30 mars 2012

Pourquoi le radicalisme se nourrit du repli carcéral ?

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Lors de son allocation consécutive à l’assaut du Raid contre Mohamed Merah, le président Sarkozy a annoncé une batterie de mesures complémentaires visant à lutter contre le terrorisme. Parmi elles, une mesure concerne la mise en place d’une réflexion sur la propagation des idéologies extrémistes en prison. 

En réponse à cette annonce, le journal La Croix a publié des extraits d’un courrier que lui a adressé Abdelhak Eddouk, coordinateur de l’Aumônerie musulmane à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, sur le constat du radicalisme religieux en prison et des propositions permettant d’y remédier :

« Y a-t-il un radicalisme religieux dans les prisons ? Ce phénomène existe bel et bien. Il faut être aveugle, pour ne pas dire complice, pour le nier. Seulement, le reconnaître ne doit faire de lui un phénomène majoritaire. Un seul cas, qui pourrait provoquer un drame tel que celui de Montauban et de Toulouse, serait toujours un cas de trop. Mais il ne doit pas nous conduire à l’extrême en stigmatisant et pénalisant la majorité de la population carcérale, en l’accusant de ce qu’elle n’est pas.

Il faut distinguer deux types de radicalisme au sein de la prison. Le radicalisme idéologique, exprimé par des individus qui se trouvent en prison à la suite des affaires liées à leur idéologie extrémiste, et cherchent par tous les moyens à s’imposer en tant qu’imams ou leaders autoproclamés. Le radicalisme de ces individus ne reconnaît aucune limite, comme il n’obéit à aucun ordre.

Il y a ensuite le radicalisme comportemental. Il est exprimé par des détenus influencés par les premiers. Pour la majorité, ils n’ont aucune formation religieuse. Cette forme de radicalisme s’exprime par un changement brutal dans leur apparence (barbe, tenue vestimentaire…), mais elle n’altère pas la reconnaissance du règlement intérieur des établissements pénitentiaires, ni les rapports avec le personnel. Elle peut provoquer des demandes à caractère cultuel, mais elle ne dépasse pas les limites de l’organisation carcérale.

Cette distinction s’avère nécessaire pour éviter tout amalgame dans les rapports avec les détenus. Depuis quelques années maintenant, le radicalisme religieux en prison n’est présenté que sous un seul et unique schéma, qui ne reconnaît aucune frontière, entre les détenus qui cherchent à donner un sens à leur vie et les détenus qui sont dans la revendication idéologique. Ce schéma ne laisse aucune chance à l’écrasante majorité des détenus qui, lorsqu’ils empruntent le chemin de la religiosité, ne sont que dans une démarche spirituelle provoquée par le regret.

Comment éviter le risque de radicalisation religieuse dans les prisons ? Les circuits classiques, qui permettent au détenu de garder les repères, dépendent beaucoup du parcours de vie de chacun. Mais les plus importants sont la famille et l’encadrement au sein de la détention. Un troisième se rajoute lorsqu’il s’agit de la pratique religieuse : la présence de l’aumônier. Lorsque le détenu est entouré d’une bonne prise en charge familiale, administrative et religieuse, ses chances d’une réinsertion post-carcérale sont plus que sûres.

La pire des situations qui puisse arriver aux détenus, notamment les jeunes récidivistes, c’est de ne plus avoir de contacts avec leurs proches. Perdre l’espoir d’un parloir familial, c’est rompre avec les racines. Ainsi, le jeune détenu devient le client idéal pour tout type d’endoctrinement.

L’autre prise en charge doit être administrative. Dans beaucoup de prisons françaises, les syndicats déplorent le manque de personnel, notamment de proximité, pour que toutes les activités, et donc les mouvements, puissent se faire dans des conditions satisfaisantes. Nous constatons aussi que certains détenus, pour plusieurs raisons, ne sont pas assez motivés pour suivre l’ensemble des activités proposées, malgré les efforts du personnel pénitentiaire et des autres intervenants. Une vigilance à l’égard de ce type de détenus est plus que nécessaire, car n’être inscrit à aucune activité ne veut pas nécessairement dire que le détenu n’a aucune activité.

Sur le plan religieux, tout le monde s’accorde pour dire que les prisons françaises manquent cruellement d’aumôniers musulmans. Tous ceux qui sont sur le terrain estiment qu’il faut au moins tripler le nombre des aumôniers musulmans. Seulement, suffit-il de mettre un certain nombre d’aumôniers musulmans dans les prisons pour prétendre répondre à la demande ? Un aumônier dépourvu d’une formation adéquate risque de se trouver discrédité par un simple détenu qui ne maîtrise qu’une seule littérature religieuse, celle de la haine. »

Notons que le coordinateur de l’Aumônerie musulmane ne nie en aucune manière la fragilité de jeunes détenus face aux idéologies prônées par les ultras ou certains de leurs aînés, tout en soulignant l’importance d’une formation adaptée et d’un encadrement renforcé des personnels chargés de leur détention.

