19 mars 2012
Pourquoi la querelle mémorielle ?

50 ans après la signature des Accords d'Evian qui ont mis fin à la guerre d'Algérie et acté son indépendance, la plaie a toujours autant de mal à cicatriser. 50 ans après, les consciences sont toujours taraudées et l'encre des livres d'histoire a du mal sécher.
France 2 diffusait la semaine dernière un documentaire remarquable retraçant les anciens « événements survenus en Algérie » décrits depuis comme le simple récit de la « Guerre d'Algérie ». Le mot de remarquable n'est pas usurpé. C'est sans doute la première fois où ce douloureux moment d'Histoire est raconté de manière linéaire sans rien omettre de la réalité.
Au-delà du débat sur la fixation d'une date de commémoration commune pour les morts et les anciens combattants de ce conflit, en plein cœur de la campagne présidentielle, le souvenir resurgit en plaçant les candidats en fâcheuse posture. Beaucoup l'écarte, d'autres le survole quant les derniers le renie tout simplement.
La France aime l'Histoire. Aime son Histoire. Surtout quant elle est noble, quant elle vieille et qu'elle la place en position dominante. La France déteste l'Histoire. Déteste son Histoire. Surtout quant elle trouble, quant elle est trop récente et qu'elle la place dans une position de faiblesse.
De la même manière que notre pays aime à se rappeler l'épopée de ses Rois qui le valorise tout en majesté, celui-ci a mis du temps à s'amender des égarements de certains dans la collaboration honteuse dont ils se sont rendus coupables lors de la seconde guerre mondiale. Tant qu'il y a des survivants pour témoigner, il n'est jamais évident de trouver les seuls éléments qui permettent de se glorifier.
A la différence d'autres territoires qu'elle avait colonisé ou sur lesquels elle avait assuré un simple protectorat, l'Algérie était considérée comme une extension de la Métropole séparée par la Méditerranée. Des départements d'Outre-Mer à portée de rames. Des départements qui ont mêlées en un siècle population native et populations installées. Des populations installées qui ont fini par devenir natives elles-mêmes.
Une fois l'indépendance décidée, la France n'a pas su (ou n'a pas voulu) gérer les regrets, l'amertume, les peurs et le ressenti de ces mêmes populations. Elle a préféré se retirer par la petite porte en espérant que chacune finirait par y trouver son compte. C'est sans doute l'erreur magistrale commise par la France. Car une mémoire mutilée ou soigneusement oubliée ne trouve jamais le repos, ne trouve jamais la paix.
Les générations d'aujourd'hui ne peuvent pas être tenues pour responsables des erreurs de leurs aînés. Elles ne sont que les dépositaires d'une Histoire léguée. Il leur appartient en revanche de trouver les justes définitions permettant à tous, de retrouver une trace de cette dignité trop longtemps piétinée.
A la manière de Jean Guitton : « La mémoire la plus profonde est une mémoire de toute notre destinée ».
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15 février 2012
Pourquoi le funeste Vanneste révèle la tromperie de l’UMP ?

A quelques semaines des élections législatives de juin 2012 où il se portera candidat à sa propre réélection, le député de Tourcoing Christian Vanneste récidive dans ses propos ouvertement homophobes.
En 2005 il avait affirmé que l’homosexualité était « moralement inférieure à l’hétérosexualité » et qu’elle constituait un « danger pour la survie de l’Humanité », lui valant d’être amicalement houspillé par Nicolas Sarkozy, alors simple patron de la très jeune UMP.
Aux élections législatives de 2007, Christian Vanneste n’avait pas reçu l’investiture de l’UMP. Le parti majoritaire n’avait pas présenté de candidat face à lui et l’avait réintégré au sein du Groupe UMP une fois les élections passées.
En 2010, ce même Christian Vanneste avait signé un post sur son blog liant homosexualité et pédophilie dans les termes suivants : « l'opposition outrancière entre pédophilie et homosexualité n'est pas fondée en raison des tendances éphébophiles assez fréquentes dans l'histoire qui ignorent la frontière juridique de l'âge » et « l'éphébophilie, ce que l'on appelait naguère la pédérastie, c'est-à-dire l'attirance des hommes pour les adolescents pubères mais ambigus de traits, ne commence ni ne s'arrête à 15 ans ». L’UMP a brillé par son silence complice.
