sel. A défaut d’être un mémo utile, il permettra d’alimenter de futures conversations. En période de crise et d’incertitude, il convient d’égayer quelque peu les esprits…
Première règle stupide : une distinction existe entre « parisien » et « francilien ». On ne se mélange pas ! Le parisien prendra toujours soin de vérifier la validité de son passeport, de la mise à jour de ses vaccins et de louer une voiture lorsque, ce dernier se décide –de manière tout à fait exceptionnelle- à sortir des limites fixées par le périphérique. Allez en banlieue, c’est comme aller à la campagne !
Deuxième règle amusante : prenant acte de cette distinction, le parisien sait qu’il est de bon ton de préférer la carte Navigo Intégrale de la RATP plutôt que la carte Navigo simple qui oblige à passer au guichet tous les débuts du mois. En conséquence de quoi, vous pouvez en déduire que les queues interminables devant les guichets regorgent de franciliens ! CQFD…
Troisième règle amusante : le parisien du centre fait ses courses non alimentaires au BHV. Pour les novices, c’est bien connu, on trouve tout au BHV ! Le parisien de la rive gauche ira lui au Bon Marché. Question de priorité. Les deux entités, qui se mélangent rarement, se croiseront occasionnellement au Printemps ou aux Galeries Lafayette.

Quatrième règle amusante : le parisien aime le beau et le cher. Pour ses courses alimentaires il n’entend pas être surpris dans un supermarché quelconque. Monoprix et autre Daily Monop se taillaient jusqu’ici la part du lion. La crise touchant tous les ménages, le parisien ne trouve désormais son bonheur que dans les Carrefour Market !
Cinquième règle stupide : le parisien boit du café. Moderne, il n’a pas su résister au charme de George Clooney. Sa cafetière est donc logiquement une Nespresso et il se presse dans les boutiques de la marque pour acheter les capsules plus chères qu’ailleurs. Le parisien boit aussi du thé. Il sait qu’il devra se fournir en premier lieu chez Mariage Frères ou au Palais des Thés en dernier ressort !
Sixième règle amusante : le parisien vote toujours dans le sens contraire de l’Ile-de-France ou de la banlieue. Quant la France vote à droite…Paris vote à gauche ! Quant la France adoube François Hollande, Paris console les larmes de Martine Aubry ! Attendons mai prochain…
Septième règle stupide : le parisien dispose d’une kyrielle d’enseignes lui permettant d’entretenir son corps et de muscler sa carcasse couleur Doliprane. Toutefois, il n’est pas concevable de choisir une autre option que celle proposée par le Club Med Gym. C’est bien connu : « y’a des salles partout dans Paris ».
Huitième règle amusante : le parisien est multilingue. Sa vie se joue en Version Originale only. A ce titre, il n’est pas concevable ou acceptable de poser son séant dans une salle de cinéma qui diffuse un film en VF. Le parisien aime entendre la vraie voix des acteurs. Il adore l’anglais et le pratique à loisir. Si Intouchables avait été doublé en anglais et sous-titré en français, les salles obscures parisiennes lui aurait permis de battre Bienvenue chez les Ch’tis !
Vous l’aurez compris, cette liste n’est pas exhaustive. Ma formation parisienne est encore balbutiante. Par contre, et je resterai ferme sur ce point, il est hors de question de céder aux sirènes du Club Med Gym ! Amis lecteurs, soyez patients, je vous explique pourquoi très bientôt… Et dire que j’ai manqué cela pendant dix ans…
A la manière d’Alexandre Dumas : « Dieu a inventé le parisien pour que les étrangers ne puissent rien comprendre aux Français. »
10:00 Publié dans Aimer ma vie ?, Garçonnière & Homosexualité ?, Habiter Paris ? | Lien permanent | Envoyer cette note
| Tags : france, société, paris, iledefrance, francilien, gay, homosexualité, parisien, tetedechien, tetedeveau, clubmedgym, nespresso, rire, doliprane, intouchables, cinéma, vo, vf, mariagefreres, bhv, rivegauche, bon marché, printemps, galeries lafayette, monoprix, carrefour market, ratp, navigo |
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17 février 2012
Pourquoi la RIP Society ?

