04 mai 2012

Pourquoi le moment de vérité ?

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Nous voici arrivés à l’épilogue de cette campagne présidentielle. Dimanche 6 mai 2012, près de 40 millions de français sont appelés aux urnes pour confirmer ou désigner celui qui conduira le destin de la France jusqu’en 2017.

Il n’est pas nécessaire d’être un expert pour exprimer un sentiment général : cette campagne fut aussi longue que rude. Nous sommes nombreux à regretter que le choix que s’apprête à faire les français ne soit pas basé sur les grands desseins de la Nation devenus antiques, mais sur une succession de polémiques et de postures indigestes.

Cette campagne marquera les esprits par son âpreté et sa rugosité, sans doute dû à la personnalité même des deux candidats et d’une société française qui n’a jamais cessé d’évoluer.

Attendu et redouté par tous, le grand moment de vérité est maintenant arrivé. Les français sont appelés à trancher et à dire dans quelle France ils souhaitent vivre dans les cinq prochaines. Quel que soit le nom de celui qui remportera le scrutin de dimanche, le choix du Peuple s’imposera à tous. Il faudra, dès le lundi 7 mai, mettre de côté toutes les certitudes accumulées pour faire avancer notre pays.

La cristallisation des votes est effective. Chacun, en son âme et conscience, a déjà fixé son propre choix pour la France. Il n’y a pas de bon ou de mauvais vote. Il n’y a pas de bon ou de mauvais candidat. La vérité, la seule vérité, seul le Peuple la dicte !

Pour ma part, et ce n’est un secret pour personne, mon choix est fait depuis bien longtemps. Je crois dans la République des droits pour tous et des devoirs de tous. Je crois dans une République qui s’affirme et qui respecte sa promesse d’égalité. Je crois dans la France… tout simplement !

Il n'est pas inutile de rapeller qu'une élection n'est jamais jouée d'avance. Depuis bien des années, les français nous ont habitués aux surprises. Les meilleures comme les plus surprenantes. Une intention ne vaut pas vote ! J'invite donc tous les démocrates et tous les républicains à construire, par leur vote, le futur visage de la France !

Pour moi : la République c’est maintenant ! La France c’est maintenant ! Le changement, je l’espère, c’est pour dimanche !

Dimanche 6 mai 2012 : je vote François Hollande !

28 avril 2012

Pourquoi la main du Peuple ?

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Habituel faiseur de roi des scrutins, l’électorat centriste fédéré par François Bayrou s’est fait griller la priorité lors du 1er tour des présidentielles. Ses 9 % de voix représentent à peine la moitié de celles qu’a recueillie Marine Le Pen pour le Front National. Dès lors, les camps de Nicolas Sarkozy et de François Hollande fourbissent leurs armes chacun de leur côté pour tenter de séduire cette poule aux voix d’or censée confirmer l’un ou porter l’autre vers la présidence de la République.

Beaucoup auront noté une profonde fébrilité dans les deux camps. Un écart de 3% en faveur de François Hollande l’aurait quasiment assuré d’une élection au second tour. Mais les français –toujours très joueurs- n’ont placé Nicolas Sarkozy qu’à 1,5 point derrière celui-ci et une vague bleue Marine de plus de 18% a déferlé sur la France. Les cartes sont totalement redistribuées et l’issue du scrutin demeure totalement incertaine. 

Au petit jeu des reports de voix, certains se lancent dans de savants calculs. Les théories ne manquent pas et ainsi, les voix qui se sont portées sur Marine Le Pen et François Bayrou devraient logiquement s’additionner à celles de Nicolas Sarkozy au second tour, sauf que… Sauf que les français sont fâchés de longue date avec l’arithmétique et que l’équation paraît beaucoup plus complexe qu’elle n’y parait.

Avec François Bayrou comme arbitre de second tour, les arguments auraient été beaucoup plus simples car les attentes de son électorat sont bien identifiées. Mais avec Marine Le Pen en souveraine courtisée, les deux camps sont contraints à une danse du ventre version décryptage du message adressé !

