16 mars 2012
Pourquoi notre primitive Liberté européenne ?

Le monde a changé et nous sommes tous les jours comptables de ses perpétuelles évolutions. Alors que la Chine s’est éveillée, l’Amérique continue de nous émerveiller. Si l’Europe piétine un brin, la France, innove dans la continuité ou régresse sans innover !
Cette campagne présidentielle donne des ailes à nos candidats ! Non contents de nous ramener à des débats déjà tranchés, à enfoncer des portes déjà grandes ouvertes ; voilà que l’immigration et le mythe de ces barbares d’étrangers refait surface !
Histoire de rassurer des français déjà très inquiets, c’est l’Europe que l’on entend désormais sacrifier. Jadis bel emblème de paix, de stabilité et de prospérité, le « machin » est cassé et il convient de tout changer. La faute à ce maudit Shengen, espace bien trop pourri, qui ouvert aux quatre vents fait se déverser des cohortes d’immigrés non désirés.
C’est dit, c’est fait, Berlin n’a plus son mur et c’est en Grèce que l’on se propose de l’exporter. Merci Arno, quelle belle idée, la Turquie est un ennemi dangereux qu’il convient de cloisonner. Renoncer aux accords de Shengen sous couvert de mieux contrôler les flux migratoires, est une honteuse tartufferie qu’il est nécessaire de contester.
Refermer nos frontières, c’est nous replier sur nous-mêmes. La France a déjà trop longtemps péché par excès d’orgueil. Alors que nous regardions passer les trains, baignés d’une arrogante autosatisfaction permanente, nos voisins européens ont lentement observé notre déclin.
Revenir sur le principe de liberté de circulation des biens et des personnes, y penser seulement, c’est ramener la France à une primitivité d’esprit. C’est mentir une nouvelle fois aux français en leur faisant croire que nous sommes plus forts entre-nous.
De grâce chers candidats ! Imaginez pour nous la France de demain et non celle d’avant-hier ! Rappelez-vous qu’en France, si on n’a pas de pétrole, nous sommes quant même censés avoir des idées ! Encore une fois, c’est raté !
A la manière de Pythagore : « En quittant ton pays, détourne les yeux de la frontière ».
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05 mars 2012
Pourquoi la bataille de St-Julien-sur-Suran ?

Connaissez-vous St-Julien-sur-Suran ? Sauf si vous êtes originaire du Jura, personne ne vous reprochera ne pas connaître cette commune de 400 habitants à peine, qui a pour seules particularités une fontaine restaurée et une église au vitrail classé.
Cette commune, aussi petite soit-elle, vit pourtant une bataille qui dépasse de loin la simple querelle de clocher. Une bataille qui divise sa population qui sera appelée à se prononcer par référendum municipal sur l’ouverture éventuelle de lapremière prison expérimentale du territoire.
Bien que quelques tests soient actuellement menés dans certains établissements pénitentiaires (sur la semi-détention ou les unités de vie familiale), aucun n’atteint le niveau d’aboutissement du projet que le Ministère de la Justice souhaite implanter à St-Julien-sur-Suran.
Cette implantation prévue pour 2014, s’est faite à partir de la proposition des Prisons du Cœur de Pierre Botton. Dans le cadre de la lutte contre la récidive, cette prison pilote permettrait à 120 détenus condamnés pour des peines inférieures à 5 ans (hors crimes sexuels et crimes de sang), de bénéficier d’un cadre de détention ouvert et axé sur la responsabilisation et la réinsertion par le travail.
Les détenus pourraient travailler dans un centre commercial adjacent ou dans l’établissement lui-même, pour des salaires « identiques à ceux de la vie normale » (NDRL : le smic en prison est inférieur de moitié au national). Ils disposeraient en outre de cellules individuelles sans barreaux dont ils auraient la clé. Dépourvu de quartier disciplinaire, l’établissement serait simplement entouré d’une double paroi grillagée.
Ce projet de « prison modèle » ou « expérimentale », pourtant révolutionnaire, n’a guère bénéficié de gros titres dans la presse, et n’a pas été vanté par l’équipe du président-candidat Nicolas Sarkozy au moment où les députés de la majorité ont voté la création de 24.000 places de prison supplémentaires dans les 5 ans à venir censées résorber le nombre de peines non exécutées !
Fort du soutien d’une moitié de sa population, le Maire de St-Julien-sur-Suran est un ardent défenseur du projet et tente de convaincre ses autres administrés de la validité de celui-ci. Le 11 mars prochain, les habitants trancheront par la voie d’un référendum municipal qui restera, dans tous les cas, purement consultatif.
Jusqu’à cette date, il devra venir à bout des réticences des « voisins » de la prison qui, pour certains, ne voient pas d’un bon œil l’arrivée massive d’une « faune » suivie de la « meute » des copains venant les alimenter en drogue, quant d’autres, n’entendent pas être privés de leur petit paradis qu’ils sont venus chercher ici ! Ces derniers sont soutenus les syndicats des personnels ou des directeurs pénitenciers, ainsi que par quelques élus de communes adjacentes, agacés de ne pas avoir été consultés sur le sujet.
Le projet de Pierre Botton ressemble à s'y méprendre à la prison de l’île norvégienne de Bastoy, qui revendique le titre de première prison humaniste et écologique du monde à la sécurité minimale et au haut niveau des responsabilisation des personnes qui y sont détenues.
Souvenez-vous de la sanglante croisade de Behring Breivik, dans un Royaume meurtri, contraint de reconnaître l'impuissance de ses procédures pénales à juger une forme de violence jamais atteinte à ce jour. Si à l'image de la Norvège, les démocraties scandinaves se sont depuis longtemps tournées vers une prison qui mise sur l'éducation et la réinsertion, elles ont dans le même temps veillé à informer leurs populations en usant de leur transparence toute coutumière.
A l'échelle de notre pays, la prison expérimentale de St-Julien-sur-Suran s'apparente donc à cette prison idéale. Mais la France n'est pas la Norvège, et le regard que les citoyens norvégiens portent sur l'enfermement n'est en aucun cas comparable à celui de nos compatriotes. Il y a fort à parier que cette structure ne verra jamais le jour sous la pression d'une population hostile et du lobbying du tout carcéral. Elle est bien trop révolutionnaire et bien trop avant-gardiste.

