24 juin 2009
Pourquoi Nicolas Sarkozy s’est contenté d’une simple émotion pour les prisons ?

Lors de son discours devant les Parlementaires réunis en Congrès à Versailles, le Président de la République a évoqué très succinctement les conditions de détention dans notre pays. Au détour d'un passage fourre-tout sur le bilan des libertés dans notre pays, Nicolas Sarkozy a conclu par le bref passage suivant :
« Le débat sur la liberté ? C'est aussi le débat sur la sécurité, sur les prisons. Qu'elle est la liberté de celui qui a peur de sortir de chez lui ? Qu'elle est la liberté pour les victimes si leurs agresseurs ne sont pas punis ? Comment peut-on parler de justice quand il y a 82000 peines non exécutées parce qu'il n'y a pas de places dans les prisons ?
Comment accepter à l'inverse que la situation dans nos prisons soit aussi contraire à nos valeurs de respect de la personne humaine. La détention est une épreuve dure. Elle ne doit pas être dégradante. Comment espérer réinsérer dans la société ceux qu'on aura privés pendant des années de toute dignité ?
L'état de nos prisons, nous le savons tous, est une honte pour notre République quel que soit par ailleurs le dévouement du personnel pénitentiaire Il nous faut construire des places de prisons et d'hôpitaux pour les détenus souffrant de troubles psychiatriques. C'est une nécessité pour la liberté de tous. C'est une nécessité morale. »
La première partie liée au débat sur la liberté apparait comme surprenant. Un douteux mélange des genres qui lie le droit des victimes, aux lenteurs de la Justice française et un manque de place dans nos établissements pénitentiaires. C'est sans doute une façon bienveillante pour Nicolas Sarkozy d'exonérer sa Garde des Sceaux en partance, Rachida Dati, en omettant de pointer du doigt son passage chaotique au Ministère de la Justice comme l'a souligné régulièrement l'un de ses célèbres prédécesseurs Robert Badinter.
Qu'elle est la liberté de celui qui a peur de sortir de chez lui ? Sans doute de bénéficier d'effectifs de police en suffisance dans sa ville ou son quartier, de manière à ne pas avoir l'impression d'être un oublié du droit à la sécurité !
Qu'elle est la liberté pour les victimes si leurs agresseurs ne sont pas punis ? Sans doute un bien cruel aveu d'échec pour celui qui a été Ministre de l'Intérieur puis Président en exercice depuis 2 ans, et qui ne cesse de promettre et de jurer qu'aucun crime, qu'aucun délit ne restera impuni !
Comment peut-on parler de justice quand il y a 82000 peines non exécutées parce qu'il n'y a pas de places dans les prisons ? Sans doute une surprise lorsque la réforme de la carte judiciaire initiée et tant décriée par les acteurs de la Justice eux-mêmes est en cours d'application, et que le principe de mise en place des peines alternatives (bracelets électroniques par exemple) souffrent de lenteur faute de crédits alloués suffisants !
La deuxième partie a visé directement l'état réel des prisons en France. La patrie des Droits de l'Homme si prompt à donner des leçons de morale au monde entier se trouve bien dépourvue maintenant qu'elle culmine en tête des pays où les prisons sont les plus insalubres !
La « honte de la République » s'affiche désormais au grand jour.
« Il nous faut construire des places de prisons et d'hôpitaux pour les détenus souffrant de troubles psychiatriques. C'est une nécessité pour la liberté de tous. C'est une nécessité morale. » Oui, bien sûr, mais la seule construction de places de prisons et d'hôpitaux n'est pas la seule réponse à apporter à la situation. La nécessité morale voulue par le Chef de l'Etat, commence par assurer les détenus de conditions de détention descentes et passe par un recrutement -massif- d'un personnel pénitentiaire qualifié et adapté aux individus privés de liberté. Commençons déjà par une classification juste et équitable des détenus.
Le seul point essentiel de cet encart présidentiel demeure cette question posée : « Comment espérer réinsérer dans la société ceux qu'on aura privés pendant des années de toute dignité ? »
En dehors des considérations matérielles, la véritable question de fond du problème de la détention c'est celle-ci !
Oui, la détention doit demeurer une punition pour celui ou celle qui n'a pas respecté la règle.
Oui, la détention ne doit pas être une période de loisirs.
Mais la période passée derrière les barreaux ne doit pas être inerte de tout projet et de toute possibilité de réintégration dans la société. La moyenne de récidive en France était de 41% en 2008. Elle impose donc une réponse urgente de l'Etat. L'accès à l'éducation, à la culture et au travail seront dans tous les cas des alliés indispensables pour pallier aux insuffisances actuelles.
