18 mai 2012
Pourquoi la République est-t-elle de retour ?

L’avions nous trop blessé au point qu’elle nous ait délaissée ? L’avions nous trop froissé au point qu’elle se soit envolée ? Nous voici rassurés, la République tant aimée est aujourd’hui retrouvée !
Beaucoup jugeront ces vers trop marqués. Je ne dis pas ici que nous avions succombé à une quelconque autocratie. Mais emphatique au possible, je persiste et je signe. On n’en fera jamais trop pour réaffirmer que la République est une idée aussi belle que généreuse. On n’en fera jamais trop pour rappeler que la République concède à tous les mêmes droits et les mêmes devoirs.
Je ne brise aucun tabou. Tout au long du quinquennat qui vient de s’achever, je n’ai jamais cessé de croire et jamais renoncé à défendre ma conception de cette République à laquelle je suis tant attaché. Nombre de mots prononcés, nombre de faits avérés m’ont fait un temps douter que la République de tous, la République pour tous, soit à jamais oubliée.

Lors de sa journée d’investiture, le nouveau Chef de l’Etat a ponctué ses discours de références qui m'apparaissent aussi simples qu'essentielles :
Au Palais de l’Elysée il a souligné son devoir de contribuer à faire vivre les français sans distinction autour des mêmes valeurs. Il a insisté sur une lecture non déviée de notre Constitution. Il a martelé la primauté de la jeunesse et en a appelé au nécessaire devoir d’exemplarité dans la conduite des affaires de l'Etat.
Au jardin des Tuileries, un brin décrié, il n’a pas vacillé, il n'a pas renoncé en venant rendre hommage au Jules Ferry initiateur de l’Ecole de la République. L’Ecole laïque, obligatoire et gratuite. L’Ecole de tous les savoirs et lieu de la véritable égalité. Il a mis fin à une incohérence passée qui voulait que l’enseignement d’un maître soit relégué derrière celui d’un prêtre ou d’un pasteur, en réaffirmant que « si le savoir n'est pas le monopole du maître, celui-ci garde la responsabilité d'en ordonner le sens ».
Sur ce même élan un jour sans doute, nous serons amenés à rendre un hommage identique à Jean Zay qui en sa qualité de Ministre de l'Education Nationale, entendait utiliser l'Ecole comme base d'expression du civisme et de toutes les intelligences citoyennes.
Ne faisons pas de procès en mauvais républicanisme. Liberté est donnée à chacun d'en interpréter le sens souhaité. Il convient toutefois de revenir aux fondamentaux, à nos fondamentaux, véritables ferments de notre identité nationale et de replacer les curseurs au bon endroit. La République française n'est pas n'importe quelle forme de République. Elle est une, indivisible, laïque et humaniste.
La République n’était pas partie fâchée. Elle s’était juste éclipsée quelques temps. Ce temps est révolu, la République authentique est de retour !
A la manière de Victor Hugo : « la République affirme le droit et impose le devoir ».
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25 avril 2012
"Mes années Sarkozy" épisode 1 : le péché d'impureté
20 décembre 2007
"Laïcité tu ne piétineras pas" !
Nicolas Sarkozy est fait Chanoine de St-Jean de Latran à Rome et vante la supériorité de l’enseignement du curé sur celui du professeur de l’école républicaine.
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20 avril 2012
Pourquoi mon choix pour la France ?

Moment privilégié de la vie démocratique de notre pays, l'élection présidentielle est le rendez-vous des français avec leur propre Histoire. Lorsque l'on souhaite ménager ses amitiés ou son propre avenir professionnel, il n'est jamais bon de trop se livrer. Pourtant, il ne faut jamais manquer une occasion de donner son opinion et de confier sa propre part de vérité, dans le respect des convictions et des choix de chacun.
Clairement démocrate, profondément républicain, c'est en toute conscience et en toute liberté que je me risque pourtant, aujourd'hui, à exprimer et à expliquer mon choix pour la France.
Lors de l'élection présidentielle de 2007, et encore traumatisé par le rendez-vous manqué de 2002, je n'ai pas aimé la désignation et la campagne de Ségolène Royal. Désignée par des militants PS bien plus aveuglés par la folie sondagière que par la réalité des aspirations souhaitées par les français, j'ai voté François Bayrou au premier tour et, contre Nicolas Sarkozy au second. Ce dernier fut porté logiquement à la présidence par un Peuple hésitant et un Parti Socialiste mauvais joueur envers sa candidate.
Si je confesse avoir été un Sarko-indifférent assumé en début de quinquennat, c'est en décembre 2009 lors du référendum suisse contre la construction de minarets et la tribune honteuse du président de la République dans le journal Le Monde, que je suis devenu un Anti-Sarkozyste pleinement affirmé. Les débats orientés, la stigmatisation permanente des populations, la différenciation sociale et la multitude des propos déplacés tout au long du quinquennat, m'ont confirmé dans la conviction que je ne veux plus vivre dans une France et une République dirigées par un Nicolas Sarkozy qui, à mon sens, n'a eu de cesse de déprécier la fonction présidentielle.