Incapables de trouver des formes alternatives à l'incarcération et de solutionner des conditions de détention jugées incompatibles avec la dignité humaine, il serait très étonnant que nous soyons en mesure de franchir le seuil psychologique de la barrière d'un « enfermement ouvert ».
Dans un pays comme le notre, fâché avec la concertation, la mise en chantier d'un tel projet nous renvoi à nos propres incohérences lorsqu'il s'agit d'aborder le douloureux problème de nos prisons. L'incapacité du législateur à définir le rôle premier de l'enfermement, le recours systématique à un échange convenu limité au Ministère de la Justice et à l'Administration Pénitentiaire (excluant les associations favorables aux détenus ou aux Droits de l'Homme) ou l'omerta volontaire entretenue auprès de nos compatriotes, aboutissent à un débat fermé, stérile, où les montagnes accouchent toujours d'une souris !
Comment y voir clair dans le jeu trouble joué par la France ? D'un côté on souhaite créer une structure moderne où les détenus jouiront d'une très grande liberté alors qu'au même moment, on renforce notre législation dans les structures existantes au gré des différents faits-divers et que nous restons sourd aux recommandations de divers organismes internationaux qui nous somment de nous mettre en conformité avec les RPE que nous nous entêtons à négliger.
Enfin, et c'est sans doute le plus important, de la même manière qu'aucune politique viable ne peut-être pensée sans que la population y trouve quelque bénéfice ou nécessité, comment imaginer transformer demain le rôle de nos prisons sans que celle-ci n'y soit directement associée ? Les français ont le droit de connaître l'état exact de nos prisons, l'utilité d'un enfermement, comment sont traités nos détenus et la manière par laquelle on compte demain réinsérer dans la société les personnes qui en sont jugées capables.
Pour y parvenir : il est nécessaire que des observateurs et des journalistes indépendants puissent y pénétrer sans l'intervention balisée de l'Administration Pénitentiaire, que nos Parlementaires usent avec beaucoup plus de régularité de leur droit constitutionnel à la visite des lieux de privation de liberté, que des réunions d'informations soient programmées afin d'associer la population aux évolutions possibles de notre législation et que notre Justice soit laissée libre et placée hors de portée de toute influence du pouvoir en place.
L'occasion de la campagne présidentielle est trop belle pour laisser les candidats écarter toutes ces questions. Mesdames, messieurs, le moment de vous interpeller serait-il arrivé ?...
A la manière de Claire France : « Qui se connaît une prison connaît aussi la liberté » .
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03 février 2012
Pourquoi la fouille à nu systématique ?