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23 juin 2009
Pourquoi la Burka relance le débat de la laïcité ?
Lors de l'intervention de Nicolas Sarkozy devant les Parlementaires réunis en Congrès à Versailles, l'un des sujets les plus attendu était la prise de position du Chef de l'Etat sur le port de la Burka (ou Niquab) par certaines femmes musulmanes.
Extrait de cette intervention sur le sujet :
"Où en sommes-nous avec la laïcité ?
Je ne réemploierai pas le terme de laïcité positive pour ne pas alimenter une polémique inutile. Mais je reste ferme sur l'idée que la laïcité ce n'est pas le refus de toutes les religions, ce n'est pas le rejet du sentiment religieux. C'est un principe de neutralité et un principe de respect. La laïcité c'est le respect pour toutes les opinions et pour toutes les croyances. Quand Jules Ferry a écrit aux instituteurs, il leur a dit :
« Au moment de proposer aux élèves un précepte, une maxime quelconque, demandez-vous s'il se trouve à votre connaissance un seul honnête homme qui puisse être froissé de ce que vous allez dire. Demandez-vous si un père de famille, je dis un seul, présent à votre classe et vous écoutant, pourrait de bonne foi refuser son assentiment à ce qu'il nous entendrait dire. Si oui, abstenez-vous de le dire. »
Qui peut oublier que la séparation de l'Eglise et de l'Etat s'est faite dans la douleur ? Mais sommes nous obligés de continuer cette guerre qui n'a plus lieu d'être ? Nous ne sommes pas menacés par le cléricalisme. Nous le sommes davantage par une forme d'intolérance qui stigmatise toute appartenance religieuse. Je le dis en pensant en particulier aux Français de confession musulmane. Nous ne devons pas nous tromper de combat. Dans la République la religion musulmane doit être autant respectée que les autres religions.
Le problème de la burka n'est pas un problème religieux. C'est un problème de liberté et de dignité de la femme. Ce n'est pas un signe religieux, c'est un signe d'asservissement, c'est un signe d'abaissement.
Je veux le dire solennellement, la burka n'est pas la bienvenue en France. Nous ne pouvons pas accepter dans notre pays des femmes prisonnières derrière un grillage, coupées de toute vie sociale, privées de toute identité. Ce n'est pas l'idée que nous nous faisons de la dignité de la femme. Le Parlement a souhaité se saisir de cette question. C'est la meilleure façon de procéder. Il faut qu'il y ait un débat et que tous les points de vue s'expriment. Où ailleurs qu'au parlement pourrait-il mieux s'exprimer ? Mais je vous le dis, nous ne devons pas avoir honte de nos valeurs. Nous ne devons pas avoir peur de les défendre."
Nous sommes ici à la frontière de ce que l'Etat doit faire et de ce que l'Etat peut faire. Nous sommes ici à la frontière de ce qu'est la République en France et ce que doit être la République en France. Nous sommes ici à la frontière de que la liberté des uns ne se fasse pas au détriment de celle des autres.
Certains ont marqué leur soutien de Nicolas Sarkozy à travers sa phrase « Je veux le dire solennellement, la burka n'est pas la bienvenue en France ». D'autres, comme moi, se demande si Nicolas Sarkozy peut affirmer une telle chose au nom de la France, au nom du Peuple qu'il incarne par leur mandat qui lui a été donné.
Qui sommes nous pour juger que le port de ce voile intégral qui ne laisse entrevoir que les yeux est inacceptable ? Qui sommes nous pour juger que le port de ce même voile n'est pas un juste reflet de la liberté ou de la volonté de ces femmes de se préserver du regard des hommes ?
La burka dérange et heurte les consciences d'une société bien perturbée. Elle dérange car elle est visible et qu'elle renvoi une image négative de la femme. Une image d'épouse soumise et acquise aux décisions de son mari.
Les musulmans de France reconnaissent eux-mêmes que les femmes portant la Burka ne représentent qu'une poignée de fidèles. Un chiffre de 2.000 est annoncé aujourd'hui. La communauté musulmane s'interroge et est elle-même très partagée sur la question. Certains estiment que cela donne une fausse image de la pratique de l'Islam, d'autres brandissent la volonté de jeter une nouvelle fois l'opprobre sur leur communauté.
L'association Ni Pute Ni Soumise soutien avec force l'idée d'un grand débat national sur la question en rappelant que depuis sa création son combat se concentre sur la dégradation de la condition féminine et la montée de l'obscurantisme dans les quartiers populaires. Elle estime que les femmes portant la Burqa sont des prisonnières à ciel ouvert.