Le président, Chef de l’État, se doit de prendre de la hauteur et ne pas confondre ses intérêts personnels -privés ou politiques- avec les intérêts supérieurs de notre pays. Cinq ans ont suffit à Nicolas Sarkozy et sa majorité parlementaire, pour affaiblir les repères d'une société déjà en proie au doute. Cinq longues années à fouler du pied les bons usages républicains, à faire des croches pattes répétés au principe de Laïcité garante d'égalité, à mélanger les genres et à utiliser le Palais de l’Élysée comme une annexe exclusive de l'UMP. Cette méthode toute particulière de la conduite des affaires de l’État, demeure incompatible avec ma vision d'une République affirmée et d'une France qui s'adresse sans exception, à tous les français.
Sans m'abaisser à user de termes inconvenants, je souhaite que notre Peuple, fort de sa sagesse et de l'expérience passée, partage avec moi l'analyse qu'il est devenu impossible de reconduire dans ses fonctions un président Nicolas Sarkozy qui n'a respecté ni ses engagements envers les français, ni son devoir moral envers la Nation.
L'élection présidentielle de 2012 s'est déroulé dans un climat bien particulier très éloigné de l'image de la Vème République telle que l'avait pensée Charles De Gaulle. Habitués jusque là aux débats portants sur des sujets institutionnels et des visions affirmées sur le devenir de la France, les français ont du se contenter de petites phrases et de grandes postures morales. Les grands desseins de la Nation attendront.
Dans mes votes « présidentiels » précédents, j'ai toujours veillé à apporter ma voix au premier tour à mon candidat de cœur. La femme ou l'homme capable de développer un véritable projet de société, représentatif d'une République de droits et devoirs égaux pour tous. Au regard des évolutions de cette même société dans la période qui s'achève, je suis contraint de reconnaître que l'aspect programmatique ne déterminera pas mon vote de 2012.
Je n'ai pas aimé vivre dans la France de Nicolas Sarkozy. Le français que je suis, attaché aux principes de liberté, d'égalité et de fraternité, a souffert et s'est senti humilié de trop nombreuses fois de voir la République sacrifiée au nom des intérêts personnels d'une minorité.
Ainsi, mon choix aurait du se porter presque naturellement vers François Bayrou. Celui qui à mon sens a été le plus précis dans les propositions qu'il a déclinées. Mais le cru Bayrou 2012 n'a pas la même saveur de celui de 2007. Les enjeux sont différents et une France qui a subi en cinq ans une telle révolution de pensée, ne peut se payer le luxe de s'offrir le ni-à droite, ni à gauche, prôné par le centriste. Notre pays s'est trop égaré et de nouvelles lignes plus précises doivent être définies.
Je ne suis pas un électeur socialiste de premier tour. Bien qu'ayant milité à Puteaux, dans des circonstances très particulières, j'ai toujours veillé à ne pas laisser une hégémonie trop importante au PS à gauche. Souvent, j'ai voté pour les écologistes au premier tour lors de différents scrutins. La primaire des Verts, le trust électoral, l'amateurisme des militants et la campagne affligeante d’Éva Joly m'ont fait définitivement renoncer à cette option sans valeur et sans effet pour le devenir du pays. Je marque ici ma rupture avec l'écologie politique.
Dans une France en crise, dans une société où les bases s'effritent j'ai, comme nombre de français, eu envie de tout changer et faire table rase du passé. La promesse d'une VIème République attendue et d'un discours simple et populiste m'ont naturellement porté à jeter un regard attentif sur Jean-Luc Mélenchon. Attiré par sa gouaille, sa diatribe naturelle et les prouesses de ce tribun de talent, il s'en est fallu de peu pour que je lui accorde mon vote. Il restera mon candidat de cœur dans cette élection présidentielle. Le meilleur de tous.
Cette élection présidentielle a la particularité de répondre à une question par une autre question. Loin de moi l'idée d'occulter le devenir de la France au-delà des cinq prochaines années. Mais, à mes yeux, l'essentiel est ailleurs aujourd'hui. Le véritable enjeu est de réconcilier les français avec eux-mêmes.
J'ai perdu nombre de mes illusions. Ma vision utopique s'est fanée. Je ne crois plus aux lendemains meilleurs. Je ne crois plus aux vaines promesses faites et rarement tenues. Je ne crois plus dans la parole de dirigeants intrigués et intrigants.

En revanche, je crois dans les valeurs qui nous rassemblent. Je crois en une société juste, mixte et fière de sa diversité. Je crois dans une République qui protège et respecte ses enfants, tous ses enfants. Je crois dans la grandeur de la France. Une France qui relève la tête et qui porte haut les principes qui ont toujours fait sa gloire.
A ce titre, je suis certain que Nicolas Sarkozy ne doit pas être réélu. Je suis convaincu que la France a besoin d'un grand bol d'air frais, d'un grand moment d'alternance.
Je ne veux rien avoir à regretter, le 22 avril et le 6 mai : je vote pour François Hollande !
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01 février 2012
Pourquoi le délicat sujet de la Laïcité ?

Lors de son meeting réussi au Bourget, François Hollande a lancé un pavé dans la mare en annonçant que, s’il était élu président de la République le 6 mai prochain, il ferait inscrire la Loi de séparation des Eglises et de l’Etat dans la Constitution.
