04 mars 2010
Pourquoi la tolérance à l'intolérance régresse ?
Louis Schweitzer, président de la Halde - France Inter
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"La tolérance aux discriminations diminue"
"Il y a un certain temps, on considérait que les discriminations c'était un peu normal (...), mais maintenant, la tolérance aux discriminations diminue et moi je trouve que c'est un progrès"
Louis Schweitzer - président de la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité (HALDE)
France Inter - 4 mars 2010
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29 janvier 2007
Pourquoi je suis heureux et soulagé de l’exclusion de Georges Frêche ?
Je ne le cache pas : après les valses hésitations de certains militants socialistes, après les premières déclarations de Ségolène Royal et avec une certaine connaissance des coulisses du PS, je n’étais pas convaincu que la Commission Nationale des Conflits du PS prendrait la décision évidente de mettre Georges Frêche à la porte du Parti Socialiste.
Ce « baron » local, clientéliste et démagogique à souhait, tenait dans ses mains le destin de la quatrième Fédération socialiste de France. Durant des années, il usait de ce pouvoir local pour arroser les uns et les autres, pour faire taire toute contestation et asseoir ainsi son pouvoir.
Ce droit était visiblement pour lui « divin ». Un droit divin qui lui permettait de franchir régulièrement la ligne jaune de la parole vexante, de l’insulte et de la discrimination flagrante.
Mais les temps ont changé, des lois ont été votées et les citoyens sont désormais « protégés » contre les débordements et les égarements verbaux de quelques iconoclastes vieillis physiquement et mentalement.
Cette exclusion de Georges Frêche sonne pour moi comme une victoire. Le PS a grandi car cette décision a été le fruit des milliers de motions votées dans les sections locales, des pétitions signées dans les fédérations et des dénonciations sur le net. Georges Frêche a été abattu par les militants de la base eux-mêmes.
Bien sûr, vous trouverez encore quelques-uns de ses soutiens à Montpellier. Ce sont généralement des gens qui ont accepté de faire allégeance au grand « Georges ». Ils doivent se sentir très mal depuis samedi, car le boss s’est fait décapité.
Par son comportement et ses propos, Georges Frêche n’était plus digne d’être socialiste. Comment un parti pouvait-il accepter plus longtemps que l’un de ses représentant salissent celles et ceux que ses camarades entendent protéger et représenter dès cette année ?
Comment justifier des propos infâmes qui frôlaient les thèses défendues par l’extrême-droite ? Le PS n’avait pas d’autre choix que de mettre à la porte cet élu indigne. Reste à mettre au pas ses soutiens locaux du Conseil Régional de Languedoc-Roussillon, afin qu’ils se choisissent un autre Président plus digne. Les verts et les Communistes locaux ont également soutenu le « Baron de Septimanie ».
Je suis un défenseur de la liberté d’expression. Mais la liberté d’expression doit être limité quant des mots peuvent porter atteinte à la dignité d’autres citoyens. Je pense beaucoup de choses des gens que je déteste. Si j’en parle en privé, je m’abstiens de le faire en public.
Les lois existent pour tous. Les élus comme les autres doivent être exemplaire dans leurs propos. Georges Frêche a été condamné par la justice et par son parti, reste à l’UMP à entrevoir la possibilité de passer le balai dans ses travées. Vu les récentes condamnations, les candidats au départ ne manquent pas.
Bonne retraite à Georges Frêche, loin des caméras et des français…
Régis Sada
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30 novembre 2006
Pourquoi les discriminations ?
Je vous invite à la lecture de cette information très intéressante sur le mal-être ressenti par les adolescents. Ils estiment à juste titre qu’ils sont plus souvent victimes d’insultes vexatoires que d’injustice sociale.
J’entends souvent parler d’éducation, de travail et de valeurs familiales de la part de nos élites politiques. Ces gens qui vivent hors des réalités des français d’en bas, oublient sans doute que les gens aspirent avant tout à vivre leurs différences dans un climat de respect réciproque.