La récidive du jour porte sur ses propos tenus lors d’une interview accordée au site Liberté Politique, dans lesquels il évoque « la légende de la déportation des homosexuels » en précisant « qu’il n’y a pas eu déportation homosexuelle en France ».
Ces propos ont naturellement créé un tollé général dans la classe politique française, Front National compris. Les intègres dirigeants de l’UMP n’ont pas tardé à réagir puisque Jean-François Copé a immédiatement retiré son investiture à Christian Vanneste et, envisage de faire prononcer son exclusion par le bureau politique de son parti.
Cette prompte réactivité de l’UMP ne trompera cette fois-ci personne ! Si l’UMP avait voulu écarter sa brebis galeuse, elle l’aurait fait bien avant et sans aucune ambigüité. Une fois les législatives passées, s’il est réélu elle le réintègrera, lui donnant la possibilité de récidiver une nouvelle fois dans sa croisade anti-homosexualité.
Je ne suis ni surpris, ni blessé par cette nouvelle sortie médiatique. Christian Vanneste est le pur produit de ce que la démocratie peut produire de plus mauvais. Nier ne serait-ce qu’une seule déportation, c’est les nier toutes ! C’est nier un crime. Un crime commis contre l’Humanité toute entière.
A LA MEMOIRE DE TOUTES LES VICTIMES DU NAZISME
A la manière d’Abraham Lincoln : « Aucun homme n’a assez de mémoire pour réussir dans le mensonge ».
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30 janvier 2012
Pourquoi Mein Kampf plane à nouveau sur l’Europe ?

« Verba volant scripta manent » : les paroles s’envolent, les écrits restent. Nous avions cru Adolf Hitler, Führer de l’Allemagne Nazie, mort suicidé le 30 avril 1945 dans les ruines fumantes de sa Chancellerie à Berlin. Sa dépouille est demeurée introuvable pour le monde.
« Mein Kampf » livre-recueil de l’idéologie nazie, responsable de plus de 60 millions de morts au lendemain de la seconde guerre mondiale, revient hanter l’Europe soixante ans après. Et si finalement Adolf Hitler n’était pas mort ?
C’est du moins la question à laquelle nous sommes contraints de répondre, dèlors que ses écrits tomberont dans le domaine public le 1er janvier 2016 et, au moment où le Land de Bavière –détenteur des droits- éprouve les pires difficultés à étouffer la diffusion de ces derniers en repoussant les arguments des défenseurs de la liberté d’expression.
Terriblement surprenante en effet, cette position qui veut que l’on puisse lire ou acquérir Mein Kampf dans sa version originale (NDRL : de l’époque) et, dans le même temps, empêcher toute réédition sans que celle-ci soit assortie d’une notice ou d’un texte faisant référence aux atrocités commises au nom de l’idéologie nazie prônée par Adolf Hitler et clairement explicitées dans son livre.
Si la France a adopté la même philosophie sur ce brûlot, elle laisse la consultation des tomes I et II disponible sans restriction sur des sites étrangers via internet. Le livre traduit en français tombera dans le domaine public en 2054, ce qui lui laisse encore le temps nécessaire pour modifier sa propre législation sur le sujet.
Près de 70 ans après la fin d’une guerre terriblement meurtrière, et tenant compte de l’évolution des sociétés qui ont directement été concernées par celle-ci, comment justifier d’une protection aussi rapprochée entourant ces écrits ? Ces mêmes sociétés, démocratiques depuis si longtemps, n’ont-elles pas été capables d’instruire et d’informer suffisamment leurs opinions publiques pour avoir besoin de les préserver des inepties contenues dans Mein Kampf ?
Visiblement non, ou du moins en surface… Car si l’on se réfère à l’article du psychosociologue Alexandre Dorna : la crise financière, la défiance des peuples envers leurs élites ou la perte de repères sociaux et familiaux, fragilisent les populations qui encensent le besoin de liberté tout en recherchant une figure ou une pensée derrière laquelle se ranger. De là à l’endoctrinement, il n’y a qu’un pas. Pour s’en convaincre, il suffit de constater avec quelle rapidité les idées défendues par le Front National ont imprégné la société française.
