13 mars 2007

Pourquoi même « Karcher » pense que Nicolas Sarkozy va trop loin dans son délire nationaliste ?

medium_karcher.jpgPARIS (AFP) - La société Kärcher a lancé lundi une campagne de communiqués dans la presse pour dénoncer "l'utilisation répétée" de la marque dans la campagne électorale et écrit aux candidats à la présidentielle pour les mettre en garde contre une utilisation abusive de son nom.

"L'usage de notre marque à des fins politiques et pour désigner une ligne politique en relation avec des sujets de société sensibles est en opposition avec les valeurs que souhaite véhiculer notre entreprise, façonnée par 70 ans d'Histoire", a souligné Patrice Anderouard, porte-parole de Kärcher France.

Le ministre de l'Intérieur et candidat UMP à la présidentielle Nicolas Sarkozy avait déclaré en 2005 qu'il voulait "nettoyer au Kärcher" la cité des 4.000 de la Courneuve après la mort d'un enfant de 11 ans. Cette expression musclée est depuis passée dans le vocabulaire politique.

"La société Kärcher sort aujourd'hui de sa discrétion car elle ne peut se reconnaître dans les propos et les amalgames récents auxquels est associé son nom", souligne le texte de la marque spécialisée dans les appareils de nettoyage sous haute pression, paru lundi ou à paraître dans la semaine dans plusieurs quotidiens nationaux et hebdomadaires d'information générale.

Kärcher France a en outre écrit à tous les candidats à l'élection présidentielle et aux présidents de groupes parlementaires à l'Assemblée nationale pour "expliciter clairement le positionnement de l’entreprise, placée malgré elle au coeur d’un débat qui ne la concerne pas", selon un communiqué.

L’entreprise y rappelle que "Kärcher est une marque déposée (...) qui appartient à sa maison mère, la société Alfred Kärcher GmbH & Co Kg, dont elle distribue les produits en France et que le groupe dispose en conséquence de droits exclusifs sur l’emploi de cette dénomination".

A LIRE SUR :

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12 mars 2007

Pourquoi le Président Jacques Chirac à réussi à m’émouvoir lors de son « adieu » aux français ?

medium_jacques_chirac_president.jpgJe n’ai jamais été chiraquien et ce n’est certainement pas au soir de sa vie politique que je le suis devenu. Malgré cela, lors de son message à la Nation ce dimanche en guise d’au revoir, Jacques Chirac a réussi à m’émouvoir.

La fonction présidentielle a toujours représenté pour moi – comme pour beaucoup d’autres français – un rôle à part dans nos institutions. Le Chef de l’Etat, qu’on le veuille ou non, n’est pas un personnage politique comme les autres. Il est le Président de tous les français et il reste au-dessus des querelles politiques.

Cette vision du Président de la République , m’a valu d’être moqué – gentiment – par certains de mess camarades socialistes, au moment où j’émettais de fortes réserves face à la capacité de Ségolène Royal d’être une bonne Présidente de la République.

On ne devient pas Chef d’Etat par souhait ou par volonté divine. On naît Chef de l’Etat et l’on attend que l’Histoire vous donne l’occasion de vous asseoir dans le fauteuil suprême et si convoité.

Jacques Chirac restera pour moi un véritable requin politique. Je me souviens de ces années de bataille avec François Mitterrand lors de la première cohabitation, de ses nombreuses trahisons politiques et de ses prises de positions aussi changeantes que la météo.

Malgré tous ses défauts et ses rapports douteux dans quelques affaires politico-financières, je n’ai jamais réussi à « haïr » celui qui ne partageait pas mes idées. Comme de nombreux français, Jacques Chirac était depuis 1995, « mon Président »…

J'ai rencontré Jacques Chirac en 1995, quelques mois avant son arrivée à l'Elysée. L'animal reste impressionnant et chaleureux. Un véritable "Salon de l'Agriculture" permanent à lui tout seul ! J'en ai encore mal à la main....:o)

Ses douze années passées à l’Elysée ne resteront pas gravées comme les meilleures en termes de prospérité pour la France. Si le bilan global est plutôt mitigé, je lui conserve mon estime pour quelques combats qu’il a réussi à mener, et notamment son plus fort : il reste celui qui à dit NON à Bush et à sa guerre en Irak.

