09 janvier 2009
Pourquoi les enfants sont obèses de plus en plus jeunes ?

Vendredi 9 et samedi 10 janvier 2009, se déroulent les journées nationales de prévention et d’information sur l’obésité infantile.
Le journal Libération publie aujourd’hui une interview de Brigitte Virey, Pédiatre à Dijon et membre de l’Association Française de Pédiatrie Ambulatoire (AFPA), dans laquelle la spécialiste tire une nouvelle fois le signal d’alarme quant à une obésité galopante chez les plus jeunes :
Pourquoi organiser une nouvelle journée sur l'obésité infantile ?
Il y a toujours un enfant sur 5 en surpoids aujourd'hui en France. Le problème est assez disparate selon les régions. Même si l'on remarque une stagnation relative de ce chiffre, on remarque que, depuis peu, ce problème surgit de plus en plus tôt soit dès l'âge de deux ans. Cette année, nous souhaitons axer notre action sur l'importance d'un diagnostic précoce pour arriver rapidement à un équilibre alimentaire.
Comment peut-on détecter un problème d'obésité chez un enfant ?
Il ne faut surtout pas se fier à l'impression visuelle. Certains jeunes enfants gardent leur ventre rond de bébé et souvent les parents trouvent ça mignon. Sauf que cela peut augurer d'un problème de surpoids. C'est difficile à repérer pour des parents. C'est pour cela qu'il est important d'emmener son enfant au moins une fois par an chez un médecin pour le peser et le mesurer.
Qui sont les enfants les plus exposés au surpoids ?
Il y a une influence socio-économique très nette. Les familles aux revenus les plus bas sont les plus touchées. On préconise de revenir à une cuisine avec des produits de base, des fruits et légumes de saison. Et pour ces familles, ça reste cher. En outre, ces familles veulent toujours faire plaisir à leurs enfants. Alors que faire plaisir ne signifie pas donner une barre chocolatée. Mais ce qui les sauve, c'est qu'elles viennent facilement voir le pédiatre.
Les mesures prises par le gouvernement concernant les publicités télévisées ou la suppression des confiseries aux caisses des supermarchés ont-elles des effets ?
L'arrêt des confiseries aux caisses, ça peut marcher parce que les enfants ne sont plus tentés de faire des caprices pour avoir des sucreries. Mais les avertissements sur les publicités n'ont pas d'impact. Les bandeaux préventifs sont trop petits. Il faudrait complètement arrêter ces publicités vantant les produits gras ou sucrés.
Pour terminer, s'il fallait donner un seul conseil aux familles, quel serait-il ?
Si je ne dois en donner qu'un seul ce serait essayer de manger équilibré et surtout bouger.
La 5e journée nationale de prévention et d'information sur l'obésité infantile se déroule dans une centaine de villes en France. Retrouvez le programme sur le site de l'AFPA.
« Les enfants obèses de plus en plus jeunes » - Libération – 09/01/2009 – Floriane Andrey
14:44 Publié dans Foudroyer l'obésité ? | Lien permanent | Envoyer cette note
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25 juin 2008
Pourquoi l’omertà sur l’homophobie à l’école est toujours présente ?
LIBERATION – 25/06/2008 – INTERVIEW DE VERONIQUE SOULE
Le ministre de l’Education nationale Xavier Darcos explique à Libération comment il entend mener la lutte contre l’homophobie à l’école.
Pourquoi la lutte contre l’homophobie est si importante ?
La question de l’homophobie intéresse toute la société, et spécifiquement les lieux de culture et de savoir. J’ai donc souhaité que l’école ne la méconnaisse pas. Et que tout élève qui pourrait subir des vexations, voire des violences, liées à son orientation sexuelle soit protégé.
D’abord il fallait que nous sachions ce qu’il en était. Des associations et des lycéens nous alertaient. Dans notre logiciel Civis qui recense les violences de toutes natures, nous avons introduit les actes liés à l’homophobie. Les chiffres restent modestes. De septembre à novembre 2007, les violences à caractère homophobe ont représenté 0,6 % du total, et de décembre à février 2008, 0,3 %. Mais il s’agit de signalements, non de la réalité. L ’homophobie est une attitude, elle crée un climat et ne s’exprime pas forcément par des violences. Il est en outre toujours un peu compliqué de la dénoncer.
Nous pouvons progresser. L’omertà sur tout cela est toujours présente. Des chiffres alarmants montrent que nos jeunes homosexuels ne vont pas bien et qu’ils sont victimes de leur orientation sexuelle : leur taux de suicide est près de trois fois supérieur à la moyenne. On sait aussi que les jeunes se moquent ou insultent, facilement. Tout ceci crée des tensions et beaucoup de souffrance chez les jeunes homosexuels.
Quelles actions lancez-vous ?