En trame des annonces du Chef de l’Etat, il faut relever une précipitation devenue coutumière à vouloir légiférer sur des sujets d’importance qui méritent pourtant d’être traités dans le calme et la sérénité. Toutes formulations de Lois ou de mesures rédigées dans la précipitation, conduisent trop souvent à de mauvaises interprétations dans la possibilité de leur mise en application sur le terrain. Les prisons ne font pas exception.    

Le renforcement et le maintien des liens familiaux, le suivi psychologique et psychiatrique des détenus, ainsi que le développement des programmes d’éducation et de réinsertion prennent ici tout leur sens. La prison est une sanction. Elle a pour fonction d’écarter de la société ceux qui n’ont pas respecté les règles. Elle a toutefois l’impérieuse nécessité de préparer les détenus à leur retour dans une société de droits et de devoirs.

Toujours sur le même sujet : retrouvez l’avis du Contrôleur Général des Prisons, Jean-Marie Delarue, sur l’exercice des cultes en prison et l’article que j’avais consacré à ce rapport en mai 2011.

A la manière de François-René de Chateaubriant : « Tout crime porte en soi une incapacité radicale et un germe de malheur : pratiquons donc le bien pour être heureux, et soyons justes pour être habiles. »

28 mars 2012

Pourquoi le piège Sarko-musulman ?

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Les attentats terroristes perpétrés par Mohamed Merah n’en finissent pas de troubler une opinion publique bercée entre horreur et questionnement. Au grand dam de certains, cet évènement dramatique ne place pas pour autant le thème sécuritaire au cœur des attentes des français dans cette campagne présidentielle.

Pour autant, celui-ci constitue un vilain retour de flamme pour la stratégie politicienne mise en place par l’équipe du candidat-président Nicolas Sarkozy bien avant son élection en mai 2007. Une stratégie politicienne qui visait à siphonner les voix du Front National en le débordant sur ses thèmes de prédilection et en y ajoutant un savant mélange d’amateurisme, de vulgarité et de malhonnêteté intellectuelle.  

Arrivés au crépuscule du dernier quinquennat, il est grand temps de dresser le bilan désastreux de la politique de stigmatisation quasi-permanente menée contre l’Islam et les musulmans par le président Sarkozy, ses conseillers ou autres membres de l’UMP.

Résumons simplement par : l’épisode du Karcher, le discours de St-Jean-de-Latran, le débat sur l’identité nationale, le discours de Grenoble, la loi anti-Burqa, les insinuations liant le mot délinquance à celui d’immigration ou de « l’appel à la tolérance des mulsmans de France » du président Sarkozy lors du référendum sur les minarets en Suisse.

Tous ces éléments sont autant d’entorses répétées et avouées au principe de Laïcité et, d’attaques à peine dissimulées dirigées contre les musulmans présents sur notre territoire qu’ils soient français ou étrangers. 

Au moment où la France traverse un épisode sinistre, comment peut-on avoir le culot d’appeler à l’unité nationale de tous les français alors, que ce président et cette majorité n’ont eu de cesse de considérer nos compatriotes musulmans comme des citoyens de seconde zone ?  

Nicolas Sarkozy s’est toujours défendu d’être le porte-parole de ceux qui considèrent l’islamophobie comme un loisir. Au regard des politiques conduites ces dernières années et de la sémantique provocatrice employée par des gens comme Brice Hortefeux, Henri Guaino, Claude Guéant, Christian Vanneste et autres membres de la Droite Populaire, il appartient aux français de dire s’ils souhaitent poursuivre ce mélange des genres nauséabond.

Un retour aux fondamentaux républicains m'apparait essentiel. Ces valeurs fondamentales placent la tolérance au coeur de toute idée de développement pour notre société, en passant par un rejet ferme de toute stigmatisation de population. Il n'existe pas de "musulmans d'apparence" ou de citoyens inférieurs en droits et en devoirs, il n'y a que des français fiers de leur diversité et profondément attachés à l'égalité de tous !

Je dis non à cette République des infidèles. Infidèles aux valeurs universelles de la France !

A la manière d’un proverbe québécois : « Quant la cruche est pleine, elle renverse ».

01 avril 2011

Pourquoi la belle histoire d’amour entre Mayotte et la France ?

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Mayotte, petite ile perdue au milieu de l’Océan Indien, n’a jamais cessé de nous conter sa belle histoire d’amour avec la France.

Celle-ci débute en 1841 où Mayotte –alors rattachée au Gouvernorat de Madagascar- est acquise au Sultan musulman Adriantsoly et acquiert le statut de colonie au même titre que les trois autres iles des Comores dont elle fait partie.

Territoire d’Outre-mer en 1946, c’est le référendum d’autodétermination de 1974 qui marque la première volonté des mahorais de demeurer au sein de la République. Ils votent à plus de 90% pour le maintien contrairement au reste des Comores.

Malgré la revendication de l’Union des Comores qui accède à l’indépendance en 1975, et aux protestations de l’Union Africaine, la France organise un second référendum en 1976 où 99,40% des mahorais votent pour un ancrage définitif à la République française. Depuis 1995, les Nations-Unies ne considèrent plus Mayotte comme une occupation de territoire illégale de la France. Elle était une Collectivité d’Outre-mer depuis 2003.