Au moment du vote de la Loi Pénitentiaire de novembre 2009, un rapport de la Commission nationale de déontologie de la sécurité avait pointé du doigt l’usage abusif des fouilles corporelles et des menottes lors des gardes à vues. Jean-Marie Delarue, contrôleur des lieux privatifs de liberté, avait estimé que certains gestes (un peu trop zélés) effectués par les forces de l’ordre, devaient être considérés comme « vexatoires » et « attentatoire à la dignité humaine de la personne qu’aucune exigence de sécurité ne peut justifier ».
Prenant appui sur les règles N°54-3 et N° 54-4 relatives aux fouilles et aux contrôles des R.P.E (Règles Pénitentiaires Européennes), l’Observatoire International des Prisons multiplie les procédures judiciaires contre les établissements qui ont « institutionnalisé » de telles pratiques dans leur règlements intérieurs. L’OIP souligne que malgré l’entrée en vigueur de la nouvelle Loi Pénitentiaire et les condamnations répétées de la Cour Européenne des Droits de l’Homme contre notre pays sur ces points, les Chefs d’Etablissements pénitentiaires –chargés de la rédaction des règlements intérieurs- ont maintenu la pratique quotidienne des ces fouilles pourtant jugées indignes.
Interpellée par certains détenus de la prison de Vivonne (Vienne) -qui estimaient être victimes de ce « zèle » au sortir des parloirs qui leurs avaient été accordés- l’association a demandé au Directeur de cette prison d’abroger l’article concerné du règlement intérieur. Devant son refus catégorique l’OIP a saisi le Tribunal Administratif de Poitiers où le juge des référés les a jugées « illégales » et les a suspendues jusqu’à ce que le Tribunal statue sur le fond de l’affaire.
Soutenu par les syndicats des personnels pénitentiers qui qualifient la décision de « non-sens absolu » et d’une « stupidité affligeante », le refus du Directeur était motivé par le fait que ces fouilles à nu répétées, constituaient des mesures de protection pour les personnels et visaient à empêcher toute introduction d’objets interdits dans l’enceinte de l’établissement.
Si l’Observatoire n’a jamais contesté les fouilles à nu, prévues dans la Loi Pénitentiaire et reconnues par la RPE N°54-2, elle entend batailler contre le systématisme dont elles font l’objet aujourd’hui dans nos prisons. Une analyse renforcée par la plainte d’un détenu de Salon-de-Provence qui avait contesté le systématisme de ces fouilles et avait obtenu gain de cause.
La décision prise par le Tribunal de Poitiers pourrait bien faire jurisprudence et pourrait faire boule de neige dans tous les tribunaux chargés de statuer sur cette question. Elle obligerait ainsi le Ministère de la Justice et l’Administration Pénitentiaire à revoir leur copie et à statuer sans délai.
Ce sujet hautement sensible pour les personnels de surveillance que pour les détenus eux-mêmes, mérite que l’on s’y attarde un moment.
Une prison étant rarement un lieu de villégiature prisé des locataires qui y élisent domicile, personne ne niera que certains puissent révéler un caractère particulièrement nerveux et violent. Dans le même temps, « l’économie souterraine » aussi vivace qu’à l’extérieur donne une résonnance particulière aux rackets, trocs et trafics en tout genre qui y subsiste. Quelque soit les mesures renforcées engagées, ces derniers ne disparaitront pas de sitôt.
A l’intérieur de toutes nos prisons, la sécurité des détenus et des personnels de surveillance est un impératif absolu. Des évènements récents comme des évasions ou des prises d’otages nous invitent à ne pas sombrer dans l’angélisme. A cette nécessité, comme celle de la modernisation et de l’humanisation des prisons, le Chef de l’Etat a répondu en septembre dernier par un projet de création de 30.000 places supplémentaires qui ne viendront en rien résoudre les problèmes existants.
Bien que l’Homme dispose d’une faculté inouïe de dissimulation, les fouilles à nu n’en constituent pas moins une obligation dégradante et profondément humiliante pour la personne qui la subi. Lorsque cette mesure n’est pas mesurée et qu’elle est répétée à l’envie sur un même individu (parfois jusqu’à 10 fouilles par jour sur un détenu), elle constitue clairement une atteinte à sa dignité et peut donc engendrer des réactions violentes.
Pour ceux qui demandent à être convaincus : souvenez-vous du plaisir éprouvé lors d’un examen de proctologie, et imaginez que vous subissez un tel examen jusqu’à 10 fois dans la même journée ! Ais-je besoin de détailler où tout le monde a compris ? Soyons justes jusqu’au bout en ayant une pensée émue pour celui qui examine…

