16 décembre 2011

Pourquoi chaque voix construit la France ?

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Comme chaque année à pareille époque, il est de bon ton de penser à l’organisation de ses réveillons, des cadeaux qui viendront s’agglutiner au pied du sapin ou des associations à qui il est encore temps de faire don pour bénéficier d’un maigre avantage fiscal en 2012.

La période des fêtes de fin d’année est toujours propice à quantité d’obligations, à un point tel que l’on en oublie souvent l’essentiel : s’inscrire ou se réinscrire sur les listes électorales !

En 2012 auront lieu les élections présidentielles et législatives qui dessineront le destin de la France jusqu’en 2017.

Vous avez jusqu’au 31 décembre 2011 pour procéder à votre inscription en vous rendant à la Mairie de votre lieu de résidence ou en vous connectant sur le site internet dédié à cette occasion.

Chaque voix construit la France !

A la manière de Pierre Desproges : « L’adulte ne croit pas au père Noël. Il vote ! ».

22 mars 2010

Pourquoi la vraie victoire du 21 mars 2010 n’est pas due aux régionales ?

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Si la victoire aux élections régionales de la Gauche Solidaire -nouvellement nommée- a sévèrement douché les ardeurs d'une UMP trop sûre de sa bonne parole, le score par K.O. de 23 régions contre 3 ne constitue pas la vraie victoire de ce 21 mars 2010.

Non, le score important qu'il faut retenir c'est celui de 219 contre 212 ! Ces 219 voix sont celles des Représentants américains qui ont permis l'adoption de la nouvelle couverture santé universelle offerte par le Président Barack Obama aux millions de ses concitoyens qui en été privés jusqu'ici.

Comme une coïncidence de l'Histoire, Nicolas Sarkozy avait ironisé il y a quelques mois sur le fait que le Président américain était jugé sur l'adoption d'une seule et unique réforme alors que lui-même devait l'être sur une multitude. Au moment où le Congrès américain adoube la politique conduite par Obama, le Peuple français inflige une sévère correction à celle menée par son Président !

Lorsqu'un pays comme les Etats-Unis importe une réforme aussi emblématique et ancrée d'un vieux pays comme la France, c'est le signe que rien n'est perdu et que nous n'avons pas toujours passé notre temps à oublier de penser. Là où il y a de la vie : il y a de l'espoir.

A la manière de Pierre-Joseph Proudhon : « Toute société se forme, se réforme ou se transforme à l'aide d'une idée ».

10 mars 2010

Pourquoi les élections régionales ?

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Les 14 et 21 mars prochains se dérouleront les élections régionales. Ces scrutins sont les dernières consultations d'importance avant les élections présidentielles de 2012.

Souvent utilisées comme arme de contestation populaire contre le pouvoir en place, chacun doit garder en conscience que les majorités qui sortiront au soir du 21 mars 2010 influencerons le devenir des régions avant celui de la France.

Une fois de plus, nous serons nombreux à regretter que la campagne menée par les états majors politiques se caractérise par un déballage incessants d'insultes et de provocations. Une campagne qui ne répond pas aux enjeux des territoires et des citoyens.

Une campagne où la calomnie l'a emporté sur le reste, à l'image de ce que chacun à pu lire ou entendre en Ile de France avec le triste exemple de l'affaire Ali Soumaré. Ces pratiques ne grandissent pas la démocratie, salissent la République et favorisent soit les extrêmes, soit l'abstention.

A chaque scrutin son enjeu. Voter est un droit. Voter est le devoir de chaque citoyen. Ne laissez pas aux autres le soin de décider pour vous.

A la manière de Thucydide : « un homme ne se mêlant pas de politique mérite de passer, non pour un citoyen paisible, mais pour un citoyen inutile ».

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07 juin 2009

Pourquoi l'Europe mérite notre vote le 7 juin 2009 ?



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28 mai 2009

Pourquoi un OUI ou un NON à la Turquie Européenne ?

 

 

 

 

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Pourquoi l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne s’est invitée dans la campagne des Européennes ?

euroturquie.JPGA l'occasion de la sortie du livre de Michel Rocard « Oui à la Turquie ! » en septembre 2008, j'ai clairement apporté mon soutien à l'ancien Premier Ministre de François Mitterrand.