D’abord, pour être certain que nos personnels se sentent concernés, j’ai décidé pour la première fois de mentionner explicitement dans la circulaire de rentrée 2008 la lutte contre l’homophobie. C’est un pas décisif qui va engager toute la maison, même si le milieu éducatif est déjà très vigilant.
Concrètement, j’ai décidé de rendre systématique à la rentrée l’affichage de la ligne Azur [pour ceux qui se posent des questions sur leur identité sexuelle, ndlr] dans les lycées, ce qui permettra aux adolescents, victimes de violences homophobes ou soucieux de s’informer, de trouver des interlocuteurs formés. La brochure «Homophobie savoir et réagir» (jusqu’ici distribuée dans les rectorats) sera en outre disponible dans tous les établissements - dans les centres d’information et documentation, les infirmeries, les salles des profs.
Pourquoi exclure les collèges ?
Les collégiens ont de 11 ans à 14-15 ans, ce sont des enfants et des adolescents. Il faut être plus prudent, car il n’y a pas d’homogénéité. Au collège nous préférons donc une approche explicative. Il y a des cours liés à l’éducation à la sexualité, des associations interviennent pour sensibiliser les élèves. Mais il faut surtout que les jeunes trouvent des contacts personnels pour parler de questions relevant de l’intime. Pour cela, nous préparons des modules de formation spécifiques pour que nos infirmières scolaires puissent assumer cet accueil.
16:01 Publié dans Garçonnière & Homosexualité ? | Lien permanent | Envoyer cette note
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22 juin 2007
Pourquoi, même Ségolène Royal, ne croyait pas au programme socialiste ?
« Même Ségolène Royal ne croyait pas au programme du PS » - Libération 22/06/2007 – Matthieu Ecoiffier
Contre-feux. Alors que le procès en responsabilité continue au PS et pourrait faire des étincelles demain au conseil national (le «Parlement» du parti), Ségolène Royal a voulu prendre les devants. Sur France Info, l'ex-candidate s'est plainte hier, d'avoir «dû reprendre dans son pacte présidentiel» le Smic à 1 500 euros et la généralisation des 35 heures. «Deux idées, a-t-elle ajouté, qui étaient dans le projet des socialistes et qui n'ont pas du tout été crédibles . » En clair, si «le travailler plus pour gagner plus» de Nicolas Sarkozy a écrasé les propositions économiques et sociales de Royal, c'est la faute aux archaïsmes socialistes. Et pas la sienne.
«Provocation». Non contente de s'exonérer de cette faiblesse manifeste de sa campagne, Ségolène Royal l'a par ailleurs attribuée à l'aile gauche du PS, rappelant que l'augmentation du Smic était une «idée phare de Laurent Fabius». Réplique du bras droit de l'ex-Premier ministre, Claude Bartolone : «Avoir dit cela, ce n'est pas simplement une erreur, c'est une faute . » Autre représentant de l'aile gauche du parti, le sénateur de l'Essonne, Jean-Luc Mélenchon, a dénoncé une «provocation consternante» de la part de Royal, «preuve d'une très grande duplicité».
Pour ne pas être clouées au pilori, les troupes de Royal multiplient les contre-offensives. «Il y a eu les chausse-trapes, les coups bas de son propre camp, expliquait récemment Delphine Batho. On a eu quelques mois pour rattraper ce qui n'a pas été fait pendant des années en terme de programme. Malgré l'élan, l'espoir populaire, les gens ont senti que la gauche n'était pas prête à gouverner . » Et les pro-Royal de faire porter le chapeau de cette impréparation à François Hollande, dont l'art de la synthèse aurait «immobilisé» le PS. Gaëtan Gorce, député de la Nièvre , qui a réclamé à plusieurs reprises la démission du premier secrétaire, a annoncé hier qu'il démissionnait du secrétariat national du parti pour «ne pas contribuer à perpétuer» le «système des éléphants». «Ce qui est en cause, ce n'est pas ta personne, mais une méthode de travail, un système dont tu es la clé de voûte et qui paralyse le parti [...], entrave toute perspective de renouvellement», écrit-il dans une lettre à Hollande.
Suite de l’article à lire sur Libération
Il y a des moments dans la vie où l’on se sent seul au monde. Cette introduction sonne à mes oreilles comme une sorte de maxime vis-à-vis de mon scepticisme lors de la première partie de la campagne présidentielle.
Lorsque le projet socialiste à été lancé en interne, j’ai comme tout bon militant rempli mon quota de participation en adressant deux textes à la Commission Nationale sur deux thèmes qui me tiennent particulièrement à cœur : « l’état de la citoyenneté et son devenir » et sur « les conditions de vie des détenus dans les prisons françaises ».
A la conclusion de ce dernier, j’avais choisi de ne pas l’adopter en estimant que ce dernier pouvait être considéré comme un vaste « laxatif », n’avait rien de socialiste et rester très éloigné des besoins et des attentes des français. Il n’en reste pas moins que ce projet global avait reçu l’aval des militants du PS, qui avaient voté comme un seul homme sans même en connaître le contenu.