Plus sérieusement, pour combiner à la fois la nécessité de contrôles de sécurité réguliers sur les détenus et le respect de la dignité de ces derniers (et donc de leur intégrité physique), il n’est pas inutile de se poser la question de la meilleure méthode à employer.
En mettant en parallèle la population carcérale de celle des personnels de surveillance chargée d’effectuer ces contrôles, on comprend rapidement que la multiplication des fouilles constitue une occupation particulièrement prenante réalisée au détriment d’autres tâches. L’effet de répétition et le caractère particulier de ce type de contrôle peut donc, engendrer diverses négligences ou un relâchement de la vigilance des surveillants au détriment de la sécurité collective. Un homme reste un homme, et ce dernier n’est pas infaillible.
La volonté de modernisation et d’humanisation des prisons, comme elle est actuellement définie, n’a certainement pas été assez approfondie pour s’intéresser à certains équipements (modernes) permettant d’éviter les manipulations humaines. Nos hôpitaux et nos aéroports disposent depuis bien longtemps de scanners permettant de détecter ce que le corps humain peut bien receler. Ce matériel pourrait de la même manière être employé dans nos prisons pour assurer des contrôles aujourd’hui contestés. A-t-on seulement envisagé cette possibilité ? Certains opposeront comme toujours la contrainte du prix. Mais justement, quel prix peut bien avoir la dignité d’une personne ?
A la manière de Jean Bruller : « L'humanité n'est pas un état à subir. C'est une dignité à conquérir. »
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30 janvier 2012
Pourquoi Mein Kampf plane à nouveau sur l’Europe ?

« Verba volant scripta manent » : les paroles s’envolent, les écrits restent. Nous avions cru Adolf Hitler, Führer de l’Allemagne Nazie, mort suicidé le 30 avril 1945 dans les ruines fumantes de sa Chancellerie à Berlin. Sa dépouille est demeurée introuvable pour le monde.
« Mein Kampf » livre-recueil de l’idéologie nazie, responsable de plus de 60 millions de morts au lendemain de la seconde guerre mondiale, revient hanter l’Europe soixante ans après. Et si finalement Adolf Hitler n’était pas mort ?
C’est du moins la question à laquelle nous sommes contraints de répondre, dèlors que ses écrits tomberont dans le domaine public le 1er janvier 2016 et, au moment où le Land de Bavière –détenteur des droits- éprouve les pires difficultés à étouffer la diffusion de ces derniers en repoussant les arguments des défenseurs de la liberté d’expression.
Terriblement surprenante en effet, cette position qui veut que l’on puisse lire ou acquérir Mein Kampf dans sa version originale (NDRL : de l’époque) et, dans le même temps, empêcher toute réédition sans que celle-ci soit assortie d’une notice ou d’un texte faisant référence aux atrocités commises au nom de l’idéologie nazie prônée par Adolf Hitler et clairement explicitées dans son livre.
Si la France a adopté la même philosophie sur ce brûlot, elle laisse la consultation des tomes I et II disponible sans restriction sur des sites étrangers via internet. Le livre traduit en français tombera dans le domaine public en 2054, ce qui lui laisse encore le temps nécessaire pour modifier sa propre législation sur le sujet.
Près de 70 ans après la fin d’une guerre terriblement meurtrière, et tenant compte de l’évolution des sociétés qui ont directement été concernées par celle-ci, comment justifier d’une protection aussi rapprochée entourant ces écrits ? Ces mêmes sociétés, démocratiques depuis si longtemps, n’ont-elles pas été capables d’instruire et d’informer suffisamment leurs opinions publiques pour avoir besoin de les préserver des inepties contenues dans Mein Kampf ?
Visiblement non, ou du moins en surface… Car si l’on se réfère à l’article du psychosociologue Alexandre Dorna : la crise financière, la défiance des peuples envers leurs élites ou la perte de repères sociaux et familiaux, fragilisent les populations qui encensent le besoin de liberté tout en recherchant une figure ou une pensée derrière laquelle se ranger. De là à l’endoctrinement, il n’y a qu’un pas. Pour s’en convaincre, il suffit de constater avec quelle rapidité les idées défendues par le Front National ont imprégné la société française.
Marc Ferro, historien de référence, ne dit pas autre chose en appelant nos démocraties à rester vigilantes face à la diffusion d’écrits violents, accusateurs et profondément monstrueux par les théories qui y sont décrites. Il invite à ne pas laisser d’espace vital aux fanatiques, à toutes les formes de fanatisme. Pour lui comme pour beaucoup d’autres, tout autoriser au nom de la sacro-sainte liberté d’expression est un appel non dissimulé au suicide collectif de notre conscience et de notre devoir de mémoire face aux atrocités perpétrées.