Il y a 15 ou 20 ans de là, un vote FN était catalogué simplement raciste. En 2012, la mode est définie comme représentative de la colère. Dans son discours, François Hollande mise sur le statuquo quant Nicolas Sarkozy trouve désormais une profonde compatibilité entre le Front National et la République.

La vérité est ailleurs : au PS comme à l’UMP les Spin Doctors des candidats sont dans les choux ! Ils sont incapables de déterminer de quel côté va tomber la pomme… Le résultat sera donné le 6 mai prochain. Ce résultat, cette seule vérité, est désormais dans la main du Peuple.

A la manière d’Aristote : « La main est l’instrument des instruments ».   

24 avril 2012

Pouquoi mes années Sarkozy ?

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Tout est histoire de pressentiment ! Dans mon post de vendredi dernier, j’indique en toute transparence mon choix pour cette élection présidentielle. Ce choix s’est porté sur la candidature de François Hollande dès le premier tour. J’avais écrit qu’il n’était jamais bon de trop s’engager et que je ne doutais pas de me le voir rapidement reprocher. Pari réussi !

C’est donc sans surprises que j’ai accueilli certains commentaires acides taxant ma décision tantôt d’opportunisme de circonstance, tantôt fondée sur un anti-Sarkozysme primaire ou bien encore, en total décalage avec mes convictions de centre-gauche toujours pleinement assumées.

M’amusant des railleries de poussins en mal de grain, des reines déchues et des déceptions bien légitimes du plus grand nombre, j’ai pris la décision d’en remettre une bonne couche dans un entre-deux tours prévu pour être particulièrement piquant ! Au rayon des railleries, j’affectionne tout particulièrement celles qui renvoient mon discours à une pure utopie digne des meilleurs moments de la IIIème République ou, plus surprenantes, qui soulignent ma perpétuelle fougue républicaine et cocardienne.

Rappelant le message de Stéphane Hessel qui a exhorté les français -et les jeunes en particulier- à ne jamais cesser de s’indigner, je crois avoir rempli largement mon quota depuis l’élection de Nicolas Sarkozy en 2007 ! A mon sens, lorsqu’un français ne trouve jamais le temps du repos pour cause de désaccord quasi-permanent avec la politique conduite par son Chef de l’Etat, c’est qu’il y a quelque chose qui ne fonctionne pas !

Souhaitant gommer à jamais de ma mémoire les passages que je juge les plus douloureux de ces cinq dernières années, je ne reviendrai pas sur : le débat sur l’identité nationale, les attaques répétées contre les musulmans présents sur notre territoire, la volonté de classifier les enfants dès la maternelle ou le retour à un ordre moral calculé et programmé.

Toutefois, soucieux de répondre au Peuple des indignés de l’instant, quant certains entendent faire sauter la République dans une fiction réussie, je vous propose une minisérie de « mes années Sarkozy » et de tout ce qui m’a fait passer de Sarko-indifférent à Anti-Sarkozyste assumé !

Au regard du discours prononcé par Nicolas Sarkozy à la Mutualité (sic!) au soir du premier tour, je persiste et je signe dans l'idée que nous ne partageons pas la même vision de la République et de la France ! 

Sept post, 7 vidéos en 7 péchés capitaux pour rappeler aux indécis, les meilleurs moments d’une présidence que je suis pressé de voir s’achever. Ca commence dès demain avec le premier épisode et le péché d’impureté.

A la manière de Paulo Coelho : « La liberté n’est pas l’absence d’engagement, mais la capacité de choisir ».

20 avril 2012

Pourquoi mon choix pour la France ?

 

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Moment privilégié de la vie démocratique de notre pays, l'élection présidentielle est le rendez-vous des français avec leur propre Histoire. Lorsque l'on souhaite ménager ses amitiés ou son propre avenir professionnel, il n'est jamais bon de trop se livrer. Pourtant, il ne faut jamais manquer une occasion de donner son opinion et de confier sa propre part de vérité, dans le respect des convictions et des choix de chacun.

Clairement démocrate, profondément républicain, c'est en toute conscience et en toute liberté que je me risque pourtant, aujourd'hui, à exprimer et à expliquer mon choix pour la France.