Mickaël Jackson, Steve Jobs, Amy Winehouse, Whitney Houston ou François-Xavier dit “FX”. Une longue liste de stars adulées (ou détestées) récemment décédées. Jusqu’ici, aucune surprise me direz-vous… sauf si vous avez joué les Robinson Crusoé sur une ile déserte pendant quelques mois !
Ces disparitions n’auront pas pu échapper aux geeks invétérés et autres tweeters du moment, puisque chaque annonce a vu fleurir des RIP au détour d’un message déposé sur un blog ou d’un tweet lancé à la volée.
Si vous avez la correction d’écarter les fautes d’orthographe, les erreurs de syntaxe ou les noms de personnes qui sont confondues et encore bien vivantes, vous serez sans doute saisis par la vive émotion qui envahi tous ces esprits…
Il est cruel de retirer aux rédacteurs de ces messages la sincérité de leur propos. J’aime beaucoup les messages du type « Je n’ai jamais entendu une de ses chansons mais c’est horrible, je suis super triste, respect quant même et RIP ». Je sens poindre quelques risettes ici ou là…
Si les stars du petit ou du grand écran nous laissent parfois sur notre faim, rien ne remplacera désormais le spectacle que nous offre la communauté internet. Cette déferlante de vives réactions, de grandes émotions et d’immense tristesse partagée marquera -pour longtemps- le reflet d’une société qui a définitivement renoncé à communiquer directement.
Le malheur n’est bon que lorsqu’il est partagé par tous. #RIP Society !
A la manière de Saint Jean Damascène : « Envie. Tristesse du bien d’autrui ».
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16 novembre 2011
Pourquoi les intouchables m’ont touché ?

Comme des millions de français j’ai succombé à l’appel du film qui, dit-on, sera sans doute LE film de l’année. Ce dimanche je suis allé voir « Intouchables » d’Eric Toledano et d’Olivier Nakache, et j’ai succombé à ce film et à l’interprétation du duo Omar Sy et François Cluzet.
De cette histoire pas tout à fait comme les autres, on ne retiendra pas les décors, les costumes ou les dialogues. Ce film n’est pas un chef d’œuvre du 7ème art, c’est simplement le récit de deux destins improbables qui finissent par se rencontrer pour nous livrer une réponse rassurante sur certains clichés de notre société.
Entre Philippe et Driss, c’est bien plus une histoire de complicité entre deux personnes qu’un simple rapport entre un patron et son employé. Tous deux issus de milieux radicalement opposés, ils ne répondent pas aux mêmes codes.
Basée sur des faits réels, cette histoire parfaitement romancée redonne confiance dans l’Homme. Lorsque ce dernier est capable de bousculer ses propres habitudes, ses propres règles et ses propres contraintes. Lorsqu’il est capable de ne pas s’arrêter aux classes sociales, aux origines, mais lorsqu’il donne une chance à la différence. Lorsqu’il donne une chance à celui qui ne lui ressemble pas !
« Intouchables » ne rentrera pas au Panthéon du cinéma. « Intouchables » est en revanche rentré dans les cœurs car il relate une simple histoire, une belle histoire de vie ! Beaucoup on sacrifié l’égalité des chances sur l’autel d’une hérésie utopique. Pourtant le miracle relaté dans « Intouchables » est la plus belle expression de ce qu’elle pourrait offrir !
A la manière de Jean-Louis Bory : « L'humour est une façon de remettre en question les choses qu'on considère comme intouchables. »
10:00 Publié dans Bien s'engager ?, Elever la République ?, Importer le monde ? | Lien permanent | Envoyer cette note
| Tags : france, société, handicap, banlieue, intouchables, françois cluzet, omar sy, cinéma |
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25 mars 2011
Pourquoi la réinsertion culturelle passe par la prison ?
Une fois n’est pas coutume, il n’est pas question ici d’évoquer la délicate situation dans laquelle sont plongées nos prisons, mais pour souligner deux initiatives culturelles qui viennent changer le quotidien de nos détenus.

La première s’est déroulé ce jeudi 24 mars, où l’édition 2011 du Festival alto-séquanais Chorus avait installé sa scène dans la cour de la Maison d’Arrêt de Nanterre pour un concert privé du groupe Twin-Twin.
