05 décembre 2011

Pourquoi nous sommes de vieux orphelins ?

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Tout fout le camp ! Rassurez-vous mes chers lecteurs, il n’est point question de chercher une nouvelle fois querelle à nos animateurs politiques qui se chargent eux-mêmes du spectacle de la crise, de l’anticrise ou d’une énième nécessité de nous faire les poches.

Non, c’est une bien triste nouvelle qui arrive douloureusement à nos oreilles ce matin : notre jeunesse et ses héros sont orphelins !

Shingo Araki, 72 ans, illustre inconnu japonais nous a quittés.

Le copain de tous, le père dessinateur de nos des dessins animés préférés est décédé. Celui qui avait donné vie à nos Dieux : Goldorak, l’Inspecteur Gadget, Lady Oscar ou les Chevaliers du Zodiaque, s’est envolé pour le royaume des mangas pour l’éternité.

Avec lui, toute une génération, la génération de mon enfance, se sent orpheline du temps de son insouciance. Comme tous nos héros virtuels, si beaux, si musclés et si généreux en aventures palpitantes, nous prenons en ce jour une bien vilaine ride de plus. Tout fout le camp !

A la manière d’Alain de Botton : « Le présent se dégrade, d’abord en histoire, puis en nostalgie ».

11 août 2011

Pourquoi SOS jeunesse suicidée ?

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L’annonce du suicide de François-Xavier en pleine saison 5 de Secret Story, a donné lieu à des réactions et des propos aussi surprenants que déroutants.

Les larmes de crocodile versées par certains de ses anciens camarades de jeu comme la pulpeuse Cindy Lopes, font rire au mieux et affligent au pire. Loin de moi l’idée de penser qu’aucun affect ne se soit développé entre les « ex ». Je m’interroge toutefois sur la nature de cet affect en voyant la précipitation affligée de ces pleureuses remplir les colonnes de France Soir ou de Voici à peine l’information du décès connue !

Il en va de même avec cette prodigieuse jeunesse virtuelle qui s’épanche longuement sur cette disparition en portant François-Xavier au Panthéon des grandes stars trop vîtes disparues ou qui vient à se satisfaire de cette mort sur les réseaux sociaux.

FX n’était pas une star. C’était une étoile filante de cette télévision grande consommatrice de curiosités. FX n’était pas mon ami et je ne pleure pas sa disparition. Qu’il soit considéré comme un petit prodige ou une « erreur de casting » n’empêchera pas d’avoir du respect pour l’homme qui vient de disparaitre et pour ses proches qui le pleure aujourd’hui. 22 ans n’est pas un âge pour mourir.

Premier point : au-delà de ce fait-divers tragique et du personnage atypique qui en est l’acteur, j’aurais préféré que l’on évoque le fait que le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les jeunes entre 15 et 25 ans. Deux suicides récents ont prouvé que ces idées suicidaires interviennent bien plus tôt encore. J’aurais préféré que les journalistes qui se sont fait l’écho de ce suicide parle de cette jeunesse isolée, cette jeunesse qui s’abandonne au virtuel et qui vit sa vie par procuration, qu’ils nous parlent de cette jeunesse suicidée.

Deuxième point : les récentes déclarations de FX où il évoquait sa profonde dépression devant une carrière qui ne voulait pas se dérouler dans le sens souhaité doit nous interpeller. Nous interpeller sur la dangereuse illusion de l’argent facile et d’une célébrité assurée. La dangereuse illusion que tout est beau dans la jeunesse et dans l’insouciance. Cette illusion est sans doute vraie lorsque les lumières brillent. Quant est-t-il lorsque celles-ci s’éteignent ?  

Si pour François-Xavier il est malheureusement trop tard, il est peut-être possible de faire quelque chose pour tous les autres…En mettant fin à ses jours, FX a emporté ses secrets avec lui. Le premier d’entres-eux n’en est plus un : le reflet d’une très grande solitude !