Cette annonce surprenante n’a pas manqué de faire réagir dans le camp adverse, arguant que le candidat socialiste se lançait dans une réforme de l’inutile puisqu’il y est déjà fait mention dans l’article Ier de notre Constitution. L’avis d’une réforme de l’inutile est également partagé par l’auteur du blog ami et de référence Itsgoodtobeback, qui craint à mi-mot : au mieux un simple effet d’annonce et, au pire, un jeu politique trouble mais risqué.
Ledit bloggeur prête même à François Hollande et à ses conseillers, une manière habile de se défaire du problème épineux de la communauté musulmane de France qui réclame à corps perdus une aide à la construction de nouveaux lieux de culte. Il souligne par ailleurs, qu’une telle réforme constitutionnelle s’avérerait inapplicable dans certaines collectivités d’Outre-Mer ou pourrait conduire à une remise en question du Concordat d’Alsace-Moselle. A un point tel que notre blog très gai s’interroge sur les non-dits de l’équipe de François Hollande qui aurait en arrière pensée une éventuelle réforme du statut des collectivités territoriales. Si rien n’est précisé pour l’Outre-Mer, la 47ème proposition du candidat socialiste annonce que le régime d’Alsace-Moselle ne sera pas remis en question.
C’est justement cette précision qui fait réagir à gauche, puisque les gardiens de l’orthodoxie laïque (NDRL : les radicaux de gauche), pourtant soutiens de François Hollande, prétendent au contraire qu’une telle mesure renforcerait et validerait définitevement le traité concordataire qu’ils n’ont jamais cessé de contester.

La Laïcité, trésor de la République, continue de faire parler d’elle près de 110 ans après son adoption !
Voilà bien un sujet qui place notre personnel politique face à ses propres responsabilités. Notamment, celle de la cohérence avec le projet de société que l’on propose à la France et également, la responsabilité d’affirmer avec courage sa conviction la plus profonde.
Le fameux clivage droite / gauche que beaucoup estime désuet, retrouve ici sa plus belle expression. La loi sur la Laïcité et tout ce qu’elle implique dans la vie quotidienne des français, mérite un vrai débat, un grand débat ! L’élection présidentielle, instant précieux ou le Peuple dessine les contours de l’avenir de notre pays, est le meilleur moment pour chaque candidat, de réaffirmer sa vision personnelle de la Laïcité.
Sur ce point, si je partage les interrogations du blog ami Itsgoodtobeback -que je sais viscéralement attaché aux spécificités en vigueur dans notre France ultramarine- je rejoins tout autant la position défendue par les ultra-orthodoxes de la Laïcité qui ne comprennent pas le choix tangent de leur candidat. La position doit être claire et sans ambiguité.
D’une part, considérer le caractère particulier des départements et territoires d’Outre-Mer (d’ailleurs explicitement reconnu dans la Constitution), c’est reconnaitre avant tout la richesse et la diversité qu’ils apportent à la République et à la France. Si les citoyens de ces bouts de France disposent d’une parfaite égalité vis-à-vis de leurs compatriotes de métropole, leurs traditions et leurs coutumes ne doivent en aucun cas être sous-estimées ou reniées. A ce titre, leur statut actuel demeure de fait intouchable. Il doit être assumé, assuré et protégé.
D’autre part, le droit local et social dont bénéficient les habitants d’Alsace-Moselle parait difficilement attaquable (NDRL : le régime de sécurité sociale), il peut-être mise en parallèle au droit coutumier existant ailleurs ; une réforme de fond se révélerait extrêmement couteuse tant pour l’Etat que pour les français concernés. En revanche, comment trouver encore une justification au régime concordataire qui reconnaît et organise les cultes religieux : catholique, luthérien, réformé et israëlite (Islam exclue), au seul motif d’un héritage passé ou d’une Histoire qui n’a plus aucune réalité à ce jour.
Dans la volonté affichée de François Hollande de réaffirmer l’ancrage laïc de notre République -volonté pleinement partagée- j’aurais souhaité qu’une distinction soit faite entre le respect des spécificités locales et tout ce qui touche, de près ou de loin, la sphère religieuse qui doit être reconnue et protégée certes, mais tenue éloignée de l’organisation publique.
Je suis partisan d’une République « une et indivisible » et non, d’une République « adaptée ». Pour y parvenir, celle-ci doit faire appliquer son principe en tout du point du territoire. Le temps est venu de tourner la page.
A la manière d’André Gide : « La bonne foi est une vertu essentiellement laïque, que remplace la foi tout court. »
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04 mai 2011
Pourquoi prison et religion ne font pas bon ménage ?

La montée du Front National de ces derniers mois, le débat mort-né sur la Laïcité mené par l’UMP et la multiplication des propos de quelques responsables politiques, n’avaient pas manqués de faire réagir l’opinion publique en jetant l’Islam en France en pâture à une opinion publique française en proie aux craintes et aux doutes.
Si les choses semblent s’être tassées ces dernières semaines par une actualité internationale riche en rebondissements, certaines informations sont restées méconnues du grand public alors qu’elles auraient probablement apportées quelques explications contradictoires quant au respect du principe de Laïcité dans notre pays.
Alors que son maintien était en pleine discussion lors du débat parlementaire sur la création du poste de Défenseur des Droits, le Contrôleur Général des Prisons, Jean-Marie Delarue, a fait paraître le 24 avril dernier un avis sur l’exercice des cultes dans les lieux de privation de liberté. Cet avis, dont il est difficile de dire s’il sonne comme une pure coïncidence ou une véritable tentative de défendre son indépendance, clou une nouvelle la France et son Administration Pénitentiaire au pilori en dressant un constat peu flatteur de la liberté religieuse derrière les barreaux.
