16 avril 2012

Pourquoi le vote des détenus est essentiel ?

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Le premier tour de la présidentielle touche à sa fin. Dimanche soir à 20H, nous connaitrons les deux candidats qui se disputeront la présidence de la République le 6 mai prochain.

Nous sommes nombreux à considérer que cette campagne n’a pas tenu toutes ses promesses. Certains se raccrochent encore au solide espoir de faire bouger les lignes et de convaincre en misant sur la peur. L’UMP concentre ses attaques en direction de François Hollande, le sanguinaire candidat socialiste, pendant que Marine Le Pen elle, entend rappeler aux français que nos prisons se videront allègrement de leurs locataires pour leur permettre d’exercer leur droit de vote.

Signe de profond changement : nos compatriotes musulmans sont pour une fois, épargnés de toute stigmatisation de la part de la candidate toujours très humaniste du Front National.

Ainsi, Marine Le Pen avertit les français que l’Administration Pénitentiaire entend faire appliquer un décret de novembre 2007, autorisant les détenus condamnés à une peine privative de liberté inférieure ou égale à 5 ans ou à une peine privative de liberté supérieure à 5 ans (quand ils ont exécuté la moitié de leur peine) à demander une permission au premier et au deuxième tour de l'élection présidentielle pour aller voter.

Dans son envolée, Marine Le Pen a pris soin de passer sous silence qu’un détenu souhaitant user de son droit de vote, doit remplir un nombre de conditions particulièrement restrictives. Rétablissons la vérité, toute la vérité, en rapellant ici ce que dit la loi :

Une circulaire datant du 1er février 2012 et adressée par le Directeur de l’Administration Pénitentiaire à tous les Directeurs d’établissements, indique la marche à suivre :

1/ Un détenu ne doit pas avoir été privé de ses droits civiques et familiaux.

2/ Le chef d’établissement doit dresser la liste des détenus souhaitant exercer leur droit de vote et leur faciliter les démarches. Un détenu peut être domicilié à l’adresse de sa prison ou d’une commune de rattachement.

3/ Le Chef d’établissement doit veiller à faire la promotion des élections par voie d’affichage dans les lieux de détention collective ou d’instruction (exemple : réfectoires, bibliothèques ou salles de classes).

4/ Deux options sont prescrites pour les personnes détenues. Le vote par procuration est vivement encouragé par le Ministère de la Justice et l’Administration Pénitentiaire. Toutefois, un Juge d’application des peines pourra selon le cas de chaque détenu, accorder une autorisation spéciale de sortie pour les deux tours de scrutins.  

Dans cette note, l’Administration Pénitentiaire souligne l’importance de la démarche et souhaite une exemplarité de tous ses chefs d’établissement. L’ensemble de cette procédure cadrée est visée par le Conseil Constitutionnel.

Pour ma part, je trouve rassurant que les détenus, comme n’importe quels autres citoyens, disposent des moyens –en surface- de remplir leur devoir électoral. Pour ceux, sans doute trop peu, qui prendront part au vote, c’est un excellent moyen de garder un pied dans la société en misant sur leur future réinsertion dans celle-ci.

L’intention de Marine Le Pen est malhonnête. Une bonne occasion de détourner l’attention des français en leur faisant croire que des milliers de délinquants et autres criminels investiront les bureaux de vote. Personne ne croit à cette vaste supercherie. Un mensonge succède à un autre.

Les détenus ont, plus que quiconque dans notre pays, tout intérêt à faire entendre leur voix dans les urnes. Des votes anonymes mais symboliques à plus d’un titre ! Des votes venant rappeler à la France qu’elle ne respecte toujours pas les recommandations européennes en matière de privation de liberté et qu’elle n’accordent toujours pas des conditions de détention conformes à la dignité humaine !

Pendant ce temps là : la France n'a jamais compté autant de détenus dans ses prisons avec une surpopulation de 117% et quelques 67.161 personnes privées de liberté.

Est-il nécessaire de conclure par l'évidence que la République et la France se doivent à tous leurs enfants, sans exception, prisonniers compris…

A la manière de Joseph Staline : « Ce qui compte ce n'est pas le vote, c'est comment on compte les votes. »

30 mars 2012

Pourquoi le radicalisme se nourrit du repli carcéral ?

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Lors de son allocation consécutive à l’assaut du Raid contre Mohamed Merah, le président Sarkozy a annoncé une batterie de mesures complémentaires visant à lutter contre le terrorisme. Parmi elles, une mesure concerne la mise en place d’une réflexion sur la propagation des idéologies extrémistes en prison. 