Aujourd’hui, 31 mars 2011, Mayotte devient le 101ème département français (5ème DOM), faisant suite au résultat du référendum du 29 mars 2010 où la population a voté « OUI à la départementalisation » à plus de 95% des voix.

Chers compatriotes de Mayotte, nous sommes nombreux à vous souhaiter la bienvenue dans la départementalisation et vous remercier de votre inaltérable attachement à la France et aux valeurs portées par la République !

Au moment où la métropole s’agite et bruisse de palabres diverses et variées sur les questions relatives à la place de l’Islam et d’une modification potentielle de la loi sur la Laïcité, on se surprend à observer que la République sait s’adapter à certaines spécificités des territoires qu’elle administre.

C’est notamment le cas à Mayotte où 95% de la population est musulmane, où les enfants partagent leur temps entre l’école de la République et une école coranique, et où l’implantation de mosquées (même avec des minarets) ne met pas en émoi l’opinion publique.

Une spécificité qui a valeur d’exemple puisque Mayotte bénéficie d’un statut dérogatoire au Code Civil et à la Laïcité, touchant à certaines dispositions matrimoniales, de droits foncier ou de succession. Une dérogation qui peut-être mise en parallèle avec le Concordat d’Alsace-Moselle, jamais remis en question, qui permet pourtant au Chef de l’Etat de nommer les évêques et de considérer les prêtres comme des fonctionnaires. Catholiques, protestants et juifs sont concernés par ce Concordat, à l'exception notable de l'Islam.

Avec les résultats électoraux énumérés ci-dessus, et malgré quelques voix discordantes, il est difficile de dénier l’idée que l’on puisse se revendiquer musulman et pleinement français. Lors du second tour des élections cantonales, nos compatriotes mahorais ont voté à 64,55 %, enregistrant ainsi le meilleur score au niveau national !

Nos compatriotes de Mayotte n’ont jamais douté et jamais cessé d’affirmer leur respect pour la République et de proclamer leur belle histoire d’amour avec la France. Une histoire d’amour qui dure depuis plus de 150 ans.

Sur les airs d’un proverbe mahorais : « Atrala ufa alopara watru wasudziha* ».

 *On n’échappe pas à son destin 

 

Ce post est spécialement dédicacé à un ami précieux et grand amoureux de Mayotte

23 février 2011

Pourquoi la France doit-elle remercier ses musulmans ?

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Force est de constater que depuis l’accession de Nicolas Sarkozy à l’Elysée en 2007, la France ne connait pas la crise en matière de multiplicité de débats ! Faut-il s’en plaindre ? Certes pas, puisque l’on juge la vitalité d’une démocratie aux nombre de débats censés faire réfléchir une société sur ses propres évolutions.

Dans la perspective de l’élection présidentielle de 2012, le Chef de l’Etat entend livrer aux français les premières orientations de sa future campagne dans l’attente, bien entendu, de la confirmation de sa candidature.

Lors de l’émission « Paroles de Français » diffusée le 10 février sur TF1, Nicolas Sarkozy a évoqué la question de l’Islam dans notre pays. Dans le même temps, il a chargé l’UMP de mettre en place à compter du mois d’avril, une convention portant sur la place des religions en France. Au regard de ses propres déclarations et de celles portées par différents responsables de l’UMP, il n’y a aucun doute à avoir sur le fait que l’Islam sera, une fois de plus, au cœur d’un débat contrarié et contrasté.

Le Président du Conseil Français du Culte Musulman, Mohammed Moussaoui, approuve l’idée d’un débat permettant de se pencher sur l’exercice des cultes dans notre pays et la place des religions dans la République. Il craint toutefois, que celui-ci donne lieu à de nombreux dérapages « contrôlés » ou « volontairement incontrôlés » à l’image de celui mené sur l’identité nationale.

Je partage naturellement les craintes politiquement correctes de Mohammed Moussaoui, tout en sachant que cette convention de l’UMP et le débat qui en découlera donnera lieu à un déballage honteux et nauséabond dirigé contre nos compatriotes musulmans.

Le passage de Nicolas Sarkozy sur les erreurs commises en France au nom du multiculturalisme est une preuve évidente de cette mauvaise foi latente. Si Rachida Dati, ancienne Ministre de la Justice, appelle à ne pas « stigmatiser l’Islam » et que la Secrétaire d’Etat à la Jeunesse, Jeannette Bougrab, défend l’idée que « les français ne nourrissent aucune défiance vis-à-vis de l’Islam », les dents commencent à grincer même au sein de la majorité.

Aux bons, aux vrais, aux seuls français qui prétendent défendre les intérêts nationaux, il convient de rappeler le contenu de l’Article Premier de notre Constitution : 

« La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée ».

C’est au nom de ces valeurs fondamentales, qu’il ne m’est plus possible de fermer les yeux et d’accepter la dérive sectaire de propos que certains entendent désormais ériger en uniques vérités.

Le Front National a défendu seul l’idée selon laquelle les musulmans représentaient un danger pour la France et pour la République. Malgré les discours fortement imprégnés de haine et d’intolérance face à la montée de ce péril, ni la République islamique et encore moins la Charia, ne se sont imposées en France !