Lors de l'élection présidentielle de 2007, et encore traumatisé par le rendez-vous manqué de 2002, je n'ai pas aimé la désignation et la campagne de Ségolène Royal. Désignée par des militants PS bien plus aveuglés par la folie sondagière que par la réalité des aspirations souhaitées par les français, j'ai voté François Bayrou au premier tour et, contre Nicolas Sarkozy au second. Ce dernier fut porté logiquement à la présidence par un Peuple hésitant et un Parti Socialiste mauvais joueur envers sa candidate.

Si je confesse avoir été un Sarko-indifférent assumé en début de quinquennat, c'est en décembre 2009 lors du référendum suisse contre la construction de minarets et la tribune honteuse du président de la République dans le journal Le Monde, que je suis devenu un Anti-Sarkozyste pleinement affirmé. Les débats orientés, la stigmatisation permanente des populations, la différenciation sociale et la multitude des propos déplacés tout au long du quinquennat, m'ont confirmé dans la conviction que je ne veux plus vivre dans une France et une République dirigées par un Nicolas Sarkozy qui, à mon sens, n'a eu de cesse de déprécier la fonction présidentielle.

Le président, Chef de l’État, se doit de prendre de la hauteur et ne pas confondre ses intérêts personnels -privés ou politiques- avec les intérêts supérieurs de notre pays. Cinq ans ont suffit à Nicolas Sarkozy et sa majorité parlementaire, pour affaiblir les repères d'une société déjà en proie au doute. Cinq longues années à fouler du pied les bons usages républicains, à faire des croches pattes répétés au principe de Laïcité garante d'égalité, à mélanger les genres et à utiliser le Palais de l’Élysée comme une annexe exclusive de l'UMP. Cette méthode toute particulière de la conduite des affaires de l’État, demeure incompatible avec ma vision d'une République affirmée et d'une France qui s'adresse sans exception, à tous les français.

Sans m'abaisser à user de termes inconvenants, je souhaite que notre Peuple, fort de sa sagesse et de l'expérience passée, partage avec moi l'analyse qu'il est devenu impossible de reconduire dans ses fonctions un président Nicolas Sarkozy qui n'a respecté ni ses engagements envers les français, ni son devoir moral envers la Nation.

L'élection présidentielle de 2012 s'est déroulé dans un climat bien particulier très éloigné de l'image de la Vème République telle que l'avait pensée Charles De Gaulle. Habitués jusque là aux débats portants sur des sujets institutionnels et des visions affirmées sur le devenir de la France, les français ont du se contenter de petites phrases et de grandes postures morales. Les grands desseins de la Nation attendront.

Dans mes votes « présidentiels » précédents, j'ai toujours veillé à apporter ma voix au premier tour à mon candidat de cœur. La femme ou l'homme capable de développer un véritable projet de société, représentatif d'une République de droits et devoirs égaux pour tous. Au regard des évolutions de cette même société dans la période qui s'achève, je suis contraint de reconnaître que l'aspect programmatique ne déterminera pas mon vote de 2012.

Je n'ai pas aimé vivre dans la France de Nicolas Sarkozy. Le français que je suis, attaché aux principes de liberté, d'égalité et de fraternité, a souffert et s'est senti humilié de trop nombreuses fois de voir la République sacrifiée au nom des intérêts personnels d'une minorité.

Ainsi, mon choix aurait du se porter presque naturellement vers François Bayrou. Celui qui à mon sens a été le plus précis dans les propositions qu'il a déclinées. Mais le cru Bayrou 2012 n'a pas la même saveur de celui de 2007. Les enjeux sont différents et une France qui a subi en cinq ans une telle révolution de pensée, ne peut se payer le luxe de s'offrir le ni-à droite, ni à gauche, prôné par le centriste. Notre pays s'est trop égaré et de nouvelles lignes plus précises doivent être définies.