En réponse à cette annonce, le journal La Croix a publié des extraits d’un courrier que lui a adressé Abdelhak Eddouk, coordinateur de l’Aumônerie musulmane à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, sur le constat du radicalisme religieux en prison et des propositions permettant d’y remédier :

« Y a-t-il un radicalisme religieux dans les prisons ? Ce phénomène existe bel et bien. Il faut être aveugle, pour ne pas dire complice, pour le nier. Seulement, le reconnaître ne doit faire de lui un phénomène majoritaire. Un seul cas, qui pourrait provoquer un drame tel que celui de Montauban et de Toulouse, serait toujours un cas de trop. Mais il ne doit pas nous conduire à l’extrême en stigmatisant et pénalisant la majorité de la population carcérale, en l’accusant de ce qu’elle n’est pas.

Il faut distinguer deux types de radicalisme au sein de la prison. Le radicalisme idéologique, exprimé par des individus qui se trouvent en prison à la suite des affaires liées à leur idéologie extrémiste, et cherchent par tous les moyens à s’imposer en tant qu’imams ou leaders autoproclamés. Le radicalisme de ces individus ne reconnaît aucune limite, comme il n’obéit à aucun ordre.

Il y a ensuite le radicalisme comportemental. Il est exprimé par des détenus influencés par les premiers. Pour la majorité, ils n’ont aucune formation religieuse. Cette forme de radicalisme s’exprime par un changement brutal dans leur apparence (barbe, tenue vestimentaire…), mais elle n’altère pas la reconnaissance du règlement intérieur des établissements pénitentiaires, ni les rapports avec le personnel. Elle peut provoquer des demandes à caractère cultuel, mais elle ne dépasse pas les limites de l’organisation carcérale.

Cette distinction s’avère nécessaire pour éviter tout amalgame dans les rapports avec les détenus. Depuis quelques années maintenant, le radicalisme religieux en prison n’est présenté que sous un seul et unique schéma, qui ne reconnaît aucune frontière, entre les détenus qui cherchent à donner un sens à leur vie et les détenus qui sont dans la revendication idéologique. Ce schéma ne laisse aucune chance à l’écrasante majorité des détenus qui, lorsqu’ils empruntent le chemin de la religiosité, ne sont que dans une démarche spirituelle provoquée par le regret.

Comment éviter le risque de radicalisation religieuse dans les prisons ? Les circuits classiques, qui permettent au détenu de garder les repères, dépendent beaucoup du parcours de vie de chacun. Mais les plus importants sont la famille et l’encadrement au sein de la détention. Un troisième se rajoute lorsqu’il s’agit de la pratique religieuse : la présence de l’aumônier. Lorsque le détenu est entouré d’une bonne prise en charge familiale, administrative et religieuse, ses chances d’une réinsertion post-carcérale sont plus que sûres.

La pire des situations qui puisse arriver aux détenus, notamment les jeunes récidivistes, c’est de ne plus avoir de contacts avec leurs proches. Perdre l’espoir d’un parloir familial, c’est rompre avec les racines. Ainsi, le jeune détenu devient le client idéal pour tout type d’endoctrinement.

L’autre prise en charge doit être administrative. Dans beaucoup de prisons françaises, les syndicats déplorent le manque de personnel, notamment de proximité, pour que toutes les activités, et donc les mouvements, puissent se faire dans des conditions satisfaisantes. Nous constatons aussi que certains détenus, pour plusieurs raisons, ne sont pas assez motivés pour suivre l’ensemble des activités proposées, malgré les efforts du personnel pénitentiaire et des autres intervenants. Une vigilance à l’égard de ce type de détenus est plus que nécessaire, car n’être inscrit à aucune activité ne veut pas nécessairement dire que le détenu n’a aucune activité.

Sur le plan religieux, tout le monde s’accorde pour dire que les prisons françaises manquent cruellement d’aumôniers musulmans. Tous ceux qui sont sur le terrain estiment qu’il faut au moins tripler le nombre des aumôniers musulmans. Seulement, suffit-il de mettre un certain nombre d’aumôniers musulmans dans les prisons pour prétendre répondre à la demande ? Un aumônier dépourvu d’une formation adéquate risque de se trouver discrédité par un simple détenu qui ne maîtrise qu’une seule littérature religieuse, celle de la haine. »

Notons que le coordinateur de l’Aumônerie musulmane ne nie en aucune manière la fragilité de jeunes détenus face aux idéologies prônées par les ultras ou certains de leurs aînés, tout en soulignant l’importance d’une formation adaptée et d’un encadrement renforcé des personnels chargés de leur détention.