Ces propos profondément anti-républicains ont été portés et relayés pendant près de 30 ans. Ils imbibent désormais toutes les couches de notre société. Prêtés très longtemps à la seule extrême-droite ces propos ont débordé sur la droite dite républicaine, et parfois même, et c’est encore plus stupéfiant, chez certaines personnes se réclamant de la gauche.

En France, il est hors de question de porter un préjudice moral ou physique sur les traditions des chrétiens ou des juifs. A l’inverse, avec les musulmans tous les droits sont permis !

On ne se refuse rien lorsqu’il s’agit de prétendre que l’Islam est porteuse d’une idéologie de haine et de violence. Lorsque l’on dresse des parallèles douteux entre délinquance et origines ethniques. Lorsque l’on compare des fidèles à des « occupants » quant ces derniers sont contraints à prier dans les rues par manque de lieux de culte qui leurs soient accessibles. Lorsque l’on se permet de vouloir intégrer des jeunes issus de l’immigration alors que ces derniers ne sont rien d’autre que des français comme les autres !

Comment peut-il en être autrement ? C’est vrai, le Président de la République lui-même avait appelé les musulmans de France à la « tolérance » lors du débat sur la Burqa et sur les minarets… C’est vrai, le Président de la République n’oublie jamais de souligner les « racines chrétiennes » et maintenant les « racines juives » de la France Il omet dans le même temps -comme beaucoup d’autres- de dénoncer un Concordat d’Alsace-Moselle qui ne se justifie pourtant plus, et dans lequel l’Islam est toujours exclue.

Il n’est pas acceptable d’envisager une France où les citoyens sont catalogués, insultés et stigmatisés à longueur de journée ! Il n’est pas concevable qu’une République comme la nôtre s’abaisse à ôter des libertés et des droits à certains citoyens, lorsque ces mêmes libertés et ces mêmes droits sont reconnus à tous les autres !

Les responsables français du culte musulman reconnaissent eux-mêmes que rien n’est simple et que des adaptations sont nécessaires pour l’avènement d’un Islam de France. A la seule condition que l’on veuille bien se pencher sur cette question et sur aucune autre.

Pour toutes les raisons évoquées ci-dessus et car je crois à la force des valeurs portées par la République, il m’apparait indispensable que la France remercie ses compatriotes musulmans.

Oui la France que j’aime, la France à laquelle je crois, doit remercier ses compatriotes musulmans pour le sang-froid et la dignité dont ils font preuve face aux attaques répétées dont ils sont victimes !

A la manière d’Ernest Jaubert : « L'égalité entre les hommes est une règle qui ne compte que des exceptions ».

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15 décembre 2010

Pourquoi Marine Le Pen a tout d'une grande ?

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Vous vous souvenez de ce slogan : « elle a tout d’une grande »… Laissez passer quelques années, secouez très fort, ne passez pas par l’étape de la Clio de chez Renault et imaginez le même concept chez la famille Le Pen. Vous l’avez compris, après 40 ans de Jean-Marie, Marine Le Pen a tout bien appris !

En janvier prochain, sans arithmétique mais en toute logique, elle prendra les rênes du Front National et assurera la succession de la famille Le Pen sur le parti leader de l’extrême-droite française.

L’émission politique d’Arlette Chabot « A vous de juger », la bien nommée, diffusée le 9 décembre et dont l’invitée principale était Marine Le Pen, a permis d’éclairer les français sur la révolution politique qui attend les français lors de la prochaine élection présidentielle de 2012. Parce qu’elle le fait bien, Marine Le Pen l’a affirmé : elle est désormais populiste !

Selon la définition, le « populisme » c’est la mise en accusation des élites et des groupes d’intérêts particuliers. En version décryptée, le populisme c’est rendre la politique moins intellectuelle et la rendre accessible au bon Peuple. Comprenez : dire tout haut ce que le Peuple vit en bas…

Galvanisée par le référendum suisse sur l’expulsion des étrangers condamnés, Marine Le Pen a profité de l’occasion pour relocaliser le débat et relancer une énième polémique sur le péril islamique guettant notre pays. S’appuyant sur notre Laïcité bien aimée, Marine s’est hasardé au grand jeu de la vérité en énonçant surtout beaucoup de contre- vérités.

Sur le financement illégitime de lieux de cultes musulmans par de nombreuses communes : FAUX et VRAI.

FAUX car les communautés musulmanes ne sont pas mieux loties que les communautés catholiques ou juives dans notre pays.

VRAI car de nombreuses communes financent des locaux « multi-cultuels » avec l’argent du contribuable.

FAUX car la majorité du temps ces espaces ne profitent pas plus –comme Marine Le Pen l’affirme pourtant- aux musulmans qu’aux autres communautés.

Sur « l’Occupation des rues » par les musulmans lors de la prière du vendredi : VRAI et FAUX.

VRAI mais détourné, car dans de très nombreuses villes –souvent en Ile de France- la prière du vendredi « déborde » sur les rues avoisinantes de la mosquée ou de la salle de prières. Cette affirmation est facile et efficace pour toucher les cibles visées par le Front National.

