20 janvier 2012
Pourquoi la solitude de Claude Guéant ?

Il y a des moments de vie que l’on ne souhaite à personne tant ils se révèlent parfois difficiles à assumer. Sur ce schéma, la conférence de presse du Ministre de l’Intérieur Claude Guéant affirmant devant les journalistes et les français, qu’en 2011 la délinquance a régressé quant les cambriolages eux, se sont envolés !
Non vraiment, je doute fort que beaucoup ont envié sa position ministérielle où il s’est particulièrement ridiculisé –et à travers ses propos, l’ensemble du Gouvernement avec lui- en annonçant sans rire que : « la délinquance est en recul pour la neuvième année consécutive avec une baisse de 0,34 % (soit 12.000 faits en moins ». Le futur député des Hauts-de-Seine a complété par le fait que les atteintes aux personnes (NDRL : les agressions) sont stables avec une augmentation de 0,1% seulement, et que les infractions économiques et financières étaient-elles clairement en baisse. La seule faute note est venue du chiffre des cambriolages qui a augmenté de 16% en 2011 !
Les braves gens que nous sommes peuvent dormir sur leurs deux oreilles, grâce au bilan exemplaire d’un Gouvernement et d’un président de la République qui n’ont eu de cesse de placer la lutte contre la délinquance et contre l’insécurité, la priorité N°1 de leur action publique ! Après les chiffres énoncés par le Ministre de l’Intérieur, chaque français est convaincu que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes…
Il reste certain que lorsque l’on passe son temps à retrouver une identité nationale soi-disant perdue, à réquisitionner des trams de la RATP pour assurer une pleine efficacité à la chasse aux Roms et, que l’on se contente de comptabiliser le nombre d’étrangers restant à expulser, il demeure difficile de concentrer ses efforts contre les voleurs et autres gentilles racailles qui ne manquent pas de continuer à œuvrer en toute tranquillité…sans risque d’être importunés et d’être comptabilisés !
Il y a des moments de vie que l’on ne souhaite à personne. C’est donc à Claude Guéant qu’est revenu l’honneur d’annoncer aux français que la multiplication des lois créées à l’initiative de Nicolas Sarkozy -ou durant son quinquennat- et visant à lutter contre la délinquance, la récidive, les vols et les agressions aux personnes, se sont révélées de sinistres impostures morales et n’ont servies qu’à alourdir le travail des services de la Police et de la Justice sans résoudre les maux.
Je m’étonne par ailleurs, qu’aucune référence au « sentiment d’insécurité » ressenti par les français n’ait été transmise. Car en 2012, année de référence, c’est bien au travers des questions de « sentiment » et de « ressenti » que les français chercheront à déterminer leur choix lors des prochaines échéances électorales.
A la manière de Gustave Flaubert : « Du moment que vous prouvez, vous mentez ! ».
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25 novembre 2011
Pourquoi le devoir d’agir après l’assassinat d’Agnès ?

L’assassinat de la jeune Agnès au Chambon-sur-Lignon (43) a soulevé une vague d’indignation et d’interrogations, tant sur l’atrocité du crime de celui-ci que par les étranges conditions de réintégration en milieu scolaire de son jeune meurtrier de 17 ans.
Une fois de plus, la valse des chroniques et des réactions politiques est revenue tournoyer autour d’un sinistre fait-divers qui mérite un peu plus qu’une longue expression d’émotion où les engagements de principe doivent céder la place à des actes concrets sur le terrain.
Sur cette affaire, tout ou presque a été dit et entendu, surtout des propos à l’emporte pièce et des rhétoriques souvent très éloignées du sujet principal. Si la lutte contre la récidive et la prévention de cette dernière demeurent des points importants, il n’est pas inutile de recentrer le débat sur la délinquance des mineurs (et/ou des jeunes majeurs), sur les capacités de détention (et leur nécessité) et le suivi socio-éducatif et médico-psychiatrique de ces détenus.
La vérité sur le profil du meurtrier
Le jeune Matthieu avait déjà commis un viol sur une mineure de 15 ans dans le Gard en 2010. Il avait été placé en détention provisoire durant 4 mois dans l’attente de son jugement définitif qui devait intervenir dans les prochains mois. Son profil psychologique ayant été jugé « compatible » pour une réintégration sociale, sa mise en liberté conditionnelle a été acceptée par le Juge à condition qu’un établissement scolaire délocalisé accepte de l’accueillir, qu’il soit assidu à ses cours et qu’il respecte les contraintes imposées par son contrôle judiciaire. Les parents avaient averti le Lycée Cévenol de ses conditions judiciaires en omettant toutefois de préciser la nature des faits qui lui étaient reprochés. Au nom du sacro-saint « secret », les responsables chargés de son contrôle judiciaire n’ont pas informé la direction de l’établissement du caractère sexuel du délit commis par Matthieu dans le Gard.
Matthieu n’était pas en état de « récidive » pure puisqu’il n’avait pas encore été jugé pour le délit passé.