Hier soir, Jacques Chirac m’a ému car il a rappelé aux français les dangers de l’extrémisme et de toutes les formes d’intolérance. Il a demandé à ses compatriotes de ne pas oublier l’Europe à qui la France doit tant, et que peu nombreux sont les candidats actuels qui s’en soucient.

Le Président de la République à livré son amour de la République et de la France. Avec émotion il a fait sa déclaration d’amour à la France et aux français.

Ces paroles m’ont touché, car je suis attaché à défendre les valeurs fortes de notre pays. Attaché à lutter contre les égoïsmes. Attaché comme Jacques Chirac….à la France et aux français.

On ne choisi pas de devenir Président, ceux sont les français qui vous choisissent pour occuper cette fonction. Au moment décisif, ils portent plus d'intérêt à celui qui incarne la France qu'à celui qui étale des propositions qu'il ne tiendra jamais.

Le Président de la République reste un guide, un VRP et le meilleur représentant de la France durant tout son mandat. Les français restent attachés à cette image de celui qui n'est pas tout à fait comme les autres. Il reste le gardien de leur paix, de leur sécurité, de leur diplomatie et de leurs libertés.

Avec toute la déférence qu’un citoyen doit à son Chef de l’Etat, je vous le dit Monsieur Le Président : si vous restez pour moi une grande canaille politique, vous n’avez qu’une seule qualité : vous aimez la France et hier soir, vous me l’avez dit en toute simplicité.

L’amour de la France et de son peuple, reste une qualité indispensable pour un vrai Chef de l’Etat.

C’est bien la preuve que malgré toutes nos oppositions, nous pouvons nous rejoindre sur certaines choses. Merci pour ça...

Régis Sada

07 mars 2007

Pourquoi j’apporte mon soutien à la lettre ouverte aux candidats à la Présidentielle, présentée par la Fondation des Orphelins d’Auteuil ?

La pré-campagne présidentielle sonne à l’heure où nous parlons, comme un constat vierge sur les attentes et les besoins des citoyens.

D’un côté comme de l’autre, c’est une bataille sur les chiffres ou sur les méthodes qui ne donne aucune image de ce que sera la France d’après le 6 mai 2007.

Les françaises et les français sont placés en position d’observateurs, devant leurs hommes politiques qui se contentent d’évoquer de pâles incantations.

On parle de constat tout en refusant de se confronter à la réalité du terrain. C’est une méthode bien connue, et c’est la même qui a conduit un certain Jean-Marie Le Pen à être présent au second tour de l’élection présidentielle de 2002.

De droite à gauche, on se refuse – presque par peur – a accepter l’idée que l’on a échoué. Donc étant entendu qu’il n’est pas question de laisser la place aux autres, on tourne en rond et on se regarde le nombril.

Aujourd’hui, la Fondation des Orphelins d’Auteuil lance une « lettre ouverte aux candidats à la Présidentielle  ». Nous sommes nombreux à en faire de même, sans recevoir de réponses à nos questions.

Le relais citoyen est essentiel, donc je vous invite à consulter cet appel utile, social et qui devrait inspirer celles et ceux qui ne se soucient pas que de leur personne. La Fondation des Enfants d'Auteuil se préoccupe de donner un avenir à des enfants et des jeunes exclus de la société par les difficultés de la vie. Sa mission est de leur permettre de devenir les citoyens de demain.

Une action à connaître et à soutenir :

 

medium_logo_fondation_auteuil.jpgLA LETTRE OUVERTE AUX CANDIDATS

Madame la candidate, Monsieur le candidat,

Si vous remportez l'élection présidentielle, que comptez-vous faire…

• vis-à-vis des jeunes en difficulté

- pour diminuer l'échec scolaire, éviter l'exclusion scolaire ?

- pour leur apporter une éducation et un enseignement adaptés ?

- pour valoriser la formation professionnelle, et notamment l'apprentissage ?

• vis-à-vis des familles

- pour intervenir dès la petite enfance ?

- pour les aider lors de situations de crise ?

- pour les soutenir dans leur rôle éducatif ?