Mais dans cette société bien d'autres choses sont dérangeantes et bien visibles. Sur ces points là, nous sommes nombreux à trouver que l'Etat n'assume pas ses devoirs et qu'elle laisse aux autres le soin de gommer ses propres erreurs.
Le débat devra être mené. Dans une République qui affirme sa volonté de faire appliquer les principes de la liberté et de l'égalité pour tous, aucun débat ne peut-être tabou. Faut-il en passer obligatoirement par une loi pour interdire le port de la Burqa, et ainsi repousser ce problème derrière les murs des maisons et des appartements ? Ou faut-il au contraire souhaiter que la question se règle sous l'égide du Conseil Français du Culte Musulman et ainsi, laisser la communauté musulmane gérer seule ce point délicat ?
Un sujet extrêmement sensible et complexe qui place tous les citoyens face à un devoir de conscience. Pour ma part, je ne peux que souhaiter que de la retenue et de la prudence.
Ce débat là en appelle un autre qui n'a à ce jour jamais été tranché : est-on certain que la société française porte un regard égal sur toutes les pratiques religieuses ? Si le judaïsme bénéficie d'une omerta convenue due égard aux persécutions vécues durant la seconde guerre mondiale, l'Islam elle a toujours posé un problème en France car jamais acceptée dans les faits et si souvent stigmatisée.
Le jour où Nicolas Sarkozy s'est rendu au Vatican pour recevoir le titre de Chanoine d'honneur de Saint-Jean-De-Latran dévolu au Chef de l'Etat français, et qu'il a prononcé un discours bien anti-républicain à mon goût, je ne suis pas certain qu'il ai envoyé un signal positif sur ce que doit être une République laïque affirmée qui laisse la religion là où elle doit demeurer : dans la sphère privée.
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22 juin 2009
Pourquoi le Président de la République doit parler devant le Congrès ?

Un Congrès dans l'œil du cyclone !
C'était une caractéristique de la démocratie française depuis 1875. Le Président de la République était le seul Chef d'Etat à ne pas pouvoir s'exprimer devant les deux chambres que constituent le Sénat et l'assemblée Nationale.
Cette disposition avait été voulue dans une époque ballotée entre le principe naissant d'une laïcité affirmée et un retour de la monarchie possible par défaut de républicanisme mal affirmé. Pour éviter toute tentative de coup d'état ou d'influence sur les représentants du Peuple, le Chef de l'Etat était interdit d'expression directe devant ces derniers. En 2008, Nicolas Sarkozy avait ordonné une révision de la Constitution lui permettant de palier à cette spécificité française en souhaitant à l'époque qu'il puisse s'adresser aux Parlementaires dans leurs hémicycles respectifs, ce qui lui avait été refusé par sa propre majorité.
Ce droit d'expression du Président devant le Congrès est une très bonne chose. C'est un exercice logique qui se révèle être un moment important dans de nombreuses démocraties du monde, à l'image du discours sur l'état de l'Union prononcé chaque année par le Président américain devant son Congrès. Le Président parle devant les représentants du Peuple, et il assume les lignes de la politique qu'il entend conduire pour le pays.
A 15H00, Nicolas Sarkozy pourra s'exprimer librement et sans contraintes devant une majorité béatement acquise à son discours et une opposition clairsemée avec des socialistes présents qui se retireront ensuite et des Parlementaires Verts et Communistes qui boycotteront une cérémonie virant au Sarko' Show.
Si cette nouveauté est une bonne chose, elle apporte une nouvelle fois la preuve que la réforme constitutionnelle voulue par Nicolas Sarkozy en 2008, était une réforme trop faible et qui place la France devant les incohérences d'une Constitution mal adaptée à l'idée d'une hyper présidence opposée à un Parlement qui ne prend pas toute la mesure de son pouvoir législatif. La Vème République initiée par le Général de Gaulle a été pensée pour sortir notre pays des perpétuelles querelles partisanes existantes sous la IIIème et la IVème République, et en donnant à la présidence de la République un rôle de protecteur au-dessus des partis.
Si Georges Pompidou, Valéry Giscard d'Estaing, François Mitterrand et Jacques Chirac se sont adaptés à cette forme de pouvoir, celle-ci a volé en éclat avec un Nicolas Sarkozy qui entend assumer une super-Présidence en laissant les miettes de la mise en œuvre à son Premier Ministre. Nicolas Sarkozy a manqué de courage politique. En 2008, il fallait franchir le pas et décider que le Chef de l'Etat élu par tous les français devient également un chef politique -ce qu'il est de fait avec l'UMP- et donc qu'il est en mesure d'engager sa propre responsabilité devant les élus du Peuple. Le poste de Premier Ministre devenait de facto inutile. Cette nouvelle vision nécessitait une réforme plus large : le passage à la VIème République.