A la manière de Thomas Bernhard : « La jeunesse est un défaut… Mais le défaut de l’âge, c’est de voir les défauts de la jeunesse ».

08 avril 2011

Pourquoi Carré Viiip ou le reflet de la société française ?

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« Destin tragique pour programme consternant ». Telle pourrait-être la définition de Carré Viiip, proposé par Endemol (mère de la téléréalité) et diffusé pendant deux semaines sur TF1 (contre trois mois initialement prévus).

Cette déprogrammation sauvage aura sans doute fortement douché les espoirs des Viiip (starlettes repêchées d’autres programmes de téléréalité) et des WannaWiiip (tristes inconnus qui ne demandaient qu’à émerger), autant qu’elle aura été salvatrice pour des téléspectateurs (et autres observateurs) horrifiés par un déluge de médiocrité et de vulgarité qui s’affichait sans complexe à des heures de grande écoute.

Point besoin de gâcher son temps à regarder les quotidiennes ou les primes du vendredi soir pour réaliser rapidement qu’avec Carré Viiip la téléréalité a franchi la limite de ce qui peut être proposé au public, les résumés et les articles parus dans la presse y ont largement pourvu.  

Cette suppression plonge toutefois, un certain nombre d’entre-nous dans une profonde perplexité. Est-ce la chaine, les Viiip, les WannaWiiip ou le concept du programme lui-même qui a provoqué cet échec retentissant ? Le concept : pas bien différent d’un Secret Story ou d’une Ferme des Célébrités ! Les Viiip ? A défaut d’intelligence on vend ses charmes (ou ce qu’il en reste) ! Les WannaViiip ? Les syndicats enseignants ne cesse de le répéter : l’Education n’est plus ce quelle était ! La chaine ? Oui, là sans doute une erreur d’Endemol. Plutôt que TF1, Carré Viiip colle très bien à des formats comme XXL ou Dorcel TV !

Les sociologues estiment que les adolescents savent parfaitement distinguer les frasques de la téléréalité de ce qu’ils vivent dans le monde réel. Sur ce point, je reste bien plus réservé que les sociologues. Sans doute ne prennent-ils pas en compte l’impact sur les comportements directs de ces mêmes adolescents (et autres adulescents). Les téléspectateurs aspirent à une téléréalité qui leur ressemble dit-on… Ah bon ?!? Pascal le Grand Frère ça ressemble à ma vie ????

Les français aiment beaucoup rire des autres, mais n’apprécient guère qu’on leur renvoi leur propre image en pleine figure. Le Carré Viiip a semble-t-il renvoyé l’image d’une société où les gens ont de plus en plus de mal à trouver leur place, et des jeunes prêts à toutes les dérives pour parvenir à la gloire et à la célébrité. Cette image était sans doute trop violente. Après tout, peut-être que le Carré Viiip n’était que le reflet d’une triste réalité…  

A la manière de Louis de Funès : « Je cultive mon jardin. Et dans ma vie professionnelle comme dans mon carré de jardin, j'ai bien l'intention d'exclure les navets » !

03 janvier 2011

Pourquoi ne jamais cesser de s’indigner ?

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Créer, c’est résister. Résister, c’est créer.

« Le motif de base de la Résistance était l’indignation. Nous, vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre l’héritage de la Résistance et ses idéaux… 

Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! 

Comment peut-il manquer aujourd’hui de l’argent pour maintenir et prolonger les conquêtes de la Résistance telles que la sécurité sociale, la retraite, la nationalisation des sources d’énergie et des grandes banques, la subordination des intérêts particuliers aux intérêts généraux…, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l’Europe était ruinée ? Sinon parce que le pouvoir de l’argent, tellement combattu par la Résistance, n’a jamais été aussi grand, insolent, égoïste, avec ses propres serviteurs jusque dans les plus hautes sphères de l’Etat.

