28 mars 2012
Pourquoi le piège Sarko-musulman ?

Les attentats terroristes perpétrés par Mohamed Merah n’en finissent pas de troubler une opinion publique bercée entre horreur et questionnement. Au grand dam de certains, cet évènement dramatique ne place pas pour autant le thème sécuritaire au cœur des attentes des français dans cette campagne présidentielle.
Pour autant, celui-ci constitue un vilain retour de flamme pour la stratégie politicienne mise en place par l’équipe du candidat-président Nicolas Sarkozy bien avant son élection en mai 2007. Une stratégie politicienne qui visait à siphonner les voix du Front National en le débordant sur ses thèmes de prédilection et en y ajoutant un savant mélange d’amateurisme, de vulgarité et de malhonnêteté intellectuelle.
Arrivés au crépuscule du dernier quinquennat, il est grand temps de dresser le bilan désastreux de la politique de stigmatisation quasi-permanente menée contre l’Islam et les musulmans par le président Sarkozy, ses conseillers ou autres membres de l’UMP.
Résumons simplement par : l’épisode du Karcher, le discours de St-Jean-de-Latran, le débat sur l’identité nationale, le discours de Grenoble, la loi anti-Burqa, les insinuations liant le mot délinquance à celui d’immigration ou de « l’appel à la tolérance des mulsmans de France » du président Sarkozy lors du référendum sur les minarets en Suisse.
Tous ces éléments sont autant d’entorses répétées et avouées au principe de Laïcité et, d’attaques à peine dissimulées dirigées contre les musulmans présents sur notre territoire qu’ils soient français ou étrangers.
Au moment où la France traverse un épisode sinistre, comment peut-on avoir le culot d’appeler à l’unité nationale de tous les français alors, que ce président et cette majorité n’ont eu de cesse de considérer nos compatriotes musulmans comme des citoyens de seconde zone ?
Nicolas Sarkozy s’est toujours défendu d’être le porte-parole de ceux qui considèrent l’islamophobie comme un loisir. Au regard des politiques conduites ces dernières années et de la sémantique provocatrice employée par des gens comme Brice Hortefeux, Henri Guaino, Claude Guéant, Christian Vanneste et autres membres de la Droite Populaire, il appartient aux français de dire s’ils souhaitent poursuivre ce mélange des genres nauséabond.
Un retour aux fondamentaux républicains m'apparait essentiel. Ces valeurs fondamentales placent la tolérance au coeur de toute idée de développement pour notre société, en passant par un rejet ferme de toute stigmatisation de population. Il n'existe pas de "musulmans d'apparence" ou de citoyens inférieurs en droits et en devoirs, il n'y a que des français fiers de leur diversité et profondément attachés à l'égalité de tous !
Je dis non à cette République des infidèles. Infidèles aux valeurs universelles de la France !
A la manière d’un proverbe québécois : « Quant la cruche est pleine, elle renverse ».
10:51 Publié dans Bien s'engager ?, Décoder la politique ?, Elever la République ?, Habiter Paris ?, Importer le monde ? | Lien permanent | Envoyer cette note
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08 juin 2009
Pourquoi l’UMP est surprise en flagrant délit de mensonge européen ?

Si le Parti Socialiste a très certainement subi ce dimanche une violente remontrance de la part de ses électeurs pour ses querelles permanentes et son manque de discernement dans cette campagne, c'est aujourd'hui du côté de l'UMP que de nombreux regards se tournent après l'élection finalement très embarrassante de Brice Hortefeux dans la circonscription du Centre Massif Central.
Sur le site de la campagne européenne de l'UMP, la majorité présidentielle avait pris 7 grands engagements devant ses électeurs. Parmi ces derniers :
ENGAGEMENT N°7 : NOS CANDIDATS SERONT PRESENTS DANS LEUR REGION
Les candidats de la Majorité Présidentielle s'engagent à être présents au Parlement européen à Strasbourg et à Bruxelles. Ils s'engagent aussi à être présents dans leur région où ils tiendront des permanences régulières.
Pourtant, moins de 24H00 à peine après le résultat des élections européennes, on apprend que Xavier Bertrand -Président de l'UMP- et le Palais de l'Elysée ne sont pas prêts de laisser partir le Ministre du Travail pour les sphères européennes.
