25 janvier 2012

Pourquoi le retour de l’info indépendante ?

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Faut-il s’en plaindre ou s’en étonner, internet a rendu l’information accessible à tous avec une sinistre instantanéité sont se serait bien passés les gouvernants et autres peoples du monde entier. Si l’information radio est toujours prisée par les français au réveil ; les nouvelles chaines de la TNT et leur format souvent décalé ont donné un sérieux coup de vieux à l’info des grandes chaines traditionnelles. La presse quant à elle et en de rares exceptions, s’étiole et s’affole avant de sombrer lentement vers l’abîme.

Les gouvernants du monde entier sont friands des médias qu’ils peuvent maîtriser ou contrôler. Si la France a abandonné de longue date son Ministère de l’Information, la reprise en main de l’audiovisuel public sous la présidence de Nicolas Sarkozy laisse songeur quant à la justesse de l’information qui est rendue aux français. Par ailleurs, je reste songeur lorsque sur un fait marquant longuement traité, les journalistes arrivent quelques semaines plus tard à s’interroger de savoir s’ils ont bien fait leur métier…

Même s’il est de notoriété publique que l’on trouve de tout sur internet, le bon comme le mauvais, il n’est pas inutile de rendre hommage au travail –parfois confidentiel- mené par certains journalistes qui parviennent à demeurer indépendants.

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La tête de gondole de cette info pas censurée, travaillée et réellement documentée, demeure incontestablement Edwy Plenel et son journal numérique Médiapart. Le « mis sur écoute » a volé la vedette au regretté Vrai Journal de Karl Zéro sur Canal + qui nous a bien régalé durant quelques années.

En lisant Médiapart vous ne trouverez certainement aucune référence sur la couleur des chaussettes de François Hollande ou sur le pourquoi du comment de la méchanceté de Nadine Morano. Mais bel et bien une information claire, objective, pas seulement franco-française et compréhensible par tous à la condition de faire l’effort… de lire un peu ! Pour un abonnement de 9€ / mois aucun regret à avoir.

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Au rayon de ces médias volontairement indépendants et pas si confidentiels que ça, la France compte depuis lundi dernier l’édition locale et gratuite d’HuffingtonPost dirigé par Anne Sinclair qui annonce elle-même la couleur dans son édito : « Les organes de presse meurent aussi, et c'est toujours un recul de la démocratie. Ils ne sont pas les seuls lieux où le débat peut éclore, mais qui peut nier qu'ils en font partie ? Alors, quand naît un nouveau projet éditorial, savourons au moins quelques instants la petite pierre apportée au maintien d'une démocratie pluraliste ».

Quelques mots qu’Edwy Plenel ne reniera pas tant il défend l’idée depuis longtemps que l’information ne vaut que lorsqu’elle est partagée et accessible à tous et par tous. Le retour de l’info indépendante était attendue, souhaitons qu’elle réussisse son pari et qu’elle rende au journalisme ses lettres de noblesse passées et rendues obsolètes au gré du temps et des dirigeants.

A la manière d’Epictète : « La liberté, c’est l’indépendance de la pensée ».

22 octobre 2010

Pourquoi la nuit noire ?

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La France a la chance de disposer d’une Histoire aussi riche que variée qui, jusqu’à la fin du XIXème siècle, transporte ses lecteurs au gré des destins royaux, de la contestation révolutionnaire ou des conquêtes Napoléoniennes

L’Histoire de France de la première moitié du XXème siècle est sans doute moins flamboyante mais pas moins inintéressante puisqu’elle regroupe des évènements forts de sens comme l’avènement de la loi sur la Laïcité, la périlleuse montée du fascisme ou les deux grands conflits mondiaux aux pertes humaines considérables.

Mais à partir de 1950, les français commencent à souffrir de trous de mémoire, en tentant de passer outre ou oublier volontairement certains passages qui n’ont à ce jour, toujours pas trouvé d’épilogue heureux et à défaut définitif.

Au rayon des souvenirs douloureux, la sortie récente du film Hors-la-loi de Rachid Bouchareb ou la diffusion dimanche 17 octobre du téléfilm Nuit Noire de Alain Tasma, viennent rappeler aux français que le litige qui existe entre la France et l’Algérie n’est toujours pas soldé à quelques mois de la célébration du cinquantième anniversaire de l’Indépendance prononcée le 5 juillet 1962.

Cette fameuse Nuit Noire relatée par Alain Tasma m’a troublé. S’il faut toujours faire la part des choses entre la fiction et la réalité, nous sommes contraints d’accepter le principe que certains faits relatés, certains mots prononcés, ne sortent pas toujours de l’imagination des scénaristes.

Des populations ont été fichées. Des populations ont été parquées dans des camps. Non, je ne parle des juifs dans les années 1940, je parle de français, de français d’Algérie à qui l’ont collé souvent l’étiquette de terroriste potentiel avant d’accoler celle de musulman. C’était hier, en 1961.

Les noms fleuris d’alors « sales arabes », « crouilles » ou autres « bougnoules » n’ont pas disparu. Considérés souvent comme des vassaux par une frange de la population ou des forces de Police, insinuations douteuses, humiliations et insultes étaient une norme du quotidien. Désormais punies par la justice, certaines d’entres-elles ont encore la dent dure et les clichés demeurent.

C’était en 1961 et pourtant certaines scènes rappellent des évènements récents. Nos générations n’ont pas à payer pour les erreurs passées, mais elles ne doivent pas les entretenir sans résoudre les maux qui en sont à l’origine. 

En regardant la Nuit Noire d’Alain Tasma, j’ai compris que la guerre d’un jour dure toujours. La Guerre d’Algérie n’est pas finie puisque les générations qui ont suivies en payent encore le prix aujourd’hui. La Nuit Noire d’Alain Tasma où une partie de l’Histoire de France qui n’a toujours pas trouvé le nom de ses véritables héros.

C’est vrai qu’avec un Maurice Papon en tête de gondole de l’époque, la fabrique des héros s’est quelque peu enrayée… Pourtant, 50 ans après, avec une société si métissée et des esprits nettement plus développés, ne sommes-nous pas devenus assez mâtures pour trouver le chemin définitif de l’entente cordiale ? 

A la manière d’Aristide Briand : « Pour faire la paix, il faut être deux : soi-même et le voisin d'en face ».

03 septembre 2009

Henriette Rasmussen, reine du Groenland

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En préambule de la plénière consacrée à « notre planète du pôle sud au pôle nord » l'ancienne Ministre de la Culture du Groenland Henriette Rasmussen s'est exprimé durant une quinzaine de minutes sur l'avenir de son pays, le plus proche du cercle polaire, qui a fait en novembre 2008 un pas important vers l'indépendance vis-à-vis du Danemark.

Mme. Rasmussen a souhaité rendre hommage à la toute jeune démocratie du Groenland et à la capacité de son Peuple à vouloir lui donner dans les prochaines années le statut de Nation à part entière. Elle a notamment loué les efforts du Danemark dont elle demeure un territoire autonome, dans sa volonté de donner aux 60.000 groenlandais de décider du devenir de leur pays dans le respect de ses spécificités et des traditions inuits.

Une belle expression de patriotisme sur laquelle la France devrait s'appuyer dans son débat sur le transfert de compétences dans ses territoires de Métropole et d'Outre-Mer, notamment lorsque les habitants de Nouvelle Calédonie seront appelés à prendre leur destin en mains.

Régis Sada