La vérité sur la psychologie criminelle
De l’aveu même des professionnels concernés et des experts près les tribunaux, la science psychologique est dans tous les cas « faillible » puisqu’elle ne peut être prédite. Elle ne peut-être prédite ni avant l’acte, ni après celui-ci, pour la bonne et simple raison que chaque profil est spécifique.
Toutes les données chiffrées sur les récidives sont basées sur des estimations. Ces récidives sont généralement 1 fois sur 10 répétitive du délit précédemment commis. Dans 9 cas sur 10, la récidive constatée pourra être différente soit dans la déclinaison, soit dans l’aggravation.
Ainsi, il est expliqué par des psychologues qu’un profil répond à 4 ou 5 indicateurs différents. Un premier profil répondant à 1 seul critère par une alarme orange pourra perpétrer un nouveau délit beaucoup plus grave. A l’inverse, un second profil où toutes les alarmes sont au rouge pourra perpétrer un nouveau délit inférieur en atrocité ou ne rien faire du tout.
Selon ces professionnels, l’Homme n’est pas une machine programmée pour exécuter une tâche précise. Ses expériences personnelles ou le caractère plus ou moins affirmé de l’Homme pourra l’entrainer ou non dans une spirale criminelle.

La vérité sur le malaise de la Justice
Premier élément d’importance à retenir : le malaise conjoint du Procureur de Clermont-Ferrand et du Garde des Sceaux Michel Mercier. Mis en accusation de toute part, le Procureur tente –maladroitement- de pointer du doigt le psychologue ayant analysé le cas de Matthieu alors que le Garde des Sceaux manque d’air lorsque David Pujadas sur France 2 lui demande « Comment l’assassin présumé a-t-il pu être réintégré dans un établissement scolaire ? » et qu’il n’a que pour seule réponse à apporter « Le Juge a suivi le cadre légal de la loi actuelle. Celle-ci n’est plus adaptée et il va donc falloir la changer » !
Par ces deux postures indisposées, les français sont plongés dans le bain d’une réalité jusqu’ici insoupçonnée : la cruelle visibilité d’une délinquance sexuelle potentielle et, une Justice non adaptée et mal préparée à solutionner ce problème et celui spécifique des mineurs, bien ancrés au cœur de la société.

Le devoir de vérité
La mort d’Agnès ne doit pas être détournée et instrumentalisée au moment où une campagne présidentielle s’engage. La cruauté de cet assassinat doit en revanche placer tous les acteurs de la Justice et nos politiques en position de responsabilité misant sur une concertation apporteuse de réponses concrètes.
Les français ne doivent pas être dupes de ceux qui prétendent solutionner la question par un retour –impossible- à la peine de mort, par une miraculeuse évaluation comportementale des délinquants ou par un énième programme immobilier où l’on verrait fleurir de nouvelles structures fermées, très coûteuses et inefficaces au final.
Première vérité : la délinquance ou la criminologie ne sont pas des sciences exactes ! Elles ne se décrètent pas sur un individu plus qu’un autre et ne sont pas quantifiables !
Deuxième vérité : la carence éducative et la déresponsabilisation parentale sont des terreaux favorables aux dérives des plus jeunes.
Troisième vérité : le temps de l’angélisme est révolu ! A l’image de l’Homme adulte, les plus jeunes ne sont pas tous des enfants de cœur ! La multiplication des actes de récidive, l’extrême violence de certains crimes et délits, le manque de structures d’accueil adaptées et la faiblesse de la réponse judiciaire, doivent nous interpeller sur les efforts nécessaires à engager de toute urgence.
Quatrième vérité : notre pays ne se distingue pas par les conditions d’enfermement qui sont les siennes. Nos prisons, notre « honte nationale » comme ne cesse de les décrire Robert Badinter, n’ont jamais été un souci pour nos compatriotes. Pourtant, c’est par l’Education et la Justice que l’on reconnait la grandeur d’une Nation ! La France, notre pays, n’est pas suffisamment armée pour faire face aux errements d’une jeunesse déboussolée et pour gérer des cas improbables comme celui du jeune Matthieu !
En 2011, 3 faits-divers sont venus bousculer les certitudes : les assassinats (à caractère sexuel) perpétrés sur Laetitia, la petite Océane et Agnès n’ont pourtant rien de similaire. Laetitia a été victime d’un homme à peine sorti de prison et dont le contrôle judiciaire a montré ses limites. Océane a été victime d’un jeune père de famille, désocialisé, alcoolique et sans antécédents judiciaires. Agnès elle, a succombé à un jeune adolescent ayant déjà violé et dont les conditions de suivi (accordées à un mineur) ont connu un néfaste dysfonctionnement. A chacun de ces faits-divers de nombreuses voix se sont élevées. A chaque fois le Gouvernement a répondu par d’énièmes dispositions qui viennent régler la forme mais ne font qu’effleurer le fond. Pour tous ces drames les français ont réclamé une Justice exemplaire et ont découvert avec effroi que la société dans laquelle ils vivent n’est pas aussi belle qu’ils l’auraient espéré.
Ecoutant certains commentaires sur le drame du Chambon-sur-Lignon : il faut lever bien haut la matraque en enfermant tous les délinquants, toutes les « racailles » et tous ces pervers sexuels pour qu’ils ne nuisent plus à la société ! Les enfermer oui, mais dans quel but et dans quelles conditions ?