La transmission orale de celles et ceux qui ont vécu cette période ou subi cette rage de destruction, les livres de témoignages ou d’explication, les émissions ou documentaires consacrés au sujet, les commémorations, les musées, tout cet ensemble construit et érigé en barrière contre Hitler, le nazisme et la barbarie dont ils ont été les auteurs, n’auront pas suffi aux hommes d’aujourd’hui (pourtant mieux informés) de se prémunir contre ce cancer de l’Humanité.
Partant de ce constat, il demeure très difficile de considérer Mein Kampf comme une littérature ordinaire. Une explication de texte ou un accompagnement historique apparait donc indispensable.
Oui, l’Homme moderne doit user de la liberté, de toutes ses libertés. Mais l’Homme moderne doit aussi consentir à voir certaines de ses libertés amoindries du moment où il n’est pas en mesure de contrôler ses propres pulsions et donc, de chasser l’ensemble de ses vieux démons.
L’Homme est capable du meilleur comme du pire. Ce pire, l’Homme a été capable de l’exercer et de le retourner contre d’autres hommes. A ce titre, il convient de le préserver en ayant le courage de le protéger contre son gré.
A la manière de Voltaire : « Et qui pardonne au crime en devient complice ».
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18 janvier 2012
Pourquoi la perte du triple A met la France à plat ?

Ce qui devait arriver….arriva ! La révélation de la surprise de l’année s’est déroulée vendredi soir, histoire d’ôter aux français, la possibilité de passer un week-end tranquille, loin des tracas du quotidien.
Que n’avons-nous pas entendu depuis ! Moults explications et propos volontairement rassurants sur cette dégradation alors, que de l’aveu même de nos gouvernants, la perte du triple A retentirait comme un coup de tonnerre pour un pays qui n’en n’avait vraiment pas besoin !
Il faut donc nous faire une raison : outre le fait sur notre pays soit dégradé financièrement, c’est la Nation toute entière qui se trouve humiliée et placée devant ses propres responsabilités. Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, le troisième plan de rigueur jusqu’ici nié, semble re-pointer le bout de son nez. Les français vont devoir raquer !
Certains errent, d’autres s’égarent ! A quelques encablures d’une campagne présidentielle attendue saignante bien plus qu’à point, le Gouvernement et les responsables de l’UMP essayent tant bien que mal de faire bonne figure. En fins limiers de la politique, les grognards sont lancés aux fesses de l’opposition et du principal candidat incarné par François Hollande.
Après le caractère dangereux du personnage dénoncé par la poissonière Nadine Morano et la guerre promise par Bernard Accoyer, Gérard Longuet Ministre sur la défensive, compare le leader socialiste au capitaine du Costa Concordia qui a abandonné son Titanic !
Standard & Poors ne s’est pas contenté de nous priver de notre triple A, elle ampute également la France et les français de dirigeants dignes et respectables dans la douleur. Il ne nous reste donc pas grand-chose et notre président semble décidé à poursuivre la vaste entreprise de sabordage en préparant des lendemains difficiles à ses compatriotes.
La promesse de 2007 d’une France forte, riche et tournée vers l’avenir semble désormais asséchée. En quelques jours, bannis du cercle des intouchables aux côtés de nos amis allemands, 2012 sera pour nous l’année des Robinson Crusoé !
A la manière de Dietrich Bonhoeffer : « L’action ne dérive pas de la pensée mais d’une bonne volonté à assumer ses responsabilités ».
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07 septembre 2011
Pourquoi le nouveau monde ?