FAUX car il est juste de reconnaitre que très souvent –trop souvent malheureusement- les musulmans des villes concernées ne disposent pas de lieux de cultes dont la capacité d’accueil est suffisamment adaptée à la fréquentation. C’est le cas dans ma ville de Puteaux.

FAUX aussi, car trop souvent dans ces mêmes villes, les demandes d’extension pour les lieux de cultes sont « retardées » ou clairement refusées, même lorsque celles-ci sont entièrement financées et dont la provenance des fonds est clairement identifié.

Ces deux exemples précis sont aisément vérifiables et démontrent avec quelle facilité Marine Le Pen a réussi à ramener les caméras vers elle et à centrer le débat autour de ses propres affirmations. Elle mène bien sa partition et l’UMP comme le PS, ont bien compris les difficultés qu’ils devront affronter pour « contrer » le discours qu’elle souhaite porter sans complexes en 2012.

Elle prédit un funeste « 21 avril à l’envers », gageons que notre démocratie saura retrouver sa véritable identité nationale qui place la Liberté, l’Egalité et la Fraternité au dessus de tout autre raisonnement. La République est toujours plus belle lorsqu’elle est partagée par tous. Pour le reste, le moment venu, le Peuple se déterminera selon sa convenance du moment.

Marine Le Pen est-elle devenue une habile politique ? Elle dispose pour cela d’un mentor paternel très affuté. Elle a choisi de tracer son propre sillon sans régler forcément son pas sur celui de son père, dans tous les cas, faut-il s’en inquiéter ? : « elle a tout d’une grande »

A la manière d’un citoyen bien inspiré : « Rien ne sert de courir ; il faut voter à point ».

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15 décembre 2009

Pourquoi Nadine Morano insulte-t-elle les jeunes musulmans de France ?

 

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« Moi, ce que je veux du jeune musulman, quand il est français, c'est qu'il aime son pays, c'est qu'il trouve un travail, c'est qu'il ne parle pas le verlan, qu'il ne mette pas sa casquette à l'envers »

Nadine Morano - Secrétaire d'Etat à la Famille et à la Solidarité

14/12/2009 Charmes (88) - débat sur l'Identité Nationale

Après le texte incompréhensible du Président Nicolas Sarkozy la semaine dernière, où le Chef de l'Etat appelle les musulmans de France à la « compréhension », c'est aujourd'hui par la voix de Nadine Morano et ses propos ci-dessus que l'on peut affirmer que rien ne va plus au sommet de l'Etat.

J'invite les représentants du Conseil Français du Culte Musulman à réagir à l'avalanche d'inepties dont nous sommes gratifiés depuis plusieurs semaines à travers ce débat qui mêle racisme et nationalisme primaires.

Pour ma part, ce que je veux de nos gouvernants, quand ils sont français, c'est qu'ils cessent de stigmatiser une partie de nos compatriotes, qu'ils préfèrent le travail aux propos de comptoir, qu'ils apprennent les finesses de la langue française et qu'ils remettent leurs idées à l'endroit.

Qu'en pensent nos compatriotes de Mayotte, 101ème département français, dont la population est musulmane à plus de 95% ?

La France et les idées républicaines ce n'est pas ça.

Régis Sada

 

11 décembre 2009

Pourquoi la France n'a pas de leçon à donner à la Suisse ?

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Les suites du référendum suisse sur les minarets et l'intervention du Président de la République sur le sujet,  n'arrêtent pas de délier les langues -parfois les plus mauvaises- et de faire couler beaucoup d'encre.

Dans son édition du 11 décembre 2009, le journal Le Monde publie une tribune d'un de ses journalistes Luc Bronner au titre évocateur de « Pourquoi la France n'a pas de leçon à donner à la Suisse », où en quelques phrases très ciblées le fond du problème est abordé avec notamment le regard que les français peuvent porter à ce qui est différent.

Un article à lire et à méditer, qui ne manquera pas de faire débat tant il montre le visage d'une France qui a la fâcheuse tendance de chercher les responsabilités des maux qu'elle a parfois elle-même initié. Revue de détail :

« Mais comment ne pas voir que la société française participe tous les jours à un référendum contre les "jeunes à capuche" ? Non pas avec des bulletins glissés dans les urnes. Mais un vote avec nos pieds, dans nos choix d'employeurs, d'élus, de parents, de voisins. Car cette catégorie sociale cristallise, à tort ou à raison, une triple angoisse dans notre société vieillissante : la jeunesse, l'immigration et l'islam. Une génération à laquelle on prête toutes les menaces, parfois contradictoires : du "repli communautaire" au communautarisme conquérant, de l'intégrisme religieux à la boulimie de consommation, de l'absence d'identité au trop-plein identitaire.