Que comptez-vous faire pour répondre à la crise du lien familial et social ?

 

LA FONDATION DES ORPHELINS D’AUTEUIL, C’EST QUOI ?

Depuis 141 ans, la Fondation d'Auteuil accueille, éduque, forme, insère des jeunes en grande difficulté. La Fondation d'Auteuil permet à des jeunes en souffrance de devenir des hommes et des femmes « debout ». Nous leur offrons un cadre rassurant, des règles de vie structurées, une présence professionnelle, attentive et bienveillante.

Nous leur proposons d'acquérir savoir être et savoir-faire pour savoir devenir un citoyen à part entière.

Ces jeunes ont une mère, parfois un père et une mère ou une famille reconstituée, mais ils sont orphelins de la vie, orphelins de leur propre avenir :

• Ils souffrent de graves carences affectives, d'une absence de repères, de maltraitances, d’addictions, parfois de troubles du comportement.

• Ces garçons et ces filles, confiés par l'Aide sociale à l'enfance, par le juge des enfants ou par leur famille, sont de plus en plus jeunes -dès 2 ans…- et de plus en plus âgés -jusqu'à 27 ans. L'échelle et la diversité des détresses s'étendent considérablement.

• La partie visible et commune de leur mal être est l'échec scolaire, voire l'exclusion scolaire, sources de dérives.

• Les familles ne sont pas « démissionnaires » comme on l'entend trop souvent.

Elles ne savent tout simplement pas comment éduquer leurs enfants, car elles souffrent d'exclusion sociale et manquent elles-mêmes de repères, d'appui.

 

DES CHIFFRES ALARMANTS

160 000 jeunes sortent chaque année du système scolaire sans aucune qualification.

Quel avenir pour eux ?

• Le nombre des élèves “décrocheurs” augmente sans cesse.

Leur avenir s'appelle souvent délinquance...

• Plus de 2 millions d'enfants vivent en France sous le seuil de la pauvreté et 20 000 sont sans domicile fixe.

Comment leur parler d'avenir ?

11 000 enfants sont identifiés comme étant en danger (+ 20% en 8 ans). Près de 60% d’entre eux souffrent de carences éducatives.

Comment changer leur avenir ?

 

METTRE FIN AUX PREJUGES QUI RESTENT ANCRES

Les jeunes en difficulté n’auraient-ils aucune moralité ?

Après la violence des émeutes de banlieue, d'aucuns considèrent que seul un sérieux «coup de vis» règlerait le problème. Au contraire, nous vérifions quotidiennement que le premier besoin, vital, de ces jeunes en souffrance est de recevoir attention, amour -oui, nous osons le dire-, bienveillance et fermeté de la part de l'adulte. Qu'on leur fasse confiance.

Petit à petit, chacun découvre qu'il est une personne, digne de respect et capable de respecter l'autre.

Sont-ils définitivement incapables d’apprendre ?

Non ! Ils ont des aptitudes formidablescachées, enfouies en eux. Mais jusqu'alors, ils n'ont connu que l'échec, stigmatisé par des notes catastrophiques, des punitions, une exclusion... A 11, 13, 14 ans, il nous faut leur apprendre à s’exprimer, à lire, à compter. Classes relais, groupes de mise à niveau…

Des dispositifs adaptés sont indispensables. Il faut aussi leur donner du temps, parfois beaucoup de temps et compter davantage les succès que les erreurs. Ces succès leur redonnent confiance, les encouragent à poursuivre.

Comment les armer pour s’insérer dans la vie ?

Une fois ce «déclic» de la 1ère réussite apparu, un long cheminement d'apprentissage éducatif et professionnel commence.

Il permet aux jeunes d'acquérir une formation professionnelle, souvent validée par un diplôme, dans l'un de ces beaux métiers manuels, hélas, méprisés par la société, parfois par les parents et par les jeunes eux-mêmes.

Changeons le regard porté sur ces métiers, revalorisons l'apprentissage, réconcilions le monde du social et le monde de l'entreprise…

Tout cela est possible ! Il s'agit pour la société de leur donner raisons de vivre et perspectives, ce qui réclame une attention que le monde des adultes leur accorde rarement.

Les jeunes en difficulté sont-ils tous issus de familles socialement fragilisées ?