Le 7 juin 2009 les français comme tous les européens seront appelés à désigner leur représentants au Parlement Européen. Un sujet est revenu sur le devant de la scène par les gesticulations ostentatoires de Philippe De Villiers et de Marine Le Pen sur le sort de l'adhésion de la Turquie à L'Union Européenne.

Si toute la droite et le MoDem s'accordent sur un refus clair à cette adhésion potentielle, le plus gênant vient de toute la gauche qui répond à la question par une autre question ou qui souhaite ne pas prendre de position très nette avant le scrutin des européennes.

Entre mythes et réalités, le magazine L'Express publie un détail de ce qu'est la Turquie d'aujourd'hui. Cette étude n'est pas inutile au moment où notre Président de la République Nicolas Sarkozy a créé un incident diplomatique avec la Suède (qui présidera l'UE dès le 1er juillet 2009), suite aux déclarations de son Ministre des Affaires Etrangères Carl Bildt qui avait déclaré au Figaro que : « L'U.E. a besoin de la Turquie pour peser dans le monde ».

 

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Turquie, entre fantasme et réalité - L'Express - Audrey Stiti - 22/05/2009

La Turquie est un pays laïc.

VRAI, mais la laïcité turque n'est pas identique à la laïcité française. En Turquie, la laïcité consiste à contrôler le champ religieux pour éviter les dérives. Il ne s'agit pas comme en France de séparer totalement les affaires de l'Etat des affaires religieuses mais plutôt d'encadrer strictement la pratique des cultes. "En réalité, la laïcité turque se rapproche de la laïcité française telle qu'on la concevait à l'époque de Napoléon III", explique Thierry Zarcone, écrivain spécialiste de l'islam.

La Turquie est un foyer du terrorisme.

FAUX, car même si la Turquie "est un pays à forte signature musulmane", elle reste pour l'instant hermétique aux courants islamistes radicaux. Elle n'abrite pas, comme l'Afghanistan ou l'Arabie Saoudite, de groupuscules intégristes ni ne forme de combattants du djihad.

La Turquie est européenne.

VRAI et FAUX. Au niveau géographique, la Turquie représente un pont entre l'Europe et l'Asie, où se situe la plupart de son territoire. Pourtant, sa région européenne (la Thrace, au nord-ouest du Bosphore) reste le coeur économique du pays avec la présence de grands centres urbains comme Istambul. De par son histoire, la Turquie a également un pied dans l'Europe - mythique cité de Troie, échanges culturels et scientifiques, diffusion des courants révolutionnaires européens, etc.

La Turquie est une grande puissance militaire.

VRAI. Depuis la chute de l'Iran et la guerre en Irak, la Turquie possède l'armée la plus puissante de la région. Mais sa capacité d'action reste bien inférieure à celle des armées américaine, britannique ou même israélienne. Pour l'instant, la Turquie respecte le Traité de non-prolifération des armes atomiques et ne possède pas la bombe nucléaire.

La Turquie ne respecte pas les droits des femmes.

VRAI et FAUX. Malgré d'évidentes inégalités entre les sexes, les femmes turques bénéficient depuis une dizaine d'années d'une évolution de leur statut. En 2007, une réforme du code civil a été lancée afin de mettre fin au statut exclusivement masculin du chef de famille. Dans les grandes villes, les femmes ont adopté un véritable mode de vie à l'occidental. Mais leur situation reste encore inquiétante dès qu'on s'éloigne des zones urbaines.

Il n'y a pas de liberté d'expression en Turquie.

FAUX. La Turquie est l'un des seul pays de la région où coexistent véritablement pluralisme politique et élections démocratiques. Plusieurs médias (TV, radio, presse, web) exercent librement  leur rôle d'information et d'opposition au pouvoir en place. Cependant, quelques sujets sont sous contrôle, comme les critiques sur Attatürk ou le débat sur l'Arménie.

En cas d'adhésion à l'UE, le vote de la Turquie deviendrait déterminant.

VRAI, car aujourd'hui le nombre de sièges accordés à chaque Etat au Parlement européen est défini en fonction de leur population. Depuis la création de l'Union Européenne, l'Allemagne et la France bénéficient  du plus grand nombre de sièges (respectivement 99 et 72). Mais avec une population de 71 millions d'habitants (soit 1/6 de la population totale de l'UE), la Turquie devrait théoriquement peser lourd sur les votes et décisions du Parlement.