Extrait du journal Le Monde
"Pendant la campagne électorale, Brice Hortefeux arpentait l'Auvergne… en pensant aux régionales de 2010. Lui, élu aux européennes ? C'était impossible, assurait-il, alors qu'il figurait au troisième rang sur la liste UMP Massif Central-Centre. Et le voilà porté par la vague bleue, élu contre son gré à Strasbourg. L'ancien député européen, qui ne fut guère assidu entre 1999 et 2004, ne veut pas retourner dans les institutions européennes. Il espère un jour devenir premier ministre de Nicolas Sarkozy.
L'Elysée a volé à son secours lundi 8 juin dans l'après midi : Brice Hortefeux n'est pas concerné par l'obligation faite aux candidats UMP de siéger au Parlement. "Brice Hortefeux n'avait pas pris l'engagement d'être sur les listes pour être élu. Il s'était inscrit pour pousser la liste. Sinon, il se serait mis en premier", explique l'Elysée.
Le secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand avait donné le ton sur RTL en expliquant dès lundi matin : "je pense qu'on a besoin de Brice Hortefeux au gouvernement".
M. Hortefeux joue les discrets : "Je ne dis rien du tout". Et puis il précise au Monde : "un député peut entrer au gouvernement, un sénateur peut entrer au gouvernement. Il serait curieux qu'un député européen ne le puisse pas. Il va y avoir un remaniement, on verra au remaniement si j'y suis ou si je n'y suis pas", explique-t-il. Confiant sur son avenir parisien : "Il est assez rare d'être victime de son succès".
Cette vision très UMP de faire de la politique autrement me rassure. Je pensais qu'il n'y avait qu'une partie de mes ex-élus Puteaux Ensemble qui étaient en mesure de berner la confiance que les électeurs avaient placés en eux.
Moi qui pensais que Christophe Grébert et Frédéric-Michel Chevalier étaient des prodiges en politique et qu'ils avaient tout inventé ! Je me suis lourdement trompé.
Dans la méthode et à leur très modeste niveau, ils sont tout aussi malhonnêtes que leurs congénères nationaux. Avec moins de talent et de réussite tout de même.....Fort heureusement, l'UMP n'avait pas signé de Charte Ethique !
PS : si la publication de ce billet m'amène à être convoqué au bureau de Police, je ne manquerais pas de vous le faire savoir !
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20 septembre 2007
Pourquoi la France renoue avec son plus sinistre passé ?
PARIS (Reuters) - Les députés ont adopté le projet de loi sur la "maîtrise de l'immigration" qui contient un amendement prévoyant à titre expérimental le recours à des tests ADN pour les candidats au regroupement familial.
Le vote sur ce texte présenté par Brice Hortefeux, ministre de l'Immigration, de l'Intégration et de l'Identité nationale, a été obtenu dans la nuit à main levée.
Les groupes UMP et Nouveau centre (NC) ont voté pour ce texte que le Sénat examinera à partir du 2 octobre. Les groupes socialiste, républicain et citoyen (SRC) et de la Gauche démocrate et républicaine (GDR) ont voté contre.
Les débats ont été marqués par le tollé suscité par l'amendement du rapporteur Thierry Mariani (UMP).
Il prévoit qu'en cas de doute les agents diplomatiques pourront proposer au demandeur d'un visa de plus de trois mois de réaliser à ses frais un test ADN.
Cet amendement était vivement critiqué par l'opposition, de nombreuses associations, par le groupe Nouveau centre ainsi que par plusieurs élus UMP. Trois membres "d'ouverture" du gouvernement, Bernard Kouchner (Affaires étrangères), Fadela Amara (Secrétaire d'Etat à la Ville ) et Martin Hirsch (Haut commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté) ont également exprimé leurs doutes sur cette mesure.
Après un long débat parfois tendu, l'amendement sur les tests ADN a été adopté par 91 voix contre 45 après avoir été modifié par quatre sous-amendements du gouvernement dont l'un assortit la mesure d'une période expérimentale de deux ans.
"C'est un texte pragmatique et juste", a commenté Eric Ciotti (UMP). "Il nous dote d'outils pour lutter contre l'immigration clandestine", a-t-il dit.
A l'inverse, la socialiste George Pau-Langevin a jugé ce texte "gravement entaché constitutionnellement".
"C'est une mauvaise action. Nous le déférerons au Conseil constitutionnel", a-t-elle dit.