Je ne suis pas un électeur socialiste de premier tour. Bien qu'ayant milité à Puteaux, dans des circonstances très particulières, j'ai toujours veillé à ne pas laisser une hégémonie trop importante au PS à gauche. Souvent, j'ai voté pour les écologistes au premier tour lors de différents scrutins. La primaire des Verts, le trust électoral, l'amateurisme des militants et la campagne affligeante d’Éva Joly m'ont fait définitivement renoncer à cette option sans valeur et sans effet pour le devenir du pays. Je marque ici ma rupture avec l'écologie politique.

Dans une France en crise, dans une société où les bases s'effritent j'ai, comme nombre de français, eu envie de tout changer et faire table rase du passé. La promesse d'une VIème République attendue et d'un discours simple et populiste m'ont naturellement porté à jeter un regard attentif sur Jean-Luc Mélenchon. Attiré par sa gouaille, sa diatribe naturelle et les prouesses de ce tribun de talent, il s'en est fallu de peu pour que je lui accorde mon vote. Il restera mon candidat de cœur dans cette élection présidentielle. Le meilleur de tous.

Cette élection présidentielle a la particularité de répondre à une question par une autre question. Loin de moi l'idée d'occulter le devenir de la France au-delà des cinq prochaines années. Mais, à mes yeux, l'essentiel est ailleurs aujourd'hui. Le véritable enjeu est de réconcilier les français avec eux-mêmes.

J'ai perdu nombre de mes illusions. Ma vision utopique s'est fanée. Je ne crois plus aux lendemains meilleurs. Je ne crois plus aux vaines promesses faites et rarement tenues. Je ne crois plus dans la parole de dirigeants intrigués et intrigants.

 

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En revanche, je crois dans les valeurs qui nous rassemblent. Je crois en une société juste, mixte et fière de sa diversité. Je crois dans une République qui protège et respecte ses enfants, tous ses enfants. Je crois dans la grandeur de la France. Une France qui relève la tête et qui porte haut les principes qui ont toujours fait sa gloire.

A ce titre, je suis certain que Nicolas Sarkozy ne doit pas être réélu. Je suis convaincu que la France a besoin d'un grand bol d'air frais, d'un grand moment d'alternance.

Je ne veux rien avoir à regretter, le 22 avril et le 6 mai : je vote pour François Hollande !

 

18 avril 2012

Pourquoi toute notre Justice est à reconstruire ?

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Le NouvelObs publie ce mercredi sur son site internet, l’interview de Christophe Régnard, président de l’Union syndicale des magistrats, qui dresse un bilan désastreux de l’état de la Justice dans notre pays dans les cinq dernières années.

Entre multiplication et enchevêtrement des Lois, indépendance de la Justice mise en péril ou maltraitance des magistrats, le constat du syndicat majoritaire chez les magistrats est sévère.

Extraits :

Quel bilan général dressez-vous de ces cinq dernières années ?

- Le bilan n'est pas bon. Justice et magistrats n'ont jamais été autant maltraités. Ces derniers croulent sous des avalanches de lois. Ils n'ont jamais été autant stigmatisés et n'ont jamais tant souffert de l'atteinte à l'indépendance de la justice. Le tout sur fond de pénurie budgétaire continue et de situations dans les juridictions de plus en plus tendues.

Ce bilan ne contient pas de scoop, il ne fait que reprendre ce que nous dénonçons depuis plusieurs années. Notamment en 2010 dans notre "livre blanc", qui n'a manifestement pas été entendu. On ne dit pas que rien n'a été fait : de nouvelles prisons et de nouvelles juridictions ont, certes, été créées, et l'informatique s'est développé. Mais rien n'a bougé au niveau des effectifs, le plus gros point noir.

Avec quelles conséquences ?

- Le problème est tel qu'il devient insupportable. La RGPP (Révision générale des politiques publiques) appliquée au ministère de la Justice s'est faite sur la base d'effectifs déjà insuffisants, et les charges de travail n'ont pas été réduites, au contraire. Les successions de lois les ont même augmenté, et la réforme de la carte judiciaire a ajouté de nouvelles difficultés aux juridictions "absorbantes".