Les Parlementaires Verts et Communistes ont choisi de boycotter ce rendez-vous. Le PS après quelques hésitations a choisi d'y être présent en partant ensuite. Ces députés et ces sénateurs contestent le fait que le discours du Président sera suivi d'un débat sans vote....et sans présence de l'intéressé. La démocratie française a encore de nombreux progrès à faire. Le plus amusant reste le fait que celles et ceux qui devraient la faire avancer -les Parlementaires- sont souvent les plus réfractaires à souhaiter que leurs petits privilèges soient confisqués.
Cette nouvelle étape est un petit sillon marqué mais non creusé. Cette réforme constitutionnelle inutile car boiteuse, en appelle une autre plus large et indispensable à un véritable renouveau démocratique en France. Oui à un Président actif à l'intérieur comme à l'extérieur et à un Parlement qui constitue un véritable contre pouvoir.
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25 novembre 2008
Pourquoi Martine Aubry devient Première Secrétaire du PS ?

102 VOIX c’est donc l’avance définitive que la commission de récolement présidée par Daniel Vaillant a accordé ce 25 novembre à Martine Aubry face à Ségolène Royal. Ce résultat -approuvé par les représentants de Ségolène Royal- sera soumis au Conseil National qui se réuni ce soir à la Mutualité à Paris.
Martine Aubry devient donc la nouvelle Première Secrétaire du Parti Socialiste et donc, la première femme à diriger ce mouvement depuis sa fondation par Jean-Jaurès en 1905 sur les restes de la SFIO.
La victoire de Martine Aubry laissera des traces indélébiles au sein du PS, tant celle-ci a été acquise sur fond de crise du mouvement lui-même après une âpre bataille de procédures engagée par les partisans de Ségolène Royal, et à une majorité si minime qu’elle oblige à bien des égards celle qui désormais est en charge de la destinée du PS.
Cet épisode douloureux pour le PS, bien qu’en passe de s’achever, devrait également révéler dans les prochains mois une véritable crise de confiance entre les militants et leurs dirigeants. Si la validation de l’élection de Martine Aubry ôtera une partie des soupçons quant à des cas de fraude éventuelle, cette dernière ne pourra pas faire l’impasse sur le recadrage de certaines fédérations où des résultats à 80/20 ou 75/25 demeurent quelque peu suspects alors que le résultat national affiche un surprenant 50/50….
Dans tous les cas, il est plus que nécessaire au Parti Socialiste de retrouver le chemin des idées pour proposer une alternance crédible et forte que les français attendent.
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24 novembre 2008
Pourquoi le PS n’est pas au bord de l’implosion ?
Entre le vote éclaté des motions, les débats du Congrès de Reims et le vote des militants qui a porté Martine Aubry et Ségolène Royal à une quasi égalité en termes de suffrages, le Parti Socialiste n’en fini plus de faire la une des journaux écrits et télévisés tant les commentateurs ou autres observateurs guettent et épient une hypothétique implosion.
Les socialistes seraient donc résolus à la rupture et incapables de restés unis au sein d’un même appareil ? Non vraiment, cette idée n’est à mon sens ni objective, ni réaliste….
Si la droite semble se réjouir en façade des difficultés du PS, elle cache en réalité une bien grande appréhension de sa part : OUI, les militants socialistes et leurs dirigeants ont recommencé à se poser des questions ! Cela ne fait donc pas rire cette droite qui assume tous ses paradoxes et ses propres troubles de manière décomplexée depuis que la magie d’un certain 21 avril 2002 avait plongé la gauche française dans un marasme qu’elle n’arrivait plus à chasser.
Oui mais voilà, depuis Nicolas Sarkozy est devenu Président de la République. Oui mais voilà, depuis la droite applique une politique désorganisée et s’attache à faire croire aux français que tous les réformes sont en marche. Oui mais voilà, la crise économique est venu rappeler douloureusement aux français qu’ils n’étaient et ne seraient pas épargnés au même titre que les autres. Oui mais voilà, le Peuple de Gauche s’est réveillé et veux faire entendre sa différence.
Il ne faut pas nier la bataille des Chefs au sein du PS. Elle est le reflet des batailles intestines de courants. La bonne nouvelle c’est que le PS n’est plus prêt à se noyer dans des synthèses boiteuses où chacun y trouve sa place physique mais où les idées se font plus feutrées.