Prenant appui sur l’article 1er de la Constitution en introduction de son propos, cet avis rappelle que la liberté de conscience, la liberté de croire ou de ne pas croire ainsi que la pratique d’un culte demeurent des acquis fondamentaux pour tous les citoyens présents sur notre sol, qu’ils soient français ou étranger. Bien que privés de liberté de mouvement, les détenus prisonniers ou administratifs ne font pas exception à cette règle et que les lieux de privation de liberté doivent faire appliquer ce principe reconnu par les lois de la République. L’Etat doit donc prendre à sa charge les dépenses nécessaires pour la bonne exécution de ces pratiques tout en prenant en compte les dispositions relatives à un possible trouble à l’ordre public.
L’avis du Contrôleur Général des Prisons précise à l’Administration Pénitentiaire des données pour la bonne mise en pratique dans ses établissements. Ainsi, il indique les modalités de sélection et de recrutement des aumôniers (quelque soit leur confession), diverses instructions relatives à l’identification des objets de culte (livres sacrés, médaillons, reliques…) et des recommandations visant à rappeler que ce n’est pas au personnel ou à l’Administration Pénitentiaire de juger ou non de la bonne validité d’un culte par rapport à un autre.
Jean-Marie Delarue ne s’en tient pas là. Il pointe du doigt de nombreuses disparités entre les différentes religions et qui portent atteinte au respect de la pratique des cultes. Si certaines règles de sécurité doivent être observées dans les prisons (manipulation de certains objets à caractère religieux) et si tous les rites ne peuvent être accomplis de la même manière qu’à l’extérieur, l’équité n’est pas de mise et l’Islam est une nouvelle fois présentée comme minorée. Au même titre que ce qui doit être pratiqué dans les cantines scolaires, la question de la variété et de la diversité des consommables proposés aux menux (ou cantinés par les détenus) ne peut être occultée.
Ce rapport entend également prévenir les propos ou les comportements vexatoires des personnels pénitenciers à l’attention des détenus souhaitant pratiquer leur culte en toute simplicité à défaut de pouvoir le pratiquer en toute liberté.
L’objectivité et l’indépendance de Jean-Marie Delarue dans les recommandations qu’il prodigue doivent être saluées. En revanche, chacun est en droit de s’étonner que les pouvoirs publics n’aient pas jugé nécessaire d’engager une concertation et un travail sérieux visant à rendre à la France des motifs valorisant sur les conditions de détention qu’elle impose aux femmes et aux hommes qu’elle prive de liberté.
Consulter le rapport d’activité 2010 du Contrôleur Général des Prisons.
A la manière de Jacques Chirac : « L’Etat républicain, c’est aussi la Laïcité ».
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30 mars 2011
Pourquoi l’union des religions de France pour la Laïcité ?
Les six plus grandes instances représentatives des cultes pratiqués en France signent aujourd’hui une tribune commune contre la volonté de l’UMP de lancer un débat sur une refonte de la loi sur la Laïcité.
Elles appellent à préserver ce qui constitue le socle des valeurs républicaines en refusant toute stigmatisation inutile à un an d’une élection présidentielle.
Le laïc convaincu que je suis ne boude pas son plaisir de publier cette tribune unanime et historique.

La Conférence des Responsables de Culte en France a été créée le 23 novembre dernier et elle regroupe six instances responsables du Bouddhisme, des Églises chrétiennes (Catholique, Orthodoxe, Protestante), de l’Islam et du Judaïsme. Cette initiative est justifiée par la volonté d’approfondir notre connaissance mutuelle, par le sentiment de contribuer ensemble à la cohésion de notre société dans le respect des autres courants de pensée, et par la reconnaissance de la laïcité comme faisant partie du bien commun de notre société.
La laïcité est un des piliers de notre pacte républicain, un des supports de notre démocratie, un des fondements de notre vouloir vivre ensemble. Veillons à ne pas dilapider ce précieux acquis. Il nous parait capital, pendant cette période pré-électorale, de bien garder sereinement le cap en évitant amalgames et risques de stigmatisation.
Nous signons ensemble cette tribune sans aucun esprit polémique ou partisan. Une parole commune nous semble néanmoins nécessaire. Notre cohésion au sein de la Conférence que nous avons fondée, est significative dans notre société française. Elle a été rendue possible grâce notamment au climat de coopération instauré entre les religions, que la "laïcité à la française" et ses évolutions depuis plus d'un siècle ont permis.
Mais cette cohésion ne signifie pas pour autant uniformité ! Elle ne nous engage nullement en faveur d'un quelconque amalgame syncrétiste ou d’un nivellement de nos positions individuelles et celles des cultes que nous représentons. Nous travaillons ensemble dans la confiance, en intégrant nos histoires et identités respectives. Nous continuons à avoir des approches différenciées sur telle ou telle question, sans pour autant faire de nos différences des facteurs d'opposition. Nous sommes déterminés à réfléchir et à œuvrer ensemble sur la durée, en relation avec les autorités et les forces vives de notre pays, afin que le facteur religieux y soit un élément de paix et de progrès.