C’est le cas d’une majorité d’entre eux. Le quart-monde existe en France et la précarité se développe de façon inquiétante. Situation inédite, la population des ménages pauvres compte aujourd’hui une majorité d’actifs.

Comment des parents travaillant le soir ou tôt le matin à l’entretien de bureaux, peuvent-ils assurer le quotidien auprès de leurs enfants ? Comment une maman issue de l'immigration peut-elle suivre des cours d'alphabétisation, qui lui permettront de chercher un emploi, alors qu'elle ne sait à qui confier ses enfants en bas âge pendant quelques heures par semaine ?

Des crèches sociales, aux horaires très souples, dotées de services de soutien à la parentalité pourraient améliorer nombre de situations. De plus, nous constatons un autre phénomène : un nombre croissant de parents de milieux sociaux plus favorisés sont démunis face à leur responsabilité éducative. Ils ressentent le besoin d'une aide concrète pour pouvoir accompagner leurs enfants, eux aussi entraînés vers l’exclusion scolaire, certains vers des conduites addictives et vers la délinquance.

Aujourd'hui nos équipes, spécialement formées à l'écoute et à l'orientation de familles en souffrance, reçoivent des appels éperdus de parents qui «ne savent plus s'y prendre» avec leur enfant en danger. Là aussi, le développement de services d'aide à la parentalité seraient d'une grande utilité.

L’affaiblissement de la cellule familiale est-il une cause des grandes difficultés des jeunes ?

Nous recevons des enfants issus de toutes situations familiales, de toutes origines et de toutes cultures.

Nous observons que la crise de la famille est une cause directe du mal-être chez les jeunes. La fragilité des foyers monoparentaux, avec le plus souvent une maman seule et totalement dépassée, quelle que soit sa bonne volonté, devient très inquiétante.

Les lois récentes sur le mariage, le divorce, l’adoption tiennent compte des désirs des adultes mais oublient l’intérêt des enfants.

Les familles ont de plus en plus besoin d’écoute et d’aide éducative, avant que les situations ne deviennent graves.

La situation des jeunes en difficulté se détériore-t-elle vraiment ?

Quelques signes révèlent l'ampleur du phénomène :

• 160 000 jeunes quittent le système scolaire sans aucune qualification

• 6 % des garçons et filles de 17 ans sont considérés comme illettrés

• Près de 100 000 mineurs en risque ou en danger

• L'augmentation du nombre de délits commis par des mineurs, garçons et filles de plus en plus violents et de plus en plus jeunes

• Une croissance de 30 % des mineurs incarcérés de 2004 à 2005

• L'ampleur et la gravité des troubles du comportement qui touchent de plus en plus de jeunes, avec une réduction constante des places en pédopsychiatrie.

 

POURTANT, DES SOLUTIONS EXISTENT

1-Agir beaucoup plus tôt

De notre observation associée à notre expérience est née une conviction : la nécessité absolue d'intervenir plus tôt, et même très tôt, auprès des enfants et des familles en difficulté, avant que la situation ne devienne dangereuse pour tous. Deux dispositifs s'imposent comme des évidences :

• des services multi-accueil petite enfance (crèches sociales, haltesgarderies) -0 à 4 ans- qui prennent en charge les petits d'une façon souple et adaptée, mais également leurs parents. C'est un véritable accompagnement à la parentalité dont ils ont besoin. Il leur permettra de retrouver tout leur rôle et leur dignité.

• Des internats à vocation éducative et scolaire qui permettent d'assurer la continuité indispensable dans le suivi éducatif des jeunes en risque, avec la pleine participation de leur famille.

2- Affirmer une politique de soutien à la famille

Bien sûr, la meilleure des préventions et la garantie de l’épanouissement d'un enfant restent une famille solide, aimante et attentive.

La famille constitue le lieu naturel de la conception, la naissance, la croissance et l’éducation des enfants. Il est urgent de sortir du clivage entre droit des parents et droit de l’enfant. L’un et l’autre doivent être pris en considération, l’enfant demeurant le plus vulnérable.

Dans notre société, toutes les catégories de famille rencontrent des difficultés dans l’éducation de leurs enfants. C’est pourquoi nous proposons la mise en place d’un dispositif large et universel de soutien à la responsabilité parentale.