Finalistes de l’édition 2010 du même festival, ces musiciens adeptes « du son rock-électro-hip-hop, du stand up, des hymnes déjantés mais redoutablement efficaces comme «Génération Go fast», ou «No fun», ont certainement réveillé les mornes habitudes des détenus nanterriens.
Sur scène, paraît-il, « c’est l’ébullition : ils smashent, émeuvent électrisent, et nous en mettent plein la vue avec leur style fantastique ! » Quel programme !

La seconde initiative se déroule quant à elle à la prison de Fleury-Mérogis, habituée à tenir le haut de l’affiche pour la dureté des conditions de détention, où se tient jusqu’au 31 mars prochain la seconde édition du Festival « Fleury fait son cinéma ».
Les quatre prix à remettre seront décernés par un jury 100% carcéral composé de sept détenus (deux femmes et cinq hommes), deux conseillers pénitentiaires, un surveillant pénitentiaire et une représentante du pôle culturel du service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP).
Chacune des huit projections donne lieu à une rencontre avec des réalisateurs et acteurs, parmi lesquels Richard Berry, Jean-Pierre Bacri, Marina Foïs ou encore Nathalie Baye, et les détenus pourront également rencontrer des professionnels du cinéma : ingénieur lumière, agent de sécurité, chef constructeur décors, cascadeur, chef peintre…
La Présidente du festival est Ludivine Sagnier. Interrogée sur ce festival, l’actrice a mis en évidence la vocation bénéfique pour la réinsertion des détenus et, s’amuse de participer à un évènement où celles et ceux qui jugent se trouvent, cette fois-ci, dans un rôle inversé.
Une occasion pour rappeler que le GENEPI organise à l’automne son festival Prisons Portes-Ouvertes.
La prison représente la sanction pour des fautes commises. Elle écarte pour un temps donné, les individus pour lesquels la Justice estime devoir préserver la société. Mais une prison qui ne rempli pas sa mission éducative et ne développe aucune possibilité de réinsertion des détenus qu’elle accueille, est une prison inutile. Cinéma et musique apparaissent ici presque comme des baumes apaisants.
A la manière d’Antonio Porchia : « Pour me libérer de ce que je vis, je vis ».
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17 novembre 2010
Pourquoi un festival prisons portes-ouvertes ?

Du 18 au 20 novembre 2010, le GENEPI Paris organise la deuxième édition de son Festival de cinéma « Prison Portes-Ouvertes » au Cinéma l’Action Christine (Paris 6).

Programme complet du festival
Jeudi 18 novembre
18H : L’évadé d’Alcatraz, de Don Siegel, 1979.
Débat avec Christian Demonchy, architecte de la prison de Mauzac.
« La conception sécuritaire des établissements pénitentiaires : une fatalité ? »
21H : Les anges du péché, de Robert Bresson, 1943
Débat avec Antoine Lazarus, fondateur du Groupe Multi-professionnel Prison.
« Du pardon à la réinsertion : punir dans un monde laïque »
Vendredi 19 novembre
18H : Hunger, de Steve McQueen, 2008.
Débat avec Jacques Lesage de la Haye, psychologue, ancien détenu, fondateur de l’éphémère association syndicale des prisonniers de France
« Mouvements de protestations en prison et instrumentalisation du corps. »
21H : 10ème Chambre, de Raymond Depardon, 2003.
Débat avec Me Marie Dosé, avocate.
« La correctionnelle au quotidien : vers une fast-justice ? »
Samedi 20 novembre
17H30 : Un Prophète, de Jacques Audiard, 2009.
Débat avec Laurent Jacqua (sous réserve), ancien détenu, animateur du blog « vue sur la prison ».
« Quelle vision de la prison au cinéma ? »
21H30 : Or, les murs, de Julien Sallé, 2010
Retour sur expérience avec Thierry Machuel (sous réserve), compositeur, et Anne-Marie Sallé, initiatrice du projet.
GENEPI, c’est quoi ?
Le GENEPI est une association de loi 1901 à but non lucratif, sans affiliation politique ni religieuse.
Son objet est de "collaborer à l'effort public en faveur de la réinsertion sociale des personnes incarcérées par le développement de contacts entre les étudiants de l'enseignement supérieur et le monde pénitentiaire" (art. 3 des Statuts).