Marc Ferro, historien de référence, ne dit pas autre chose en appelant nos démocraties à rester vigilantes face à la diffusion d’écrits violents, accusateurs et profondément monstrueux par les théories qui y sont décrites. Il invite à ne pas laisser d’espace vital aux fanatiques, à toutes les formes de fanatisme. Pour lui comme pour beaucoup d’autres, tout autoriser au nom de la sacro-sainte liberté d’expression est un appel non dissimulé au suicide collectif de notre conscience et de notre devoir de mémoire face aux atrocités perpétrées.

La transmission orale de celles et ceux qui ont vécu cette période ou subi cette rage de destruction, les livres de témoignages ou d’explication, les émissions ou documentaires consacrés au sujet, les commémorations, les musées, tout cet ensemble construit et érigé en barrière contre Hitler, le nazisme et la barbarie dont ils ont été les auteurs, n’auront pas suffi aux hommes d’aujourd’hui (pourtant mieux informés) de se prémunir contre ce cancer de l’Humanité.
Partant de ce constat, il demeure très difficile de considérer Mein Kampf comme une littérature ordinaire. Une explication de texte ou un accompagnement historique apparait donc indispensable.
Oui, l’Homme moderne doit user de la liberté, de toutes ses libertés. Mais l’Homme moderne doit aussi consentir à voir certaines de ses libertés amoindries du moment où il n’est pas en mesure de contrôler ses propres pulsions et donc, de chasser l’ensemble de ses vieux démons.
L’Homme est capable du meilleur comme du pire. Ce pire, l’Homme a été capable de l’exercer et de le retourner contre d’autres hommes. A ce titre, il convient de le préserver en ayant le courage de le protéger contre son gré.
A la manière de Voltaire : « Et qui pardonne au crime en devient complice ».
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04 août 2011
Pourquoi le Chevalier des Triangles Roses a rendu les armes ?

Le 29 avril dernier, Rudolf Brazda, était fait Chevalier de la Légion d’Honneur. A 97 ans, il était le dernier survivant des hommes ayant été déportés au camp de concentration de Buchenwald pour le seul délit d’avoir été homosexuel.
Décoré dans ma ville de Puteaux, Rudolf Brazda avait pris le temps d’échanger avec quelques élèves du Collège Maréchal-Leclerc sur sa vie, sur sa famille et sur tous ses camarades qui ne sont jamais revenus du camp. Il avait accepté d’être élevé à cette dignité en souvenir de tous ceux qui avaient connus les mêmes souffrances que lui.
Rudolf Brazda, celui que j’avais surnommé le « Chevalier des Triangles Roses », s’est éteint paisiblement dans son sommeil à l’aube du 3 août.
Il ne reste qu’à vos pairs homosexuels de méditer votre exemple et de ne jamais oublier. Cher Rudolf, reposez en paix…
A la manière de Vercors : « L'humanité n'est pas un état à subir. C'est une dignité à conquérir ».
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18 mars 2011
Pourquoi l’intervention en Libye était indispensable ?

Hier soir, nous devions être nombreux à attendre le résultat d’un vote incertain de ce même Conseil de Sécurité. Une résolution portée et initiée cette fois-ci à la demande de la France pour la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne ouvrant la voie à des frappes contre les troupes du Colonel Kadhafi en Lybie.
Une fois n’est pas coutume. Le président de la République a eu raison de prôner l’intervention en Lybie sous un mandat clair délivré par les Nations-Unies.
Personne ne peut se prévaloir d’une nature va-t-en-guerre. Lorsque la voie diplomatique permet de s’en dispenser, elle épargne des pertes humaines civiles ou militaires toujours trop lourdes à porter. Si la guerre reste toujours la plus mauvaise des solutions, elle s’impose parfois lorsque les circonstances l’exigent.
A la différence de la Tunisie ou de l’Egypte où ces peuples ont réussi à conduire leurs révolutions jusqu’à leur terme, le peuple libyen s’oppose depuis plusieurs semaines à l’arrogante résistance d’un Colonel Kadhafi prêt à le sacrifier pour demeurer en place.