On mord sur les week-ends et les vacances, les fonctionnaires ne peuvent plus prendre leurs récups'. On peut toujours se transformer en machine distribuant des jugements types, mais ce n'est pas pour cela qu'on a choisi ce métier.

(…)

La multiplicité des lois est un point important de votre état des lieux. Quel bilan faites-vous ?

- Le problème de l'incohérence de la déferlante de lois, qui n'a pas cessé ces cinq dernières années, est toujours aussi important. Prenons un exemple : en 2007, les peines planchers sont introduites et on demande aux magistrats d'incarcérer les personnes.

Deux ans plus tard, en 2009, la loi pénitentiaire passe, et on leur demande de libérer les personnes. En 2011, enfin, partant du principe que les magistrats sont laxistes, on introduit les citoyens assesseurs censés être plus sévères...

(…)

Le quinquennat a été marqué par l'affaire de Pornic et la mise en cause des magistrats.

- En effet, mais ce n'est pas la seule. Deux affaires emblématiques ont particulièrement marqué les magistrats : Pornic a signé le réveil du monde judiciaire. C'était l'attaque de trop et l'injustice était telle, qu'elle a été vécue comme une insulte. D'où les manifestations massives. L'affaire Bettencourt, quant à elle, a démontré par "a+b" la mainmise du pouvoir sur certaines affaires.

L'image renvoyée à l'opinion publique a été détestable vis-à-vis de l'état de la justice et de l'autorité de l'Etat. Elle a valu des récriminations et commentaires non moins détestables aux magistrats pendant certaines audiences...

Le chantier aujourd'hui est donc plus que vaste...

- Tout est à reconstruire. Au-delà des problématiques déjà citées, l'organisation de la justice est essentielle, avec la double question de l'organisation des juridictions sur le territoire et la redéfinition du périmètre de l'intervention du juge. Il est aussi primordial de restaurer le respect et faire cesser les critiques permanentes des magistrats et de la justice. Quoi qu'il en soit, il est toujours bien de dresser un bilan. Cela permet de repartir sur autre chose, et ce, quel que soit l'élu. 

Cette interview donne un écho particulier au reportage diffusé sur France 2 mardi soir, dans lequel une Juge d’application des peines de Rouen avouait que compte tenu de la surpopulation carcérale à la maison d’arrêt de la ville (parfois jusqu'à 200%), elle était dans l’incapacité de procéder à toutes les mises sous écrou commandées par ses confrères et révélait qu’elle ne donnait priorité qu’aux peines les plus lourdes et aux individus les plus dangereux.

A la manière d’un proverbe kashmiri : « la Justice vaut mieux que l’adoration ».

16 avril 2012

Pourquoi le vote des détenus est essentiel ?

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Le premier tour de la présidentielle touche à sa fin. Dimanche soir à 20H, nous connaitrons les deux candidats qui se disputeront la présidence de la République le 6 mai prochain.

Nous sommes nombreux à considérer que cette campagne n’a pas tenu toutes ses promesses. Certains se raccrochent encore au solide espoir de faire bouger les lignes et de convaincre en misant sur la peur. L’UMP concentre ses attaques en direction de François Hollande, le sanguinaire candidat socialiste, pendant que Marine Le Pen elle, entend rappeler aux français que nos prisons se videront allègrement de leurs locataires pour leur permettre d’exercer leur droit de vote.

Signe de profond changement : nos compatriotes musulmans sont pour une fois, épargnés de toute stigmatisation de la part de la candidate toujours très humaniste du Front National.

Ainsi, Marine Le Pen avertit les français que l’Administration Pénitentiaire entend faire appliquer un décret de novembre 2007, autorisant les détenus condamnés à une peine privative de liberté inférieure ou égale à 5 ans ou à une peine privative de liberté supérieure à 5 ans (quand ils ont exécuté la moitié de leur peine) à demander une permission au premier et au deuxième tour de l'élection présidentielle pour aller voter.