Les équipes éducatives le constatent au quotidien : une situation familiale détériorée aggrave le mal-être des enfants, voire le crée. Aider efficacement les familles et notamment les parents en difficulté dans l'accomplissement de leur mission éducative nous semble être un devoir politique.

3- Mieux utiliser les fonds consacrés à la jeunesse en difficulté

Un constat paradoxal : si l'ensemble des acteurs de la profession sont conscients des fonds conséquents consacrés à la politique de la ville, à la protection de la jeunesse, à la prévention de la délinquance, ils sont étonnés de constater combien, malgré ces investissements, la situation alarmante de la jeunesse en souffrance s'aggrave dans notre pays.

Il faudrait davantage, et en amont, impliquer les professionnels de terrain pour obtenir des résultats tangibles.

4- Favoriser un véritable suivi éducatif

Tous les acteurs du secteur le disent : il est indispensable qu'un jeune en risque ou en danger bénéficie d'une vraie continuité dans l'accompagnement, avec un éducateur référent. Partout, nous créons du lien entre les différents intervenants -enseignants, éducateurs, maîtresses de maison, psychologues pour qu'ils travaillent mieux ensemble au bénéfice des jeunes et de leur famille. Nous restons très attentifs aux conditions de travail des éducateurs qui exercent un métier exigeant.

Mais, dans le domaine éducatif, la rigidité du code du travail engendre des difficultés majeures, dont pâtissent les jeunes. L'importance de la relation personnelle s'accommode mal de ces contraintes, particulièrement dans une prise en charge 24h/24 et 365j/an.

5- Prolonger la prise en charge des mineurs étrangers isolés

Nous accueillons 200 mineurs étrangers isolés dans nos établissements, à la demande de l'Aide sociale à l'enfance.

Ils bénéficient d'une prise en charge financée en grande partie par les conseils généraux : bilan sanitaire, apprentissage du français, formation professionnelle.

Nous avons déposé un projet d'amendement à la réforme de la loi sur la protection de l'enfance afin que ces jeunes puissent terminer leur formation professionnelle, au-delà de leurs 18 ans. Ils déploient des efforts considérables -sans parler de ceux des enseignants et des éducateurs- pour ne pas « profiter » de la solidarité publique et s'insérer dans la vie, en France ou dans leur pays d'origine.

Comment faire respecter cet équilibre essentiel entre le respect de la loi, le sens de l'accueil, l'insertion professionnelle… et l'argent public investi ?

6- Initier des modes de prise en charge en pédopsychiatrie

De plus en plus souvent, à la demande de l'Aide sociale à l'enfance ou des juges des enfants, nous accueillons des adolescents -parfois des enfants- sujets à d'importants troubles du comportement.

Ils relèvent fréquemment de pathologies prononcées pour lesquelles nos équipes ne sont que partiellement formées.

Si, fidèles à notre mission, nous continuons de recevoir ces enfants, car « il n'y a pas d'autre solution ailleurs », nous mettons en danger jeunes et adultes dans nos établissements.

La réforme de la psychiatrie est un débat aussi ancien que complexe.

Il nous semble urgent de trouver des solutions nouvelles pour aider ces jeunes atteints de troubles graves, notamment par une prise en charge croisée avec la protection de l’enfance.

7- Favoriser l’innovation

La gravité des problèmes que doivent traiter les acteurs sociaux ne peut se contenter d'une reproduction des actions « habituelles » devenues souvent inopérantes. Liberté d'action et allocation de marges de manœuvre en termes d'innovation sociale deviennent indispensables.

Lors du vote de la réforme de la constitution par le parlement pour y inscrire la décentralisation, le débat sur le droit à l'expérimentation a ressurgi. Cette possibilité demeure aujourd'hui réservée aux seules collectivités locales, avec une quasidisqualification du secteur social.

Des pratiques innovantes dans ce secteur, essentielles pour l'avenir de notre société, pourraient facilement être partagées et déployées avec d'autres acteurs.