Il nous appartient aujourd’hui de veiller tous ensemble à ce que notre société reste une société dont nous soyons fiers : pas cette société des sans-papiers, des expulsions, des soupçons à l’égard des immigrés, pas cette société qui remet en cause les acquis du programme du Conseil de la Résistance, pas cette société où les medias sont entre les mains des nantis et qui propose la consommation de masse, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition de tous contre tous. 

Pour être efficace aujourd’hui, il faut agir en réseau, dans la non-violence et la conciliation de cultures différentes, se fonder sur les droits et utiliser les moyens modernes de communication… »

Extraits de : « Indignez-vous » de Stéphane Hessel aux éditions Indigène.

 

Commentaire de texte : Stéphane Hessel, ancien Résistant et Ambassadeur de France, ayant participé aux sessions portant création de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme en 1948, nous délivre ici un message d’espoir empreint d’une éternelle capacité de résistance.

A 93 ans, il invite les générations qui lui succèdent à ne jamais oublier, à ne pas céder au pessimisme et à ne jamais cesser de s’indigner. Il prend fermement position pour le rejet d’une société où l’homme est oublié, où l’homme est piétiné.

Stéphane Hessel refuse l’idée d’une société condamnée à tout accepter : des informations tronquées, une culture et une éducation au rabais, le règne de l’argent roi, le mépris des hommes et la négation de notre diversité.   

Il invite les plus jeunes à ne pas subir leur propre avenir mais à le construire sur des bases saines en usant des outils apportés par la modernité. FaceBook et Twitter devraient bientôt s’affoler…

Militant et engagé, Stéphane Hessel appelle les français à repenser une société qu’il estime en danger, à renouer avec la promesse républicaine d’égalité pour tous et à redécouvrir les valeurs universelles qui ont fait la France aux yeux du monde.

Une jolie leçon en forme de révolution pacifiste. Oublier c’est renoncer ! S’indigner c’est résister ! Pour que 2011 soit une grande année, il ne faudra jamais cesser de nous indigner…  

A la manière d’André Gide : « Quand je cesserai de m'indigner, j'aurai commencé ma vieillesse ».

02 septembre 2010

UE Medef 2010 : Pourquoi j’existe donc je suis ?

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C’est un grand classique des Universités d’Eté du Medef. Comme chaque année différents intervenants sont venus disserter sur cette société morcelée et rongée par tous les méfaits de l’individualisme et de l’égoïsme.

C’est une constante : l’homme a besoin de se faire du mal dans l’espoir que cela lui offres quelques motifs pour expier ses propres excès.

Une salle comble unie dans l’idée que rien n’est perdu s’est trouvé rapidement échaudée par les commentaires dressant un état des lieux au mieux alarmant, au pire désastreux, sur cette jeunesse sacrifiée et cette société que le sociologue Alain Touraine présente comme brisée et éclatée.

Quelques lueurs d’espoir pourtant en entendant Olivier Lajous, directeur du personnel de la Marine Nationale, nous dire qu’il faut avoir confiance dans cette jeunesse, qu’il faut lui donner l’envie de rêver, l’envie d’exister et de lui donner tous les moyens pour y parvenir.

Un soupçon de réalisme lorsque le Ministre de la Jeunesse, Marc-Philippe Daubresse, appelle à compléter les valeurs républicaines par celle du respect que les jeunes affectionnent. Un rictus de satisfaction en entendant Maria Nowak insister que cette société de vieux à été construite par des vieux et pour des vieux.

Comment ne pas aimer Sihen Habchi, présidente de Ni Putes Ni Soumises qui martèle que pour revenir à l’idée de Fraternité quelques libertés individuelles devront s’effacer. Comment ne pas vibrer aux propos de Christophe Barbier qui affirme qu’il n’y a pas de salut en dehors de la République !

Individualisme et égoïsme rongent probablement la société, mais ces termes impropres n’ont pas réussi à se conjuguer avec fatalisme. Le fatalisme c’est l’idée que tout est pour les autres et que rien ne nous appartient. Les jeunes avec leurs mots, avec leurs codes, ont compris que l’avenir leur appartenait.