Dans son envolée, Marine Le Pen a pris soin de passer sous silence qu’un détenu souhaitant user de son droit de vote, doit remplir un nombre de conditions particulièrement restrictives. Rétablissons la vérité, toute la vérité, en rapellant ici ce que dit la loi :

Une circulaire datant du 1er février 2012 et adressée par le Directeur de l’Administration Pénitentiaire à tous les Directeurs d’établissements, indique la marche à suivre :

1/ Un détenu ne doit pas avoir été privé de ses droits civiques et familiaux.

2/ Le chef d’établissement doit dresser la liste des détenus souhaitant exercer leur droit de vote et leur faciliter les démarches. Un détenu peut être domicilié à l’adresse de sa prison ou d’une commune de rattachement.

3/ Le Chef d’établissement doit veiller à faire la promotion des élections par voie d’affichage dans les lieux de détention collective ou d’instruction (exemple : réfectoires, bibliothèques ou salles de classes).

4/ Deux options sont prescrites pour les personnes détenues. Le vote par procuration est vivement encouragé par le Ministère de la Justice et l’Administration Pénitentiaire. Toutefois, un Juge d’application des peines pourra selon le cas de chaque détenu, accorder une autorisation spéciale de sortie pour les deux tours de scrutins.  

Dans cette note, l’Administration Pénitentiaire souligne l’importance de la démarche et souhaite une exemplarité de tous ses chefs d’établissement. L’ensemble de cette procédure cadrée est visée par le Conseil Constitutionnel.

Pour ma part, je trouve rassurant que les détenus, comme n’importe quels autres citoyens, disposent des moyens –en surface- de remplir leur devoir électoral. Pour ceux, sans doute trop peu, qui prendront part au vote, c’est un excellent moyen de garder un pied dans la société en misant sur leur future réinsertion dans celle-ci.

L’intention de Marine Le Pen est malhonnête. Une bonne occasion de détourner l’attention des français en leur faisant croire que des milliers de délinquants et autres criminels investiront les bureaux de vote. Personne ne croit à cette vaste supercherie. Un mensonge succède à un autre.

Les détenus ont, plus que quiconque dans notre pays, tout intérêt à faire entendre leur voix dans les urnes. Des votes anonymes mais symboliques à plus d’un titre ! Des votes venant rappeler à la France qu’elle ne respecte toujours pas les recommandations européennes en matière de privation de liberté et qu’elle n’accordent toujours pas des conditions de détention conformes à la dignité humaine !

Pendant ce temps là : la France n'a jamais compté autant de détenus dans ses prisons avec une surpopulation de 117% et quelques 67.161 personnes privées de liberté.

Est-il nécessaire de conclure par l'évidence que la République et la France se doivent à tous leurs enfants, sans exception, prisonniers compris…

A la manière de Joseph Staline : « Ce qui compte ce n'est pas le vote, c'est comment on compte les votes. »

04 avril 2012

Pourquoi une présidentielle très sexuelle ?

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Heureux français ! Vous qui pensiez jusqu’ici que cette campagne présidentielle resterait comme la plus sinistre de toute la Vème République, le magazine pornographique Hot Video a choisi de vous rendre justice dans son nouveau numéro !

Laissons-nous aller un bref instant. Roulons-nous allègrement dans la fange en teintant nos idées noires de rose bonbon, et laissons-nous bercer d’un soupçon de cochonnerie savamment organisée. A tous ceux qui hésitent, ceux qui doutent et qui se demandent encore à qui accorder leur suffrage, jetez un regard coquin vers le sondage réalisé par Ipsos.

Ce dernier décortique la sexualité de nos compatriotes en déterminant avec une précision déconcertante, la couleur de leur vote en fonction de la fréquence de leurs rapports sexuels.

Si vous êtes plutôt de gauche, vous êtes sérieusement portés sur la chose ! Si vous êtes de droite, il conviendra à l’avenir de vous décoincer un brin chers amis !

Ne riez pas trop ou ne vous faites pas plus outragé que vous êtes ! Mêler le sexe à la politique n’a rien de honteux. La « chose » existe, rôde et comme l’oiseau, fait son nid petit à petit. C’est scientifiquement prouvé vous dis-je,  un électeur socialiste est partisan du « à bouche que veux-tu » quant celui de l’UMP semble prescrire le « point trop n’en faut » !