Sans se l'avouer, nous avons basculé dans une société de la peur et du rejet vis-à-vis d'une jeunesse perçue comme une nouvelle "classe dangereuse". Nous, collectivement, sans passer par un vote comme les Suisses, mais par nos pratiques, nos attitudes sociales. Un chiffre témoigne de la gravité de cette coupure : dans les zones urbaines sensibles (ZUS), 41,7 % des hommes de 15 à 24 ans sont au chômage, soit le double de la moyenne nationale pour les garçons du même âge, déjà très élevée par rapport au reste de l'Europe.

Un tel niveau de discriminations traduit un choix collectif, pas simplement une accumulation d'accidents ou de dérives individuelles. Nous ne sommes pas dans le "fait divers" de la discrimination mais bien dans un phénomène de société : même s'il existe des exceptions, même si des grandes écoles et des entreprises jouent le jeu de la diversité, les jeunes de banlieue, en particulier les hommes, peinent toujours autant à trouver leur place.

La faute aux employeurs, coupables de discriminations ? Sans doute. La faute aux jeunes eux-mêmes, "inemployables", trop éloignés des codes de l'entreprise, insuffisamment formés, parfois mal insérés ? Certainement. Mais on voit bien que ce niveau d'explication est insuffisant. Remontons d'une case dans le Meccano social. Les jeunes des ZUS, surtout les garçons, sont deux fois plus nombreux que les autres à n'avoir aucun diplôme à la fin de leur scolarité. Quand ils obtiennent des qualifications, elles sont systématiquement moins élevées que leurs concurrents du même âge sur le marché de l'emploi. »

« ... »

« Le métissage, oui ; mais pas pour ses enfants, que l'on s'empresse de scolariser ailleurs ou dans le privé pour les protéger des menaces supposées de la mixité sociale. Une "sécession sans guerre", selon l'expression du chercheur, qui amène à concentrer dans les quartiers les élèves en difficulté, lesquels échouent ensuite en plus grand nombre et finissent par rejoindre les bancs de Pôle emploi. »

« ... »

« "Le métissage, c'est la volonté de vivre ensemble. Le communautarisme, c'est le choix de vivre séparément", écrit justement Nicolas Sarkozy dans sa tribune publiée dans Le Monde (daté 9 décembre). Mais qui, dans la France actuelle, choisit de vivre séparément ? Pas tant les habitants des quartiers, assignés à résidence, empêtrés dans la pauvreté au point que la moitié des mineurs vit sous le seuil de pauvreté. "La logique du ghetto arrange tout le monde", résume Claude Dilain, maire de Clichy-sous-Bois. Surtout les classes moyennes et supérieures, en réalité. »

 

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08 décembre 2009

Pourquoi Nicolas Sarkozy s'égare entre les minarets et l'identité nationale ?

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Le Monde - 08/12/2009 - Nicolas Sarkozy « Respecter ceux qui arrivent, respecter ceux qui accueillent »

Cette tribune du Président de la République me choque, me blesse autant qu'elle m'interpelle. Je ne me reconnais ni dans ces mots, ni dans cette vision de la France qui ne me ressemble pas.

Je m'interroge sur le parallèle plus que douteux qui est fait du résultat du référendum suisse sur les minarets et celui qui avait conduit les français à rejeter la Constitution Européenne en 2005.

Je m'interroge donc, sur le fait que Nicolas Sarkozy entend comparer un texte censé fixer des règles et des valeurs communes à une question qui mêle stigmatisation et rejet d'une différence cultuelle (et non communautariste).

Je m'interroge toujours sur l'affirmation du Chef de l'Etat lorsqu'il évoque la maturité de la démocratie helvétique et le possible résultat d'un tel référendum s'il avait été voté en France.

C'est oublier que les suisses sont des habitués des « votations citoyennes », de ces votes de proximité, alors que nos référendums sont fixés sur des questions de souveraineté ou d'organisation des pouvoirs publics. La parodie de notre référendum d'initiative populaire fait pâle figure. C'est occulter le fait que leur système fédéraliste opère comme une décentralisation pleine et entière, accordant une autonomie réelle de leurs cantons alors que notre Etat à nous, se borne à ne pas payer ses dettes à ses collectivités locales les laissant à leur triste sort. C'est masquer le fait qu'une telle question n'aurait jamais pu être posée aux Français au nom du sacro-saint principe de Laïcité.

Je m'interroge sans cesse, autour des contradictions idéologiques du Président de la République lorsqu'il parle d'une dénaturation possible du mode de pensée ou des relations sociales au sein des Peuples européens d'une part et revendique la tolérance et l'accueil reconnus de ces mêmes Peuples européens d'autre part.

Je m'interroge sur la volonté de lier les Etats, les hommes, les pensées, les cultes et les communautarismes dans un magma qui nous ramène au temps où cette « vieille Europe » a franchi le pas de tous les nationalismes, de toutes les intolérances, aboutissant aux plus grands malheurs portés par la guerre.

Je m'interroge avec désespoir lorsque notre Président revendique un soutien "cultuel" aux musulmans de France alors que dans de très nombreuses villes, comme dans la mienne à Puteaux, ces mêmes compatriotes sont contraints d'exercer leur culte à même le sol et ce par tous les temps ! Cet épilogue sur les minarets vire à la querelle de clochers....