La position d’observateur de la communauté internationale n’était plus tenable. Laisser perpétrer ces crimes en toute impunité l’aurait conduite au déshonneur. Le peuple libyen a souhaité se libérer du Colonel Kadhafi sans y parvenir seul. Il était du devoir de la communauté internationale et de la Ligue Arabe en priorité, d’apporter leur concours à cette aspiration légitime de changement.
Les innocents n’ont pas à payer le prix des délires paranoïaques d’un dictateur en fin de règne.
Certains s’attardent sur l’idée d’une victoire diplomatique (et politique) de Nicolas Sarkozy et des bénéfices qu’il pourra en tirer. Je me contente de penser que la France, patrie des Droits de l’Homme, assume aujourd’hui le devoir qui est le sien.
A la manière de Georges Henein : « Il existe des guerres justes. Mais le propre des guerres justes est de ne pas demeurer longtemps ».
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13 décembre 2010
Pourquoi la RATP fait plier les poussettes ?

Une guerre a été déclarée le mois dernier en Ile-de-France. En avez-vous entendu parler ? Non, si vous vous contentez d’écouter la radio ou la télévision. Oui, si vous êtes un inconditionnel du métro ou d’Internet !
Pourtant une guerre comme celle-là risque de laisser du sang sur les murs. Au rang des belligérants, deux mastodontes de la bonne société francilienne. D’un côté, vous avez la RATP surnommée « Rentre Avec Tes Pieds » lors de divers mouvements sociaux et de l’autre, le Gang des Poussettes (de sinistre réputation) connu pour son célèbre cri de ralliement « lève ton strapontin pour que j’y colle ma poussette » !
En septembre dernier, j’avais émis un bulletin d’alerte sur mon blog, évoquant une possible –et nécessaire- rébellion visant à lutter contre cette menace rôdant dans les couloirs du métro et qui s’est rapidement étendue sur toutes les lignes.
Sans doute dopée par le scandale des révélations de WikiLeaks, la RATP n’a pas souhaitée se laisser déborder plus que de raison et a choisi de lancer une campagne choc visant à mettre en échec la tentative d’annexion de ses rames par ce Gang sans foi ni loi.
Relayant cette information sur son excellent blog, un illustre inconnu parfaitement identifié des initiés, n’a pas hésité à prendre le maquis pour dire NON aux mamans qui pensent que McLaren n’est qu’une marque de poussette quant nous pensons nous, que c’est aussi une marque de dangereux char d’assaut !
Histoire amusante. Vous voulez la vérité ? Eh bien les mamans elles n’ont pas aimé. Mais alors pas aimé du tout ! Elles se lâchent, elles hurlent de désespoir, elles crient leur rage sur les forums d’ici ou d’ailleurs, elles s’estiment dans leur bon droit et refusent d’entendre la vérité, la SEULE vérité : « On n’a beau adorer les bébés, avec les poussettes, il ne faut pas pousser » !
La guerre est déclarée pour le plus grand plaisir de celles et ceux qui aiment s’en délecter. Pour une fois, un grand merci à la RATP !
A la manière d’un MétroMan anonyme : « qui plie sa poussette libère un strapontin ».
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26 novembre 2010
Pourquoi le Marais est-il en guerre contre les gays ?

Est-ce une révolution ou une simple rébellion qui couve depuis quelques temps dans les rues du Marais à Paris ? Assisteront-nous bientôt à une bataille rangée de poussettes, sacs et autres escarpins entre riverains épuisés et gays qui ne supportent plus d’être cloisonnés ? Le Marais est-il désormais en froid avec les gays ?
Quelques détails du conflit : depuis plusieurs mois (pour ne pas dire quelques années) les terrasses des bars et cafés gays ont misé sur une expansion sur la voie publique qui n’est pas du goût de certains. Par ailleurs, les gays ne sont pas souvent réputés pour leur discrétion et leurs soirées sont généralement bruyantes. Il n’en fallait pas plus pour que les riverains et les associations qui les représentent ne leur déclarent une guerre sans merci.