Les accro’ et autres frustrés du jamais assez, les vrais, se font coucou aux extrêmes, chacun de leur côté ! Imaginez donc cette scène cocasse qui verrait les potes de Marine -tout de cuir vêtus- se faire botter le postérieur avec une envie non dissimulée par les copains de Jean-Luc, Nathalie ou de Philippe… Quel pied quant même !

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En revanche, soutiens indéfectibles de François Bayrou ou de Nicolas Sarkozy, il est grand temps de vous réveiller ! Le printemps est arrivé et le bourgeonnement des arbres se veut complémentaire de celui de vos insoupçonnables envies ! Taquinez-donc un peu la bête qui sommeille en vous et allez-y franchement ! C’est pas la coccinelle qui va manger le grizzli tout de même !

Comme dans toute étude, il convient de n’oublier personne. Amis fâchés, amis frustrés, vous qui avez le soutif’ ou la braguette coincés, de grâce ne vous laissez pas aller ! L’exemple de nos amis abstentionnistes –les plus cochons d’entre tous- n’est pas toujours le meilleur à suivre. Adeptes du sexe virtuel, vous pouvez aussi voter pour….Jacques Cheminade, seul candidat de la conquête intergalactique ! Prenez donc Mars et oubliez tous vos complexes…

A la manière de Mori Ogai : « Chaque instant de la vie d'un homme participe du désir sexuel. »

28 mars 2012

Pourquoi le piège Sarko-musulman ?

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Les attentats terroristes perpétrés par Mohamed Merah n’en finissent pas de troubler une opinion publique bercée entre horreur et questionnement. Au grand dam de certains, cet évènement dramatique ne place pas pour autant le thème sécuritaire au cœur des attentes des français dans cette campagne présidentielle.

Pour autant, celui-ci constitue un vilain retour de flamme pour la stratégie politicienne mise en place par l’équipe du candidat-président Nicolas Sarkozy bien avant son élection en mai 2007. Une stratégie politicienne qui visait à siphonner les voix du Front National en le débordant sur ses thèmes de prédilection et en y ajoutant un savant mélange d’amateurisme, de vulgarité et de malhonnêteté intellectuelle.  

Arrivés au crépuscule du dernier quinquennat, il est grand temps de dresser le bilan désastreux de la politique de stigmatisation quasi-permanente menée contre l’Islam et les musulmans par le président Sarkozy, ses conseillers ou autres membres de l’UMP.

Résumons simplement par : l’épisode du Karcher, le discours de St-Jean-de-Latran, le débat sur l’identité nationale, le discours de Grenoble, la loi anti-Burqa, les insinuations liant le mot délinquance à celui d’immigration ou de « l’appel à la tolérance des mulsmans de France » du président Sarkozy lors du référendum sur les minarets en Suisse.

Tous ces éléments sont autant d’entorses répétées et avouées au principe de Laïcité et, d’attaques à peine dissimulées dirigées contre les musulmans présents sur notre territoire qu’ils soient français ou étrangers. 

Au moment où la France traverse un épisode sinistre, comment peut-on avoir le culot d’appeler à l’unité nationale de tous les français alors, que ce président et cette majorité n’ont eu de cesse de considérer nos compatriotes musulmans comme des citoyens de seconde zone ?  

Nicolas Sarkozy s’est toujours défendu d’être le porte-parole de ceux qui considèrent l’islamophobie comme un loisir. Au regard des politiques conduites ces dernières années et de la sémantique provocatrice employée par des gens comme Brice Hortefeux, Henri Guaino, Claude Guéant, Christian Vanneste et autres membres de la Droite Populaire, il appartient aux français de dire s’ils souhaitent poursuivre ce mélange des genres nauséabond.

Un retour aux fondamentaux républicains m'apparait essentiel. Ces valeurs fondamentales placent la tolérance au coeur de toute idée de développement pour notre société, en passant par un rejet ferme de toute stigmatisation de population. Il n'existe pas de "musulmans d'apparence" ou de citoyens inférieurs en droits et en devoirs, il n'y a que des français fiers de leur diversité et profondément attachés à l'égalité de tous !