En trame des annonces du Chef de l’Etat, il faut relever une précipitation devenue coutumière à vouloir légiférer sur des sujets d’importance qui méritent pourtant d’être traités dans le calme et la sérénité. Toutes formulations de Lois ou de mesures rédigées dans la précipitation, conduisent trop souvent à de mauvaises interprétations dans la possibilité de leur mise en application sur le terrain. Les prisons ne font pas exception.    

Le renforcement et le maintien des liens familiaux, le suivi psychologique et psychiatrique des détenus, ainsi que le développement des programmes d’éducation et de réinsertion prennent ici tout leur sens. La prison est une sanction. Elle a pour fonction d’écarter de la société ceux qui n’ont pas respecté les règles. Elle a toutefois l’impérieuse nécessité de préparer les détenus à leur retour dans une société de droits et de devoirs.

Toujours sur le même sujet : retrouvez l’avis du Contrôleur Général des Prisons, Jean-Marie Delarue, sur l’exercice des cultes en prison et l’article que j’avais consacré à ce rapport en mai 2011.

A la manière de François-René de Chateaubriant : « Tout crime porte en soi une incapacité radicale et un germe de malheur : pratiquons donc le bien pour être heureux, et soyons justes pour être habiles. »

05 mars 2012

Pourquoi la bataille de St-Julien-sur-Suran ?

 

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Connaissez-vous St-Julien-sur-Suran ? Sauf si vous êtes originaire du Jura, personne ne vous reprochera ne pas connaître cette commune de 400 habitants à peine, qui a pour seules particularités une fontaine restaurée et une église au vitrail classé.

Cette commune, aussi petite soit-elle, vit pourtant une bataille qui dépasse de loin la simple querelle de clocher. Une bataille qui divise sa population qui sera appelée à se prononcer par référendum municipal sur l’ouverture éventuelle de lapremière prison expérimentale du territoire.

Bien que quelques tests soient actuellement menés dans certains établissements pénitentiaires (sur la semi-détention ou les unités de vie familiale), aucun n’atteint le niveau d’aboutissement du projet que le Ministère de la Justice souhaite implanter à St-Julien-sur-Suran.

Cette implantation prévue pour 2014, s’est faite à partir de la proposition des Prisons du Cœur de Pierre Botton. Dans le cadre de la lutte contre la récidive, cette prison pilote permettrait à 120 détenus condamnés pour des peines inférieures à 5 ans (hors crimes sexuels et crimes de sang), de bénéficier d’un cadre de détention ouvert et axé sur la responsabilisation et la réinsertion par le travail.

Les détenus pourraient travailler dans un centre commercial adjacent ou dans l’établissement lui-même, pour des salaires « identiques à ceux de la vie normale » (NDRL : le smic en prison est inférieur de moitié au national). Ils disposeraient en outre de cellules individuelles sans barreaux dont ils auraient la clé. Dépourvu de quartier disciplinaire, l’établissement serait simplement entouré d’une double paroi grillagée.

Ce projet de « prison modèle » ou « expérimentale », pourtant révolutionnaire, n’a guère bénéficié de gros titres dans la presse, et n’a pas été vanté par l’équipe du président-candidat Nicolas Sarkozy au moment où les députés de la majorité ont voté la création de 24.000 places de prison supplémentaires dans les 5 ans à venir censées résorber le nombre de peines non exécutées !

Fort du soutien d’une moitié de sa population, le Maire de St-Julien-sur-Suran est un ardent défenseur du projet et tente de convaincre ses autres administrés de la validité de celui-ci. Le 11 mars prochain, les habitants trancheront par la voie d’un référendum municipal qui restera, dans tous les cas, purement consultatif.

Jusqu’à cette date, il devra venir à bout des réticences des « voisins »  de la prison qui, pour certains, ne voient pas d’un bon œil l’arrivée massive d’une « faune » suivie de la « meute » des copains venant les alimenter en drogue, quant d’autres, n’entendent pas être privés de leur petit paradis qu’ils sont venus chercher ici ! Ces derniers sont soutenus les syndicats des personnels ou des directeurs pénitenciers, ainsi que par quelques élus de communes adjacentes, agacés de ne pas avoir été consultés sur le sujet.

Le projet de Pierre Botton ressemble à s'y méprendre à la prison de l’île norvégienne de Bastoy, qui revendique le titre de première prison humaniste et écologique du monde à la sécurité minimale et au haut niveau des responsabilisation des personnes qui y sont détenues.

Souvenez-vous de la sanglante croisade de Behring Breivik, dans un Royaume meurtri, contraint de reconnaître l'impuissance de ses procédures pénales à juger une forme de violence jamais atteinte à ce jour. Si à l'image de la Norvège, les démocraties scandinaves se sont depuis longtemps tournées vers une prison qui mise sur l'éducation et la réinsertion, elles ont dans le même temps veillé à informer leurs populations en usant de leur transparence toute coutumière.