Visiter le site des Orphelins d’Auteuil et signer la pétition de soutien : cliquez-ici

23 février 2007

Pourquoi la lutte contre l’obésité doit-être considérée comme une priorité ?

medium_obesite1.jpgLa lutte contre l’obésité reste sans aucun doute la mère de toutes les batailles. Sujet trop longtemps écarté des propositions politiques, les programmes des candidats à l’élection présidentielle ne donnent aucun signal fort vis-à-vis de ce « mal » qui touche de plus en plus de français.

Nos responsables politiques ont fait le choix incompréhensible et inacceptable de se bander les yeux face à cette maladie qui ronge de jour en jour la société. Pour moi l’obésité doit-être placée au cœur de toute véritable politique de santé publique.

L’obésité frappe toutes les couches sociales du pays sans aucune distinction. Les français les plus modestes sont bien entendu les premiers et les plus touchés par ce fléau d’une société qui ne se voit pas grossir.

Grimée dans les pages des magazines féminins et masculins, l’obésité est rangée dans la case « chasse aux rondeurs », « kilos superflus ? » ou autre « gare à la graisse ! ».

FRANCAISES, FRANÇAIS, ne voyez-vous pas que vos enfants, que vos femmes, que vos hommes s’arrondissent de jour en jour ? Que les fessiers et les hanches de votre entourage frôlent la taille d’un gros bourdon, plutôt que celle de la guêpe ? Que les sièges des transports en commun ne sont plus assez larges pour caser tous les usagers ?

Beaucoup aiment faire porter la responsabilité des déséquilibres alimentaires. Les enfants sont au cœur de cette cible, et pourtant les écoles primaires sont de plus en plus nombreuses à offrir des repas « Mac Do » à nos chers chérubins.

A côté de cela, personne ne prend en compte les ravages que l’obésité entrainent sur le bon fonctionnement de la santé et des coûts qu’elle engendre…

Quant la France sera-t-elle capable de comprendre que l’obésité est un mal sournois ? Une maladie qui tue psychologiquement et physiquement les personnes qui en sont touchées ?

L’OBESITE NE DOIT PAS ETRE SOUS-ESTIMEE ET MEPRISEE

Comme pour beaucoup d’autres sujets, les moyens d’action ont été réduits au strict minimum. Si l’on y prend pas garde, l’obésité sera dans quelques années un nouveau moyen de distinction entre les citoyens. Elle deviendra la norme.

Lisez l’enquête de l’INSEE parue ce matin, et si vous ne vous sentez pas concerné, regardez et observez les gens qui vous entourent. Si une vision effrayante se déclenche chez vous, vous comprendrez qu’il est urgent d’agir !

Régis Sada

 

medium_obesite_1.jpgINSEE: les couches sociales modestes sont plus touchées par la hausse de l'obésité

PARIS (AP) - La part d'adulte obèses en France a fortement augmenté entre 1992 et 2003, un taux qui progresse encore plus vite parmi les couches sociales défavorisées, confirme une étude de l'Institut national de la Statistique et des études économiques (INSEE) paraissant vendredi.

La France comptait 3,6 millions d'adultes obèses de plus de 65 ans en 2003. Les hommes sont légèrement moins touchés que les femmes, mais l'accélération du phénomène reste observable chez les deux sexes: 9,8% d'hommes étaient rangés dans cette catégorie en 2003 contre 5,5% en 1992, et 10,2% de femmes en 2003 contre 6,2% en 1992.

L'étude paraissant dans la revue "INSEE Première" de février souligne l'inégalité croissante des différentes catégories sociales face au phénomène. "L'obésité augmente beaucoup plus vite depuis 1992 chez les agriculteurs ou les ouvriers que chez les cadres et les professions intellectuelles supérieures", est-il constaté dans le document. Ainsi, "moins un individu est diplômé, plus il a de chances d'être obèse". Le taux d'obésité chez les agriculteurs a ainsi augmenté de sept points entre 1992 et 2003, alors qu'il ne gagne que deux points chez les cadres.

Le niveau de vie s'avère être un autre facteur déterminant, les obèses étant nettement plus nombreux chez les populations pauvres que dans les couches aisées. Ceci est particulièrement vrai chez les femmes: le taux d'obésité passe du simple au double entre les 25% (premier quartile) les plus modestes et les 25% (dernier quartile) les plus riches.