Premier problème : le bruit. Ce point est une constante de la vie urbaine et peu de communes échappent à un règlement -à l’amiable ou tranché- de la question des nuisances sonores nocturnes. Au risque d’en faire des villes dortoirs, certains maires ont choisi de prendre des arrêtés imposant la fermeture des établissements à 22H voire 20H. D’autres en revanche préfèrent définir des périmètres dans lesquels des établissements peuvent ouvrir (comme à Nantes par exemple) ou d’imposer des mesures d’insonorisation drastiques. La loi contre le tabac dans les lieux publics accentue très largement ces difficultés. Dans une ville comme Paris à très forte densité de population, cela reste bien entendu très difficile voire impossible.
Deuxième problème : la circulation sur la voie publique. Certains bars du Marais (comme le Cox pour ne pas le citer) ont reçu plusieurs avertissements pour le fait que leur terrasse empiète plus que de raison sur le trottoir empêchant parfois la circulation des piétons. Les associations de riverains pointent du doigt notamment, la difficulté supplémentaire rencontrée pour le passage des poussettes. Un rapide coup d’œil vers un post précédent, vous donnera mon sentiment personnel. Pour permettre une résolution rapide de ce souci, certains établissements ont été contraints de « parquer » leur clientèle dans une zone définie et d’engager des vigiles pour assurer la bonne application de cet arrêté. Les services de Police veillent au grain. Résultat : les gays qui aiment le contact, détestent tout autant la promiscuité délibérée !
Au final, la situation n’a fait qu’empirer ces derniers mois et les associations de riverains ne veulent plus causer avec les associations de commerçants qui entendent défendre leur bifteck bec et ongles. La Mairie du 4ème arrondissement ne désemplit pas de longues complaintes monotones et sa Maire Dominique Bertinotti se retrouve au cœur d’un conflit qu’elle ne peut guère apprécier. Les intérêts électoraux se confrontent aux intérêts économiques. Attention : DANGER !
Après la fermeture de quelques établissements mythiques du quartier comme le bar-hôtel Central ou le café Amnésia, certaines autorisations d’ouvertures comme celles du WOO sont aujourd’hui retardées voire refusées. Il n’en fallait pas plus pour exaspérer certains gays qui crient leur refus de voir le Marais transformé en zone « serre-têtes, mocassins, poussettes » et se sentent discriminés.
En résumé, cette situation de blocage ne risque pas de trouver de solution juste et équilibrée si tous les intervenants ne font pas l’effort d’un minimum d’écoute et mettent de côté leurs intérêts particuliers au profit de l’intérêt collectif. Encore une belle entorse au principe du « vivre ensemble » dans une société française qui a de plus en plus de mal à offrir une place pour chacun dans le respect de la diversité et des différences.
Un Marais qui chasse les gays ? Nous n’en sommes pas encore là ! Ceux qui évoquent un quelconque sentiment d’homophobie pour expliquer ce sentiment de rejet des riverains, seraient bien inspirés de s’abstenir. L’abus de Secret Story ou de Lady Gaga est dangereux pour la santé !
Pour ceux qui sont tentés de le faire, c’est un scénario rêvé pour un remake aux petits oignons de la Cage aux Folles.
A la manière de Zaza Napoli : « Ce n'est rien. J'ai compris. On m'exclut, on me chasse. On me chasse de .. de ma maison. ça n'a pas d'importance. Je vais partir. Je vous laisse. Le monstre... le monstre s'en va ».
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24 mai 2010
Pourquoi les oubliés de la République ?

Le 7 mai dernier, le Nouvel Obs a publié la tribune « Toujours oubliés par la République » rédigée par Naïma Charaï (Députée suppléante de Noël Mamert), Stéphane Hessel (ancien Résistant et rédacteur de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948) et Alain Rousset (Député de Gironde et Président du Conseil Régional d'Aquitaine).
Cette tribune lancée par l'association « Les oubliés de la République Française » sonne comme un rappel à l'ordre douloureux à cette France qui n'est jamais parvenue à faire la paix avec ses anciennes colonies et les territoires qu'elle a administré durant plusieurs décennies.
S'agit-t-il d'une vieille querelle ? D'une vieille rancune ? Non, rien de tout cela. Juste l'évocation d'une vérité qui doit heurter les consciences et confronter les français à leur nécessaire devoir de mémoire. 50 ans ont passé et à ce jour, les combattants issus de l'ancien Empire Français subissent toujours la discrimination injustifiée qui place le montant de leur pension militaire soumise au barème de la nationalité qui est la leur aujourd'hui.