La science et le fulgurant développement des technologies ont offert au monde ses plus belles avancées dans les vingt dernières années. Celles et ceux qui comme moi en ont été les témoins directs, savent que le monde d’aujourd’hui ne ressemble en rien à celui que nous avons connu.
2011 reste une année de référence puisqu’elle nous a réservé un tel lot d’évènements qu’il était presque devenu difficile de sombrer dans le sommeil du Juste. Chaque matin au réveil nous sommes assaillis les uns et les autres par les images des révolutions arabes, des catastrophes naturelles, des traques aux dictateurs, des opérations commandos ou autres affaires politico judiciaires. Chaque matin, le monde a changé ! Chaque matin, le monde est recomposé !
C’était justement l’un des thèmes abordé à l’université d’été du Medef sous le titre évocateur des « recompositions géopolitiques » et où, de l’aveu même de tous les intervenants, l’Europe commence seulement à émerger et dont la France a tout intérêt à marquer sa singularité.
Les révolutions arabes ont naturellement été au cœur des discussions et avec elles, la satisfaction de sentir dans le soulèvement de ces Peuples l’aspiration profonde de la Liberté. Monia Essaidi, ancienne présidente d’un syndicat patronal tunisien, rappelle qu’il n’y a pas de modèle démocratique occidental ou oriental par excellence puisque la base est la même et que seule la mise en application diffère. Elle souligne l’importance de la participation de la société civile et de la place à accorder à la jeunesse, aux femmes et à l’éducation pour y parvenir.
Sur ce point, le patron d’Eutelsat évoque l’influence bénéfique de la télévision et des réseaux sociaux où les révolutions sont nées. Il a martelé l’importance pour les opérateurs et les Etats de mettre un terme aux brouillages de signaux en Iran ou en Corée du Nord. La Liberté passe aujourd’hui par la communication non faussée.
La chasse aux dictateurs pointe le bout de son nez et avec elle, le sentiment d’un certain malaise dans les rangs. La diplomatie française en Afrique ou dans le monde arabo-musulman, sa propension à jeter ses valeurs à la face du monde tout en donnant l’impression de s’engager mais pas trop, est périmé et ne passe plus. Chacun s’accorde à dire que notre pays doit aussi changer en remaniant son logiciel diplomatique, en s’engageant plus fermement, en jouant pleinement son rôle au sein de l’Europe.
Pierre Moscovici demande à ce que nous nous gardions de donner des leçons aux autres, quant Gérard Longuet, Ministre de la Défense, insiste sur le fait que le monde n’est pas si différent qu’hier puisque de vieux conflits perdurent à travers le monde, que le défaut d’engagement de la France a été remarqué, mais que celle-ci se refuse à mener des batailles sans un conseil de sécurité de l’ONU où les enjeux économiques prennent le dessus sur les enjeux humains.
L’économie n’a pas été oubliée en pleine crise. Le PDG de la Coface fait sa pub en exécutant les agences de notation et autres oiseaux de mauvais augure qui font fuir l’optimisme des Peuples ! Plus discret, le PDG de Safran reconnaît en des termes plus feutrés que les révolutions sont bonnes pour les affaires et qu’elles sont toujours porteuses d’opportunités pour les pays qui s’engagent plus que les autres… Monde recomposé oui, mais on ne travaille pas pour la gloire non plus…
Sociologues et politologues ont recentré le débat en réaffirmant que le monde avait changé. Les blocs est/ouest ont cédé leur place à une confrontation nord/sud. Que l’Europe, au risque de devenir une vaste Suisse isolée, a le devoir de regarder vers le monde arabo-musulman et l’Afrique sub-saharienne qui rassemble 2,5 milliards d’habitants.
Ils ont recentré le débat en rappelant que la France est une partie intégrante de ce monde au sud de la Méditerranée de part son Histoire et les mouvements de populations qui l’ont accompagné. Recentré en débat en martelant que le meilleur vecteur d’intégration passe par une reconnaissance de la diversité de notre société et en invitant les patrons à jeter un regard bienveillant sur les nouvelles perspectives économiques que celle-ci autorise !
Et vous, êtes-vous prêts pour le monde de demain ?
A la manière d’Henry Miller : « Le monde n'a pas besoin qu'on y mette de l'ordre ; le monde est ordre, incarné. C'est à nous de nous harmoniser avec cet ordre ».

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05 septembre 2011
Pourquoi les extrêmes se nourrissent de notre propre bêtise ?

C’est la quatrième année consécutive que j’use mes culottes sur les bancs de l’Université d’été du Medef. Dès lors, chers lecteurs, je tente de vous convaincre que les chefs d’entreprise qui s’y réunissent, n’y fument pas plus de gros cigares qu’ailleurs, que leurs poches ne débordent pas de billets et qu’ils n’y tiennent pas de conclave sur le profit permanent.
Les patrons français sont désespérément humains, désespérément français et ils passent leur temps à s’interroger sur l’état de l’opinion et le ressenti général de leurs propres salariés. Oui, c’est vrai, ils ont bien compris le rôle social procuré par la machine à café...
En écrivant tout cela et n’ayant jamais caché mes convictions, je ne doute pas que mes petits « camarades » cherchent déjà le meilleur emplacement pour dresser le bûcher de mon hérésie ! Mais lorsque le Medef fait le choix de réfléchir sur la poussée des populismes et autres extrémismes en France et en Europe à travers son débat « Halte aux extrêmes », je reconnais que celui-ci est bel et bien un sujet qui transcende tous les clivages.
En premier lieu il est nécessaire de comprendre que les positions extrêmes ne s’expriment pas simplement politiquement. Elles se retrouvent également dans les paroles, dans les pensées et dans les écrits. Internet et la formidable ouverture au monde qu’il offre est immédiatement tancé. La toile grouille de millions reporters ou journalistes en herbe qui passent leur temps à décrire l’info et l’Histoire à leur manière et parfois, à les réviser hors contexte.
La deuxième particularité tient aux intérêts nationaux et particuliers. Prenant référence sur l’image d’une Europe qui au lendemain de sa fondation était présentée comme garante de paix et de stabilité, elle se retrouve en moins de cinquante ans porteuse de tous les maux, de toutes les dérives et de tous les sacrifices imposés aux peuples. Une fois l’Europe carbonisée, les étrangers ou ceux qui ne font pas « couleur locale » en payent désormais le prix.
Ensuite, arrive le tour des français qui se caractérisent par leur instabilité émotionnelle et morale. Ces français toujours en quête de retrouver leur identité qu’ils pensent perdue. Ces français qui sacrifient la chance collective sur l’autel de leur individualité. Ces français qui se torturent à nier leur propre Histoire en cultivant jalousement le concept de mémoire sélective.
Enfin, le rôle des média et leur capacité à dénaturer la pensée du public. Une information n’est bonne que lorsqu’elle est juste et équilibrée. Ce type d’information impose donc que l’on ne passe pas sous silence les réussites en ne misant que sur ce qui ne fonctionne pas, sur ce qui diffère de l’ordre habituellement établi. La télévision c’est l’école des adultes. De la même manière que les instituteurs ont le devoir de transmettre le savoir, la diversité et la tolérance aux plus jeunes, les journalistes se doivent d’éduquer les adultes à comprendre le monde.
Pour être heureux, soyons différents !