C’est aussi le règne des militants qui s’exerce désormais. Les Chefs sont peut-être Chefs mais les troupes elles, décident. Et ces troupes sont devenues autoritaires puisqu’elles ne suivent plus la ligne qu’on lui fixe en haut lieu. Les militants socialistes ont fait leur révolution et c’est certainement la meilleure chose qui pouvait arriver au PS.
Quelque soit le résultat final et celle qui aura remporté le poste de Premier Secrétaire, sa tâche prioritaire sera de donner à tous la place qui lui revient. Un 50/50 oblige les uns à écouter et à prendre en considération les choix des autres.
Ce sera sans doute une opportunité pour s’interroger sur le fait que dans un résultat aussi serré à 50/50, certaines fédérations PS présentent des résultats à 75/25 ou à 80/20 ! En dehors des fiefs des candidates elle-même, dans des territoires « neutres » ces résultats restent aussi bizarres que suspects.
Non, le PS n’est pas au bord de l’implosion mais à réellement entrepris son travail de rénovation.
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17 novembre 2008
Pourquoi j’ai aimé le Quatre Quarts du PS ?
Décidément, je suis vraiment anticonformiste !
Ce week-end s’est déroulé le 75ème Congrès du Parti Socialiste à Reims. J’ai suivi les débats sur trois jours avec la plus grande attention et je reste assez surpris des commentaires journalistiques qui ont suivi la fameuse « nuit des résolutions » qui n’a abouti à aucune synthèse entre les quatre grandes motions arrivées en tête à la suite du vote des militants.
Les journalistes, l’UMP et le MoDem n’ont pas boudé leur plaisir en observant les mines déconfites des délégués présents à Reims. C’était certainement un grand moment de plaisir qu’ils ont pleinement savouré. Pourtant à l’inverse, le socialiste-libéral que je suis s’est trouvé rassuré (réellement) par les échanges souvent vifs qu’ont donnés les tenants des différentes motions.
Rassuré car ce Congrès a permis à de nombreux français de gauche ou à des militants distants (comme moi) de prendre conscience que le PS n’était pas mort et que ses militants ont pris la mesure des enjeux qui s’imposent aujourd’hui à la France.
Le principal point d’achoppement était resté coincé sur la question des alliances, c’est bel et bien deux voies majoritaires qui se sont affrontées ce week-end. L’une d’elle portée par Martine Aubry d’un ancrage résolument de gauche s’accompagnant d’un vrai parti de militants, l’autre porté par Ségolène Royal orienté sur une ouverture plus large du PS et tenu par un parti dit de masse.
La question de l’alliance directe avec le MoDem n’étant qu’un pare-feu, puisque chacun sait qu’en dehors des enjeux nationaux, les alliances locales se concluent en fonction des réalités du terrain.
Rassuré toujours d’entendre Martine Aubry parler de cette réalité vécue partout en France qui fait que les français, pris par le doute, étranglés par la baisse de leur pouvoir d’achat et acculés à un individualisme devenu règle première, ne sont même plus en mesure de faire entendre leur voix en renonçant à toute envie de combattre certaines dérives, même quant celles-ci touchent de près leur propre condition.
Rassuré enfin d’entendre Ségolène Royal –avec qui j’ai souvent du mal- et Manuel Valls ou Vincent Peillon, en appeler au sursaut de ce Peuple de gauche condamné au silence, de cette France métissée et multiculturelle qui entend être respectée dans sa différence, dans ces jeunes (pas seulement des banlieues) qui par faute de ne pas être bien nés doutent de cette France qui ne leur fait pas confiance.
Il n'y a pas eu de synthèse à Reims et c'est une bonne nouvelle ! Entre un mauvais compromis et un vote direct des militants, il n'y a pas lieu de chercher d'autre manière de trancher définitivement un débat !
Oui, même un socialiste-libéral assumé comme je le suis trouve son compte dans le Quatre-Quarts ! Les débats parfois houleux ou les sifflets faciles lors de ce Congrès attestent que les militants socialistes cultivent leur diversité et refusent le conformisme de la pensée unique.
C’est signe de bonne santé ! C’est également la preuve que les choses ont changé. C’est la confirmation que les instincts et les convictions profondes se réveillent. Oui, la gauche et la droite ce n’est pas la même chose ! Ensemble tout devient possible…..à condition de ne laisser personne sur le bord de la route.
Puisque beaucoup sont tentés de se trouver une nouvelle famille par opportunisme ou de retrouver la sienne, plus naturelle, par confort….je m’en vais retrouver mon propre foyer.