Avoir confiance dans la jeunesse, c’est avoir confiance dans la République et dans la France. C’est donner à toutes et à tous la place qui lui appartient.

A la manière d’Ivan Illich : « A l'instar de l'idée voulant que l'État garantisse la recherche du bonheur, la quête moderne de la santé est le fruit d'un individualisme possessif ».

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07 mars 2007

Pourquoi j’apporte mon soutien à la lettre ouverte aux candidats à la Présidentielle, présentée par la Fondation des Orphelins d’Auteuil ?

La pré-campagne présidentielle sonne à l’heure où nous parlons, comme un constat vierge sur les attentes et les besoins des citoyens.

D’un côté comme de l’autre, c’est une bataille sur les chiffres ou sur les méthodes qui ne donne aucune image de ce que sera la France d’après le 6 mai 2007.

Les françaises et les français sont placés en position d’observateurs, devant leurs hommes politiques qui se contentent d’évoquer de pâles incantations.

On parle de constat tout en refusant de se confronter à la réalité du terrain. C’est une méthode bien connue, et c’est la même qui a conduit un certain Jean-Marie Le Pen à être présent au second tour de l’élection présidentielle de 2002.

De droite à gauche, on se refuse – presque par peur – a accepter l’idée que l’on a échoué. Donc étant entendu qu’il n’est pas question de laisser la place aux autres, on tourne en rond et on se regarde le nombril.

Aujourd’hui, la Fondation des Orphelins d’Auteuil lance une « lettre ouverte aux candidats à la Présidentielle  ». Nous sommes nombreux à en faire de même, sans recevoir de réponses à nos questions.

Le relais citoyen est essentiel, donc je vous invite à consulter cet appel utile, social et qui devrait inspirer celles et ceux qui ne se soucient pas que de leur personne. La Fondation des Enfants d'Auteuil se préoccupe de donner un avenir à des enfants et des jeunes exclus de la société par les difficultés de la vie. Sa mission est de leur permettre de devenir les citoyens de demain.

Une action à connaître et à soutenir :

 

medium_logo_fondation_auteuil.jpgLA LETTRE OUVERTE AUX CANDIDATS

Madame la candidate, Monsieur le candidat,

Si vous remportez l'élection présidentielle, que comptez-vous faire…

• vis-à-vis des jeunes en difficulté

- pour diminuer l'échec scolaire, éviter l'exclusion scolaire ?

- pour leur apporter une éducation et un enseignement adaptés ?

- pour valoriser la formation professionnelle, et notamment l'apprentissage ?

• vis-à-vis des familles

- pour intervenir dès la petite enfance ?

- pour les aider lors de situations de crise ?

- pour les soutenir dans leur rôle éducatif ?

Que comptez-vous faire pour répondre à la crise du lien familial et social ?

 

LA FONDATION DES ORPHELINS D’AUTEUIL, C’EST QUOI ?

Depuis 141 ans, la Fondation d'Auteuil accueille, éduque, forme, insère des jeunes en grande difficulté. La Fondation d'Auteuil permet à des jeunes en souffrance de devenir des hommes et des femmes « debout ». Nous leur offrons un cadre rassurant, des règles de vie structurées, une présence professionnelle, attentive et bienveillante.

Nous leur proposons d'acquérir savoir être et savoir-faire pour savoir devenir un citoyen à part entière.

Ces jeunes ont une mère, parfois un père et une mère ou une famille reconstituée, mais ils sont orphelins de la vie, orphelins de leur propre avenir :

• Ils souffrent de graves carences affectives, d'une absence de repères, de maltraitances, d’addictions, parfois de troubles du comportement.

• Ces garçons et ces filles, confiés par l'Aide sociale à l'enfance, par le juge des enfants ou par leur famille, sont de plus en plus jeunes -dès 2 ans…- et de plus en plus âgés -jusqu'à 27 ans. L'échelle et la diversité des détresses s'étendent considérablement.