Les crimes d'honneur sont encore fréquents en Turquie.

VRAI. Les crimes dits "d'honneur" sont encore nombreux dans les zones rurales et dans les quartiers déshérités des grandes villes. Pourtant, depuis 2005 et sous la pression de l'UE, le nouveau code pénal turc n'accorde plus systématiquement de circonstances atténuantes aux assassins ayant commis ces crimes. Depuis dix ans, plus de 300 femmes sont mortes pour avoir "déshonoré" leur familles ou leur époux.

La Turquie est en guerre avec Chypre.

FAUX. Depuis 1974, une "ligne verte" scinde l'île en deux républiques distinctes et rivales: au nord, la République autoproclamée turque de Chypre, au sud, la République Indépendante de Chypre, que la Turquie refuse de reconnaître officiellement. Ne pouvant intégrer une Union européenne dont elle ne reconnaît pas l'un des membres, la Turquie a entamé depuis 2008 une série de négociations en vue d'une reconnaissance.

 

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26 mai 2009

Atelier des Idées : 3 grandes priorités pour les élections européennes

 

3 GRANDES PRIORITES POUR LES ELECTIONS EUROPEENNES

choisir la decroissance europe puteaux.jpg1- CROISSANCE VERTE ET DECROISSANCE SELECTIVE

L'Union européenne est le meilleur lieu pour marier croissance verte et décroissance sélective.

En France, 80% de la législation environnementale provient du droit communautaire...et cet espace politique et géographique peut et doit jouer un rôle crucial pour sortir le moins mal possible de ce carrefour de crises où nous sommes englués...

C'est à Strasbourg et à Bruxelles que se joue une grande partie de notre avenir. La responsabilité de celles et ceux que nous enverrons nous représenter est immense... Chacun doit s'astreindre à un diagnostic rigoureux pour clairement trancher sur la question de savoir s'il faut changer le système ou de système. Si, dorénavant, c'est bien l'épanouissement du genre humain qui doit cristalliser toutes les décisions politiques et non plus le profit, l'accumulation et le toujours- plus... La pyramide de complexité et la gravité des menaces nous obligent à ne pas nous accommoder de recettes éculées, de vulgaires corrections de trajectoire...

La croissance verte ...donne l'illusion qu'on pourrait remplacer une expansion par une autre...

Comment prospérer sans croître ? Là est l'équation écologique...

Y a-t-il une alternative entre la décroissance subie ou non dite, comme l'est la récession actuelle, et la décroissance conduite ?...

Peut-être la croissance sélective doublée d'une décroissance choisie est-elle l'ultime voie ? Un nouveau chemin où l'on procède individuellement et collectivement à des renoncements et à des acquiescements. Un tri rigoureux pour nous mobiliser sur l'essentiel et passer du maximum à l'optimum...

La sobriété et la régulation, qui vont de pair, sont une exigence des stratèges de la paix. Raison de plus pour revenir à la noblesse de l'économie. Une économie qui change de boussole et qui n'attribue plus de la valeur qu'au seul argent ou biens produits, mais aussi et surtout aux hommes et à la nature.

Et dans cet impératif, le poids de l'Europe est essentiel et, dans l'Europe, aux fondements désespérément ultralibéraux, les ambassadeurs d'une économie qui protège sans concession et qui distribue équitablement sont indispensables. Cherchez-les. Ils existent.

Extraits d'un article de Nicolas Hulot, Président de la Fondation pour la nature et l'homme. Journal Le Monde du 14/05/2009.

Observation :

L'idée selon laquelle  80% des règles juridiques qui s'appliquent en Europe seraient d'origine communautaire est à nuancer. S'il est indéniable que les règles de coordination (ou d'harmonisation, correspondant aux principes généraux de la jurisprudence communautaire) ont tendance à accroître leur champ constamment, la décision et la substance des règles précises restent du ressort national. (Jean-Claude Barbier).

 

anti corruption_puteaux.jpg2. LUTTE CONTRE LA CORRUPTION

Aujourd'hui les enquêteurs sont limités à leur territoire national alors que la criminalité financière est internationale. L'Union européenne doit se contenter d'agir avec l'Office européen de lutte anti-fraude qui n'est que l'embryon d'un organe  d'enquête. Il n'existe pas de parquet européen.