Dès que Ségolène Royal fut désignée, elle avait clairement affirmé que son pacte présidentiel ne serait pas un copié-collé du projet des socialistes. Les réactions n’avaient pas manqué d’animer les débats internes. Malgré cela, la grande famille socialiste est passée au-dessus de ces considérations pour soutenir « loyalement » celle qui porterait le flambeau pour l’élection présidentielle. Plusieurs points du Pacte Présidentiel avaient laissé ma moue dubitative de socialiste-libéral s’exprimer. La généralisation des 35H00 et le SMIC à 1.500 €, en faisaient partie.
Les 35H00 ont toujours été portés en tête de gondole par le PS, sans jamais accepter d’en assumer les conséquences pour les salariés. Si l’idée de partager le temps de travail était une noble idée à la base, elle a été détournée de son axe par la loi Aubry II qui a permis une désorganisation des plus grandes conventions collectives, a paupérisé dangereusement les conditions de vie des salariés les plus faibles et n’a jamais trouvé sa place au sein des PME. Nous ne parlerons pas de leur application dans le secteur hospitalier où les 35H00 ont créées une situation préoccupante au niveau de l’organisation.
Le SMIC à 1.500 € défendu bec et ongles par la « gauche » du Parti Socialiste, a été présenté comme un juste retour des choses et une chance pour les salariés que l’on peut considérer comme des précaires permanents. Quel cadeau extraordinaire… Il fallait bien un package comme celui-ci pour tenter de renforcer la digue qui avait cédée sous le poids de l’application des 35H00. Quelle vision d’avenir pour ces millions de salariés qui peinent à boucler leurs fins de mois ! On ne saura jamais si cette somme était en brut ou en net. Cela n’a plus aucune espèce d’importance. Les salariés « smicards » se contenteront des baisses de charges, de la TVA sociale et des revalorisations que Sarkozy et Fillon leur imposeront dans les cinq prochaines années.
Voilà donc qu’après l’échec de la Présidentielle et l’échec aux élections législatives, Ségolène Royal reconnaît sans se cacher qu’elle n’avait jamais cru à ces deux mesures, tant elles présentaient un caractère cynique couplées à une aberration économique.
Ces deux mesures étaient dogmatiques. Ces deux mesures n’étaient pas de gauche. Ces deux mesures n’étaient pas socialistes. Ces deux mesures étaient des bêtises construites sur l’idée que toutes les entreprises sont faites sur le même schéma, qu’elles sont toutes capables d’assumer des augmentations de leurs charges sans que cela se répercute sur leurs salariés, sur leur productivité, sur leur compétitivité et au final, sur leur survie.
Les 35H00 ne sont pas appliqués et ne seront jamais appliqués ailleurs que dans les entreprises publiques et les grandes sociétés. Les salariés des PME n’en verront jamais la couleur –à part en de rares exceptions- car ils savent que cela ne permet pas à leur entreprise de se développer, de vendre et de produire pour faire face à la demande de leurs marchés respectifs. Ce n’est ni un progrès social car cela a contribué à la paupérisation des salariés modestes et moyens, et n’est pas bénéfique pour les entreprises.
Le SMIC à 1.500 € - brut ou net – sera effectif à la fin de la nouvelle législature. Effectif, car le jeu des revalorisations annuelles permettra d’arriver à ce plafond. Les salariés au SMIC en 2012, toucheront donc ce qui constitue désormais comme la « prévision socialiste », rien de plus.
Je m’étonne en revanche que Ségolène Royal n’ai pas poussé plus loin sa réflexion sur le contenu du Projet Socialiste. Ce projet n’a jamais retenu l’attention, car il était complet sur la forme, mais vide au sens de la manière dont il convenait de répondre aux attentes. Sur les sujets régaliens du PS comme la santé et l’éducation, le projet était vague et ne donnait aucune vision réaliste de l’ampleur de la tâche nécessaire à mener pour redonner la confiance aux français. Partant de ce constat, il était difficile pour Ségolène Royal de porter et de défendre un ensemble qui ressemblait à s’y méprendre comme un voile.
Un voile ne protège pas du froid….une couverture hypothermique si. Le 6 mai 2007, les français ont tranché en recouvrant les espoirs d’une gauche orpheline, d’une jeunesse métissée et de salariés fauchés. Le 6 mai 2007, les français ont tranché en recouvrant le Parti Socialiste de cette couverture hypothermique. Cela suffira-t-il pour réveiller chez certains militants l’instinct de progrès et anéantir à jamais son penchant naturel au dogmatisme destructeur ?
Régis Sada
11:35 Publié dans Décoder la politique ? | Lien permanent | Envoyer cette note
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