Le début des années 1970 fut marqué par de violentes émeutes au sein des établissements pénitentiaires. Les pouvoirs publics décidèrent alors d'ouvrir les portes des prisons à des intervenants extérieurs.
A l'initiative de Lionel Stoléru, conseiller technique à la présidence de la République, le Groupement Etudiant National d'Enseignement aux Personnes Incarcérées voit le jour le 26 mai 1976. L'idée est d'instaurer un lien entre les étudiants et les personnes détenues. Pour ces derniers, les besoins en formations sont de plus très importants.
Depuis ce jour, ce sont chaque année plusieurs centaines d'étudiants (1 300 aujourd'hui) de toute la France et de tous types de filières qui s'engagent pour la réinsertion sociale des personnes incarcérées.
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23 février 2009
Pourquoi Slumdog Millionaire a remporté 8 trophées aux Oscars ?
Il a failli ne pas être distribué en salles… Et Hollywood vient de le porter en triomphe. Film à petit budget, sans vedettes, Slumdog Millionnaire a régné sans partage sur les 81e Oscars dans la nuit de dimanche à lundi en obtenant huit récompenses sur neuf possibles.
Outre l'Oscar du film, la plus convoitée des 24 statuettes dorées en jeu, l'oeuvre qui raconte le destin d'un orphelin de Bombay gagnant contre toute attente à un jeu télévisé a valu à Danny Boyle l'Oscar du réalisateur. Le Britannique a remercié «tous ceux d'entre vous qui nous ont aidé et ceux qui ne l'ont pas fait».
RESUME DU FILM
« Jamal Malik, 18 ans, orphelin vivant dans les taudis de Mumbai, est sur le point de remporter la somme colossale de 20 millions de roupies lors de la version indienne de l’émission « Qui veut gagner des millions? ». Il n’est plus qu’à une question de la victoire lorsque la police l’arrête sur un soupçon de tricherie. Sommé de justifier ses bonnes réponses, Jamal explique d’où lui viennent ses connaissances et raconte sa vie dans la rue, ses histoires de famille et même celle de cette fille dont il est tombé amoureux et qu’il a perdue. Mais comment ce jeune homme est-il parvenu en finale d’une émission de télévision? La réponse ne fait pas partie du jeu, mais elle est passionnante. »
La fiche du film disponible sur AlloCiné
Film actuellement à l’affiche au cinéma Le Central à Puteaux
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18 février 2009
Atelier des Idées : Ouverture du cinéma « Le Central » à Puteaux
Ouverture du cinéma « Le Central » à Puteaux : état des lieux des cinémas de proximité en France
Les salles de cinéma de proximité, indépendantes des grands circuits, souvent classées Art et Essai, comme « Le Central » que nous sommes amenés à fréquenter à Puteaux, subissent actuellement une crise profonde.
HISTORIQUE
La chaîne de la production à l'exploitation d'un film telle qu'elle a été forgée en France après-guerre a permis de tisser un réseau de salles de proximité unique au monde, qui participe incontestablement à la diversité de la culture française et mondiale. Elle bénéficie de l'aide du Centre National de la Cinématographie (CNC) et de son outil efficace, le Fonds de soutien, enveloppe alimentée par une taxe prélevée sur chaque ticket.
Avec une production annuelle de 200 films, un parc de cinémas de plus de 2.000 établissements répartis sur tout le territoire, souvent soutenus par des associations de bénévoles et des municipalités, et une fréquentation annuelle supérieure à 170 millions d'entrées, le cinéma français est perçu, à juste titre, comme un modèle par nos voisins européens.
Ce modèle repose sur quatre principes essentiels :
- l'exception culturelle qui légitime l'intervention des pouvoirs publics de la production à la diffusiond'un film ;
- la solidarité entre tous les acteurs du secteur, à travers le système du Fonds de soutien;
- la défense du cinéma comme outil culturel d'aménagement du territoire et de cohésion sociale;
- enfin l'éducation au cinéma, la recherche de nouveaux talents, qui légitime l'action culturelle de terrain.
En résumé, cette politique volontariste, menée avec efficacité depuis plusieurs décennies, est basée sur l'intérêt général du public et des œuvres.