A l'échelle de notre pays, la prison expérimentale de St-Julien-sur-Suran s'apparente donc à cette prison idéale. Mais la France n'est pas la Norvège, et le regard que les citoyens norvégiens portent sur l'enfermement n'est en aucun cas comparable à celui de nos compatriotes. Il y a fort à parier que cette structure ne verra jamais le jour sous la pression d'une population hostile et du lobbying du tout carcéral. Elle est bien trop révolutionnaire et bien trop avant-gardiste.

 

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Incapables de trouver des formes alternatives à l'incarcération et de solutionner des conditions de détention jugées incompatibles avec la dignité humaine, il serait très étonnant que nous soyons en mesure de franchir le seuil psychologique de la barrière d'un « enfermement ouvert ».

Dans un pays comme le notre, fâché avec la concertation, la mise en chantier d'un tel projet nous renvoi à nos propres incohérences lorsqu'il s'agit d'aborder le douloureux problème de nos prisons. L'incapacité du législateur à définir le rôle premier de l'enfermement, le recours systématique à un échange convenu limité au Ministère de la Justice et à l'Administration Pénitentiaire (excluant les associations favorables aux détenus ou aux Droits de l'Homme) ou l'omerta volontaire entretenue auprès de nos compatriotes, aboutissent à un débat fermé, stérile, où les montagnes accouchent toujours d'une souris !

Comment y voir clair dans le jeu trouble joué par la France ? D'un côté on souhaite créer une structure moderne où les détenus jouiront d'une très grande liberté alors qu'au même moment, on renforce notre législation dans les structures existantes au gré des différents faits-divers et que nous restons sourd aux recommandations de divers organismes internationaux qui nous somment de nous mettre en conformité avec les RPE que nous nous entêtons à négliger.

Enfin, et c'est sans doute le plus important, de la même manière qu'aucune politique viable ne peut-être pensée sans que la population y trouve quelque bénéfice ou nécessité, comment imaginer transformer demain le rôle de nos prisons sans que celle-ci n'y soit directement associée ? Les français ont le droit de connaître l'état exact de nos prisons, l'utilité d'un enfermement, comment sont traités nos détenus et la manière par laquelle on compte demain réinsérer dans la société les personnes qui en sont jugées capables.

Pour y parvenir : il est nécessaire que des observateurs et des journalistes indépendants puissent y pénétrer sans l'intervention balisée de l'Administration Pénitentiaire, que nos Parlementaires usent avec beaucoup plus de régularité de leur droit constitutionnel à la visite des lieux de privation de liberté, que des réunions d'informations soient programmées afin d'associer la population aux évolutions possibles de notre législation et que notre Justice soit laissée libre et placée hors de portée de toute influence du pouvoir en place.

L'occasion de la campagne présidentielle est trop belle pour laisser les candidats écarter toutes ces questions. Mesdames, messieurs, le moment de vous interpeller serait-il arrivé ?...

A la manière de Claire France : « Qui se connaît une prison connaît aussi la liberté » .

21 novembre 2011

Pourquoi les journées nationales des prisons 2011 ?

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GROUPE NATIONAL DE CONCERTATION PRISON

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26 octobre 2011

Pourquoi je n’oublie pas mes prisonniers ?

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Courir après le temps et faire face à ses propres priorités est le quotidien du tout à chacun. Mes dernières semaines ont été bien occupées. Le travail et les obligations n’ont pas manqué. Pourtant, même si mes « pourquoi ? » se sont espacés, je n’ai rien oublié et surtout pas les combats auxquels je crois et le sort réservé aux prisonniers.

Non, mon silence contraint ne m’empêche pas d’entendre le discours du président de la République, déjà entré en campagne, qui redonne jeunesse à sa vieille rengaine de 2007 en accusant une fin de non recevoir aux délinquants et autres criminels. Le bilan de ses quatre années de présidence ne lui permet pourtant pas de se prévaloir d’une quelconque satisfaction.

Le chiffon rouge est une nouvelle fois agité en se bornant à constater la forme plutôt que d’agir sur le fond. Aucune réforme sur l’aménagement des peines, sur l’impérieuse nécessité de se préoccuper de la vie carcérale et du devenir des détenus une fois rendus à la société. Aucune réforme sur les conditions de détention, sur le suivi sanitaire, psychologique et psychiatrique des détenus. Aucune réforme concrète pour redéfinir le rôle de l’enfermement dans notre pays.

