30 avril 2012

"Mes années Sarkozy" épisode 4 : le péché de colère

 

Juillet 2008

"Le monde du travail tu ne mépriseras pas" !

Devant le Conseil National de l’UMP en évoquant la loi sur le service minimum, Nicolas Sarkozy raille les grèves en France qui ne se voient pas.


Sarkozy: "Quand il y a une grève en France..." par rue89

 

25 octobre 2010

Pourquoi la retraite nuit gravement à la santé ?

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A la manière de Janine Boissard : « La retraite, qu'est-ce que c'est, sinon la permission officielle de rouiller ».

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12 mai 2009

Pourquoi le grand soir n’est pas pour demain ?

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A un mois des élections européennes qui se dérouleront le dimanche 7 juin de 8H à 22H, il n'est pas inintéressant de se transporter chez nos voisins d'outre-Rhin pour découvrir leur perception de la société française.

Courrier International reprend un article paru dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung qui exprime son opinion au lendemain des manifestations très suivies du 1er mai dernier en relevant avec justesse que, malgré la crise et cet esprit révolutionnaire qui anime de façon permanente nos compatriotes, les français ne sont pas prêts de renouer avec un 1789bis ou un Mai 1968 qui trouve aujourd'hui de nombreux détracteurs.

La journaliste allemande commence par évoquer le rituel subi par tout Chef d'Etat français qui se respecte, à savoir celui d'être brocardé sans ménagement par son Peuple en colère. Nicolas Sarkozy risque t-il lui-même de connaître un jour le réveil en sursaut d'un Louis XVI à qui l'on apprend la prise de la Bastille et qui demande : « c'est une révolte ? » et à qui le Duc de la Rochefoucauld-Liancourt répond : « Non, sire. C'est une révolution ! » ? La probabilité est faible pour ne pas dire quasi-nulle...

Arrive ensuite un rappel d'un sondage présenté par l'IFOP et dans lequel près de 60% des français s'attendent à une explosion sociale dans les prochains mois. « s'attendent »... le vilain est mot est lâché....les français donc « s'attendent » mais « n'osent rien ». Chacun compte beaucoup sur la réaction des autres mais se garde bien de prendre toute initiative. Continuons d'attendre donc....

Interrogé sur les risques de débordements plus inattendus voire d'un soulèvement de masse, l'historien Alain-Gérard Slama souligne que le mois de mai est traditionnellement un mois de contestation et que sa réussite en 2009 est dû à une addition des effets de la crise économique et de diverses mesures gouvernementales mal ficelées et donc rejetées.  Il conclu par l'évidence que pour que la mayonnaise contestataire prenne, il aurait fallu que les protagonistes n'ai plus rien à perdre, hors c'est l'inverse qui s'est produit. La récente enquête d'opinion confirme que si les français trouvent la politique de Nicolas Sarkozy médiocre, ils estiment qu'il demeure le plus à même d'être réélu en 2012 par défaut de projet alternatif concret.

L'économiste Bernard Maris prend le relais en relevant qu'entre l'échec d'une énième réforme des Universités qui a conduit à un blocage entre le Gouvernement et les grévistes, et les divers mouvements d'humeurs dans l'industrie qui ont vu des patrons pris en otage ou un saccage de bureau à la sous-Préfecture de Compiègne par les « Conti' », la Révolution tant attendue ne prend pas forme car submergée par les sentiments de peur et d'impuissance fasse à l'invisibilité d'un nouveau modèle social.

C'est une nouvelle fois le manque de dialogue social et le manque de cohérence des syndicats qui sont pointés du doigt. Comment relayer l'expression des salariés alors que la représentativité est minimale et que les revendications portent bien plus sur une préservation des acquis plutôt que sur de réelles avancées en matière de droit du travail ou sur les retraites ?

Non, le quotidien allemand reste convaincu que la Révolution du Peuple ne viendra pas du monde du travail « installé » malgré les incantations volontairement provocatrices proférées par certains leaders d'extrême gauche comme Olivier Besançenot qui enrage de voir le grand soir s'éloigner et sombrer dans les oubliettes de la mémoire.

Le regard interrogateur se dirige vers nos banlieues qui avaient enflammées les nuits de décembre 2005. La pression y est toujours très forte et même le Président du Sénat Gérard Larcher appelle le Gouvernement à ne pas oublier les quartiers où vivent une majorité de français d'origine immigrée. La résignation laisse lentement place à la révolte et les braises ne semblent pas prêtes de s'éteindre.

La conclusion est laissée au Ministre du Travail Brice Hortefeux qui décèle une accalmie sur le front syndical et prétend que le Gouvernement entend l'expression des syndicats tout en préférant soi-disant être aux côtés des victimes de la crise. Oui mais voilà, il manque un mot dans cette déclaration..... « TOUTES »..... Oui Monsieur le Ministre, c'est à TOUTES les victimes de la crise que vous vous devez. Hors les diverses mesures mises en place ici et là, correspondent bien plus à des réponses catégorielles qu'à une réponse à l'intérêt du plus grand nombre.

En France, c'est de ce plus grand nombre que l'on surnomme souvent la « majorité silencieuse » que sont parties toutes les Révolutions.....