Ainsi la pension versée par l'armée française à un combattant français (disons plutôt métropolitain) s'élève à 630 € par mois. La même pension pour un soldat venu du Maroc s'élève quant à elle à 54 € par mois. Pour justifier cet écart de traitement, l'Armée insiste sur des points comme la parité de pouvoir d'achat et le fait que certains de ces anciens combattants résident hors de l'Union Européenne !
Extrait de la tribune : « La France refuse que ces hommes puissent percevoir dans leur pays une pension militaire de retraite égale à celle d'un Français mais leur accorde un droit de séjour qui leur permet de bénéficier du minimum vieillesse s'ils résident en France plus de neuf mois. Cette situation est proprement aberrante.
En janvier dernier, au terme d'une bataille juridique épuisante, Mohammed Mechti et 5 autres compagnons marocains ont obtenu gain de cause devant le tribunal administratif de Bordeaux, le Gouvernement se voyant contraint de revaloriser leur pension au niveau de celle des Français. Mohammed Mechti avait 91 ans. Trop tard pour en profiter : il est décédé au lendemain de ce jugement, loin des siens, alors qu'il s'apprêtait à rentrer définitivement au Maroc.»
Le devoir de la République, l'honneur de la France, c'est de ne jamais oublier que ces hommes ont répondu présent lorsque nos valeurs ont été violées. Le devoir de la République, l'honneur de la France, c'est de ne jamais oublier que l'on a demandé à ces hommes de venir combattre pour sauver la Patrie en danger. Le devoir de la République, l'honneur de la France, c'est de ne jamais oublier que le courage de ces hommes ne peut en aucun cas être différencié de celui d'un combattant de la Métropole.
Ces hommes ont participé à faire de la France d'aujourd'hui une terre de libertés.
A la manière de Tacite : « La postérité rend à chacun l'honneur qui lui est dû ».
Blog de l'association Les Oubliés de la République Française
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25 octobre 2007
Pourquoi j’écris ma lettre à Guy Mocquet ?
Jeudi 25 octobre 2007,
Mon cher Guy, nous ne nous connaissons pas, mais moi j’ai beaucoup entendu parler de toi.
Tu es parti en pleine guerre, et plus de soixante ans après ton départ, l’Histoire ne cesse de s’écrire et de se répéter. Rassure-toi les nazis sont partis, certains ont même été jugés pour les crimes qu’ils avaient perpétrés. Pas tous, le monde ne les a pas jugé assez vite pour qu’ils puissent être tous punis. Les allemands sont nos amis depuis longtemps. Avec eux nous avons réussi à faire la paix alors qu’entres-nous, nous continuons à nous battre pour des idéaux qui me dépassent parfois.
Depuis mai, nous avons un nouveau Président. Il s’appelle Nicolas Sarkozy. Ce n’est pas un Président de gauche, le dernier était resté quatorze ans à l’Elysée. C’était il y a bien longtemps maintenant.
Ce Président là, se revendique des idées du Général De Gaulle -que tu as tout juste connu- mais assume son libéralisme en le teintant de pointes de valeurs sociales. Il n’est pas communiste. Il n’y a plus de communistes aujourd’hui d’ailleurs, du moins au sens où tu pourrais le comprendre.
Soixante ans ont passé et la France a beaucoup évoluée. Elle souhaite faire la paix avec son passé même si elle n’y arrive pas toujours. Nous continuons à honorer les français de ton époque presque par superstition. Sans doute par peur de voir revenir de vieux démons qui ne cessent de nous hanter.
C’est dans cet esprit même, que tu seras surpris d’apprendre que notre nouveau Président t’a choisi pour incarner le visage de cette jeunesse résistante morte pour la France. Comme une relique, ta dernière lettre adressée à ta famille, a été lue lundi dernier dans tous les lycées de cette France que tu aimais tant.
Certains professeurs de lycées et les derniers communistes français n’étaient pas très contents. Ils ont parlé d’exploitation politique je crois. Marie-George qui est la « camarade en Chef » était rouge de colère.
