23 mars 2012
Pourquoi la Justice des faibles ?

Quelques minutes à peine après l’attaque meurtrière de l’école juive Ozar Hatorah ayant couté la vie à trois jeunes enfants et un père de famille, la Justice des faibles, la Justice du Peuple fou a déjà rendu son verdict : la mort !
De FaceBook à Twitter, tout ce qu’internet compte de réseaux sociaux, s’enflamme et bruisse de commentaires aussi rapides que sanguinaires. La sanction suprême et exemplaire, la peine de mort, est immédiatement requise. Le footballeur marseillais André-Pierre Gignac succombe lui-même à cette émotion de l’instant en demandant le retour de la chaise électrique, ignorant sans doute que ce procédé d’exécution n’a jamais été utilisé en France !
Pas de quoi être surpris ! Le Peuple éduqué que nous sommes doit s'interroger sur la dérive grossièrement racoleuse de nos journalistes et des chaines qui les emploient. Le traitement de l'information dans notre pays est devenu une tare insoutenable. La couverture médiatique accordée à la tuerie de Toulouse et au siège de l'appartement de Mohamed Merah était profondément affligeante. BFM TV et I-Télé n'ont plus rien a envié à la Fox !
Aucun mot, aucun qualificatif n’est assez fort pour exprimer notre horreur et notre aversion collective face à ces exécutions primaires. Un homme tuant de sang froid et n’exprimant aucune forme de regrets, est un homme fâché avec l’Humanité. Une Humanité qui l’a pourtant engendré.
Il nous appartient à tous, collectivement, d’assumer et de juger ce type de criminels. De les juger à la hauteur des crimes dont ils se rendent coupables, tout en n’ayant pas l’angélisme de croire que cette pensée pourrait remplacer les vies ôtées.
Un retour vers la peine de mort, quelque soit la nature du crime commis, est impossible. Cette éventualité serait une régression de notre démocratie. La preuve évidente d’un fléchissement collectif et d’un renoncement à combattre les racines du mal. Ce combat passe incontestablement par l'éducation donnée à nos enfants et au devoir de responsabilité des parents qui ne peuvent déléguer cette charge à la société.
La dangerosité et la haine développée par des individus comme Mohamed Merah, méritent toutefois que l’on s’interroge très sérieusement sur les peines qui peuvent être prononcées à leur encontre. Si en France depuis 1986, la peine maximale applicable est de 30 ans incompressibles, le recours à une perpétuité à vie réelle apparait désormais presque indispensable.
Notre loi naturelle, la force de loi républicaine, c’est de ne jamais cesser de prôner et de défendre nos valeurs de Liberté, d’Egalité et de Fraternité. Des valeurs auxquelles il convient d’associer dans les présentes circonstances, la Tolérance et la Justice.
Mohamed Merah voulait ébranler la République. La République a répondu et s'est défendu. Sa mort ne sert pas les desseins de la Justice. Elle permettra sans doute aux familles de toutes les victimes de se dire que les assassinats qui les ont frappé ne sont pas restés impunis. C'est là l'essentiel.
A la manière de Voltaire : « La loi naturelle est l’instinct qui nous fait sentir la justice. »
10:00 Publié dans Bien s'engager ?, Changer la prison en France ?, Elever la République ? | Lien permanent | Envoyer cette note
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29 août 2011
Pourquoi la dysphasie estivale ?

Lorsque les vacances ne sont programmées pas avant le 15 août les travailleurs ne varient guère leurs habitudes. Si la trêve estivale est propice à un allègement de l’emploi du temps, les bonnes vieilles habitudes poussent les accros de l’info du matin à zapper sur toutes les chaines comme LCI, I-Télé ou BFM TV.
Seul hic, amis journalistes du quotidien se sont fait la malle. Les chaines de télévisions, toujours en quête de nouvelles stars, profitent de la période du 14 juillet au 15 août pour lancer quelques mulets dans le grand bain. Et là, soyons sincères, c’est le drame !
Non contents que ces nouveaux journalistes annoncent une météo médiocre ou s’étendent plus que de raison sur les faits divers les plus sordides, ils offrent au téléspectateur un véritable spectacle de dysphasie organisée !