Je dis non à cette République des infidèles. Infidèles aux valeurs universelles de la France !

A la manière d’un proverbe québécois : « Quant la cruche est pleine, elle renverse ».

08 mars 2012

Pourquoi les françaises ont aussi le droit de voter ?

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Mesdames, nous ne devons pas attendre le 8 mars de chaque année pour vous rapeller votre importance !

Malgré certains propos désobligeants, nous sommes nombreux à penser que l'IVG est un droit et non un confort.

S'il y a bien un endroit où vous disposez d'une totale égalité avec les hommes : c'est l'isoloir ! Profitez-en pour donner votre sentiment...

Dans tous les cas mesdames, n'en doutez pas : ON VOUS AIME !

8 MARS 2012

JOURNEE DE LA FEMME

10:00 Publié dans Bien s'engager ?, Décoder la politique ? | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : france, société, politique, fn, femmes, ivg, santé, droit | |  Facebook

08 février 2012

Pourquoi la civilisation égarée ?

 

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La petite phrase prononcée le week-end dernier par Claude Guéant selon laquelle toutes les civilisations ne se valent pas, ne cesse d'alimenter le bottin mondain des chroniques politiques.

La droite est-elle à ce point en manque d'idées pour tenter, à quelques encablures d'une élection présidentielle périlleuse, de redonner sens et un énième sursaut à notre identité nationale voulue en péril depuis 2007 ?

C'est désormais chose courante : il convient de décrier ce que l'on ne peut contrôler.

Notre Ministre de l'Intérieur, pourtant adversaire acharné de la récidive de nos vilaines racailles, se lance à son tour dans le grand bain de la récidive des propos aussi choquants qu'outranciers qui viendront, n'en doutons pas, faciliter notre communication diplomatique et le retour de la France au rang des nations qui comptent.

Le plus étonnant -ou le plus choquant- c'est que l'avis du locataire précaire de la Place Beauvau, semble trouver un écho favorable chez les français qui lui donne raison de peu. Ainsi donc, c'est dit, toutes les civilisations ne se valent pas !

Soyons bons joueurs et saluons les bonnes intentions de Claude Guéant qui nous ramène à la réalité de notre triste existence. La civilisation supérieure, celle dans laquelle nous vivons naturellement, puise ses fondements dans l'idée saine selon laquelle tout homme né libre et égaux en droits.

Peu importe de savoir si, ici ou là, quelques imperfections viennent polluer cet idéal, en ces temps incertains il convient de dire et de s'entendre dire que nous sommes les champions.

Peu importe de savoir s'il subsiste, ici ou là, quelques inégalités. Même si nos compatriotes féminines peinent encore à comprendre la finalité du mot « égalité », même s'il vaut mieux s’appeler Jean qu'Hicham, même s'il convient de demeurer chrétien plutôt que de succomber à la doctrine d'un islamisme galopant, même s'il vaut mieux profiter de la générosité offerte par les Restos du cœur que de crever la dalle, même s'il convient d'être un hétérosexuel frustré plutôt qu'un homosexuel assumé puisque le caractère de ce dernier se révèle inférieur moralement au premier.

Non mes amis, je suis rassuré et veux rendre grâce ici à la bienveillante attention du gardien du dogme intérieur. Dans sa très grande sagesse et la pureté de son esprit malin, il nous a rendu l'espoir que rien n'est perdu et que nous pouvons continuer à glorifier le modèle de civilisation que nous avons construit et entretenu.

Une chose m'effraie toutefois. La vilaine possibilité d'être privé de cette clairvoyance et de cette conscience généreuse d'ici le printemps. Je n’ose imaginer un retour à l’anarchie de l'esprit, un retour de la pensée maudite, à l'éventualité de la dégénérescence de l'ordre moral. Certains prônent à un changement dès maintenant. Sacrebleu la civilisation libertaire revient au galop !

A la manière de Gaston Bouthoul : « la civilisation est une lutte contre la peur ».