L'accélération des agendas politiques risque, à la veille de rendez-vous électoraux importants pour l’avenir de notre pays, de brouiller cette perspective et de susciter des confusions qui ne peuvent qu'être préjudiciables. Nous en sommes conscients. Cela ne doit pas nous dissuader pour autant de rappeler l'essentiel quand il le faut. Nous restons très attentifs aux évolutions profondes de notre société, notamment celles qui concernent les religions, dans le respect du cadre de la République. Ces évolutions appellent parfois des adaptations voire des améliorations du cadre juridique et règlementaire de l’expression et de la vie des cultes en France. Nous ne manquerons pas d’être une force positive de propositions dans ce sens.
Faut-il dans le contexte actuel un débat sur la laïcité ? Le débat est toujours signe de santé et de vitalité. Le dialogue est toujours une nécessité. Il a un rôle majeur dans une société libre, démocratique et respectueuse de la personne humaine. Mais un parti politique, fût-il majoritaire, est-il la bonne instance pour le conduire seul ? Ce ne sont ni les débats, ni les travaux qui manquent dans ce domaine ! La Loi 1905 est déjà plus que centenaire. Elle a permis d’apporter depuis lors des solutions à des questions nées de nouvelles situations et des évolutions de notre société dans un monde de plus en plus rapide. Tous les cultes adhèrent sans réserve à ses principes fondamentaux tels qu’ils s’expriment en particulier dans ses deux premiers articles. Mais les modalités d’application de ces principes restent toujours perfectibles.
Faut-il recenser tous les colloques et autres séminaires qui ont abordé en long et en large la question de la laïcité et de ses applications dans notre pays depuis des années? Faut-il rappeler, dans la période récente, les travaux étendus et exhaustifs de la Commission présidée par le Professeur Jean Pierre MACHELON qui ont donné lieu à un rapport sur les « relations des cultes avec les pouvoirs publics » remis au ministre de l’intérieur le 20 septembre 2006 ? Ce rapport avait abordé d’une manière approfondie les différents aspects liés à l’exercice du culte en France dont celui du « support institutionnel » de son exercice dans notre pays. Faut-il rappeler de même les travaux du « Groupe juridique inter-cultes » qui travaille depuis 2007, dans le prolongement des recommandations du Groupe MACHELON, au sein du Ministère de l’intérieur, et où siègent des représentants des principaux cultes ? Ce groupe a bien fonctionné et a permis la publication de plusieurs circulaires dont la dernière, du 23 juin 2010, conjointe aux Ministères de l’intérieur et des finances, aborde d’une manière détaillée à l’attention des préfets, des directeurs départementaux des finances publiques et des trésoriers payeurs généraux, les différents aspects liés au « support institutionnel de l’exercice du culte en France » ? Faut-il rappeler aussi la production intellectuelle abondante d’articles et d’écrits divers, ainsi que les nombreux ouvrages qui paraissent sur l’histoire, les fondements, la pratique et les perspectives de la laïcité en France ? La liste en sera longue. Elle illustre parfaitement toute la richesse et la profondeur de notre expérience française de la laïcité. Nous y reviendrons lors de la rencontre publique que nous comptons organiser en octobre prochain.
Secouée par des crises à répétition, politique, économique, financière et morale, la période actuelle manque de lisibilité mais sans doute pas d’espérance ! Le devoir de ceux qui sont « en responsabilité » consiste à éclairer le chemin et à élaborer des solutions conformes au bien de tous. N'ajoutons pas de la confusion dans la période trouble que nous traversons. Nous militons ensemble pour une laïcité de bonne intelligence.
La laïcité n’est pas séparable des valeurs fondamentales que nous partageons, en particulier de la dignité et du respect de la personne humaine et de sa liberté inaliénable. Ces valeurs qui ne peuvent s’épanouir que dans la confiance mutuelle source de paix pour notre société.»
SIGNATAIRES :
Cardinal André VINGT-TROIS, président de la Conférence des Évêques de France
Avec Mgr Laurent ULRICH, vice-président de la Conférence des Évêques de France
Pasteur Claude BATY, président de la Fédération protestante de France
Avec le pasteur Laurent SCHLUMBERGER, membre du Conseil de la Fédération protestante de France, président du Conseil national de l’Église réformée de France
Métropolite EMMANUEL, président de l’Assemblée des Évêques orthodoxes de France
Avec le Métropolite Joseph, secrétaire de l’Assemblée des Evêques orthodoxes de France
Et Mr. Carol SABA, porte-parole de l’Assemblée des Évêques orthodoxes de France
Grand Rabbin Gilles BERNHEIM, Grand Rabbin de France
Avec le rabbin Moshé LEWIN, porte-parole du Grand Rabbin de France
M. Mohammed MOUSSAOUI, président du Conseil français du culte musulman
Avec M. Anouar KBIBECH, secrétaire général du Conseil français du culte musulman
Révérend Olivier WANG-GENH, président de l’Union bouddhiste de France
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23 juin 2009
Pourquoi la Burka relance le débat de la laïcité ?
Lors de l'intervention de Nicolas Sarkozy devant les Parlementaires réunis en Congrès à Versailles, l'un des sujets les plus attendu était la prise de position du Chef de l'Etat sur le port de la Burka (ou Niquab) par certaines femmes musulmanes.