Beaucoup de polémique pour pas grand-chose. Cette lecture ne méritait pas cela même si l’on peut comprendre que certains veuillent s’approprier des symboles qui appartiennent au patrimoine commun du Peuple.
Je ne suis pas un grand admirateur de ces célébrations perpétuelles qui empêchent les français « d’après guerre » de construire leur propre Histoire. Faut-il encore que les hommes d’aujourd’hui soient capables de construire quelque chose ensemble… Entretenir la mémoire est nécessaire, mais sans porter ombrage à l’avenir que l’on se doit de construire.
Pourquoi toi et ta lettre ? Je ne saurais trop te dire, sans doute car tu étais trop jeune pour mourir et que ton texte, aussi simple soit-il dans sa composition, était plein de courage et d’émotion contenue. Il n’en faut pas plus pour entrer dans l’Histoire tu sais, les hommes sont si égoïstes de nos jours.
Tu es un modèle pour beaucoup, et tu ne le sauras jamais…. Mais tu sais Guy, je suis très déçu. Même si je ne te connais pas je suis déçu.
Peu m’importe de savoir si tu étais communiste ou gaulliste, peu m’importe de savoir si tu t’es évanoui ou si tu es resté debout devant ces lâches nazis qui ont fusillé ton groupe, peu m’importe de savoir si tu étais jeune ou moins jeune que les autres.
Je sais que tu es resté debout, comme des centaines de milliers d’autres français, comme mes grands-pères, pour participer à protéger la République et la France. Je sais que toi, comme tous les autres, vous avez donné votre vie et fait couler votre sang pour la France.
Je sais que toi, comme tous les autres, vous avez été sacrifié pour nous permettre d’être libres aujourd’hui. Personne n’aura jamais assez de mots pour saluer votre don éternel.
Je suis déçu Guy tu sais. Je suis déçu, car même la célébration d’un symbole aussi fort et aussi beau, les français d’aujourd’hui n’ont pas réussi à le respecter. Ils ont gâché –volontairement ou involontairement- un grand moment d’unité nationale.
Prends soin de toi, embrasse tes camarades pour moi et repose en paix. Rassure toi, ils ne t’enlèveront ni ton nom et l’honneur que tu as gagné malgré toi.
Régis
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24 mars 2007
Pourquoi Lucie Aubrac ne pouvait pas s’en aller sans recevoir l’hommage de la Nation ?
Le 14 mars 2007, Lucie Aubrac s’est éteinte à l’âge de 94 ans. Avec sa disparition, c’est l’une des figures de la Résistance au nazisme qui nous a quitté.
Le 21 mars 2007, le Président de la République Jacques Chirac, a fait rendre les hommages militaires à cette femme exemplaire, dans la Cour de l’Hôtel des Invalides.
Au son du « Chant des Partisans », Lucie Aubrac s’en est allé rejoindre sa terre natale et trouver le repos éternel.
J’estime que son décès est passé relativement inaperçu devant l’étalage de la campagne présidentielle. Pour palier à cette injustice de traitement, j’ai choisi de lui rendre un hommage modeste en lui écrivant ces quelques mots :
« Chère Madame, chère Lucie,
Vous nous avez quitté dans une profonde indifférence médiatique, et même si les hommages militaires vous ont été rendus, je n’ai pas eu le temps de vous dire merci.
J’ai admiré votre courage, votre force de caractère, votre indépendance et votre bataille permanente pour la liberté.
Vous n’avez jamais accepté que l’on vous enlève ce qui vous appartenait. Vous avez sauvez votre mari des griffes du nazisme et avez poursuivi votre soif de résistance.
Affaiblie par l’âge, vous n’avez jamais reculé. Tant que vos jambes vous ont porté, vous avez parcouru les collèges et les lycées de France pour défendre le devoir de mémoire auprès de la jeunesse.
Comme toutes celles et tous ceux que j’ai toujours respecter, comme mes propres grands-parents vous n’avez pas accepté la fatalité.
Si mon admiration cesse avec votre disparition, mon cœur lui, n’oubliera jamais la femme d’honneur que vous demeurez pour l’éternité.
Qui sauve une vie, sauve la vie.
Merci à vous Chère Madame, Chère Lucie, de m’avoir convaincu que la France et la Résistance se conjuguent au présent. »
Régis Sada
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