Entre l’humour potache, les erreurs de syntaxe, l’écorchement du nom des personnalités et le fait d’être contraint de refaire deux ou trois fois sa phrase pour être sûr que nous ayons bien compris : les cerveaux des travailleurs qui devraient s’orienter en mode repos… pataugent sévèrement !
De grâce mesdames et messieurs ! Faites un effort et soignez votre dysphasie qui est, et doit demeurer, une maladie infantile. Préservez nous en épargnant nos oreilles... Pour le bal des illettrés Secret Story est amplement suffisant ! Oufff c'est la rentrée !
A la manière de Plutarque : « Pensez deux fois avant de parler et vous parlerez deux fois mieux ».
10:00 Publié dans Aimer ma vie ? | Lien permanent | Envoyer cette note
| Tags : france, été, information, télévision, journalisme, lci, itélé, bfmtv |
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24 septembre 2010
Pourquoi le terrorisme intellectuel ?

Pour celles et ceux qui craignaient de s’ennuyer à la rentrée : c’est raté ! Septembre 2010, septembre noir où rien n’a été épargné aux français. Revue de détail : la réforme des retraites est bloquée, la fiscalité est rabotée, les Roms sont raccompagnés, l’Europe est vexée et aujourd’hui : nos transports sont menacés.
C’est justement cette information de dernière minute qui douche instantanément mes espoirs de retrouver rapidement une société confiante et apaisée.
Tout est question d’interprétation. Chaque citoyen trouvera salutaire que son Gouvernement l’informe des menaces qui planent sur sa sécurité. Chaque citoyen aurait aimé profiter de l’été pour se reposer. Chaque citoyen est désormais tenu de s’interroger sur le bien-fondé d’une attaque terroriste aussi pesante qu’imminente.
Le souvenir des attentats du RER à Paris en 1995, ceux contre le World Trade Center en 2001 ou ceux plus récents encore en Espagne et au Royaume-Uni, rappellent à chacun d’entre-nous des situations que personne ne souhaite vivre ou revivre.
Tous les usagers réguliers des transports, les franciliens en première ligne, connaissent au moins une fois la crainte de l’accident ou pire, de l’attentat. A ce titre, la très grande majorité de ces mêmes usagers opèrent chaque jour une vigilance accrue sur ce qui les entoure.
Oui une menace réelle nous guette, celle de placer les français sous perfusion quasi-permanente d’informations aussi futiles que contradictoires alimentant la méthode très politique, trop politique, du noyautage de l’information.
C’est ce même noyautage de l’information qui contribue à brouiller les signaux et abaisser la confiance naturelle que les français sont en droit d’attendre des personnes qui les informent ou qui les dirigent. Qui, quant et comment croire telle ou telle source plutôt qu’une autre alors que nous sommes constamment abreuvés de non-dits ou de mensonges complaisants ?
Le temps est venu de retrouver la raison. A toutes et tous le temps est venu de retrouver le chemin. Le chemin du devoir de responsabilité. Après tout, nous ne sommes que des hommes….
A la manière de Jacques Chirac, Guignol de l’Info, en 1995 : « Il faut raison garder et ne point trop l’ouvrir ! ».
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26 juillet 2010
Pourquoi le journalisme est-il devenu ennemi du politique ?

Article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre à l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi ».
Durant des décennies nos gouvernants se sont accommodés du journalisme. Du moins, tant qu’ils étaient en mesure de le contrôler et de dicter les informations qui étaient audibles par le Peuple. Le Peuple était quant à lui soumis aux actualités émises dans les journaux et à la radio, en attendant l’arrivée de la télévision.
Le véritable journalisme –libre et non faussé- est réellement né en 1974, année où le Ministère de l’Information a disparu. Avant cette date, nos dirigeants jugeaient des informations acceptables et transmissibles au bon Peuple.
La voix de l’Etat a mutée en voix du Peuple et, si les journalistes ont respecté très –trop- longtemps certaines règles de bienséance (certains appellent cela la déontologie), ils ont révolutionné leur métier au virage des années 2000.