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07 novembre 2008
Pourquoi les militants PS ont préféré le Quatre Quarts à la banana split ?
Au moment même où les militants socialistes accomplissaient leur devoir de camaraderie dans toutes les sections socialistes de France et de….c’est déjà pas mal….j’ai rédigé mon Pourquoi les militants du PS pensent que tout est encore possible ?
Une erreur involontaire s’est glissé dans la présentation de la nouvelle carte des desserts du PS. En effet, les militants socialistes ont rejeté l’idée de remplacer le Flamby (auquel ils étaient habitués depuis 11 ans) par la Banana Split (je resterai discret sur l’identité de cette dernière).
Selon les dernières estimations, le prochain Congrès du PS s’annonce intéressant à plus d’un titre, puisque le nouveau dessert choisi par les militants socialistes c’est ça :

Je souhaite saluer et féliciter l’ensemble de mes ex-camarades du PS car grâce à leur vote plein de sagesse en faveur du Quatre Quarts : ils ont fait fuir les ingrédients périmés qui gâtaient le goût d’un parti sans chef et sans voix.
Le socialiste-libéral assumé et fièrement revendiqué que je suis, accueille avec une grande joie et une profonde émotion le départ annoncé du PS de Jean-Luc Mélenchon et de Marc Dolez. Ces deux mauvais ingrédients font partie de ces gens qui portent la lourde responsabilité des récents échecs et défaites du PS aux scrutins nationaux.
Le vote des militants socialistes est donc une bonne nouvelle pour un Peuple de Gauche qui en a assez d’être stigmatisé comme ringard et passéiste. Vivement le Congrès de Reims….
11:00 Publié dans Décoder la politique ? | Lien permanent | Envoyer cette note
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06 novembre 2008
Pourquoi les militants du PS pensent que tout est encore possible ?

On trouve de tout sur le net ! Même les vieux vestiges des temps anciens….. C’est avec une certaine malice et un large sourire en coin, que j’ai retrouvé cette vieille affiche vantant les mérites de l’Union de la Gauche et du Programme Commun.
J’étais tout petit à l’époque. En ce temps là je n’étais pas socialiste, dans la famille on votait communiste…..Depuis les petits ont grandi et les choix ont quelque peu divergé avec les papas et les mamans (message privé à mes cousins : j’ai les noms de ceux qui ne votent plus communiste).
Toujours est-il que le grand jour est arrivé. Maintenant qu’Obama est élu, on peut s’occuper de notre campagne à nous, celle que le monde nous envie : le vote des militants socialistes sur les motions qui leurs sont soumises dans le cadre du prochain Congrès de Reims.
Je vous invite à consulter les chefs d'oeuvres gastronomiques qui sont portées à la carte des saveurs socialistes de cet automne 2008 sur le blog du Congrès PS !
Personne n’est oublié ! Y’en a pour tous les goûts. Cette année nous sommes gâtés car le PS a changé la carte des desserts. On n’arrête le flamby et c’est banana split pour tout le monde !
C’est la fête des promesses et l’on nous gratifie de la vision de ce que sera le PS jusqu’aux prochaines élections présidentielles de 2012. Là on commence à déchanter en se disant qu’avec les « propositions » vendues par les jeunes pur-sang socialistes que sont Martine Aubry, Laurent Fabius, Bertrand Delanoë ou Ségolène Royal : Nicolas Sarkozy est le futur Président de la République.
Toute cette littérature réchauffera, je n’en doute pas, le cœur du peuple de Gauche qui s’est endormi profondément depuis le 21 avril 2002. Ca rassure, l’année de la prochaine alternance est portée au calendrier de 2022. Cela nous laisse le temps de faire les boutiques et de remplir les frigos pour fêter l’événement……
Plus sérieusement, le vote de ce soir me rappelle non sans émotion, celui de 2005 où j’ai défendu les couleurs de la motion de Jean-Marie Bockel. En ce temps là, malgré les différences de point de vue, j’étais encore confiant dans la capacité de la gauche de se refaire une santé. Depuis, je fais comme tous les gens de gauche : je serre les dents et j’attends que ça passe !
En souvenir de jadis, d'antan, d'hier, de notre histoire commune quoi ! Je garde en mémoire la référence donnée par l'un de mes prof de bac pro : "Régis, quant on est jeune on est tous un peu communiste. Quant on vieilli, on devient con, on vote socialiste !". Paroles d'un Saint homme qui devraient être inscrites au fronton de Solférino.
Putain, c’est encore loin 2022…..