QUELQUES REPERES CHIFFRES
En 2006, parmi les cinémas de France :
- 35% sont gérés par une association qui totalisent 6,1% des recettes.
- 18% sont des cinémas municipaux qui totalisent 1,9% des recettes.
Ce véritable maillage culturel est énorme par sa densité (53% des sites, 1.000 cinémas sur tout le territoire) mais est extrêmement minoritaire par son importance économique (8% du marché).
Cette faiblesse de part de marché s'explique par le fait que ces salles sont généralement situées dans des zones rurales ou des villes de moyenne importance où la densité de population est nettement plus faible que celle desservie par les mutiplex.
L'action de ces salles dites de « proximité » sont pourtant reconnues comme essentielles pour :
- l'action culturelle:grâce à la diversité des films proposés et les animations mises en place, notamment les festivals et autres moments de rencontres et d'échanges avec les créateurs;
- l'aménagement du territoire:par la présence de ces salles sur des quartiers sensibles ou des zones rurales, ouvertes tous les jours et tous les soirs au public;
- l'éducation,grâce au travail effectué auprès des jeunes via les dispositifs scolaires qui facilite financièrement l'accès aux cinémas de proximité pour les lycéens notamment, et grâce aux débats organisés régulièrement sur des sujets de société.
LES DIFFICULTES DES CINEMAS INDEPENDANTS
Depuis plusieurs années, de nombreux cinémas de proximité ont fermé leurs portes sur l'ensemble du territoire faisant face à une baisse de fréquentation liée à la concurrence que leur livre les multiplex. Les exploitants de salles soulèvent les dysfonctionnements de la profession :
- la remise en cause de l'intervention publique
Les grands réseaux mènent une campagne juridique et médiatique à l'encontre de nouveaux projets de salles d'initiatives municipales (Le Méliès à Montreuil) ou privés (Comoedia à Lyon). Le prétexte de ces attaques est la concurrence déloyale que constitueraient les subventions que reçoivent ces établissements pour s'installer, s'agrandir...
Ils estiment qu'au nom de la libre concurrence, la règle de l'exception culturelle est remise en question pour l'exploitation cinématographique de proximité, ce serai un millier de lieux cinématographiques, ouverts tous les jours, dans 1.000 communes de France, qui seraient menacés.
- la remise en cause du travail de programmation et la question du numérique
Le parc des salles a été élargi massivement : 146 multiplexes construits en 12 ans (soit 7% des lieux) réalisent 55% des recettes. Les opérateurs ont investi dans des lieux tout spécialement dédiés aux jeunes (avec confiseries, jeux vidéo..). Or la part de ce public est en baisse depuis 25 ans (50% de baisse). Face à un vieillissement caractérisé du public (qui préfère sa salle de proximité plus proche de ses attentes en termes d'accueil, de taille et de convivialité) et face à une fréquentation en deçà de leurs attentes, les multiplexes cherchent à conquérir de nouveaux publics qu'ils cherchent dans les salles indépendantes.
Les grands opérateurs souhaiteraient visiblement réduire l'accès aux copies des films porteurs, ce qui affaiblirait le Fonds de soutien qui sert toute la chaîne cinématographique. La mise en place de la diffusion numérique quasi imminente pénaliserait un peu plus les petites exploitations.
- le désengagement annoncé de l'Etat.
A tout cela s'ajoute le désengagement progressif mais réel de l'Etat, et le non positionnement d'autres collectivités territoriales. De très nombreuses structures professionnelles se sont mobilisées pour demander aux pouvoirs publics le maintien des crédits des DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) destinés à l'action culturelle cinématographique (dont les crédits étaient en baisse en 2008). L'action culturelle, qui se fait actuellement dans une économie basée que les contrats aidés, le bénévolat, les subventions des communes...) a besoin de la reconnaissance des pouvoirs publics pour continuer.
Les professionnels du secteur évoquent une exploitation à deux vitesses avec des sorties nationales pour un public qui a les moyens de fréquenter les grands complexes avec leur confiserie et des sorties largement différées pour un public rural, de villes moyennes et de banlieue.
