07 novembre 2011

Pourquoi cette satanée démocratie ?

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« Gouvernement du Peuple, par le Peuple, pour le Peuple ». C’est par ces quelques mots qu’Abraham Lincoln définissait le principe de la Démocratie qui affirme la souveraineté du Peuple. Ces mêmes mots qui sont aujourd’hui inscrits à l’Article II de la Constitution incarnant le principe même de la République Française.

Pour un Peuple, accéder à la Liberté -après avoir mené sa propre révolution- ou à l’indépendance -lorsque l’on a été soumis au joug d’une puissance étrangère- se révèle comme un exercice difficile et douloureux parfaitement imagé par le proverbe qui dit que « l’on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs ».  

Si les français sont restés calés sur leur propre modèle de Révolution, la « vraie », celle de 1789, et qu’ils sont toujours assez vantards pour penser que toutes les autres se sont calquées sur le modèle de celle-ci, ils ont oublié que la démocratie qui en a découlé n’a pas été de tout repos et que la République a du ferraillé durement avant de s’imposer –au début du siècle dernier- comme le régime politique de référence dans notre pays.

Ainsi, lorsqu’en 2011 le vent de la révolte a sonné dans les pays arabes et que les révolutions se sont succédées les unes après les autres, certains ont pensé que ces Peuples prendraient logiquement appui sur la version occidentale pour construire leur propre concept de Démocratie. Sauf que les Tunisiens ont donné une majorité relative à un parti islamiste modéré pour diriger leur nouveau Gouvernement et que les Libyens ont inscrit la Chariala loi islamique- comme référence de leur future Constitution.

Que n’a-t-on pas lu et entendu au sujet de ces vilains Tunisiens qui n’ont pas compris l’intérêt de chasser un dictateur voyou pour le remplacer par un Gouvernement dirigé par des islamistes sans nom ! Pourtant rien d’extraordinaire pour un pays où la Laïcité demeure une bizarrerie française.

Que n’a-t-on pas lu et entendu au sujet de ces sournois Libyensaidés de nos braves soldats- qui ont réussi à faire la peau au régime de terreur instauré par Khadafi et qui l’ont remplacé par un régime ultra-religieux et surtout…islamiste ! Pourtant rien d’extraordinaire pour un pays à dominante islamique.

A toutes celles et tous ceux qui ont la science infuse. A tous les historiens en herbe il convient de renvoyer au principe de l’autodétermination réaffirmé dans l’Article 1 alinéa 2 de la Charte des Nations-Unies de 1945 dans les buts de cette dernière :

« développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l’égalité des droits des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes ».

C’est au nom de ces droits que nous devons imposer l’idée qu’une révolution n’est pas supérieure à une autre. Que la volonté affirmée d’un Peuple, souverain, qui s’est battu pour sa propre Liberté, lui confère d’autorité le droit de choisir son propre destin même si celui-ci ne correspond pas au modèle qui est le notre ou que nous pensons le plus adapté.

Sur le même registre, il n’est pas inutile de rappeler que l’usage de la Démocratie peut conduire à de bien étranges paradoxes. Nous français, n’oublions jamais le 21 avril 2002 et le triste échafaud que nous avons réservé à la République ce jour là !

N’oublions pas non plus que des dirigeants choisis par le Peuple conduisent la politique pour laquelle ils sont élus. Lorsque ces derniers échouent, le Peuple sanctionne. Dans le même temps, ce même Peuple doit assumer pleinement les conséquences de ses choix. Les exemples grecs et de nombreux pays européens dans la crise que nous traversons actuellement renvoient un reflet désagréable de notre manque de discernement.

A la manière de Jacques Derrida : « Être démocrate, ce serait agir en reconnaissant que nous ne vivons jamais dans une société assez démocratique ».

18 mars 2011

Pourquoi l’intervention en Libye était indispensable ?

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Il existe des moments rares où l’Histoire s’écrit. Je me souviens du discours prononcé par Dominique Villepin en 2003 devant le Conseil de Sécurité de l’ONU dans lequel il opposait une fin de non recevoir aux velléités des Etats-Unis pour une intervention armée en Irak. Une intervention armée souhaitée sur la base d’informations qui se révéleront quelques années plus tard comme erronées voire mensongères.

Hier soir, nous devions être nombreux à attendre le résultat d’un vote incertain de ce même Conseil de Sécurité. Une résolution portée et initiée cette fois-ci à la demande de la France pour la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne ouvrant la voie à des frappes contre les troupes du Colonel Kadhafi en Lybie.

Une fois n’est pas coutume. Le président de la République a eu raison de prôner l’intervention en Lybie sous un mandat clair délivré par les Nations-Unies.

Personne ne peut se prévaloir d’une nature va-t-en-guerre. Lorsque la voie diplomatique permet de s’en dispenser, elle épargne des pertes humaines civiles ou militaires toujours trop lourdes à porter. Si la guerre reste toujours la plus mauvaise des solutions, elle s’impose parfois lorsque les circonstances l’exigent.