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09 octobre 2008
Pourquoi la gauche ne convainc plus les français ?
A à un peu plus d’un mois du prochain Congrès du PS qui se déroulera à Reims, le magazine Marianne publie un article qui doit une nouvelle fois attirer l’attention des responsables du PS et au-delà, de la gauche toute entière.
Malgré la crise financière, des « réformes » qui tardent à montrer leur efficacité et une façon de faire de la politique qui ne varie guère avec les bonnes vieilles habitudes nationales, la majorité présidentielle et parlementaire ne semble pas sombrer dans le cœur et le vote des français.
Aux socialistes béats qui pensent encore que les scrutins intermédiaires intervenus depuis 2002 avaient exprimé un vote d’adhésion à leurs paroles vieilles lunes, se voient contredits dans leur analyse par celle de Jean-Jacques Urvoas qui affirme que les « calottes » des régionales et des européennes de 2004 ou autres municipales de 2008, sont le résultat d’un vote de mauvaise humeur ou de protestation contre les politiques conduites.
Il est essentiel de préciser que Jean-Jacques Urvoas est député et premier secrétaire du PS du Finistère, et qu’il prend le risque de publier son texte dans une note de la fondation Jean-Jaurès ! Un véritable Evangile à dévorer par les adorateurs du socialisme municipal (ou microscopique), à tous ceux qui pensent qu’être de gauche c’est refuser le manque d’audace en se tournant vers les vieilles formules à papa.
Mes frères de gauche, méditons ensemble ce slogan de la CFDT-Michelin : « ce n’est pas avec les idées du passé que l’on fait tourner la roue du progrès » !
Extraits de l’article de Marianne « Alertes aux cantonales partielles : la gauche piétine ! » :
« La participation est traditionnellement faible pour des scrutins qui ne mobilisent pas l'attention des médias et n'ont que peu de conséquences politiques (ils ne remettent généralement pas en cause la majorité politique dans les départements). Mais, précisément, ces caractéristiques leur permettent d'être de bons baromètres de l'état réel des rapports de forces politiques. Les cantonales et régionales de 2008 ont été marquées par une forte poussée de la gauche, mais celle-ci tenait pour beaucoup au vote de protestation contre le gouvernement.
La droite se maintient très honorablement malgré l'impopularité du pouvoir tandis que la gauche piétine : tel est l'enseignement surprenant de ces cantonales partielles. « Le PS est stable, ne semblant pas bénéficier électoralement du désaveu qui frappe le pouvoir dans les baromètres de popularité », note sobrement Urvoas. A contrario, ajoute-t-il, « la majorité présidentielle fait bonne figure ». Conclusion de notre analyste : « Le paysage électoral semble, à l'évidence, comme en suspension, aucune dynamique ne se faisant jour ». « Les électeurs somnolent et détournent leur attention de la scène politique », avertit le responsable socialiste. Puissent ses camarades entendre ce propos. Il ne suffira pas au PS de se poser en s'opposant pour déclencher mécaniquement l'alternance dont il rêve. »
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01 septembre 2008
Pourquoi le PS se perd dans ses divisions ?

Chacun son Université d’Eté ! Pour moi cette année c’était celle du MEDEF, et pour certains sociaux-libéraux c’était celle du Parti Socialiste à La Rochelle. Si les deux Universités n’ont guère retenu l’attention des medias, elles ne manquent pas d’être commentées. Un éclairage important à quelques semaines du Congrès de Reims où l’on constate que le PS reste prisonnier de ses divisions.
Aurons-nous encore le droit à une synthèse boiteuse comme au Mans en 2005 ? Si tel est le cas, les militants socialistes ont beaucoup de souci à se faire sur l’avenir d’un parti en panne d’idées et de conviction.
Marc d’Héré – Les socialistes au lendemain de La Rochelle
Le Parti socialiste a donné à La Rochelle un édifiant spectacle de divisions et de combines. Les observateurs soulignent très justement ce fait, je n’y reviendrai pas, mais j’essaierai d’aller plus loin dans l’analyse et de décrire, telle qu’elle m’apparaît, la situation réelle des forces et des leaders au sein du parti, au lendemain de ce week-end.