LA BATAILLE DES ELUS LOCAUX POUR LA SAUVEGARDE DE LEURS CINEMAS
L'organisme chargé d'assurer le développement régional du cinéma se nomme l'ADRC et s'adresse à tous les exploitants et aux collectivités locales désireuses de pérenniser les salles de proximité sur l'ensemble du territoire.
Cet organisme est devenu aujourd'hui la vitrine des élus locaux qui veulent sauver la diversité de l'offre cinématographique sur le territoire. Les sénateurs interpellent régulièrement le Gouvernement sur les différentes mesures touchant « leurs » cinémas, à l'image de la situation des cinémas de proximité en 2000, de l'extension de l'exonération de la taxe professionnelle pour les salles d'art et d'essai en 2006 ou du projet de réduction des aides à la diffusion pour ces mêmes cinémas en 2008.
Les associations ou les actions de défense des cinémas locaux sont légion partout en France, comme en Aquitaine, en Languedoc-Roussillon ou dans le nord de la France. Défendre les cinémas de proximité est devenu un véritable enjeu électoral tant il est au cœur du lien social que les élus locaux tentent de conserver.
CONTRASTE DE PUTEAUX : LES DEUX VISIONS DU CINEMA FRANÇAIS
Son multiplexe UGC Ciné Cité La Défense
Le 26 avril 2006, c'est au bas d'un grand tapis rouge (qui s'étalait sur les marches menant au Dôme de La Défense), que l'acteur américain Tom Cruise est arrivé en hélicoptère pour parrainer l'ouverture du multiplexe UGC de La Défense.
Avec ses 16 salles et ses 3.700 places, le multiplexe bénéficie d'une excellente fréquentation depuis la réhabilitation du Centre Commercial des Quatre Temps. Les séances du soir attirent une clientèle parisienne ou frontalière plutôt jeune et désireuse de fuir les cinémas parisiens souvent beaucoup plus engorgés.
Côté tarifs, et en dehors de la carte UGC, comptez 10,10 € en plein tarif, entre 5,90 € et 6,90 € en tarif réduit et 5,90 € pour la première séance du matin.
Site internet de l'UGC Ciné Cité La Défense
Son cinéma de proximité Le Central (Palais de la Médiathèque - centre ville de Puteaux)
Le 18 février 2009 à 13H30, Puteaux retrouvera son cinéma qu'elle avait perdu au début des années 70. C'est la même famille qui est appelé à gérer ces nouvelles salles installées au bas du Palais de la Médiathèque.
La programmation sera variée et éclectique selon les souhaits (et la surveillance) qu'entend appliquer la Ville de Puteaux. Des films s'adressant à toute la famille avec pour objectif prochain une programmation dite d'art et d'essai. La proximité du centre ville et son accessibilité devrait remporter un succès attendu auprès de toute la population.
Côté tarifs : 7,50 € pour un plein tarif, entre 5,50 € et 6 € pour les tarifs réduits et 4,50 € pour la première séance du matin
Site internet du cinéma Le Central de Puteaux
14:57 Publié dans L'Atelier des Idées ? | Lien permanent | Envoyer cette note
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30 juillet 2007
Pourquoi Michel Serrault va nous manquer ?
Au cinéma comme au théâtre, il existe des stars dont nombreuses se révèlent aussi éphémères que leurs tristes prestations.
Il y a en revanche des femmes et des hommes, qui marquent la mémoire collective par leur sens de la discrétion et la maîtrise du talent le plus difficile : savoir faire rire les gens.
Michel Serrault disposait de cette capacité unique de savoir rire des choses tristes et de rendre mélancolique les situations les plus burlesques.
Son rôle de légende de « Zaza Napoli » dans la Cage aux Folles a fait rire aux éclats des millions de français et rendu la première visibilité d’une homosexualité ouverte et décomplexée. Il était un rayon de soleil dans un ciel bien sombre. Un homme tellement unique que l’on souhaiterait qu’il soit éternel.
Michel Serrault était un homme simple, un homme bien qui faisait du bien et il n’était pas éternel puisqu’il s’est éteint hier en Honfleur à l’âge de 79 ans.
Avec lui, c’est un monument du cinéma comique « à la française » qui s’en va…et il n’en reste malheureusement plus beaucoup.
Régis Sada
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