La seule parole de vérité qui méritait d’être entendue est celle d’André Vallini, sénateur et Président du Conseil Général de l’Isère, spécialiste des questions de Justice au PS : « Rien ne sert d’incarcérer un délinquant sexuel pendant 10, 15 ou 20 ans, si on l’abandonne à l’oisiveté promise en prison et qu’aucun suivi et traitement médical ne lui sont appliquées durant cette période. Lors de sa remise en liberté, il constituera un danger encore plus grand pour la société ! ».
Dans cette phrase, cette simple phrase : tout est dit ! Le meurtrier d’Agnès offre un panel relativement étendu des maux frappants la Justice et auxquels elle se doit de répondre précisément sans s’égarer :
1/ l’âge du meurtrier : 17 ans. 16 ans lors du premier viol.
2/ la nature des crimes dont il s’est rendu coupable : viol sur mineur de 15 ans puis viol avec assassinat aggravé sur mineure de moins de 15 ans. Pour les deux, la question de la préméditation reste posée.
3/ sa libération conditionnelle accordée après une courte période d’incarcération préventive de 4 mois.
4/ sa réintégration en milieu scolaire, même délocalisé du lieu du premier délit, alors que son premier délit était à caractère sexuel.
5/ les conclusions du rapport psychologique l’ayant reconnu comme réinsérable dans la société sans risque majeur pour autrui.
Il n’est pas possible ici d’évoquer tous ces sujets sans risquer de faire l’impasse sur des données essentielles. Parlons de quelques évidences :

Au moment où Claude Guéant, Ministre de l’Intérieur, propose la création d’un Code Pénal pour les mineurs, alors que le Code Pénal existant favorise déjà le jeu des jurisprudences tant l’empilement des lois les unes sur les autres complique lourdement la tâche des magistrats ; Au moment où le recours aisé aux TIG (Travaux d’Intérêt Généraux) ou la prison avec sursis sanctionnent des actes de dégradation du bien public ou de délits jugés mineurs crées une vaste confusion sur les mots « peine » et « Justice », que la collectivité n’a pas à payer pour réparer les dommages de certains et que l’évidence même impose que la réparation doit être effective et les parents mis à contribution financièrement ; Au moment enfin où la prison ne fait plus peur et que l’efficacité des Centres Educatifs Fermés ou des Etablissements Pénitentiaires pour Mineurs (actuellement en fonctionnement) est fortement mise en doute car jugés sans effets, il semble désormais nécessaire de poser les bonnes questions :
L’excuse de minorité a-t-elle encore une raison d’être lorsque la gravité des délits et l’atrocité des crimes demeurent exponentielles ?
Les structures actuelles réservées aux mineurs et aux jeunes majeurs s’appellent E.P.M. (Etablissement Pénitentiaire pour Mineurs) et C.E.F. (Centre Educatif Fermé). Quelle est la réalité de la détention dans ces établissements ? Quelle devra-être la « nouvelle » réalité de demain en tenant compte des faits énumérés ci-dessus ? Quelles différences fondamentales nous séparent des « BootCamp » à l’américaine de « l’encadrement militaire des jeunes délinquants » prôné pour notre pays ?
Entre la lutte contre la récidive, la prévention de celle-ci et les possibilités de réinsertion offertes aux détenus, travaillons-nous réellement dans le bon sens ?
Enfin, concernant le délicat sujet de la délinquance sexuelle, quelles solutions sont aujourd’hui appliquées ? Nos prisons sont-elles adaptées pour traiter le cas des détenus concernés qu’elles ont pour charge de tenir éloignés de la société ?
A la manière de Charles-Ferdinand Ramuz : « Etre isolé du reste des hommes, c’est se sentir inutile. Se sentir inutile est pire encore que de se sentir coupable ! ».
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01 août 2011
Pourquoi les Boot Camp débarquent en France ?