La truculente Roselyne Bachelot, interpellée sur la Droite Populaire, n’a pas dit autre chose. Elle insiste sur le fait que très souvent, ce petit quarteron de Parlementaires remuants interpelle sur des sujets en distillant des contres vérités ou en prospère sur des omissions savamment orchestrées. Le débat est faussé. Anne Lauvergeon exhorte les entreprises à assumer leur responsabilité sociale en misant sur la création et le partage des richesses. Dominique Reynié pointera du doigt le manque de rigueur de nos gouvernants qui n’ont pas pris le temps nécessaires à expliquer aux peuples, partout en Europe, les grands enjeux qui se jouent en dehors de nos frontières et les bascules démographiques qu’elles ont engendrées chez nous.
Chacun s’accorde sur un point : la France n’est pas en danger et que ni une Marine Le Pen ou un Jean-Luc Mélenchon ne peuvent espérer jouer les juges de paix lors de la prochaine présidentielle. Cette promesse est-elle prémonitoire ou la chronique d’une bêtise annoncée ?
A la manière de Blaise Pascal : « L'extrême esprit est accusé de folie, comme l'extrême défaut... C'est sortir de l'humanité que de sortir du milieu ».

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31 août 2011
Pourquoi le miracle norvégien ?

L’attaque sanglante et meurtrière du 22 juillet dernier perpétrée par le psychopathe Anders Behring Breivik, a tristement placé la Norvège sous le feu des projecteurs du monde entier. Ce royaume nordique surprenant qui n’a rien à envier aux pétromonarchies du Moyen-Orient, cultivait jalousement jusqu’alors sa singularité en toute sagesse aux portes de l’Europe.
Membre du Conseil de l’Europe, membre fondateur de l’OTAN, membre de l’espace économique européen et de l’espace Shengen, les norvégiens ont refusé par deux fois de rejoindre l’Union Européenne à l’inverse de ses voisins et amis scandinaves.
La Norvège vue de France apparait comme une grande inconnue à l’exception notable des exemples de son modèle de société repris ici ou là au gré de nos campagnes électorales ou bien encore, de son emblème le plus visible de par chez nous à travers la truculente Eva Joly, franco-norvégienne, qui bien qu’attaquée par François Fillon sur son manque de connaissance de l’Histoire française revendique ne pas descendre de son drakkar.
Son modèle de société justement, c’est bien ce dernier qui était directement visé lors de ces évènements. Une société en paix, nobélisée de paix où la social-démocratie partage le trône souverain de son Roi Harald V. Une société qui enseigne et applique concrètement à son Peuple les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité. Une société qui prône le respect et la tolérance. Une société axée sur la confiance, où la police est quasiment invisible et qui pourtant répond aux sirènes du populisme et du nationalisme en accordant le quart de ses voix au parti d’extrême-droite du Progrès.
Etrange société norvégienne qui fait baver bon nombre de français qui se prennent à rêver d’appliquer la miraculeuse formule à notre propre société. Certains tenteront de vagues comparaisons mais buteront rapidement sur l’impossibilité d’une telle éventualité. Les gaulois ne sont pas des vikings. La France partage les valeurs morales de la Norvège, mais crois certainement bien plus dans son patrimoine et son Histoire que dans la possibilité de son Peuple à s’autogérer.
Le drame vécu en Norvège devait sonner le glas de ce miracle et de cet Etat-Providence. Admiratifs du calme et du flegme adoptés par les norvégiens au lendemain de ces attentats, même frappés au cœur le miracle continue ! Le Premier ministre norvégien assène la riposte de son Peuple à l’intolérance : « la seule réponse est plus de démocratie, plus d’ouverture » !
A la manière d’Albert Einstein : « Il n'y a que deux façons de vivre sa vie : l'une en faisant comme si rien n'était un miracle, l'autre en faisant comme si tout était un miracle ».
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13 août 2011
Pourquoi le mur de Berlin ?
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29 juillet 2011
Pourquoi le retour vers le passé ?