C’est une particularité française. Une part de notre identité nationale. A l’aube du IIIème millénaire, les journalistes ont décidé de tout dire sans que rien, ni personne ne puisse altérer leur jugement ou leurs dires. Pour le politique, cette mutation est synonyme de hantise de chaque instant. De cauchemar permanent.
L’arrivée d’Internet et des nouveaux systèmes de communication ont bouleversé l’ordre établi : désormais l’information est continue. Le droit au secret, à la vérité opaque ou à la dérive du politique est impossible.
Certains jugent cet état de fait comme préjudiciable à la perception de la vie politique par les français. C’est vrai, quant le Peuple se met à réfléchir ou à se poser des questions…..ce n’est jamais très bon !
Dans de nombreux pays démocratiques, personne ne trouve à redire du principe que les populations soient informés des faits et gestes de leurs représentants. En France cela est considéré parfois comme une atteinte au principe de liberté de parole et de mouvement.
Alors, à la question de savoir si le journalisme est devenu l’ennemi du politique, il convient de répondre par la négative et de souligner qu’au contraire il lui garanti une forme de prospérité médiatique. Lorsque l’on passe son temps à distiller directives et autres commandements, il convient d’observer une exemplarité teintée de rigueur et de retenue.
Le politique ne doit pas craindre le journalisme, il doit l’encourager. Le politique ne doit pas craindre le regard du Peuple, il est tenu de le servir. Le politique propose, le Peuple dispose. La démocratie et la République sont à ce prix.
A la manière de Confucius : « Se regarder scrupuleusement soi-même, ne regarder que discrètement les autres ».
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| Tags : france, politique, journalisme, peuple, information |
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29 août 2008
Pourquoi Nicolas Beytout n’est pas fan des blogueurs ?
Hier soir la dernière conférence plénière avait pour thème « Quand les médias plombent, quand les médias permettent ». Vaste sujet sur lequel Dominique Baudis, Jean-François Copé, Jean-Claude Dassier, Ivan Rioufol, Michel Rocard, Alain Weill et Nicolas Beytout étaient appelés à disserter.
Amis blogueurs (et simples citoyens) si vous n’avez pas eu la chance d’assister à cette séance digne –parfois- d’un vaudeville de mauvais goût, vous y avez beaucoup perdu !
Les questions de l’indépendance des médias et de leur capacité de développement, des relations entre les politiques et les commentateurs, du traitement et de la transmission des informations, ainsi que de l’indépendance journalistique ont été très largement abordés.
Mais la « pépite » reste très probablement détenue par Nicolas Beytout, PDG de DI Group, qui réaffirmant les (longues) qualités nécessaires à tout bon Journaliste, a tenu à insister sur le fait que cela ne s’inventait pas et que tout le monde n’était pas disposé à relayer une information claire et de qualité.
Sans oser trop insister -un t’i chouillas quant même- celui-ci n’a pas hésité à titiller la blogosphère, accusée d’être un environnement où règne la rumeur permanente. Entendez en cela que les blogueurs n’apportent aucune (ou peu) d’information et que leurs sources sont rarement vérifiées.
En bref amis blogueurs, si vous postulez pour la section de journalisme de l’IEP Paris (lancée avec l’ami Nicolas), et que vous tentez de valoriser votre blog comme support de votre génie créatif : vous serez rapidement écarté de manière à sauver la « race » de ceux qui ont le droit de faire de l’info !
Nicolas Beytout n’est pas fan des blogueurs. C’est acquis. Il est tout de même utile de dire à l’ami Nico que la très grande majorité des gens qui font Internet ne se considèrent pas comme des journalistes. Ils demeurent de simples citoyens qui n’affirment rien…..mais qui se contentent de retranscrire et d’interpréter les informations que lui-même et ses pairs daignent bien vouloir leur transmettre.
Jean-François Copé a insisté sur le fait que les médias se bornent à donner une information basée uniquement sur les seuls effets d’annonces en renonçant souvent à expliquer les tenants et les aboutissants. C’est la triste confirmation que les journalistes entendent rester une élite de la connaissance, une de plus, qui délègue le petit Peuple au rang de simples observateurs.
Régis Sada
11:09 Publié dans Université d'Eté Medef 2008 | Lien permanent | Envoyer cette note
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