Une justice supranationale doit donc être instaurée. Un procès contre la France, par exemple, se déroulerait devant les tribunaux français mais resterait hors du parquet français.

L'Europe dispose d'un Tribunal des Droits de l'homme, et la grande corruption peut être assimilée à une violation des droits de l'homme.

Il est donc concevable de créer également un tribunal européen chargé de la criminalité économique transfrontière.

La volonté politique de lutte contre les paradis fiscaux est faible, parce que les liens financiers sont très forts entre le pouvoir et le capital. En 2007, en France, il y a eu 120 ouvertures d'instructions financières et en 2008, 26 ouvertures ! Les Anglais et les Luxembourgeois accepteront difficilement la réforme du système dont ils sont bénéficiaires...

Au niveau international, il faut fermer les paradis fiscaux où les personnalités corrompues cachent leur butin.

En Islande, pays ruiné par la crise, Eva Joly vient de constituer une équipe de vingt enquêteurs à laquelle vont se joindre des experts internationaux pour comprendre comment les banques opèrent dans le monde. Ce « laboratoire » aura des conséquences étendues.

Il ne semble plus possible, cependant, « d'instruire contre le pouvoir à très haut niveau, y compris dans des pays démocratiques. Le pouvoir finit toujours par ne plus tolérer les intrusions qui le menacent ».

Extraits de l'entretien avec Eva Joly. Télérama du 15/04/2009.

 

longue marche europe sociale_puteaux.jpg3. RETOUR A L'EUROPE SOCIALE

La construction européenne fut une œuvre de paix et de réconciliation. Ses fondateurs ont choisi  l'économie comme outil principal, mais la construction économique ne s'est pas accompagnée d'une protection sociale, de politiques sociales communes et unifiées, dans les domaines de l'emploi, de la redistribution, de l'éducation, de la justice sociale, de l'immigration, de l'accueil des étrangers...

En 2009, ce sont les variétés nationales qui dominent la scène d'une solidarité européenne en gestation.

Les suédois, les danois, les norvégiens ont construit des programmes de protection sociale à orientation universelle et majoritairement égalitaire, alors que les allemands et les français ont construit des systèmes de solidarité différenciés selon les professions et les statuts.

La protection sociale suppose deux conditions de possibilité :

  • le sentiment que la redistribution et l'allocation des prestations et services est légitime et juste,
  • le sentiment qu'elles s'insèrent dans une réciprocité généralisée.

Ces conditions sont étroitement dépendantes des cultures politiques différentes des 27  états membres qui s'expriment en 23 langues.

Par exemple, les mots underclass, exclusion, social inclusion, marginalidad, marginalisering, unterschicht qui se rapportent à des politiques nationales complexes ne peuvent se ramener à un seul mot collectif de la langue anglaise. Passer de politiques sociales singulières à une politique sociale « universelle » exige une nouvelle communication, plus profonde, au niveau européen.

De 1986 à 2003, des décisions communautaires ont été prises :

  • tous les pays ont adopté une prise en charge collective des risques associés à la maladie,
  • le rôle des négociations entre partenaires sociaux a été institutionnalisé,
  • les fonds structurels ont été doublés et concentrés sur des zones identifiées,
  • l'égalité des hommes et des femmes a été approuvée,
  • les principes de la sécurité et l'hygiène des travailleurs ont été définis...

La méthode ouverte de coordination (MOC) s'est révélée efficace.

Jacques Delors, Allan Larsson (PS scandinave) et Jean Claude Juncker (Luxembourg), par exemple, en furent des artisans.

De 2004 à 2009, l'économie est redevenue prioritaire et l'Europe sociale a stagné, à partir  de l'échec de 3 référendums (Pays-Bas, France et plus tard, Irlande), à partir de l'élargissement à 27 états et de la domination des adeptes du « tout économique », dont José Manuel Barroso, l'actuel Président de la commission européenne.