Extrait de cette intervention sur le sujet :
"Où en sommes-nous avec la laïcité ?
Je ne réemploierai pas le terme de laïcité positive pour ne pas alimenter une polémique inutile. Mais je reste ferme sur l'idée que la laïcité ce n'est pas le refus de toutes les religions, ce n'est pas le rejet du sentiment religieux. C'est un principe de neutralité et un principe de respect. La laïcité c'est le respect pour toutes les opinions et pour toutes les croyances. Quand Jules Ferry a écrit aux instituteurs, il leur a dit :
« Au moment de proposer aux élèves un précepte, une maxime quelconque, demandez-vous s'il se trouve à votre connaissance un seul honnête homme qui puisse être froissé de ce que vous allez dire. Demandez-vous si un père de famille, je dis un seul, présent à votre classe et vous écoutant, pourrait de bonne foi refuser son assentiment à ce qu'il nous entendrait dire. Si oui, abstenez-vous de le dire. »
Qui peut oublier que la séparation de l'Eglise et de l'Etat s'est faite dans la douleur ? Mais sommes nous obligés de continuer cette guerre qui n'a plus lieu d'être ? Nous ne sommes pas menacés par le cléricalisme. Nous le sommes davantage par une forme d'intolérance qui stigmatise toute appartenance religieuse. Je le dis en pensant en particulier aux Français de confession musulmane. Nous ne devons pas nous tromper de combat. Dans la République la religion musulmane doit être autant respectée que les autres religions.
Le problème de la burka n'est pas un problème religieux. C'est un problème de liberté et de dignité de la femme. Ce n'est pas un signe religieux, c'est un signe d'asservissement, c'est un signe d'abaissement.
Je veux le dire solennellement, la burka n'est pas la bienvenue en France. Nous ne pouvons pas accepter dans notre pays des femmes prisonnières derrière un grillage, coupées de toute vie sociale, privées de toute identité. Ce n'est pas l'idée que nous nous faisons de la dignité de la femme. Le Parlement a souhaité se saisir de cette question. C'est la meilleure façon de procéder. Il faut qu'il y ait un débat et que tous les points de vue s'expriment. Où ailleurs qu'au parlement pourrait-il mieux s'exprimer ? Mais je vous le dis, nous ne devons pas avoir honte de nos valeurs. Nous ne devons pas avoir peur de les défendre."
Nous sommes ici à la frontière de ce que l'Etat doit faire et de ce que l'Etat peut faire. Nous sommes ici à la frontière de ce qu'est la République en France et ce que doit être la République en France. Nous sommes ici à la frontière de que la liberté des uns ne se fasse pas au détriment de celle des autres.
Certains ont marqué leur soutien de Nicolas Sarkozy à travers sa phrase « Je veux le dire solennellement, la burka n'est pas la bienvenue en France ». D'autres, comme moi, se demande si Nicolas Sarkozy peut affirmer une telle chose au nom de la France, au nom du Peuple qu'il incarne par leur mandat qui lui a été donné.
Qui sommes nous pour juger que le port de ce voile intégral qui ne laisse entrevoir que les yeux est inacceptable ? Qui sommes nous pour juger que le port de ce même voile n'est pas un juste reflet de la liberté ou de la volonté de ces femmes de se préserver du regard des hommes ?
La burka dérange et heurte les consciences d'une société bien perturbée. Elle dérange car elle est visible et qu'elle renvoi une image négative de la femme. Une image d'épouse soumise et acquise aux décisions de son mari.
Les musulmans de France reconnaissent eux-mêmes que les femmes portant la Burka ne représentent qu'une poignée de fidèles. Un chiffre de 2.000 est annoncé aujourd'hui. La communauté musulmane s'interroge et est elle-même très partagée sur la question. Certains estiment que cela donne une fausse image de la pratique de l'Islam, d'autres brandissent la volonté de jeter une nouvelle fois l'opprobre sur leur communauté.
L'association Ni Pute Ni Soumise soutien avec force l'idée d'un grand débat national sur la question en rappelant que depuis sa création son combat se concentre sur la dégradation de la condition féminine et la montée de l'obscurantisme dans les quartiers populaires. Elle estime que les femmes portant la Burqa sont des prisonnières à ciel ouvert.
Mais dans cette société bien d'autres choses sont dérangeantes et bien visibles. Sur ces points là, nous sommes nombreux à trouver que l'Etat n'assume pas ses devoirs et qu'elle laisse aux autres le soin de gommer ses propres erreurs.
Le débat devra être mené. Dans une République qui affirme sa volonté de faire appliquer les principes de la liberté et de l'égalité pour tous, aucun débat ne peut-être tabou. Faut-il en passer obligatoirement par une loi pour interdire le port de la Burqa, et ainsi repousser ce problème derrière les murs des maisons et des appartements ? Ou faut-il au contraire souhaiter que la question se règle sous l'égide du Conseil Français du Culte Musulman et ainsi, laisser la communauté musulmane gérer seule ce point délicat ?
Un sujet extrêmement sensible et complexe qui place tous les citoyens face à un devoir de conscience. Pour ma part, je ne peux que souhaiter que de la retenue et de la prudence.