"Avec ce texte vous allez imposer un modèle basé sur l'exclusion", a renchéri le communiste Patrick Braouezec.
STATISTIQUES ETHNIQUES
Le texte, qui vise à compléter les lois de 2003 et 2006 sur l'immigration, prévoit que toute personne de plus de 16 ans désireuse de venir en France au titre du regroupement familial devra se soumettre à "une évaluation de son degré de connaissance de la langue et des valeurs de la République ".
Le projet de loi, qui reprend des engagements pris par Nicolas Sarkozy pendant sa campagne électorale, envisage la modification des conditions de ressources en les indexant à la dimension de la famille. Il prévoit la création d'un contrat familial pour les parents d'enfants bénéficiant d'un regroupement familial.
Il prévoit également le passage de l'Office français des réfugiés et apatrides (OFPRA) sous la tutelle du ministère de l'Immigration et non plus de celui des Affaires étrangères.
Enfin, il prévoit qu'un salarié étranger pourra obtenir la carte "salarié en mission" sans que l'administration puisse lui opposer la situation de l'emploi pour juger de l'opportunité de sa venue en France.
Outre l'amendement ADN, les députés ont entériné en séance plusieurs amendements de la commission des Lois de l'Assemblée qui, pour la plupart, "durcissent" le projet de loi.
L'un d'entre eux ramène d'un mois à quinze jours le délai laissé à un étranger pour introduire un recours devant la Commission de recours des réfugiés lorsque l'OFPRA a rejeté sa demande d'asile.
Un amendement, qui s'inspire d'une recommandation de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), propose de légaliser la collecte de données de nature ethnique pour des études statistiques.
Le gouvernement ayant déclaré l'urgence, dès son adoption par le Sénat une commission mixte paritaire (CMP) Assemblée-Sénat sera convoquée afin de mettre au point un texte commun aux deux assemblées qui sera ensuite soumis aux députés et sénateurs pour son adoption définitive.
A LIRE SUR :
Avec cette loi, le Président de la République Nicolas Sarkozy fait renouer la France avec ses plus mauvais souvenirs.
Malgré que Brice Hortefeux –Ministre de l’Immigration- ne trouve rien à redire à ces dépistages d’ADN et autres « fichages » ethniques, il faut bien avouer que tout cela fleure bon la France du temps de l’occupation, ou celle-ci était tenue de fournir des informations précises sur le recensement de sa population nationale.
C’est un grave et douloureux retour en arrière auquel les français sont conviés. Ceci est d’autant est d’autant plus honteux, que cette loi vise les étrangers en situations régulière –ou qui tendent à le devenir- et ne lutte en rien contre l’immigration clandestine.
Il n’y a aucun doute, la politique menée désormais dans notre pays, est une politique bien de droite et purement conservatrice. Même les plus réactionnaires n’avaient pas oser aussi loin. Si il est essentiel de ne voir aucun sujet être évacué car jugé comme trop sensible, il n’est pas acceptable pour moi que l’on considère les étrangers comme d’éventuels criminels ou « pilleurs de richesses ».
Ajouté au mail de l’Inspection Académique du Haut-Rhin qui a demandé aux directeurs d’écoles du département de dénoncer les éventuels élèves sans-papiers de leurs établissements, nous sombrons peu à peu dans la psychose « anti-étrangers ». Le Pen a bien travaillé, la mémoire des français a flanché.
Maintenant, dans une période où la France tente de relever la tête, il est difficile pour un Gouvernement ou un Chef de l’Etat d’expliquer à son peuple qu’il est lui-même responsable de ses erreurs et de ses renoncements et que les étrangers ne sont pas porteurs de tous les maux de la société que nous avons collectivement initiée.
Sur cet état de fait, les citoyens peuvent renvoyer dos à dos, la multitude de Gouvernements fantoches qui se sont toujours refusé à poser les vraies questions et à y répondre avec clarté.
La France est connue dans le monde entier pour être le pays des droits de l’homme, au regard de notre Histoire et de notre avenir, je veux croire qu’elle le restera le plus longtemps possible.
En plus de ses références à la religion, c'est aussi pour cela que le 6 mai 2007 : je n'ai pas voté pour Nicolas Sarkozy !
Régis Sada
13:40 Publié dans Décoder la politique ? | Lien permanent | Envoyer cette note
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