Toutes les régions de France sont touchées par cette augmentation, même si des disparités géographiques persistent: le Nord et l'Est sont les plus touchés avec respectivement 14 et 13% d'obèses, tandis que l'Ile-de-France et la zone méditerranéenne font figure de bons élèves avec 8%. Les personnes vivant en milieu rural sont par ailleurs plus corpulentes que celles vivant en milieu urbain.

Paradoxalement, l'étude menée entre octobre 2002 et mars 2003 auprès de 16.800 ménages, soit plus de 40.000 individus, révèle aussi que de plus en plus de personnes suivent un régime amaigrissant, les femmes étant toujours plus nombreuses dans ce cas que les hommes. Cette augmentation ne joue néanmoins pas sur le taux global d'obésité car les populations qui suivent ces régimes ne sont pas celles qui souffrent le plus de surpoids - une tendance qui laisse penser que les écarts vont s'accroître.

Les Français et les Françaises ont grossi de trois kilos en moyenne entre 1992 et 2003, et grandi d'un centimètre.

A LIRE SUR :

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13 février 2007

Pourquoi la démocratie participative rime avec Révolution citoyenne ?

medium_marianne_citoyen.jpg« Démocratie participative », l’expression est lâchée ! Bénéfique pour certains et véritable affront à la démocratie représentative pour les autres.

Quelle signification peut-on donner à cette expression lancée par Ségolène Royal, un soir de grande séreinitude ou de bravitude ?

La démocratie participative ne doit pas s’expliquer, elle s’impose d’elle-même dans le pays ou le principe de la République inscrit dans sa Constitution, annonce fièrement : « Gouvernement du Peuple, par le Peuple et pour le Peuple ».

Cette nouvelle forme de consultation, dote les citoyens d’un pouvoir de pression et d’obligation de résultat. Elle réinstaure l’idée qui n’aurai jamais due être oublier : que les Elus sont mandatés pour pourvoir à la parole du Peuple.

Les français ont volontairement abandonné leur pouvoir durant plusieurs décennies, en pensant sans doute à tort, que seule une poignée de femmes et d’hommes étaient capables de conduire les grands desseins de la Nation. En 2007, la désillusion est cruelle et la chute est sévère. Le fossé s’est creusé et les citoyens ont été bernés par une classe politique qui n’a eu de cesse de profiter, d’utiliser et de détourner à leur propre avantage le sens même du mot « démocratie ».

Cette classe politique si fière, si digne, qui se présente en chevalier blanc sur vos écrans, met sur le dos des syndicats, des grands patrons, de l’Europe, de la gauche ou de la droite, la responsabilité de sa propre incompétence et de son manque de courage face aux grands enjeux qui se sont succéder après la guerre.

Il plaisait au Peuple de lui dire que la France était belle, que la France était forte, que la France était riche et enviée dans le monde entier. Ces femmes et ces hommes ont simplement oublié de préciser aux français, que le monde regarde la France avec envie pour son histoire et non pour ses acquis.

Le temps de la réforme est malheureusement passé, et la démocratie participative peut permettre d’associer et de responsabiliser les français sur l’état des fondations de la Maison qui menacent de s’écrouler. Ainsi, la classe politique se défaussera un peu de ses propres responsabilités en laissant glisser au Peuple : « si vous nous aviez écouter plus tôt ».

 

medium_parvenu.jpgLES OPPOSANTS A LA DEMOCRATIE PARTICIPATIVE

La démocratie participative est souvent brocardée par celles et ceux que l’on caractérise comme des jacobins. Ces mêmes personnes qui prennent le pouvoir un jour – toujours par les urnes certes – par adoubement de gens poussés dans le désarroi (comme au lendemain de la guerre), ou par succession divine de papa qui offre à son rejeton son acquis.

Ces français exemplaires ne portent pas d’étiquette politique, minimisent leurs convictions personnelles souvent inexistantes, et assurent le bon Peuple de leur entière dévotion tout en restant pendus aux ordres donnés par leur hiérarchie politique.

Toujours en éveil devant les besoins de leur population, ces dignes successeurs des seigneuries d’antan entendent conserver jalousement leur titre de " Représentant du Peuple ".