Une harmonisation supplémentaire communautaire et une solidarité accrue de la redistribution entre les états membres exigera la construction d'un idiome politique multilingue qui ne peut être l'anglais international. Il s'agit d'un renversement des priorités, à la fois en termes de contenus (formation aux humanités et aux langues) et en terme de destinataires (les moins qualifiés, les plus démunis). Cela suppose de rompre avec la portion congrue faite aux politiques culturelles. La participation politique étant nécessaire pour tous les citoyens européens, il convient de tout faire pour qu'ils puissent apprendre de plus en plus de langues étrangères. C'est la condition pour qu'un espace politique de niveau fédéral puisse commencer à se matérialiser. Il faut des passeurs partout. La visée de l'éducation dans les langues doit être effectivement universelle et impliquer tous les élèves, sans oublier les sections professionnelles. La multiplication des personnes pouvant faire de la politique dans plusieurs pays et dans plusieurs langues est la nouvelle condition pour une politique sociale européenne.

D'après Jean-Claude Barbier, directeur de recherche au CNRS, « La longue marche vers l'Europe sociale ».

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25 mai 2009

Pourquoi les élections européennes ne tombent jamais au bon moment ?

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Dans son édition du jour, le journal Le Monde retrace les couacs survenus au moment des élections européennes depuis 1979 à nos jours.

Moi qui me plaignais ce matin même d'une morne campagne, cet article est venu confirmer mes craintes sur une abstention record le 7 juin prochain !

« L'Europe, ça ne tombe jamais bien ! » Arnaud Leparmentier - Le Monde 25/05/2009

 

1979 : MITTERRAND ET CHIRAC EN EMBUSCADE

« Pour la première fois, les députés du Parlement européen sont élus au suffrage universel. Le président Valéry Giscard d'Estaing l'a voulu, les gaullistes en contestent le principe. En vain. Ils crient à la trahison et prédisent que le Parlement va s'ériger en Assemblée constituante. Cette première campagne est la seule où l'on parlera d'Europe. Violemment parfois.

L'affrontement entre gaullistes et fédéralistes, partisans des Etats-Unis d'Europe, est délétère. Dès décembre 1978, Jacques Chirac dénonce dans son appel de Cochin la "voie paisible et rassurante" du "parti de l'étranger" et "l'inféodation de la France" qui se prépare. »

 

1984 : COLÈRES FRANCO-FRANÇAISES

« L'Europe va repartir, mais nul n'en a conscience. Ce sont les heures sombres de l'"eurosclérose". La Communauté est bloquée par la querelle sur la contribution britannique au budget européen. "I want my money back", martèle le premier ministre britannique, Margaret Thatcher. L'affaire ne sera résolue qu'au conseil européen de Fontainebleau... huit jours après les élections.

"L'année 1985 sera dramatique", prédit, à tort, Simone Veil, qui conduit une liste d'union RPR-UDF. En réalité, François Mitterrand a fait le choix de l'Europe en 1983 : il est resté dans le système monétaire européen.»

 

1994 : GUERRE ET GUÉGUERRES

« La vraie bataille sur l'Europe a eu lieu deux ans plus tôt, lors du référendum sur le traité de Maastricht, ratifié in extremis par les Français. Les élections sont une répétition sans risque. Il s'agit de compter les eurosceptiques, alors que la monnaie unique, prévue par le traité, semble encore lointaine. C'est la première victoire du souverainiste Philippe de Villiers, qui engrange 12,4 % des voix.

L'Europe désabusée est incapable d'empêcher la guerre qui déchire les Balkans, tandis que la cohabitation (entre François Mitterrand et Edouard Balladur pour l'exécutif, entre Jacques Chirac et Edouard Balladur au RPR) affadit les débats. »

 

1999 GUERRE ET AFFAIRES

« Cela aurait dû être le triomphe de l'Europe rose. Le premier ministre socialiste, Lionel Jospin, organise à Paris un meeting avec ses homologues, le Britannique Tony Blair, l'Allemand Gerhard Schröder et l'Italien Massimo d'Alema. Mais il s'agit d'une fausse unité, le socialisme français étant bien éloigné du New Labour.