A la différence de la Tunisie ou de l’Egypte où ces peuples ont réussi à conduire leurs révolutions jusqu’à leur terme, le peuple libyen s’oppose depuis plusieurs semaines à l’arrogante résistance d’un Colonel Kadhafi prêt à le sacrifier pour demeurer en place.

La position d’observateur de la communauté internationale n’était plus tenable. Laisser perpétrer ces crimes en toute impunité l’aurait conduite au déshonneur. Le peuple libyen a souhaité se libérer du Colonel Kadhafi sans y parvenir seul. Il était du devoir de la communauté internationale et de la Ligue Arabe en priorité, d’apporter leur concours à cette aspiration légitime de changement.

Les innocents n’ont pas à payer le prix des délires paranoïaques d’un dictateur en fin de règne.

Certains s’attardent sur l’idée d’une victoire diplomatique (et politique) de Nicolas Sarkozy et des bénéfices qu’il pourra en tirer. Je me contente de penser que la France, patrie des Droits de l’Homme, assume aujourd’hui le devoir qui est le sien.

A la manière de Georges Henein : « Il existe des guerres justes. Mais le propre des guerres justes est de ne pas demeurer longtemps ».

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25 juillet 2007

Pourquoi le monde, l’Europe et la France, ferment les yeux contre les assassinats perpétrés en Iran ?

ebced3039199f0be96c05dda07f25492.jpg Il faut se réjouir de la libération si longtemps attendue des cinq infirmières bulgares et de leur camarade d’infortune d’origine palestinienne.

Au moment où ces innocents ont retrouvé leurs familles, dont ils ont été privés pendant huit longues années, les hommes épris de liberté ne peuvent que se satisfaire de ce résultat bien plus qu’humanitaire.

Même les opposants de toujours ou mauvais perdants récents, ne peuvent s’arrêter au rôle plus au moins important qu’ont pu jouer la première Dame de France : Cécilia Sarkozy, et le Secrétaire Général de l’Elysée : Claude Guéant...

Même si le Président Sarkozy en fait beaucoup (trop ?) : il faut être tout simplement heureux que ces cinq femmes et cet homme soient sortis de cet enfer. Seul le résultat final compte. Il ne faut pas oublier ces enfants et leurs familles libyennes. Bien qu’indemnisées, elles devront être aidées et accompagnées afin que le mal qui les touche ne tombe pas dans l’oubli.

Le Chef de l’Etat Nicolas Sarkozy s’est présenté comme le sauveur des infirmières, et l’homme compatissant pour les enfants et les familles libyennes. Notre Président de la République , aussi noble soit-il dans sa tâche, a oublié de préciser aussi, que la France expulse chaque jour de son territoire, des sans-papiers ou émigrés indésirables touchés par le virus du Sida. Qu’importe : ils crèveront loin de chez nous.

5d8a20f2476ebc420df49c9de4b80927.jpgPourtant, malgré ce moment d’émotion passé, ma colère ne s’épuise pas. Sur cette affaire où la Libye était opposée à l’Union Européenne et à la France (ces dernières semaines), la communauté internationale s’est félicitée de cette sortie de crise. L’Europe et la France voient leur image renforcée et la Libye réhabilitée sans avoir été punie pour ses propres crimes passés.

Dans le même temps, cette même communauté internationale, cette même Union Européenne qui retrouve un semblant de cohésion, cette même France qui s’est choisie un nouveau Chef de l’Etat. Tous ces acteurs ont utilisé à outrance le cas des infirmières bulgares pour fermer les yeux sur les assassinats perpétrés en Iran contre des hommes punis pour crime de sodomie.

7ba3739d0e44d06b30563fef60286f70.jpgPas un mot, pas un cri, pas une larme. Seules les associations de défense des droits de l’homme et les associations homosexuelles du monde entier, tentent de faire entendre leur voix qui dénonce sans relâche la véritable épuration qui touche les homosexuels iraniens.

La semaine passée, 12 jeunes hommes ont été pendus comme des animaux, au nom de l’Islam par des fanatiques ultra-religieux.

A aucun moment l’Union Européenne ou la France , ne sont intervenus pour exprimer leur désapprobation.

Ces crimes restent et resteront impunis. Ils n’intéressent personne. Il n’y a rien à échanger avec l’Iran. Les homosexuels iraniens seront épurés, nettoyés et pendus, puisqu’ils ne sont rien et ne représentent rien aux yeux de ce monde, de cette Europe, de cette France, qui préfèrent «choisir » leurs actes humanitaires.

 

4e541477250c763008f86dac14ee6091.jpgS’il ne reste qu’un homme sur terre pour crier et pour hurler sa haine de cette injustice caractérisée et organisée : je veux bien être cet homme. L’Iran n’est pas mon pays, je ne connais pas d’iranien. Pourtant, je n’oublie pas que dans ce monde, dans cette Europe et dans cette France où je suis né. Il y a 50 ans, d’autres hommes avaient payé de leur vie leur différence sexuelle.

Par devoir de mémoire : je me considère aujourd’hui comme un homosexuel iranien…

Régis Sada

18:10 Publié dans Importer le monde ? | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : monde, iran, bulgarie, france, libye, homosexualité, politique | |  Facebook