• La partie visible et commune de leur mal être est l'échec scolaire, voire l'exclusion scolaire, sources de dérives.

• Les familles ne sont pas « démissionnaires » comme on l'entend trop souvent.

Elles ne savent tout simplement pas comment éduquer leurs enfants, car elles souffrent d'exclusion sociale et manquent elles-mêmes de repères, d'appui.

 

DES CHIFFRES ALARMANTS

160 000 jeunes sortent chaque année du système scolaire sans aucune qualification.

Quel avenir pour eux ?

• Le nombre des élèves “décrocheurs” augmente sans cesse.

Leur avenir s'appelle souvent délinquance...

• Plus de 2 millions d'enfants vivent en France sous le seuil de la pauvreté et 20 000 sont sans domicile fixe.

Comment leur parler d'avenir ?

11 000 enfants sont identifiés comme étant en danger (+ 20% en 8 ans). Près de 60% d’entre eux souffrent de carences éducatives.

Comment changer leur avenir ?

 

METTRE FIN AUX PREJUGES QUI RESTENT ANCRES

Les jeunes en difficulté n’auraient-ils aucune moralité ?

Après la violence des émeutes de banlieue, d'aucuns considèrent que seul un sérieux «coup de vis» règlerait le problème. Au contraire, nous vérifions quotidiennement que le premier besoin, vital, de ces jeunes en souffrance est de recevoir attention, amour -oui, nous osons le dire-, bienveillance et fermeté de la part de l'adulte. Qu'on leur fasse confiance.

Petit à petit, chacun découvre qu'il est une personne, digne de respect et capable de respecter l'autre.

Sont-ils définitivement incapables d’apprendre ?

Non ! Ils ont des aptitudes formidablescachées, enfouies en eux. Mais jusqu'alors, ils n'ont connu que l'échec, stigmatisé par des notes catastrophiques, des punitions, une exclusion... A 11, 13, 14 ans, il nous faut leur apprendre à s’exprimer, à lire, à compter. Classes relais, groupes de mise à niveau…

Des dispositifs adaptés sont indispensables. Il faut aussi leur donner du temps, parfois beaucoup de temps et compter davantage les succès que les erreurs. Ces succès leur redonnent confiance, les encouragent à poursuivre.

Comment les armer pour s’insérer dans la vie ?

Une fois ce «déclic» de la 1ère réussite apparu, un long cheminement d'apprentissage éducatif et professionnel commence.

Il permet aux jeunes d'acquérir une formation professionnelle, souvent validée par un diplôme, dans l'un de ces beaux métiers manuels, hélas, méprisés par la société, parfois par les parents et par les jeunes eux-mêmes.

Changeons le regard porté sur ces métiers, revalorisons l'apprentissage, réconcilions le monde du social et le monde de l'entreprise…

Tout cela est possible ! Il s'agit pour la société de leur donner raisons de vivre et perspectives, ce qui réclame une attention que le monde des adultes leur accorde rarement.

Les jeunes en difficulté sont-ils tous issus de familles socialement fragilisées ?

C’est le cas d’une majorité d’entre eux. Le quart-monde existe en France et la précarité se développe de façon inquiétante. Situation inédite, la population des ménages pauvres compte aujourd’hui une majorité d’actifs.

Comment des parents travaillant le soir ou tôt le matin à l’entretien de bureaux, peuvent-ils assurer le quotidien auprès de leurs enfants ? Comment une maman issue de l'immigration peut-elle suivre des cours d'alphabétisation, qui lui permettront de chercher un emploi, alors qu'elle ne sait à qui confier ses enfants en bas âge pendant quelques heures par semaine ?

Des crèches sociales, aux horaires très souples, dotées de services de soutien à la parentalité pourraient améliorer nombre de situations. De plus, nous constatons un autre phénomène : un nombre croissant de parents de milieux sociaux plus favorisés sont démunis face à leur responsabilité éducative. Ils ressentent le besoin d'une aide concrète pour pouvoir accompagner leurs enfants, eux aussi entraînés vers l’exclusion scolaire, certains vers des conduites addictives et vers la délinquance.