Lire « le grand soir n'est pas pour demain » sur Courrier International

Consulter le Journal allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung

Régis Sada

 

27 janvier 2009

Pourquoi l’UMP et le Gouvernement attisent la colère du Peuple ?

 

frederic lefebvre.jpgIl y a quelques jours je me posais la question d’une possible crise politique dans notre pays dans les prochains mois, prenant acte de la décision du Gouvernement et du Chef de l’Etat de « globaliser » le temps de parole de l’opposition au Parlement.

 

A 48 heures de la grève qui s’annonce massive, j’avoue que les récentes déclarations du porte-parole de l’UMP Frédéric Lefebvre et de certains membres du Gouvernement me confortent dans cette idée. Désormais l’éventualité, beaucoup plus dangereuse, d’une véritable crise sociale trouvant sa source dans une volonté affichée de défier les mécontentements par des moqueries ou une attitude méprisante n’est plus à exclure ?

 

Si mes convictions socialistes-libérales m’obligent à considérer les actes de certains syndicalistes -SUD Rail- comme certaines dérives hasardeuses, je juge l’attitude de nos gouvernants actuels choquante et tout aussi irresponsable.

 

Ainsi hier, l’UMP a annoncé son souhait de légiférer contre les « abus de grève » estimant que ces derniers soient sanctionnés. Il ajoute sans sourire : "J'ai fait notamment la proposition que les responsables syndicaux soient traités comme le sont les élus, c'est-à-dire que dans l'échelle des sanctions, ça puisse aller jusqu'à l'interdiction d'exercer des responsabilités syndicales" et que "Pour les élus, dans l'échelle des sanctions quand il y a abus de droit ou faute grave, ça peut aller jusqu'a l'inégibilité". Apaiser le climat social. Belle illusion ! Je doute que ce type de menaces ouvertes concourt à y parvenir. Quant à la référence aux sanctions appliquées aux élus, Frédéric Lefebvre s’est sans doute laissé aller un peu trop. Pour se faire entendre, faut-il encore parler des mêmes choses.

 

Sur ce point, comparer les abus d’une poignée de responsables syndicaux aux dérives avérées de certains élus pris en flagrant délit de détournement de fonds publics et/ou couverts par leurs pairs sur le principe du « responsable mais non coupable » est une douce hérésie qui fera sourire dans les chaumières. Si les politiques commencent à venir reprocher le manque de probité et d’intégrité aux syndicats, c’est que notre pays s’est égaré dans une boutique de farces et attrapes !

 

 

 

Aujourd’hui même, c’est le Ministre du Budget Eric Woerth qui en rajoute une couche épaisse sur l’antenne de France Inter en jouant le jeu du mépris et de l’humiliation. Il déclare : "Qu'ils se démènent, (...) qu'ils bougent, qu'ils ne le fassent pas nécessairement uniquement en défilant ou en râlant! (...) Qu'ils deviennent un acteur de la sortie de crise. Et devenir un acteur de la sortie de crise, c'est quand même me semble-t-il se remonter un tout petit peu les manches et se mettre à travailler plutôt à l'unité du pays".

 

Je reste favorable à l’idée de parvenir en toute situation au meilleur compromis possible qui permette à chacun d’y retrouver ses petits. Je suis partisan de mettre un terme à l’assistanat permanent

 

Mais quant il conclu par "Je trouve qu'il y a d'autres moyens de le dire que de descendre dans la rue un peu traditionnellement comme on le fait depuis 30 ou 40 ans en France avec les mêmes banderoles" et par "bloquer un pays, faire en sorte que les transports ne fonctionnent pas, ennuyer les gens quand ils sont encore extraordinairement craintifs et qu'ils ont peur de l'avenir, c'est rajouter de la peur à la peur, de la crainte à la crainte", là j’avoue que je suis saisi par une irréfutable envie d’appeler à la mobilisation générale !

 

Lorsque l’on est Ministre et que l’on résume la liberté d’exprimer son mécontentement contre les politiques conduites à une sortie récréative traditionnelle, je me dis que des cours d’Histoire ont été séchés par ce même Ministre et que des gifles pour insolence se perdent !

 

Le Gouvernement perd pied. Il détourne les chiffres des indicateurs économiques, entend les appels à l’aide des banques ou du secteur automobile, injecte des centaines de millions d’euros -dont il est incapable de donner la provenance en dehors de la poche même des français ou par une augmentation drastique de la dette- et se paye le luxe de dire aux français que tout est sous contrôle et que tout va bien pour l’économie du pays.

 

Dans le même temps, il refuse d’entendre la colère qui monte au sein du Peuple. Les français s’accordent à reconnaitre que la crise financière à bon dos et qu’elle permet à certaines entreprises de dégraisser ni vu ni connu. Ces mêmes français qui pensent –toutes classes sociales confondues- que la note commence un peu trop à s’avérer salée.

 

La côte d’alerte est dépassée. Le Peuple gronde. L’UMP et le Gouvernement doivent donc s’appliquer à eux–mêmes la cure d’austérité qu’ils imposent aux français. Cette cure doit commencer dès maintenant en s’abstenant de débiter des menaces et des propos vexatoires qui n’aident à rien à apaiser un climat social devenu explosif.

 

Régis Sada

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