Ce débat là en appelle un autre qui n'a à ce jour jamais été tranché : est-on certain que la société française porte un regard égal sur toutes les pratiques religieuses ? Si le judaïsme bénéficie d'une omerta convenue due égard aux persécutions vécues durant la seconde guerre mondiale, l'Islam elle a toujours posé un problème en France car jamais acceptée dans les faits et si souvent stigmatisée.
Le jour où Nicolas Sarkozy s'est rendu au Vatican pour recevoir le titre de Chanoine d'honneur de Saint-Jean-De-Latran dévolu au Chef de l'Etat français, et qu'il a prononcé un discours bien anti-républicain à mon goût, je ne suis pas certain qu'il ai envoyé un signal positif sur ce que doit être une République laïque affirmée qui laisse la religion là où elle doit demeurer : dans la sphère privée.
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26 mai 2009
Pourquoi Nicolas Sarkozy met en péril notre République laïque ?

La campagne des élections européennes est d'un tel niveau élevé que les medias omettent (volontairement ?) de relever le véritable travail de sape qu'opère le Chef de l'Etat en direction de certains principes fondamentaux, et notamment envers celui de la laïcité.
Une information d'importance est passée totalement inaperçue alors qu'elle porte atteinte à la loi de 1905 qui a officialisé le principe intangible de séparation de l'Eglise et de l'Etat.
Le décret N°2009-427 paru au Journal Officiel du 16 avril 2009 nous informe que Bernard Kouchner, Ministre des Affaires Etrangères, a signé au nom de la République Française un accord bilatéral avec le Saint-Siège qui reconnait les grades et diplômes dans l'Enseignement Supérieur.
Ce décret a été signé à Paris le 18 décembre 2008 -en toute discrétion- sous couvert de la mise en conformité avec le processus de Bologne (Italie) qui vise une cohérence européenne des systèmes universitaires nationaux auquel l'Etat de la Cité du Vatican est partie prenante.
La laïcité mise en cause ? Oui, car cette signature remet en cause les dispositions de la loi du 18 mars 1880 qui laisse aux seules Universités d'Etat la possibilité de reconnaitre et de faire reconnaitre au plan international, les diplômes et autres grades qu'elles délivrent.
Les établissements d'enseignement privés catholique sont régis par l'article L 731 du Code de l'Education. Les diplômes qui y sont délivrés sont reconnus par l'Etat sur des motifs strictement encadrés. La signature de ce décret y contrevient puisqu'il permettra demain la reconnaissance de matières enseignées dans ces seules « Universités Catholiques » valorisant ainsi des disciplines comme la théologie Catholique.
De plus, la majorité UMP ayant autorisé le Gouvernement à légiférer par décrets, cette signature n'était donc pas obligatoirement soumise à un vote du Parlement. Si cet accord entre la République Française et le Saint-Siège n'a pas soulevé de contestation de la part de nos Députés, il a en revanche attisé les foudres des Sénateurs PS et RDSE qui ont choisi de porter l'affaire devant le Conseil d'Etat.
Ce nouvel épisode révèle à toutes celles et tous ceux qui en doutent encore que Nicolas Sarkozy a volontairement choisi depuis 2007 d'opter pour une dangereuse posture qui vise à saper en catimini certains fondements de notre République.
Il est vrai que le 20 décembre 2007, 6 mois à peine après son élection, le Chef de l'Etat auréolé de son nouveau titre de « Chanoine de Saint-Jean de Latran » avait violemment attaqué la loi sur la Laïcité en n'hésitant pas à juger que les enseignements d'un curé étaient supérieurs qu'à ceux d'un instituteur et avait « regretté » que la République ne reconnaisse pas les diplômes délivrés par les écoles catholiques.

Dans l'un de ses derniers meetings de la campagne présidentielle de 2007, le candidat Nicolas Sarkozy avait débuté son discours par un vibrant « je crois en Dieu ». Cette envolée lyrique très assassine avait confirmé mes craintes -si j'en avais eu- que ce monsieur là ferait un bien étrange président d'une France comme je l'aime. Avec ce décret, le pas est définitivement franchi !
Rien que pour cette raison, la participation à ce Gouvernement d'hommes de gauche tels que Bernard Kouchner ou Jean-Marie Bockel, me laisse songeur à plus d'un titre !
En cette période de crise où chacun descend dans la rue pour exprimer ses peurs et ses hantises, beaucoup seraient bien inspirés de jeter un regard inquiet sur le sort que le Chef de l'Etat réserve à la France. Si ce dernier entend passer d'une République Laïque à une République Catholique, personne ne doit en douter, je serai le premier à descendre dans la rue pour défendre mon attachement au fait que la religion doit rester à la place qui est la sienne : la sphère purement et définitivement privée !
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16 septembre 2008
Pourquoi la laïcité refait parler d’elle ?

« Ne te demande pas ce que la France peut faire pour toi ! Demandes toi ce que tu peux faire pour la France ! » Telle est ma devise empruntée à JFK et réadaptée à la réalité locale. C’est cette même devise qui m’a permis de me construire et de guider mes choix dans une vie aux chemins parfois tortueux.
Au moment où des débats d’un autre temps refont surface, celle-ci sonne comme un appel au réveil civique de français trop longtemps endormis et confinés dans leurs problèmes franco-français.