Aujourd'hui nos équipes, spécialement formées à l'écoute et à l'orientation de familles en souffrance, reçoivent des appels éperdus de parents qui «ne savent plus s'y prendre» avec leur enfant en danger. Là aussi, le développement de services d'aide à la parentalité seraient d'une grande utilité.

L’affaiblissement de la cellule familiale est-il une cause des grandes difficultés des jeunes ?

Nous recevons des enfants issus de toutes situations familiales, de toutes origines et de toutes cultures.

Nous observons que la crise de la famille est une cause directe du mal-être chez les jeunes. La fragilité des foyers monoparentaux, avec le plus souvent une maman seule et totalement dépassée, quelle que soit sa bonne volonté, devient très inquiétante.

Les lois récentes sur le mariage, le divorce, l’adoption tiennent compte des désirs des adultes mais oublient l’intérêt des enfants.

Les familles ont de plus en plus besoin d’écoute et d’aide éducative, avant que les situations ne deviennent graves.

La situation des jeunes en difficulté se détériore-t-elle vraiment ?

Quelques signes révèlent l'ampleur du phénomène :

• 160 000 jeunes quittent le système scolaire sans aucune qualification

• 6 % des garçons et filles de 17 ans sont considérés comme illettrés

• Près de 100 000 mineurs en risque ou en danger

• L'augmentation du nombre de délits commis par des mineurs, garçons et filles de plus en plus violents et de plus en plus jeunes

• Une croissance de 30 % des mineurs incarcérés de 2004 à 2005

• L'ampleur et la gravité des troubles du comportement qui touchent de plus en plus de jeunes, avec une réduction constante des places en pédopsychiatrie.

 

POURTANT, DES SOLUTIONS EXISTENT

1-Agir beaucoup plus tôt

De notre observation associée à notre expérience est née une conviction : la nécessité absolue d'intervenir plus tôt, et même très tôt, auprès des enfants et des familles en difficulté, avant que la situation ne devienne dangereuse pour tous. Deux dispositifs s'imposent comme des évidences :

• des services multi-accueil petite enfance (crèches sociales, haltesgarderies) -0 à 4 ans- qui prennent en charge les petits d'une façon souple et adaptée, mais également leurs parents. C'est un véritable accompagnement à la parentalité dont ils ont besoin. Il leur permettra de retrouver tout leur rôle et leur dignité.

• Des internats à vocation éducative et scolaire qui permettent d'assurer la continuité indispensable dans le suivi éducatif des jeunes en risque, avec la pleine participation de leur famille.

2- Affirmer une politique de soutien à la famille

Bien sûr, la meilleure des préventions et la garantie de l’épanouissement d'un enfant restent une famille solide, aimante et attentive.

La famille constitue le lieu naturel de la conception, la naissance, la croissance et l’éducation des enfants. Il est urgent de sortir du clivage entre droit des parents et droit de l’enfant. L’un et l’autre doivent être pris en considération, l’enfant demeurant le plus vulnérable.

Dans notre société, toutes les catégories de famille rencontrent des difficultés dans l’éducation de leurs enfants. C’est pourquoi nous proposons la mise en place d’un dispositif large et universel de soutien à la responsabilité parentale.

Les équipes éducatives le constatent au quotidien : une situation familiale détériorée aggrave le mal-être des enfants, voire le crée. Aider efficacement les familles et notamment les parents en difficulté dans l'accomplissement de leur mission éducative nous semble être un devoir politique.

3- Mieux utiliser les fonds consacrés à la jeunesse en difficulté

Un constat paradoxal : si l'ensemble des acteurs de la profession sont conscients des fonds conséquents consacrés à la politique de la ville, à la protection de la jeunesse, à la prévention de la délinquance, ils sont étonnés de constater combien, malgré ces investissements, la situation alarmante de la jeunesse en souffrance s'aggrave dans notre pays.