Je m'insurge définitivement contre ce renvoi permanent aux racines chrétiennes de la France qui devrait justifier que tous les cultes ne sont pas logés à la même enseigne et que, seuls les musulmans de France sont tenus de faire preuve de compréhension devant les heurts ou les chocs que la pratique de leur propre culte serait censé provoquer !

Parce que la République est une et indivisible, le Chef de l'Etat doit s'adresser à TOUS les français sans poser de marqueurs de traçabilité !

Cette tribune me heurte car elle n'est pas conforme à ma vision de la France. Cette tribune me choque car elle contrevient à l'image d'une République où chacun dispose des mêmes droits et des mêmes devoirs. Cette tribune me blesse car je n'y retrouve aucun terme propre à ma conception de l'identité nationale.

Puisque désormais il faut avoir le courage de ses convictions. Puisque désormais il faut faire le choix d'être français ou d'être Sarkozyste. Mon identité à moi c'est d'être français !

Régis Sada

 

23 juin 2009

Pourquoi la Burka relance le débat de la laïcité ?


Lors de l'intervention de Nicolas Sarkozy devant les Parlementaires réunis en Congrès à Versailles, l'un des sujets les plus attendu était la prise de position du Chef de l'Etat sur le port de la Burka (ou Niquab) par certaines femmes musulmanes.

Extrait de cette intervention sur le sujet :

"Où en sommes-nous avec la laïcité ?

Je ne réemploierai pas le terme de laïcité positive pour ne pas alimenter une polémique inutile. Mais je reste ferme sur l'idée que la laïcité ce n'est pas le refus de toutes les religions, ce n'est pas le rejet du sentiment religieux. C'est un principe de neutralité et un principe de respect. La laïcité c'est le respect pour toutes les opinions et pour toutes les croyances. Quand Jules Ferry a écrit aux instituteurs, il leur a dit :

« Au moment de proposer aux élèves un précepte, une maxime quelconque, demandez-vous s'il se trouve à votre connaissance un seul honnête homme qui puisse être froissé de ce que vous allez dire. Demandez-vous si un père de famille, je dis un seul, présent à votre classe et vous écoutant, pourrait de bonne foi refuser son assentiment à ce qu'il nous entendrait dire. Si oui, abstenez-vous de le dire. »

Qui peut oublier que la séparation de l'Eglise et de l'Etat s'est faite dans la douleur ? Mais sommes nous obligés de continuer cette guerre qui n'a plus lieu d'être ? Nous ne sommes pas menacés par le cléricalisme. Nous le sommes davantage par une forme d'intolérance qui stigmatise toute appartenance religieuse. Je le dis en pensant en particulier aux Français de confession musulmane. Nous ne devons pas nous tromper de combat. Dans la République la religion musulmane doit être autant respectée que les autres religions.

Le problème de la burka n'est pas un problème religieux. C'est un problème de liberté et de dignité de la femme. Ce n'est pas un signe religieux, c'est un signe d'asservissement, c'est un signe d'abaissement.

Je veux le dire solennellement, la burka n'est pas la bienvenue en France. Nous ne pouvons pas accepter dans notre pays des femmes prisonnières derrière un grillage, coupées de toute vie sociale, privées de toute identité. Ce n'est pas l'idée que nous nous faisons de la dignité de la femme. Le Parlement a souhaité se saisir de cette question. C'est la meilleure façon de procéder. Il faut qu'il y ait un débat et que tous les points de vue s'expriment. Où ailleurs qu'au parlement pourrait-il mieux s'exprimer ? Mais je vous le dis, nous ne devons pas avoir honte de nos valeurs. Nous ne devons pas avoir peur de les défendre."

Nous sommes ici à la frontière de ce que l'Etat doit faire et de ce que l'Etat peut faire. Nous sommes ici à la frontière de ce qu'est la République en France et ce que doit être la République en France. Nous sommes ici à la frontière de que la liberté des uns ne se fasse pas au détriment de celle des autres.

Certains ont marqué leur soutien de Nicolas Sarkozy à travers sa phrase « Je veux le dire solennellement, la burka n'est pas la bienvenue en France ». D'autres, comme moi, se demande si Nicolas Sarkozy peut affirmer une telle chose au nom de la France, au nom du Peuple qu'il incarne par leur mandat qui lui a été donné.

Qui sommes nous pour juger que le port de ce voile intégral qui ne laisse entrevoir que les yeux est inacceptable ? Qui sommes nous pour juger que le port de ce même voile n'est pas un juste reflet de la liberté ou de la volonté de ces femmes de se préserver du regard des hommes ?

La burka dérange et heurte les consciences d'une société bien perturbée. Elle dérange car elle est visible et qu'elle renvoi une image négative de la femme. Une image d'épouse soumise et acquise aux décisions de son mari.

Les musulmans de France reconnaissent eux-mêmes que les femmes portant la Burka ne représentent qu'une poignée de fidèles. Un chiffre de 2.000 est annoncé aujourd'hui. La communauté musulmane s'interroge et est elle-même très partagée sur la question. Certains estiment que cela donne une fausse image de la pratique de l'Islam, d'autres brandissent la volonté de jeter une nouvelle fois l'opprobre sur leur communauté.