A l’heure où certains pointent du doigt les carences d’une Education Nationale en voie de décomposition, le Chef de l’Etat répond par l’ouverture promise de 30.000 nouvelles places de prison en France et en adoubant le rapport du Député Ciotti qui n’a pour seule vertu que de répondre aux angoisses par d’autres angoisses.

La cellule de veille citoyenne fait son travail mais, avouons-le, le temps manque à tous pour répondre point par point à l’avalanche d’inepties dont nous sommes abreuvés avec une constance déconcertante !

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Non, mon silence forcé ne m’empêche pas de penser à l’épée de Damoclès suspendue sur la tête d’Hank Skinner et de son épouse Sandrine. Le contre la montre est désormais bien avancé et, si la Cour d’Etat du Texas ou la Cour Suprême des Etats-Unis n’en décident pas autrement, n’écoutent pas les protestations qui s’élèvent de par le monde, le 9 novembre prochain Hank Skinner subira le même châtiment que Troy Davis il y a quelques semaines.

Les mêmes doutes et les mêmes interrogations sur une possible innocence d’Hank Skinner des faits qui lui sont reprochés, suffisent à nous glacer le sang. Lorsqu’il y a doute, le bénéfice de celui-ci doit en être rendu à l’accusé car une fois la sentence de mort exécutée, tout retour en arrière est impossible.

Quelques jours après avoir fêter les 30 ans d’abolition de la peine de mort dans notre pays, les nouvelles en provenance du Moyen-Orient ou des Etats-Unis doivent interpeller notre conscience humaine et ne jamais renoncer à dénoncer la barbarie du châtiment suprême. 

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Non, mon silence obligé ne m’empêche pas de penser à mon ami, appelons-le Bob, qui comme l’éponge maladroite qu’il est, absorbe la bêtise en refoulant le bon sens. Engagé j’ai été, engagé je demeure. La bataille n’est pas terminée. Il convient à tous de retrouver ses esprits et de puiser dans ses propres ressources. Lorsque la méthode employée donne des signes de faiblesse, on se rebrousse les manches et on recommence autrement ! A bon entendeur…

Enfin, comme un triste record, comme une cruelle révélation d’erreurs cumulées, mon silence de quelques temps ne me fait pas oublier que depuis le 1er janvier 2011, 79 détenus ont mis fin à leurs jours dans nos prisons.

A la manière de Bertolt Brecht : « Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu ».

08 novembre 2010

Pourquoi des détenus sauvent des vies ?

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L’univers carcéral véhicule une telle image sombre auprès du grand du public que l’on cherche rarement à y déceler des évènements heureux. Pourtant ce jeudi 4 novembre, trois détenus de la Maison d’Arrêt de Valence (Drôme) se sont illustrés d’une manière totalement inattendue.

En plein entrainement « encadré » pour le Marathon International de Canoë-Kayak des Gorges de l’Ardèche, l’équipage a aperçu une femme tentant de mettre fin à ses jours en se jetant dans le Rhône.

Dans un effort collectif, ces hommes ont pu sauver cette désespérée de la noyade et la ramener en sécurité sur la berge avoisinante où elle a été prise en charge par les pompiers. Ses jours ne sont pas en danger.

Le Vice-Procureur de Valence se penchera prochainement sur le dossier de ces trois détenus pour juger du rôle joué par chacun d’entres-eux dans ce sauvetage. Des remises de peine ne sont pas exclues pour acte de courage.

C’est une belle histoire et peut-être une chance pour ces trois hommes. Racheter sa faute par un acte de courage, qui dit mieux ?

Selon un passage du Talmud : « Qui sauve une vie, sauve le monde entier ».

23 juillet 2010

Pourquoi la prison continue-t-elle de tuer ?

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Depuis le 1er janvier 2010

71 détenus

ont mis fin à leurs jours ou sont décédés

dans des conditions suspectes dans les prisons françaises

139 détenus se sont suicidés en 2009

Ban Public

OIP section France

24 février 2010

Pourquoi le suicide en prison retrouve l'intérêt des medias ?

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Le suicide de Jean-Pierre Treiber ce samedi dans le quartier d'isolement de Fleury-Merogis a retenu l'attention des medias bien plus pour le statut particulier de ce détenu (assassin présumé de Géraldine Giraud et de sa compagne), que pour la sentence qu'il s'est infligé lui-même.

Selon le triste comptage réalisé par Ban Public, cette mort (par pendaison) porte à 21 le nombre de suicides dans les prisons françaises depuis le début de l'année 2010.