Il faudrait davantage, et en amont, impliquer les professionnels de terrain pour obtenir des résultats tangibles.

4- Favoriser un véritable suivi éducatif

Tous les acteurs du secteur le disent : il est indispensable qu'un jeune en risque ou en danger bénéficie d'une vraie continuité dans l'accompagnement, avec un éducateur référent. Partout, nous créons du lien entre les différents intervenants -enseignants, éducateurs, maîtresses de maison, psychologues pour qu'ils travaillent mieux ensemble au bénéfice des jeunes et de leur famille. Nous restons très attentifs aux conditions de travail des éducateurs qui exercent un métier exigeant.

Mais, dans le domaine éducatif, la rigidité du code du travail engendre des difficultés majeures, dont pâtissent les jeunes. L'importance de la relation personnelle s'accommode mal de ces contraintes, particulièrement dans une prise en charge 24h/24 et 365j/an.

5- Prolonger la prise en charge des mineurs étrangers isolés

Nous accueillons 200 mineurs étrangers isolés dans nos établissements, à la demande de l'Aide sociale à l'enfance.

Ils bénéficient d'une prise en charge financée en grande partie par les conseils généraux : bilan sanitaire, apprentissage du français, formation professionnelle.

Nous avons déposé un projet d'amendement à la réforme de la loi sur la protection de l'enfance afin que ces jeunes puissent terminer leur formation professionnelle, au-delà de leurs 18 ans. Ils déploient des efforts considérables -sans parler de ceux des enseignants et des éducateurs- pour ne pas « profiter » de la solidarité publique et s'insérer dans la vie, en France ou dans leur pays d'origine.

Comment faire respecter cet équilibre essentiel entre le respect de la loi, le sens de l'accueil, l'insertion professionnelle… et l'argent public investi ?

6- Initier des modes de prise en charge en pédopsychiatrie

De plus en plus souvent, à la demande de l'Aide sociale à l'enfance ou des juges des enfants, nous accueillons des adolescents -parfois des enfants- sujets à d'importants troubles du comportement.

Ils relèvent fréquemment de pathologies prononcées pour lesquelles nos équipes ne sont que partiellement formées.

Si, fidèles à notre mission, nous continuons de recevoir ces enfants, car « il n'y a pas d'autre solution ailleurs », nous mettons en danger jeunes et adultes dans nos établissements.

La réforme de la psychiatrie est un débat aussi ancien que complexe.

Il nous semble urgent de trouver des solutions nouvelles pour aider ces jeunes atteints de troubles graves, notamment par une prise en charge croisée avec la protection de l’enfance.

7- Favoriser l’innovation

La gravité des problèmes que doivent traiter les acteurs sociaux ne peut se contenter d'une reproduction des actions « habituelles » devenues souvent inopérantes. Liberté d'action et allocation de marges de manœuvre en termes d'innovation sociale deviennent indispensables.

Lors du vote de la réforme de la constitution par le parlement pour y inscrire la décentralisation, le débat sur le droit à l'expérimentation a ressurgi. Cette possibilité demeure aujourd'hui réservée aux seules collectivités locales, avec une quasidisqualification du secteur social.

Des pratiques innovantes dans ce secteur, essentielles pour l'avenir de notre société, pourraient facilement être partagées et déployées avec d'autres acteurs.

Visiter le site des Orphelins d’Auteuil et signer la pétition de soutien : cliquez-ici

30 novembre 2006

Pourquoi les discriminations ?

medium_affiche_vivre_ensemble.jpg Je vous invite à la lecture de cette information très intéressante sur le mal-être ressenti par les adolescents. Ils estiment à juste titre qu’ils sont plus souvent victimes d’insultes vexatoires que d’injustice sociale.

J’entends souvent parler d’éducation, de travail et de valeurs familiales de la part de nos élites politiques. Ces gens qui vivent hors des réalités des français d’en bas, oublient sans doute que les gens aspirent avant tout à vivre leurs différences dans un climat de respect réciproque.