L'association Ni Pute Ni Soumise soutien avec force l'idée d'un grand débat national sur la question en rappelant que depuis sa création son combat se concentre sur la dégradation de la condition féminine et la montée de l'obscurantisme dans les quartiers populaires. Elle estime que les femmes portant la Burqa sont des prisonnières à ciel ouvert.

Mais dans cette société bien d'autres choses sont dérangeantes et bien visibles. Sur ces points là, nous sommes nombreux à trouver que l'Etat n'assume pas ses devoirs et qu'elle laisse aux autres le soin de gommer ses propres erreurs.

Le débat devra être mené. Dans une République qui affirme sa volonté de faire appliquer les principes de la liberté et de l'égalité pour tous, aucun débat ne peut-être tabou. Faut-il en passer obligatoirement par une loi pour interdire le port de la Burqa, et ainsi repousser ce problème derrière les murs des maisons et des appartements ? Ou faut-il au contraire souhaiter que la question se règle sous l'égide du Conseil Français du Culte Musulman et ainsi, laisser la communauté musulmane gérer seule ce point délicat ?

Un sujet extrêmement sensible et complexe qui place tous les citoyens face à un devoir de conscience. Pour ma part, je ne peux que souhaiter que de la retenue et de la prudence.

Ce débat là en appelle un autre qui n'a à ce jour jamais été tranché : est-on certain que la société française porte un regard égal sur toutes les pratiques religieuses ? Si le judaïsme bénéficie d'une omerta convenue due égard aux persécutions vécues durant la seconde guerre mondiale, l'Islam elle a toujours posé un problème en France car jamais acceptée dans les faits et si souvent stigmatisée.

Le jour où Nicolas Sarkozy s'est rendu au Vatican pour recevoir le titre de Chanoine d'honneur de Saint-Jean-De-Latran dévolu au Chef de l'Etat français, et qu'il a prononcé un discours bien anti-républicain à mon goût, je ne suis pas certain qu'il ai envoyé un signal positif sur ce que doit être une République laïque affirmée qui laisse la religion là où elle doit demeurer : dans la sphère privée.

Régis Sada

 

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29 août 2008

Pourquoi Dieu s’est invité à l’Université d’été du MEDEF ?

religions du monde.jpgLe MEDEF a invité les cultes à la table des débats. « Dieu pour point d’appui et la prière pour appui » tel était le titre de la conférence dédiée à la place du culte dans la vie des entreprises. Les trois grandes religions monothéistes étaient conviées à converser sur les évolutions de la pratique religieuse et de sa comptabilité dans le monde du travail.

Les grands débats qui secouent régulièrement la société française comme le port du foulard islamique ou le respect de la loi sur la Laïcité, ont rapidement fait surface et on été régulièrement abordés lors de cette conférence.

On s’étonnera presque d’apprendre que près de 26% des salariés français (37% en Ile de France), sont aujourd’hui demandeurs d’aménagements quand à la pratique de leur croyance dans leur société. Sur ce point Michel Coquillon, Vice-président de la CFTC, insiste sur la liberté qui doit être laissée aux entreprises (et à ses salariés) par la négociation, de faciliter la pratique des cultes ou de la place qui peut lui être consacrée en son sein.

La rigidité des français sur les questions religieuses ne pouvait pas non plus être absente de ce débat. Le travail du dimanche, par exemple, reste un point qui ne fera pas consensus avant longtemps. Pierre Deschamps, Président d’Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens évoquera le fameux et très irritant « héritage chrétien de la France » pour justifier de la lenteur des évolutions possibles.

Lors du jeu des questions / réponses avec la salle, j’ai souhaité interpellé les intervenants sur la question de la Laïcité, une loi de 1905, incontestablement utile mais édicté en des temps où seule la religion catholique faisait loi dans notre pays. Je pose le constat qu’en 2008 notre pays compte plus de 8 millions de musulmans et pas moins d’un demi million de juifs, et m’interroge sur la nécessité d’un nécessaire dépoussiérage d’une loi restée calquée sur le modèle d’une France catholique.

Michel Coquillon me répond simplement que la loi sur la Laïcité n’est aujourd’hui pas remise en question sur sa forme, mais que des évolutions sont envisageables voire souhaitable.

C’est sans doute un commentaire de l’écrivain Fabrice Hadjaj qui définie la relation entre la religion et le monde du travail. Cette même relation qui lie la spiritualité de l’homme à son nécessaire besoin de subsistance : « L’homme doit travailler pour s’ouvrir et s’épanouir en société. Il doit créer et produire des richesses qu’il doit ensuite apprendre à partager. Mais ce travail, cette tâche nécessaire à sa subsistance physique, ne doit en aucun cas l’éloigner du don de ce qui ne s’achète pas comme de beaux paysages, l’amour ou la tendresse des siens. L’homme malgré ses obligations matérielles doit garder du temps pour sa famille et ne pas en être dépourvu ».

Il termine par une citation de Gandhi : « L’homme peut se passer plusieurs jours sans manger mais il ne peut pas passer une journée sans prier ».

Régis Sada