Je suis favorable à un renforcement des sanctions pour un manquement d’éducation des parents vis-à-vis de leurs enfants, et à une Ecole qui porte des valeurs civiques et citoyennes au-delà du simple savoir.
Si nous voulons construire demain une société plus juste, plus égalitaire, il est indispensable que nous disposions d’un socle commun où chaque citoyen trouve sa place.
Si je suis aussi touché par cette enquête, c’est sans doute que je ressens aujourd’hui le poids des difficultés que j’ai cumulé – comme beaucoup d’autres – durant mon enfance : milieu modeste, obésité et….homosexualité.
Le seul moyen d’avancer, c’est d’accepter des différences et d’apprendre à nos enfants que pour être respecté, il faut savoir respecter les autres.
La souffrance morale est souvent plus dure à surmonter que la souffrance physique. Si le suicide reste l’une des première cause de mortalité des plus jeunes, c’est aussi parce qu’à un moment de leur existence, ils se sont sentis oubliés de cette société et de cette République.
Les enfants sont méchants entres-eux paraît-il, les adultes aussi…
Une prise de conscience générale est indispensable dès maintenant. Les mots tuent aussi….parfois.
Dans les sources de conflit relationnel, les jeunes mettent davantage l'accent sur les vexations, moqueries ou insultes, visant notamment leur apparence physique, que sur les injustices ou les droits qui leur sont refusés, selon l'étude d'un chercheur associé à l'Insee.
Les jeunes se sentent plus souvent victimes de "stigmatisations" que d'"injustices", précise Olivier Galland, chercheur au CNRS, dans son étude tirée d'une enquête de l'Insee "Histoires de vie". Les jeunes invoquent plus souvent des motifs liés à l'apparence que ceux ayant trait à leur situation économique et sociale.
"La construction d'un style où l'apparence physique et vestimentaire tient une grande place, est devenue une composante essentielle de l'identité de beaucoup d'adolescents", souligne l'étude, en précisant d'entrée de jeu qu'il ne s'agit pas de mesurer objectivement les discriminations subies, mais d'étudier les réponses à une série de questions sur les "relations avec les autres".
Les jeunes, spécialement entre 12 et 15 ans, font preuve d'une sensibilité particulière aux "moqueries" et aux "insultes", dont 65% de celles qui ont "eu des conséquences" ont été proférées à l'école.
Les faits plus graves, mais aussi plus rares, comme subir une injustice ou se voir refuser un droit, sont ressentis plus tard --dans la jeunesse plutôt que dans l'adolescence-- et ont beaucoup moins souvent (deux fois moins environ) l'école ou l'université pour cadre.
Les femmes de 18-30 ans se disent beaucoup plus victimes (40,2%) que les hommes du même âge (27,5%) de moqueries ou d'insultes. Les proportions tombent respectivement à 17,2% et 17,3% pour les plus de 30 ans.
Les premières causes de stigmatisation évoquées -corpulence ou taille, façon de s'habiller- sont surreprésentées chez les jeunes par rapport aux adultes. Corpulence ou taille ainsi que "look" sont ainsi cités par 23% des jeunes (9% d'adultes).
19% des filles se disent moquées pour leur physique contre 12% pour les garçons. Les normes physiques sont différentes, voire opposées, pour les garçons et les filles: ce sont les jeunes filles corpulentes qui se plaignent le plus de remarques sur leur physique tandis que, côté garçons, ce sont les petits et les maigres.
L'étude souligne aussi que les jeunes ayant subi "des moqueries ou des brimades relatives à leur apparence physique" vivent plus souvent seuls que les autres jeunes (18% sont dans ce cas, contre 13% de ceux qui déclarent avoir connu d'autres types de stigmatisations ou discriminations).
Par ailleurs, l'enquête confirme que les tensions identitaires liées à l'apparence vestimentaire sont plus aiguës parmi les jeunes ayant vécu en cité.
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