Du fait de son évasion spectacle à l'automne dernier, Jean-Pierre Treiber portait l'étiquette de DPS (Détenu Particulièrement Signalé) et donc placé sous surveillance accrue au sein du quartier d'isolement. La polémique concernant sa mort porte essentiellement sur le fait que Jean-Pierre Treiber n'était pas soumis à l'équipement réservé aux détenus potentiellement dangereux pour eux-mêmes.

Cet équipement dit « kit anti-suicide » se présente de la sorte : un matelas ininflammable, un pyjama à usage unique en papier et des draps indéchirables. Cette description omet de préciser que ces détenus n'ont pas le droit de porter de sous-vêtements, que le pyjama papier ne dispose d'aucun élastique et que, comme les draps, ne supportent aucun écoulement.

Les quartiers d'isolement accueillent les détenus placés sous statut DPS et ceux qui soumis à la punition suite à une mauvaise conduite au sein de l'établissement pénitentiaire.

Quelques points importants passés sous silence : les détenus DPS jugés trop dangereux pour eux-mêmes ou le personnel pénitentiaire, lorsqu'ils sont jugés trop agités, sont régulièrement calmés au moyen de traitements médicaux (euphytose ou antidépressifs) et entravés durant les nuits. Les entraves (bracelets de cuir + chaînes) sont placées aux mains et aux pieds des détenus.  

Cette polémique ne répond pas aux enjeux essentiels 

  • Un détenu qui souhaite mettre fin à ses jours trouvera toujours un moyen d'y parvenir. Ce rapport d'octobre 2000 signé par le Dr. Sophie Baron-Laforet confirme qu'en 10 ans la situation est restée au point mort.     
  • Plus de 60% des détenus qui mettent fin à leurs jours sont en attente de jugement.
  • Le personnel pénitentiaire est-il suffisamment formé pour gérer des caractères instables, en plus d'assumer une population carcérale de plus en plus nombreuse et de plus en plus violente ?
  • Quelles missions pour la prison d'aujourd'hui ?

Le suicide d'un jeune de 16 ans jugé fragile et incarcéré en EPM (Etablissement Pénitentiaire pour Mineurs) ce mardi 23 février, ainsi que celui d'un jeune détenu de 24 ans à Rennes le même jour, doivent amener l'Administration Pénitentiaire et le Ministère de la Justice à se poser l'ensemble des questions évoquées ci-dessus.

Mêmes les sujets les moins sexy ou les moins pourvoyeurs de voix doivent trouver des solutions. Cela impose de leur donner une résonnance minimum au sein du débât public. Cela impose forcément une volonté coordonnée de l'exécutif et du législatif. Cela impose obligatoirement des engagements fermes et du courage politique.    

22 octobre 2008

Pourquoi la santé s’arrête aux portes de la prison ?

barreau prison.jpgLa France est régulièrement épinglée pour les conditions de détention qu’elle applique à ses prisonniers. Le Conseil de l’Europe, le Commissaire Européen aux Droits de l’Homme ou les Nations Unies se sont régulièrement émus de ce fait, et cela ne semble pas effrayer les différents Gouvernements qui se succèdent puisqu’aucun signe d’amélioration n’est donné.

Outre la surpopulation carcérale et les questions liées aux aménagements de peine (bracelets électroniques), la carence majeure de nos établissements pénitentiaires reste celle de l’hygiène et de la santé de nos prisonniers.

Raphaëlle Besse-Desmoulières du Journal Le Monde, dresse aujourd’hui le constat d’une situation alarmante à travers son article : « En prison, le statut du détenu prime sur celui du malade »

Mieux vaut ne pas être malade en prison. C'est ce qui ressort d'une réunion de l'Académie nationale de médecine, organisée mardi 21 octobre à Paris, sur la santé en milieu carcéral. "Carences graves de l'hygiène, absence de permanence médicale la nuit et le week-end, transgression fréquente du secret médical, difficulté d'accès aux diagnostics et aux soins spécialisés…" : c'est ce qu'a déploré l'Académie dans ses conclusions à l'issue de deux heures de débat.

La loi du 18 janvier 1994, qui avait confié au service public hospitalier la santé des détenus, avait pourtant pour ambition d'offrir la même qualité et quantité de soins aux personnes incarcérées qu'aux personnes libres. Quatorze ans plus tard, force est de constater que ce n'est toujours pas le cas. L'Académie de médecine a donc tiré la sonnette d'alarme et demandé "l'application stricte et immédiate" de cette loi. "La prise en charge des détenus n'a toujours pas rejoint celle des autres citoyens. Le statut du détenu prime toujours sur celui du malade."