Mai 2007 : Nicolas Sarkozy est élu président de la République. Lors de sa campagne présidentielle il n’a jamais cessé, ni jamais nié se sentir imprégné par la foi qui est la sienne. Lors de l’un de ses dernier discours de candidat au Zénith de Paris, il avait même débuté son discours par un sanglant : « Je crois en Dieu ! ». C’est à cet instant, même désorienté par la médiocrité du discours porté par Ségolène Royal, j’avais définitivement choisi de lui apporter mon vote. A mes yeux, Nicolas Sarkozy n’a donc pas menti aux français en appliquant au pied de la lettre les principes qu’il avait édicté à ce moment là.
La loi de 1905 dite de « séparation des Eglises et de l’Etat » n’a pas pris une ride et malgré son bel âge (103 ans), elle continue de faire parler d’elle entre ses farouches défenseurs et ceux qui voient d’un bon œil la nécessité de lui apporter un toilettage emprunt d’un soupçon de modernité. Interrogés lors de l’Université d’Eté du MEDEF, les représentants des trois grandes religions ne semblaient pas favorables à ce dernier choix, optant pour un statuquo de circonstance.
Haro sur Sarko ! Selon certains, l’antipape de la République ou l’Antéchrist de la laïcité a trouvé refuge dans cet être abjecte qui entend lutter contre l’antireligieux à travers son concept de Laïcité positive ! C’est vrai que le Chef de l’Etat n’y va pas de main morte : il est allé chercher son titre de Chanoine d’honneur de Saint-Jean-de-Latran au Vatican où il n’a pas hésité à dire que l’instruction d’un professeur ne remplacera jamais celle d’un prêtre, il harcèle les français en leur rappelant honteusement et lourdement l’héritage chrétien de la France, il n’hésite jamais à parler de la foi et de Dieu même sur les terres d’Islam et rend les honneurs de la République lorsque le Pape de l’Eglise Catholique pose un pied sur le territoire de celle-ci. Enfin, il n’hésite pas à proposer une place pour les cultes au sein du cimetière des éléphants républicains dénommé Conseil Economique et Social.
Face à ces attaques douteuses portées directement par son Chef démocratiquement élu, la France presque unanimement, s’élève pour défendre SA loi sur la Laïcité à laquelle elle voue une déférence infinie. Elle entend la défendre et la protéger coûte que coûte contre ces dérives qu’elle juge d’un autre temps, celui où l’Eglise Catholique dicter sa loi sur la conscience et le destin de son Peuple.
Sinistres hypocrites que nous sommes nous français ! Sinistres menteurs et fossoyeurs de nos propres droits et de nos propres libertés !
Si Nicolas Sarkozy à tort, à mon sens, de prétendre combler le besoin de spiritualité des français en leur servant son christianisme débordant à toutes les sauces, il devrait diriger sa pensée non pas vers une modification de la loi de 1905, mais bel et bien en jetant à la figure des français l’évidence que celle-ci fut rédigée en des temps où seule le catholicisme faisait loi en France et qu’en conséquence un toilettage est souhaitable pour replacer toutes les religions sur un pied d’égalité.
Pourquoi me direz-vous ?
Car je n’entends personne s’étonner de l’existence du Concordat d’Alsace-Moselle où au droit d’exception reconnu aux cultes à Mayotte ! Personne ne trouve anormal que dans ces départements ou territoires, la République se soit adaptée à des réalités historiques.
Dans le même temps, les français semblent attachés au fait que les Eglises n’interviennent pas dans leur vie et que leur financement soit indépendant du denier public. Pourtant on ne compte pas les exceptions dans notre pays : statue de Jean-Paul II payée par la commune, cultes hébergés à titre gracieux dans les collectivités locales……
Si, il y a quant même une exception ! Lorsque des musulmans demande la construction d’une mosquée ou de disposer du droit de prier dans un lieu descend, cela ne soulève jamais de manifestation d’envergure. Comme à Puteaux où lors de la dernière campagne municipale, j’ai eu la désagréable vision de voir mes concitoyens musulmans prier à même la rue sous des regards indifférents ou parfois hostiles.
Françaises, français, la Laïcité ce n’est pas simplement une loi que l’on adapte selon ses propres croyances ou ses propres convictions. Elle tire sa source de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Elle enjoint les citoyens que nous sommes de défendre pour chacun la liberté de conscience et de pratiquer son culte en toute liberté. Ne restons pas prisonniers de nos vieilles lunes, de nos vieilles querelles et regardons la France avec un regard neuf.
Oui, la Laïcité doit être préservée car elle assure tous les français d’une même liberté. Cette même liberté ne doit pas être cloisonnée ou limitée. Elle doit s’appliquer à tous et pour tout. Une Laïcité moderne, c’est une Laïcité qui prend en compte toutes les spécificités religieuses qui existent au sein de la société. Toilettons la Laïcité sans revenir sur ses principes. Redonnons-lui un nouveau souffle en permettant à chaque français de ne pas être prisonnier de son propre culte où de celui des autres.
La République se doit à tous ses enfants. Elle n’y parvient pas toujours. C’est donc à nous tous de l’aider pour qu’elle parvienne enfin à ce principe inaliénable : « tout citoyen nait libre et égaux en droits ».
Liberté chérie, j’écris ton nom…..
Régis Sada
12:44 Publié dans Elever la République ? | Lien permanent | Envoyer cette note
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