Tous les étés depuis 1966 nous nous mettions à fredonner joyeusement : « les jolies colonies de vacances ! Merci papa ! Merci maman !…». Après l’annonce du dépôt de loi du député UMP Eric Ciotti sur l’encadrement militaire des jeunes délinquants après une bénédiction présidentielle, je prédis un avenir funeste à la sympathique chanson de Pierre Perret !
Jamais à court d’idées sur les questions sécuritaires et la lutte contre la délinquance, et en prévision des grands thèmes qui porteront sa campagne de réélection à la Présidentielle de 2012, le président Nicolas Sarkozy a laissé libre champ à l’aile très droitière de l’UMP (dite « Droite Populaire ») pour mener réflexion sur le sujet.
L’encadrement des mineurs délinquants suggéré par Ségolène Royal candidate en 2002, trouve ici une seconde jeunesse dans l’espoir d’endiguer ou de masquer ce qui demeure l’échec le plus cuisant de la majorité avec une délinquance des plus jeunes en constante progression.
Les Centres Educatifs Fermés créés à grand renfort médiatique en 2007 et qui promettaient de replacer les sauvageons et autres délinquants multirécidivistes sur le bon chemin ayant taquiné la case « d’usine à gaz » bien plus que celle de « franc succès », le président Sarkozy opte pour un nouveau concept Made in USA : Attention mesdames et messieurs, les Boot Camp débarquent en France ! Chez nous ils porteront le nom de Service Citoyen…
Si vous recherchez sur Google le terme « Boot Camp » vous serez surpris de constater que de notre côté de l’Atlantique ces camps sont dédiés essentiellement à la perte de poids, à la cohésion d’entreprise ou à la remise en forme grâce à l’effort ! Quel rapport avec un quelconque « matage de racailles » s’il est juste question des les habiller en treillis et de leur faire subir un erzats de préparation militaire ?
C’est parce que de l’autre côté de l’Atlantique, aux Etats-Unis, les « Teen Boot Camp » sont des colonies beaucoup moins sympathiques où les parents de jeunes un peu difficiles, un peu drogués ou un peu homosexuels sont une véritable institution depuis de nombreuses années. Pour quelques milliers de dollars la session, d’anciens militaires aux méthodes très militaires, assurent le discipline, redressement et rééducation de votre progéniture en un temps record. Les tribunaux américains proposent également cette solution comme une alternative directe à l’incarcération des jeunes délinquants.
Nés dans l’Etat de l’Utah par la congrégation des Mormons très à cheval sur une certaine vision de l’éducation et imbibée d’un esprit religieux clairement affirmé, c’est aujourd’hui une quarantaine de Boot Camp qui on fleuri sur tout le territoire des Etats-Unis, pour toutes les formes de déviance ou délinquance et accessible presque à toutes les bourses.
Un petit exemple en vidéo pour vous donner envie ?
Dans un pays où l’incorporation militaire est érigée au rang de religion, des versions camps militaires officiels existent pour l’US Army, la Navy, l’US Air Force, les Marine’s ou les Coast Guards. Ces derniers n’ont pas de vocation corrective, mais permettent de repérer celles et ceux qui seront en mesure d’intégrer l’armée américaine.
En France, c’est donc par la voix d’Eric Ciotti et de sa proposition de loi, que nous nous apprêtons à voir fleurir ce type de camps « version France » où je ne doute pas que les sévices et autres humiliations répertoriées aux Etats-Unis n’auront pas droit de cité. Pas du tout pour les mêmes raisons, c’est quant même nos amis les « racailles » et le Front National qui vont être contents :)
En France, toujours pas de pétrole mais toujours autant d’idées, même en été ! Avouons quant même que parfois, le trop plein d’idées tue les meilleures idées…Merci M. Ciotti de venir si joliment nous le rappeler.
A la manière d’Alphonse Esquiros : « Si un homme a une grande idée de lui-même, on peut être sûr que c'est la seule grande idée qu'il ait jamais eue dans sa vie ».
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26 janvier 2011
Pourquoi la détention en chiffres au 1er janvier 2011 ?
Une relative stabilité de la population carcérale dans notre pays. On notera la libération presque surprenante de près de 900 détenus entre le 1er décembre 2010 et le 1er janvier 2011. Une baisse de la population certainement due aux diverses libérations anticipées, aux fins de peine ou autres mesures de placement à l’extérieur.
La très forte proportion de détenus en attente de jugement, représentant plus du quart de l’effectif global, oblige à s’interroger sur la capacité donnée à la Justice de remplir sa mission dans des délais convenables. L’engorgement des tribunaux si souvent décrié par les magistrats eux-mêmes prend ici une tournure inquiétante.
Le nombre de mineurs détenus qui apparait presque comme négligeable au regard du chiffre global, apparait comme paradoxal au regard de la nette progression de la délinquance observée ces derniers mois. La délinquance se rajeunie, et avec elle les atteintes délibérées aux biens et aux personnes ne cessent d’augmenter dans des proportions inquiétantes.
Si les mesures permettant un désengorgement des prisons vont dans le bon sens, il y a fort à parier que les récents faits-divers impliquant des récidivistes ou des reportages télévisés montrant la légèreté du suivi de certains délinquants sexuels, viendront remettre en cause cet état de fait. Les bons chiffres donnent une réalité, les faits en démontrent une autre bien moins satisfaisante.
Enfin, la France entend montrer avec une certaine fierté sa capacité à renouveler sa capacité d’accueil dans ses prisons. Sans doute dans l’espoir de satisfaire –ou de calmer- ses nombreux détracteurs.
La surpopulation est donc fixée à 108% dans notre pays. Bien. Ceci grâce à l’ouverture d’une dizaine de nouveaux établissements.
Pourtant la réalité de la détention à Fleury-Mérogis ou à Fresnes ne semble pas s’être améliorée pour autant. Les vastes campagnes de recrutement de personnels de surveillance ont-elles été porteuses et une formation poussée a-t-elle été programmée pour ces nouveaux agents ?
Le Ministère de la Justice semble s’intéresser de près à l’évolution de ses prisons depuis quelques années. Il refuse pourtant toujours l’intrusion d’observateurs indépendants dans celles-ci et les voix des « entrants » (entendez les Parlementaires) meurent étouffées dans un océan d’indifférence collective.
Ce n’est certainement pas le Contrôleur des Prisons programmé pour être englobé par un vaste agglomérat de compétences du futur Défenseur des Droits, qui nous dira le contraire.
A la manière de Napoléon Bonaparte : « Les hommes sont comme les chiffres : ils n'acquièrent de valeur que par leur position ».
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21 juillet 2010
Pourquoi l’insécurité à Grenoble n’est pas un fait nouveau ?