La guerre du Kosovo écrase les débats et force à l'unité nationale en période de cohabitation avec Jacques Chirac. Après l'échec du traité d'Amsterdam sur les institutions, la campagne porte sur le nécessaire approfondissement de l'intégration européenne avant son élargissement. »

 

2004 TROP TÔT ET TROP TARD

« L'élection arrive trop tôt et trop tard. Trop tard, parce que l'élargissement aux pays de l'Est a eu lieu, le 1er mai 2004, sans qu'on demande leur avis aux Français. Trop tôt, parce que la vraie bataille aura lieu en 2005 avec le référendum sur la Constitution européenne. A cette époque, les Français ne se sentent plus chez eux en Europe. Ils se sont retrouvés minoritaires dans leur opposition à la guerre en Irak. Ils maugréent sur les pays de l'Est tout en ayant mauvaise conscience. Le ministre des finances, Nicolas Sarkozy, dénonce l'octroi d'aides régionales aux pays qui pratiqueraient le dumping fiscal, tandis que le PS a adopté pour slogan "Et maintenant, l'Europe sociale".

Nul n'a remarqué la directive sur la libéralisation des services qu'a présentée un an plus tôt un commissaire néerlandais inconnu : Frits Bolkestein. Ce n'est que dans la campagne référendaire sur la Constitution qu'éclatera la polémique sur le "plombier polonais". »

 

2009 ENCORE RATÉ !

« Trente ans après 1979, la campagne pourrait porter de nouveau sur l'Europe. Le Parlement va voir ses pouvoirs encore renforcés par le traité de Lisbonne, tandis qu'il faut réinventer le modèle européen de l'après-crise. Le débat est atone, non faute d'enjeux, mais parce que la gauche social-démocrate est si mal en point en Europe que peu d'observateurs croient à la possibilité d'une prise de pouvoir politique du Parlement qui empêcherait la reconduction du président de la Commission sortante, José Manuel Barroso. »

 

Alors ça donne pas envie d'aller voter tout ça ?

Régis Sada

 

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Pourquoi une campagne indigne pour les élections européennes ?

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Dimanche 7 juin 2009 la France s'apprête à connaître un triste record : celui de l'abstention ! Selon les dernières estimations connues à ce jour seuls 46 % des français devraient participer à cette consultation pourtant essentielle pour l'avenir de l'Europe.

A quoi ou à qui doit-on faire supporter le poids de la lourde responsabilité de cet échec annoncé ?

Tout d'abord à l'idée défendue depuis plusieurs décennies qui veut que l'Europe n'intéresse pas les français puisqu'ils la juge bien trop éloignée de leurs préoccupations nationales.

Cette idée est bien entendue totalement infondée puisque chacun sait que les deux scrutins qui recueillent les « suffrages » des français restent les municipales et les élections présidentielles. Tous les autres scrutins apparaissent donc comme secondaires pour les électeurs.

L'Europe a pris de plus en plus d'importance dans notre vie politique nationale et les medias ne manquent jamais de rappeler que nombre de décisions se prennent désormais à Bruxelles et à Strasbourg.

Une Europe étrangère aux français : l'argument ne tient pas !

Certains pensent que le scrutin interrégional -censé rapprocher les élus de leurs électeurs- a fait fuir les français. Là ce n'est pas faux. Le spectacle donné qui veut que l'on case les copains au Parlement Européen où que l'on offre un placard doré à ses meilleurs ennemis n'y est pas étranger. L'idéal européen : on se le met où tout le monde le pense ! L'UMP et le PS tiennent la tête d'affiche sur ce point.

La seconde option, la plus probable, c'est la responsabilité directe de nos partis politiques. Aucun n'a jamais pris soin d'expliquer l'Europe aux français autrement que pour leur expliquer que la majeure partie des contraintes qu'ils vivent proviennent d'une Europe mal gérée, donc coupable de tous les malheurs qui les frappent.

Il est relativement difficile de faire venir les électeurs en masse alors que l'on a passé son temps à estimer que le « machin » ne sert à rien !

Gavé de ces mauvais élus qui placent leur confort personnel et celui de leurs partis avant l'intérêt de leurs compatriotes, mon vote du 7 juin traduira une envie d'élus qui ne me parlent pas simplement d'Europe lors de ces élections et qui vont siéger à Strasbourg comme leur charge leur impose de le faire. C'est ma vision d'un vote efficace...

La campagne européenne de 2009 détient la palme de la médiocrité. Comment ne pas le penser alors que les intervenants politiques ont centré leur discours sur des thématiques nationales en tapant tantôt sur Nicolas Sarkozy, tantôt sur des discours que jugés trop utopiques ? A un point tel que le mot même d'Europe a été occulté !