Invitée à faire part de son expérience, Sylvie Balanger, praticienne hospitalière à la prison de la Santé à Paris, a décrit "une population quart-mondisée". "Ce sont souvent des personnes issues de milieux défavorisés avec un niveau d'instruction très faible et en grande précarité", a-t-elle rapporté, en soulignant une augmentation de la demande des soins. Jean-Pierre Olié, psychiatre à l'hôpital parisien Saint-Anne, a également mis en avant "une fragilité psychologique et sociale" des détenus. Pourtant, l'Académie relève un suivi psychiatrique pendant la détention "insuffisant ou nul" et des soins mentaux "inadaptés face à une demande croissante". Un constat alarmant au moment où les prisons connaissent une inquiétante série de suicides.  Quant au suivi psychiatrique à la sortie de prison, il est "absent".

"Notre mission de service public auprès de cette population doit demeurer et être améliorée", a plaidé Sylvie Béranger, qui constate une réduction du budget et des effectifs des unités de consultations et de soins ambulatoires (UCSA). L'Académie nationale de médecine, dans ses conclusions, a réclamé "une concertation d'urgence" de tous les acteurs concernés afin que "des décisions soient prises en vue d'une amélioration immédiate" de la prise en charge sanitaire des détenus. Ces conclusions devraient être adoptées dans les prochains jours par l'Académie nationale de médecine.

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08 mars 2007

Prisons françaises : un nouveau rapport confirme la violence de certains surveillants

medium_prison.4.jpgLe meilleur moyen de ne pas laisser perdurer la vieille idée qui veut que les prisons françaises soient exemplaires et relèvent presque de la « colonie de vacances », impose que l’on rétablisse la vérité auprès des français, en parlant et en publiant des conditions de détention REELLES dans nos établissements pénitentiaires.

Les questions liées : à un manque total d’hygiène et à une négligence médicale et psychologique des détenus, ont déjà été traitées à de nombreuses reprises. L’odieux mensonge – à travers un silence complice - imposé par l’ensemble de la classe politique sur la formation et la « surveillance » des personnels pénitentiaires, à en revanche été survolé.

Je m’en étais fait l’écho auprès du Président Jacques Chirac il y a quelques mois, et mon « ultime conviction » avait été confirmée par le Commissaire Européen aux Droits de l’Homme quelques jours après, puisque ce dernier avait qualifié nos prisons comme avant-dernière du classement mondial « juste avant celle de Moldavie ».

Tous les candidats à l’élection présidentielle y sont allés de leur plan pour les prisons ou de leur constat d’amertume, mais la réalité est bien moins jolie, puisque une fois élus, nos Parlementaires qui soutiennent ces « plans » ne mettent jamais le moindre orteil en prison alors qu’ils y ont un accès illimité.

medium_prison_cellule.3.jpgLES FRANÇAIS DOIVENT SAVOIR QUE LEURS DETENUS SONT TRAITES COMME DES ANIMAUX EN PRISON !

Certains surveillants de prison dérapent très largement –e et trop souvent – de la mission de gestion des établissements qui leur a été déléguée à leur embauche.

S’ils doivent faire respecter le règlement interne de l’établissement, et doivent assurer la vie en collectivité des détenus, ils n’ont aucun droit ou pouvoir de justice. Comme dirait un certain Jacques Chirac : « j’ordonne, il exécute ».

Seuls les tribunaux de la République sont aptes à juger des préjudices subis par les victimes, et donc d’évaluer la sanction qui doit être infligée au contrevenant. La justice en France est toujours rendue au nom du Peuple !

Les surveillants de prison doivent vivre dans la crainte que leurs propres délits, leurs propres égarements, seront un jour clairement constatés et sanctionnés par ces mêmes tribunaux. Ils doivent s’en tenir à leur rôle et comprendre qu’ils n’honorent pas la France et la République , en se conduisant parfois comme des barbares.

Pour ma part, je ne pleure pas sur le cas des détenus. Les victimes et leurs familles payent souvent le prix de leur folie ou de leur inconséquence. Je n’ai pas à jugé des faits qui les ont conduits derrière les murs d’une prison, mais mon rôle de citoyen est de dénoncer celles et ceux qui prennent des libertés avec les valeurs sur lesquelles notre République repose.

LES LOIS S’APPLIQUENT A TOUTES ET A TOUS SANS AUCUNE DISCTINCTION. 

Françaises, français, lisez l’article ci-dessous et ne vous laissez plus abuser par des gens qui continuent encore et encore à vous faire croire, que tous les citoyens sont égaux devant le droit et la justice.

Maintenant, parlons aussi des droits et des devoirs de chacun en prison.