Le drame survenu en Norvège a pris de court toute l’Europe. A un point tel qu’il est surprenant de constater qu’une fois le bilan des victimes connu, le profil psychologique de l’assassin déterminé et ses motivations évoquées, le seul enseignement tiré par les différents commentateurs de cette tuerie est une résurgence de l’extrême-droite et des idées fascisantes.
S’il fallait en rire, nous pourrions réutiliser un slogan dépassé de La Poste : « pour une nouvelle, c’est une bonne nouvelle ! ».
Un panorama rapide des résultats électoraux de ces dernières années, obtenus par des partis d’extrême-droite en Europe suffit pour s’en convaincre :
Autriche : FPO/BZO = 29% des voix aux législatives de 2008. Belgique : Vlaams Belang = 11,9 % des voix aux législatives de 2007. Danemark : 13,2% des voix aux législatives de 2007. France : FN = 11,4% des voix aux régionales de 2010. Finlande : 19,1% des voix aux législatives de 2011. Norvège : FrP = 23% des voix aux législatives de 2009.
En France, le Front National n’a jamais cessé de progresser depuis le début des années 80. Si le suffrage universel uninominal à deux tours lui a empêché de retrouver les travées de l’Assemblée nationale, les dernières élections cantonales de mars 2011 ont montré qu’il parvenait désormais facilement à supplanter l’UMP pour le deuxième tour.
Ces dernières années, certains se sont contenter de juger le président Nicolas Sarkozy et l’UMP comme responsables d’un climat favorable au Front National en lançant des sujets comme celui de l’identité nationale, la chasse aux Roms ou la lutte contre l’immigration clandestine. Si ce sentiment n’est pas erroné sur la forme, il n’en demeure pas moins insuffisant sur le fond.
Comme je l’écrivais déjà en décembre 2009, les français « de souche » ont retrouvé leur identité. Mais l’avaient-ils réellement perdue avant l’arrivée de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République ? 2002 reste une année noire et les débats récurrents sur l’islam ou sur un antisémitisme latent dans notre pays ne nous ont jamais fait défaut.
La vérité c’est accepter de dire haut et fort que la France n’est pas la mieux placée lorsqu’il s’agit d’évoquer les questions de discriminations, de racisme ou d’actes d’intolérance. Elle paye son passé colonialiste et sa difficulté à assimiler la diversité de toutes les populations venues s’installer sur son territoire dans les années 60.
La parole n’a jamais été aussi libérée qu’aujourd’hui, tous les excès sont autorisés et sont rarement sanctionnés. Les écarts de langage de certains responsables politiques ou intellectuels sont laissés à l’appréciation des français sans qu’aucune réponse appropriée et contradictoire ne soit apportée. La France à renoncer depuis longtemps à son devoir d’information et d’éducation.
La France entretient donc les clichés et utilise des formes nouvelles de stigmatisation pour justifier de certaines erreurs d’appréciation de son modèle économique et social. Elle renie son propre devoir de responsabilité.
Non, la résurgence des idées de l’extrême-droite et fascisantes n’est pas une nouvelle ni en Europe, ni en France. Comme un eczéma mal soigné, si ces idées refont surface plus fortement aujourd’hui, ce n’est ni la faute de la crise mondiale ou des attentats survenus en Norvège, c’est que ces idées n’ont tout simplement jamais disparues des esprits.
L’Histoire a toujours tenu une place importante en France. Dont acte. Que nos journalistes et nos chaines de télévisions fasse un travail d’historien cohérent en expliquant aux français pourquoi et comment le fascisme s’est propagé en Europe dans les années 30. Dans le même temps, qu’ils nous rappellent la triste période vécue par nos compatriotes durant les années de guerre lorsque la « Révolution Nationale » était portée aux nues par le Régime de Vichy.
Quelle que soit son origine ethnique, sa couleur de peau ou sa religion, les extrêmes ont abreuvés les imaginaires collectifs du rejet de l’étranger et de ce qui est différent. Renforcer l’instruction de nos enfants et l’éducation de tous, demeurent les seuls moyens efficaces pour préserver nos idéaux et contrer cette théorie malfaisante.
A la manière de Jonathan Swift : « Comment peut-on espérer que des hommes acceptent des avis quand ils n'acceptent même pas des avertissements ? ».
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