Au moment où la campagne officielle s'ouvre et que la date du scrutin pointe le bout de son nez, les partis redoutent une abstention record qui pourrait réserver quelques mauvaises surprises quant aux résultats au soir du 7 juin.

Il devrait être des rendez-vous électoraux qui font unanimité. Les élections européennes ne devraient pas être prises en otage des combinaisons partisanes et des intérêts nationaux.

L'Europe n'est plus un simple idéal commun. C'est aujourd'hui une communauté de 500 millions de citoyens qui offrent une diversité unique dans le monde. C'est une monnaie commune. C'est un repère pour les nouvelles générations. C'est le rêve de ses pères fondateurs qui ont misé sur une paix durable et prospère pour notre continent.

Souhaitons que le 7 juin 2009 ne soit pas un copié-collé de ce triste dimanche du 29 mai 2005 où les français avaient voté massivement NON au référendum sur le projet de Traité Constitutionnel. Une grave erreur de jugement à mon sens. Après des mois de vrai débat démocratique, ils avaient lourdement sanctionné leurs dirigeants en prenant l'Europe comme échappatoire de leurs problèmes nationaux.

L'Europe mérite un vrai débat. L'Europe mérite notre vote !

Régis Sada

 

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09 octobre 2008

Pourquoi la gauche ne convainc plus les français ?

logo ps inversé.JPGA à un peu plus d’un mois du prochain Congrès du PS qui se déroulera à Reims, le magazine Marianne publie un article qui doit une nouvelle fois attirer l’attention des responsables du PS et au-delà, de la gauche toute entière.

Malgré la crise financière, des « réformes » qui tardent à montrer leur efficacité et une façon de faire de la politique qui ne varie guère avec les bonnes vieilles habitudes nationales, la majorité présidentielle et parlementaire ne semble pas sombrer dans le cœur et le vote des français.

Aux socialistes béats qui pensent encore que les scrutins intermédiaires intervenus depuis 2002 avaient exprimé un vote d’adhésion à leurs paroles vieilles lunes, se voient contredits dans leur analyse par celle de Jean-Jacques Urvoas qui affirme que les « calottes » des régionales et des européennes de 2004 ou autres municipales de 2008, sont le résultat d’un vote de mauvaise humeur ou de protestation contre les politiques conduites.

Il est essentiel de préciser que Jean-Jacques Urvoas est député et premier secrétaire du PS du Finistère, et qu’il prend le risque de publier son texte dans une note de la fondation Jean-Jaurès ! Un véritable Evangile à dévorer par les adorateurs du socialisme municipal (ou microscopique), à tous ceux qui pensent qu’être de gauche c’est refuser le manque d’audace en se tournant vers les vieilles formules à papa.

Mes frères de gauche, méditons ensemble ce slogan de la CFDT-Michelin : « ce n’est pas avec les idées du passé que l’on fait tourner la roue du progrès » !

Extraits de l’article de Marianne « Alertes aux cantonales partielles : la gauche piétine ! » :

« La participation est traditionnellement faible pour des scrutins qui ne mobilisent pas l'attention des médias et n'ont que peu de conséquences politiques (ils ne remettent généralement pas en cause la majorité politique dans les départements). Mais, précisément, ces caractéristiques leur permettent d'être de bons baromètres de l'état réel des rapports de forces politiques. Les cantonales et régionales de 2008 ont été marquées par une forte poussée de la gauche, mais celle-ci tenait pour beaucoup au vote de protestation contre le gouvernement.

La droite se maintient très honorablement malgré l'impopularité du pouvoir tandis que la gauche piétine : tel est l'enseignement surprenant de ces cantonales partielles. « Le PS est stable, ne semblant pas bénéficier électoralement du désaveu qui frappe le pouvoir dans les baromètres de popularité », note sobrement Urvoas. A contrario, ajoute-t-il, « la majorité présidentielle fait bonne figure ». Conclusion de notre analyste : « Le paysage électoral semble, à l'évidence, comme en suspension, aucune dynamique ne se faisant jour ». « Les électeurs somnolent et détournent leur attention de la scène politique », avertit le responsable socialiste. Puissent ses camarades entendre ce propos. Il ne suffira pas au PS de se poser en s'opposant pour déclencher mécaniquement l'alternance dont il rêve. »

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