Régis Sada

 

medium_logo_liberation_journal.jpgAuteur de l’article : Jacqueline Coignard – Libération du 08/03/2007

Comme les policiers ou gendarmes, les surveillants de prison font l'objet de plaintes de plus en plus nombreuses auprès de la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS). Même si le mode de saisine de l'instance (via un député ou un sénateur) est encore moins évident pour un détenu. Dans son rapport 2006, publié aujourd'hui (lire ci-contre) et dont Libération dévoile l'essentiel, la CNDS donne un coup de projecteur sur ces plaintes contre l'administration pénitentiaire, qui représentent 14,9 % des dossiers reçus depuis 2001 (71 sur 474), et dresse une sorte de bilan de son action dans ce domaine.

«Complaisance». De 3 dossiers en 2001 (sur 19), on est passé à 22 en 2006 (sur 140), relate la commission. Dans la dernière fournée, 5 plaintes visent le seul centre pénitentiaire de Liancourt (Oise). Elles ont déjà fait l'objet d'avis extrêmement sévères de la part de l'instance, qui a réclamé des sanctions disciplinaires et pénales contre plusieurs surveillants de la maison d'arrêt ( Libération des 14 décembre 2006 et 22 janvier 2007).

Tabassages, humiliations... A Liancourt, un petit groupe faisait régner un «climat de terreur» sous la houlette du premier surveillant, B. C., qui «semble avoir exercé un pouvoir illégitime, arbitraire, de par la passivité, si ce n'est la complaisance, du directeur adjoint M. H.», écrit la CNDS.

Deux surveillants ont été suspendus en janvier, après avoir été condamnés par la justice (quatre mois de prison avec sursis pour violences). L'audience du 20 février devant leur instance disciplinaire a été reportée. L'administration pénitentiaire explique qu'elle attend l'issue de deux plaintes pénales visant d'autres surveillants pour statuer. Ce qui risque de prendre plusieurs mois. Dans l'un des cas, il y a eu mort d'homme : Olivier T., 32 ans, s'est pendu après un tabassage qui l'avait conduit à l'hôpital.

Tous les dossiers ne sont pas aussi lourds, mais la commission explique qu'en six ans, elle a traité douze décès (dont sept suicides, notamment en quartiers disciplinaires). Les réclamations concernent les maisons d'arrêt, plus nombreuses et peuplées que les autres établissements. Toutefois, la CNDS signale que le pavillon E2 de l'hôpital Pasteur de Nice (Alpes-Maritimes) a été l'objet de deux saisines, pour un problème récurrent : l'annulation d'examens médicaux, faute d'escorte pour accompagner les détenus.

Cantines. Autre source de tensions entre détenus et surveillants : la gestion des «cantines» (vente de produits, notamment alimentaires) est souvent défaillante, surtout dans les établissements récents, où elle est confiée à une société privée. Les fouilles de cellules ou les fouilles corporelles intégrales fournissent leur lot d'avis critiques. «M. X... a été mis à nu et fouillé, ce qui ne semblait pas s'imposer au regard des dispositions du code de procédure pénale.» La phrase revient sans cesse, et suggère que les surveillants utilisent le procédé pour brimer les détenus identifiés, à tort ou à raison, comme des fauteurs de troubles.

La CNDS évoque aussi les placements en cellule disciplinaire de détenus très malades, ou les abus du recours à l'isolement. Au chapitre «usage disproportionné de la force», elle se penche sur les interventions musclées des groupes d'intervention de la police ou de la gendarmerie nationale (GIPN et GIGN) et des bataillons de surveillants créés en 2003 : les Eris (équipes régionales d'intervention et de sécurité). Elle relève, par exemple, l'utilisation d'un pistolet à impulsions électriques (Taser) sur une détenue. «Cette intervention faisait suite à la dénonciation d'un prétendu projet d'explosion de sa cellule à l'aide de l'extracteur d'oxygène dont elle disposait pour des raisons de santé», commente la commission, qui regrette que personne n'ait pensé à privilégier la parole.

Représailles. L'envoi de ces unités casquées, bottées, encagoulées ne s'impose pas, non plus, pour changer de cellule un détenu agité, remarque la commission. Surtout sans avoir tenté d'identifier la raison de son agitation : de multiples transferts l'éloignant un peu plus de sa famille.

Un détenu qui saisit la CNDS peut-il faire l'objet de mesures de rétorsion ? C'est ce qu'affirme l'un d'entre eux, A. A., qui avait dénoncé des violences subies à Moulins, en 2003, à la suite d'une prise d'otage. Dans une nouvelle plainte, il dit essuyer commentaires, menaces et punitions injustifiées, de prison en prison.

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12:25 Publié dans Changer la prison en France ? | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : prison, france, justice, citoyen, détenu, police, cnds | |  Facebook