Ce bon Peuple qui les assaille de demandes, de caprices et de désirs. Ce bon peuple à qui l’on trouve quelques vertus au moment d’assurer sa réélection et à qui l’on n’hésite pas d’abreuver de promesses intenables ou de cadeaux empoisonnés qui l’obligeront à maintenir son soutien pour tenir ses menus présents.

Modèle de droite uniquement ? Détrompez-vous.. Si cela est moins vrai à Paris et en Région Parisienne, les successions de plein droit existent bel et bien à gauche, dans ce que j’appelle les baronnies.

Tradition politique peu employée en milieu rural, mais très en vogue dans les villes petites et moyennes qui disposent de revenus du contribuable suffisants pour alimenter les desideratas des uns et des autres.

A tous ces gens, la démocratie participative fait peur, car elle donne aux citoyennes et aux citoyens les moyens de se faire entendre, de se faire écouter et de se faire respecter. Elle tranche avec l’ordre de soumission habituellement établi, et ramène ces quelques parvenus de la République aux portes d’une Révolution citoyenne bien hasardeuse pour leur avenir.

 

medium_citoyen.jpgLES PARTISANS DE LA DEMOCRATIE PARTICIPATIVE

Ils sont nombreux et se comptent par millions dans notre pays. Ils sont majoritaires car on trouve ces bêtes curieuses au sein du Peuple. Ce même Peuple à qui l’on a menti et que l’on a cocufié durant les belles années.

Le démocrate participatif est généralement une femme ou un homme issu d’un milieu modeste – ancienne classe ouvrière – légèrement embourgeoisé par les années, car il n’est plus ouvrier mais est présenté comme un collaborateur (certains sont du bon côté de la barrière).

Il est plutôt jeune – jusqu’à 45 ans – car ses parents n’ont pas vieilli et le considère toujours comme le « petit ». Ses parents jouissent de leur retraite bien méritée mais jamais financée. Il est plus urbain que rural sauf s’il est marié et qu’il a des enfants. Il travaille dans une société de service plutôt que dans une usine, puisque celles-ci ferment les unes après les autres.

Il s’adonne au sport ou offre son temps dans une association. Il aime sa vie, son quartier et ses amis. Il se contente de ce qu’il a et demande juste que l’on s’occupe de ses problèmes directs, de l’aménagement de son quartier ou que ses représentants ne passent pas leur temps à gémir sur des généralités et pensent « proximité » avant tout.

Il est instruit selon ses propres capacités et parce que ses parents lui ont martelé que seules des études réussies l’amèneraient à une vie professionnelle pleine de promesses.

En 2002, en 2004 et en 2005, lors des divers scrutins électoraux, il s’est fâché fort en votant même contre son propre camp. La droite l’a trahie en le pillant petit à petit et en réduisant ses libertés, et la gauche lui a menti car elle l’a appâtée avec de belles promesses coûteuses et souvent non financées. Cette gauche l’a pillé et l’a dévalorisé. Ces menteurs ont mis à mal l’équilibre de la société dans lequel il vit, en réussissant à monter certains français contre d’autres français.

medium_revolution.jpgCe démocrate aime la France et souhaite que la devise de la République « Liberté, Egalité, Fraternité » ne soit pas simplement un cachet apposé sur le fronton de sa Mairie. Ce démocrate doute de lui car il sait qu’il n’est pas entendu. Il veut se rebiffer mais n’en a pas les moyens, alors il se lance dans la démocratie participative pour partager ses envies, ses besoins, ses soucis et son souhait de ressouder l’essentiel.

Si en 2007, ce démocrate participatif n’est pas entendu et respecté, il trouvera d’autres moyens pour se faire entendre. Il donne un dernier avertissement avant sanction. S’il n’est pas entendu il fera se lever un nouveau vent de Révolution. La formule est usée mais a fait ses preuves. Si la guillotine n’existe plus heureusement, le bulletin de vote peut s’avérer une arme bien plus tranchante.

A quelques semaines des élections du Président de la République et des Représentants du Peuple, les citoyens passifs jusqu’ici se sont réveillé… il flotte un doux air de Révolution Citoyenne.

Régis Sada