15 février 2012

Pourquoi le funeste Vanneste révèle la tromperie de l’UMP ?

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A quelques semaines des élections législatives de juin 2012 où il se portera candidat à sa propre réélection, le député de Tourcoing Christian Vanneste récidive dans ses propos ouvertement homophobes.

En 2005 il avait affirmé que l’homosexualité était « moralement inférieure à l’hétérosexualité » et qu’elle constituait un « danger pour la survie de l’Humanité », lui valant d’être amicalement houspillé par Nicolas Sarkozy, alors simple patron de la très jeune UMP.

Aux élections législatives de 2007, Christian Vanneste n’avait pas reçu l’investiture de l’UMP. Le parti majoritaire n’avait pas présenté de candidat face à lui et l’avait réintégré au sein du Groupe UMP une fois les élections passées.

En 2010, ce même Christian Vanneste avait signé un post sur son blog liant homosexualité et pédophilie dans les termes suivants : « l'opposition outrancière entre pédophilie et homosexualité n'est pas fondée en raison des tendances éphébophiles assez fréquentes dans l'histoire qui ignorent la frontière juridique de l'âge » et « l'éphébophilie, ce que l'on appelait naguère la pédérastie, c'est-à-dire l'attirance des hommes pour les adolescents pubères mais ambigus de traits, ne commence ni ne s'arrête à 15 ans ». L’UMP a brillé par son silence complice.

La récidive du jour porte sur ses propos tenus lors d’une interview accordée au site Liberté Politique, dans lesquels il évoque « la légende de la déportation des homosexuels » en précisant « qu’il n’y a pas eu déportation homosexuelle en France ».

Ces propos ont naturellement créé un tollé général dans la classe politique française, Front National compris. Les intègres dirigeants de l’UMP n’ont pas tardé à réagir puisque Jean-François Copé a immédiatement retiré son investiture à Christian Vanneste et, envisage de faire prononcer son exclusion par le bureau politique de son parti.

Cette prompte réactivité de l’UMP ne trompera cette fois-ci personne ! Si l’UMP avait voulu écarter sa brebis galeuse, elle l’aurait fait bien avant et sans aucune ambigüité. Une fois les législatives passées, s’il est réélu elle le réintègrera, lui donnant la possibilité de récidiver une nouvelle fois dans sa croisade anti-homosexualité.

Je ne suis ni surpris, ni blessé par cette nouvelle sortie médiatique. Christian Vanneste est le pur produit de ce que la démocratie peut produire de plus mauvais. Nier ne serait-ce qu’une seule déportation, c’est les nier toutes ! C’est nier un crime. Un crime commis contre l’Humanité toute entière.

A LA MEMOIRE DE TOUTES LES VICTIMES DU NAZISME

A la manière d’Abraham Lincoln : « Aucun homme n’a assez de mémoire pour réussir dans le mensonge ».

04 août 2011

Pourquoi le Chevalier des Triangles Roses a rendu les armes ?

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Le 29 avril dernier, Rudolf Brazda, était fait Chevalier de la Légion d’Honneur. A 97 ans, il était le dernier survivant des hommes ayant été déportés au camp de concentration de Buchenwald pour le seul délit d’avoir été homosexuel.

Décoré dans ma ville de Puteaux, Rudolf Brazda avait pris le temps d’échanger avec quelques élèves du Collège Maréchal-Leclerc sur sa vie, sur sa famille et sur tous ses camarades qui ne sont jamais revenus du camp. Il avait accepté d’être élevé à cette dignité en souvenir de tous ceux qui avaient connus les mêmes souffrances que lui.

Rudolf Brazda, celui que j’avais surnommé le « Chevalier des Triangles Roses », s’est éteint paisiblement dans son sommeil à l’aube du 3 août.

Il ne reste qu’à vos pairs homosexuels de méditer votre exemple et de ne jamais oublier. Cher Rudolf, reposez en paix…

A la manière de Vercors : « L'humanité n'est pas un état à subir. C'est une dignité à conquérir ».

08 mai 2011

Pourquoi Rudolf Brazda en Chevalier des Triangles Roses ?

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Le matricule 7952 du camp de concentration de Buchenwald est devenu jeudi 24/04/2001 à 97 ans le premier déporté homosexuel fait chevalier de la Légion d'honneur, devant des lycéens impressionnés et très émus par le courage de ce vieil homme frêle.

Lorsque l'hymne de la Résistance française, le Chant des partisans, a retenti dans le collège Maréchal-Leclerc de Puteaux (Hauts-de-Seine), la présence du Français d'origine tchèque Rudolf Brazda, "probable dernier survivant connu des triangles roses", a donné des frissons à toute l'assistante.

Comme Rudolf, quelque 10.000 à 15.000 personnes, selon les estimations, ont ainsi été déportées sous Hitler en raison de leurs tendances sexuelles, les nazis considérant l'homosexualité comme une épidémie dangereuse pour la perpétuation de la race.

C'est devant des élèves de troisième qui étudient la seconde guerre mondiale que Rudolf a reçu ses insignes de chevalier, une cérémonie d'autant "plus singulière que le destin de ces homosexuels déportés pour avoir simplement aimé, est absent des livres d'histoire", selon le président d'Elus locaux contre le sida, Jean-Luc Romero.

"Rudolf incarne un temps nouveau où tout être humain a le droit d'aimer comme il l'entend. Gardez-vous jeunes gens de la renaissance des idées négatives", leur a lancé la présidente de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, Marie-Josée Chombart de Lauwe, qui a remis l'insigne à Rudolf.

Lui semble un peu absent. "Je suis heureux et je reçois ce prix au nom de tous ceux qui ont connu les mêmes souffrances que moi", a dit en allemand, d'une voix lente mais forte, M. Brazda qui semblait goûter davantage la poignée de questions des collégiens que les honneurs.

Son interprète, Jean-Luc Schwab, a d'ailleurs tenu à souligner qu'il était "là pour dire et redire ce qui s'est passé et dans quelles circonstances. L'école, c'est l'apprentissage du vivre ensemble et l'acceptation de la différence".

"Comment vos parents ont-ils accepté votre homosexualité ?", demande en allemand une élève. "Ils m'ont toujours accepté tel que j'étais", répond M. Brazda, qui a tenu à détailler son parcours jusqu'aux geôles nazies.

A la manière du Maréchal Foch : « Parce qu'un homme sans mémoire est un homme sans vie, un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir ».

Visiter les sites les oubliés de la mémoire ou des triangles roses

Texte : Pauline Talagrand AFP / Photo : Frédérick Florin AFP