Les français sont pris pour des imbéciles. Ils sont condamnés à la politique du moment, à la politique de l’émotion.
La mort d’un des deux braqueurs du casino d’Uriage, et les incidents qui s’en sont suivis, ont contraint medias et Gouvernement à nous dévoiler toute la vérité, rien que la vérité, la seule vérité.
L’insécurité (mêlant précarité et insalubrité) des quartiers voisins de Villeneuve et de Teisseire à Grenoble, n’a pas démarré avec ce fait-divers.
De 1995 à 1999, j’ai vécu à Grenoble. De 1995 à 1997, j’étais interne au Lycée Professionnel André-Argouges de Grenoble, situé en plein cœur des quartiers de Teisseire et de Villeneuve.
Mon cousin a passé son service national dans le bureau de Police de la Galerie de l’Arlequin dans le quartier de Villeneuve, le même qui s’étale aujourd’hui sur les images à la télévision.
Cette zone de Grenoble était déjà considérée comme malfamée et dangereuse. Les grenoblois biens informés ont toujours évité d’y rôder la nuit. Délinquance, voitures brûlées et trafics en tout genre y avaient déjà droit de cité.
Entendre dire que de tels débordements ne sont jamais intervenus dans cette partie de la ville est un mensonge. Une infamie.
L’ordre républicain n’y est pas respecté depuis plusieurs décennies. Les habitants de ces quartiers sont des orphelins de la République. Ils ont été abandonnés à leur triste sort.
Le Président de la République Nicolas Sarkozy entend ramener l'Etat de droit et la sécurité aux habitants. Il n'a pourtant rien fait de plus lorsqu'il était Ministre de l'Intérieur.
Ces incidents, presque des scènes de guerre, sont représentatifs d’une société délaissée. Une nouvelle forme de République assassinée.
A la manière de Mark Twain : « Il y a trois sortes de mensonges : les mensonges, les sacrés mensonges et les statistiques ».
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