Je suis favorable à un renforcement des sanctions pour un manquement d’éducation des parents vis-à-vis de leurs enfants, et à une Ecole qui porte des valeurs civiques et citoyennes au-delà du simple savoir.

Si nous voulons construire demain une société plus juste, plus égalitaire, il est indispensable que nous disposions d’un socle commun où chaque citoyen trouve sa place.

Si je suis aussi touché par cette enquête, c’est sans doute que je ressens aujourd’hui le poids des difficultés que j’ai cumulé – comme beaucoup d’autres – durant mon enfance : milieu modeste, obésité et….homosexualité.

Le seul moyen d’avancer, c’est d’accepter des différences et d’apprendre à nos enfants que pour être respecté, il faut savoir respecter les autres.

La souffrance morale est souvent plus dure à surmonter que la souffrance physique. Si le suicide reste l’une des première cause de mortalité des plus jeunes, c’est aussi parce qu’à un moment de leur existence, ils se sont sentis oubliés de cette société et de cette République.

Les enfants sont méchants entres-eux paraît-il, les adultes aussi…

Une prise de conscience générale est indispensable dès maintenant. Les mots tuent aussi….parfois.

 

Dans les sources de conflit relationnel, les jeunes mettent davantage l'accent sur les vexations, moqueries ou insultes, visant notamment leur apparence physique, que sur les injustices ou les droits qui leur sont refusés, selon l'étude d'un chercheur associé à l'Insee.

Les jeunes se sentent plus souvent victimes de "stigmatisations" que d'"injustices", précise Olivier Galland, chercheur au CNRS, dans son étude tirée d'une enquête de l'Insee "Histoires de vie". Les jeunes invoquent plus souvent des motifs liés à l'apparence que ceux ayant trait à leur situation économique et sociale.

"La construction d'un style où l'apparence physique et vestimentaire tient une grande place, est devenue une composante essentielle de l'identité de beaucoup d'adolescents", souligne l'étude, en précisant d'entrée de jeu qu'il ne s'agit pas de mesurer objectivement les discriminations subies, mais d'étudier les réponses à une série de questions sur les "relations avec les autres".

Les jeunes, spécialement entre 12 et 15 ans, font preuve d'une sensibilité particulière aux "moqueries" et aux "insultes", dont 65% de celles qui ont "eu des conséquences" ont été proférées à l'école.

Les faits plus graves, mais aussi plus rares, comme subir une injustice ou se voir refuser un droit, sont ressentis plus tard --dans la jeunesse plutôt que dans l'adolescence-- et ont beaucoup moins souvent (deux fois moins environ) l'école ou l'université pour cadre.

Les femmes de 18-30 ans se disent beaucoup plus victimes (40,2%) que les hommes du même âge (27,5%) de moqueries ou d'insultes. Les proportions tombent respectivement à 17,2% et 17,3% pour les plus de 30 ans.

Les premières causes de stigmatisation évoquées -corpulence ou taille, façon de s'habiller- sont surreprésentées chez les jeunes par rapport aux adultes. Corpulence ou taille ainsi que "look" sont ainsi cités par 23% des jeunes (9% d'adultes).

19% des filles se disent moquées pour leur physique contre 12% pour les garçons. Les normes physiques sont différentes, voire opposées, pour les garçons et les filles: ce sont les jeunes filles corpulentes qui se plaignent le plus de remarques sur leur physique tandis que, côté garçons, ce sont les petits et les maigres.

L'étude souligne aussi que les jeunes ayant subi "des moqueries ou des brimades relatives à leur apparence physique" vivent plus souvent seuls que les autres jeunes (18% sont dans ce cas, contre 13% de ceux qui déclarent avoir connu d'autres types de stigmatisations ou discriminations).

Par ailleurs, l'enquête confirme que les tensions identitaires liées à l'apparence vestimentaire sont plus aiguës parmi les jeunes ayant vécu en cité.

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