Bertrand Delanoë d’abord, qui devait être le grand triomphateur de cette université, ne l’a manifestement pas été, et a donc subi un, relatif, revers. Dans le combat qu’il mène et qu’il a officiellement annoncé, pour conquérir le parti, il a trouvé peu de soutiens et ceux qu’il semble avoir obtenu évoquent davantage l’archaïsme que la rénovation, le passé que l’avenir (Jospin! Guigou, Hollande…). Dépourvu de convictions, ne sachant trop quelle sera la meilleure ligne pour lui, il godille, évoquant l’héritage de Mitterrand (toujours le modernisme !), la fidélité à l’Union de la Gauche (une idée neuve il y a 40 ans), le refus ambigu de l’alliance avec Bayrou, la défense d’un libéralisme qu’il définit mal, et nouveauté des nouveautés, l’écologie, ce qui doit éberluer les écologistes parisiens, qui savent le mal qu’ils ont à faire passer leurs idées à l’Hôtel de Ville….Hier soir, sur la 2, répondant aux questions particulièrement complaisantes de Marie Drucker, il a donné un bel exemple de langue de bois et de vide…
Ségolène Royal, elle, confirme qu’elle disparaît peu à peu du film. De passage à La Rochelle, elle a lancé à quelques militants en extase un « Aimez-vous les uns les autres », particulièrement bien adapté à la situation, avant de disparaître pour éviter tout débat. Elle garde des groupies fanatiques, beaucoup même, mais ne bénéficie plus d’aucun soutien de poids dans le parti. Peillon, Rebsamen et Bianco, qui aux dernières nouvelles la soutenaient encore plus ou moins, se font d’une discrétion inhabituelle…Pour le premier secrétariat, je crois qu’on peut l’affirmer, Royal c’est fini !
Echec du couple médiatique Delanoë-Royal, réussite de Martine Aubry. Sans y toucher, elle s’impose au centre du jeu (je me permets de rappeler que je l’avais annoncé le 11 juillet sur ce blog). Ses soutiens vont, semble t-il, de Mauroy à Fabius en passant par Cambadélis, Montebourg (qui ont du soir au lendemain abandonné Moscovici), les fédérations du Nord et du Pas-de Calais…Elle ne dit rien non plus, sinon que le PS doit se mettre au travail, mais elle le dit avec autorité. Et son prestige est toujours grand auprès des militants, qui lui sont reconnaissants (les militants PS sont des gens bizarres !) d’avoir imposé les 35 heures, responsables pour une grande part de leurs défaites. Aujourd’hui c’est sans doute elle la mieux placée pour devenir « Premier secrétaire », d’autant qu’elle pourrait bénéficier in fine, du soutien de la prétendue gauche du parti (Hamon, Emmanuelli, et peut-être même, ce qui fait rêver, Mélanchon et Lienneman….).
Pour les autres, si Dray, est éliminé de la course, comme Le Branchu, Pierre Moscovici, trahi par Cambadélis et Montebourg, mais bien entouré par le courant presque « social libéral » du PS (Gérard Collomb, Valls, la fédé des Bouches du Rhône), garde une petite chance et pourra peut-être jouer les arbitres…
Si j’essaie de me projeter encore davantage dans l’avenir, en sachant que c’est bien risqué, je dirais que Martine Aubry sera Premier secrétaire. Elue difficilement et otage de la partie archaïque du parti (la gauche Emmanuelliste et quelques sociaux démocrates version 36-45), soumise au feu roulant des critiques, fraternelles, de ses camarades et collègues dirigeants , elle ne pourra pas rénover le parti. Rien d’important ni de courageux ne se fera et c’est un parti toujours sans projet, et perclus de divisions, qui choisira en 2011 son candidat pour la Présidentielle. Ils seront certainement plusieurs à vouloir tenter leur chance et à tout faire pour barrer la route des autres : Aubry, bien sûr, Royal ça va de soi, même si, déconsidérée elle ne sera plus vraiment dans la course, Delanoë qui continuera à chercher sa voie, en regardant dans les yeux, les Françaises et les Français, Hollande qui ne pense qu’à ça depuis 15 ans, Fabius, dans le même cas depuis 30, Moscovici que sa défaite pour le premier secrétariat aura délié de son serment de n’être pas candidat, peut-être aussi DSK, s’il revient de Washington, ce qui est peu probable mais pas impossible, et pourquoi pas un ou deux autres….
Difficile de trouver le futur lauréat dans cet amas de candidats qui diront tous à peu près la même chose, et ne défendront aucune idée nouvelle. J’avoue ne pas pouvoir me prononcer même si, connaissant l’habileté de Hollande (plus libre qu’en 2007) et le talent de communicateur de Delanoë, je ne serais pas surpris que cela se joue entre eux deux ! Tant pis, alors pour le socialisme et le PS….Mais je peux me tromper.
16:32 Publié dans Décoder la politique ? | Lien permanent | Envoyer cette note
| Tags : larochelle, université d'été, ps, politique, congres |
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