11 mars 2011

Pourquoi la QPC du mariage gay est noyée entre égalité et légalité ?

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Fin janvier 2011, le Conseil Constitutionnel a opposé une fin de non recevoir aux associations homosexuelles qui l’ont saisi d’une QPC (Question Prioritaire de Constitutionnalité) sur la possibilité d’ouverture du mariage aux personnes de même sexe.

Pour renvoyer la balle dans le camp du législateur et, estimer la parfaite constitutionnalité des articles 75 et 144 du Code Civil, le Conseil Constitutionnel s’est appuyé sur l’article 34 de la Constitution pour arrêter sa position. Cet article précise que les textes régissant les régimes matrimoniaux et assurant les droits civiques et les droits fondamentaux de chacun sont fixés par la Loi.

La réponse du Conseil Constitutionnel n’est donc pas surprenante. Les titres parus dans la presse sous « le Conseil Constitutionnel s’oppose au mariage gay » étaient au mieux, une simple erreur d’interprétation et au pire, une minable imposture intellectuelle. Les Sages de la rue Montpensier ont bien tranché en plaçant sénateurs et députés devant leurs propres responsabilités.

Sur l’ouverture du mariage aux personnes du même sexe, et comme le souligne les associations LGBT, la France est à la remorque de tous ses partenaires européens. Sous couvert de bonnes intentions ou par souci de conservation de la cellule familiale, les homosexuels doivent s’en tenir au PACS qui prend des allures de « bonté accordée ».

Si le représentant du Gouvernement justifie le statuquo actuel en estimant que le PACS suffit à la reconnaissance sociale des couples homosexuels, il n’évoque à aucun moment l’égalité de ces mêmes citoyens devant la loi.

Le mariage gay sera pour 2012, à condition que les français envoient une majorité de gauche à l’assemblée Nationale. Soyons sérieux, je doute que cette question soit portée en tête de liste de leurs préoccupations du moment.

Quant à la QPC, présentée à la base comme une opportunité offerte à tous les citoyens, elle pourrait rapidement se révéler problématique pour des Sages habitués à statuer dans le calme et la sérénité.

A la manière de Victor Hugo : «  Ce que Paris conseille, l'Europe le médite ; ce que Paris commence, l'Europe le continue ».

20 août 2007

Pourquoi j’ai décidé d’arrêter le blog Marions les Homos ?

e4702f804ec0c5deebd753959c6a5736.jpgIl y a quelques jours, j’ai pris la décision d’arrêter toute publication sur mon autre blog Marions les Homos ! dès le 31 août 2007 à minuit.

Ais-je renoncé à l’égalité des droits pour tous les citoyens ? Ais-je renoncé définitivement au mariage républicain pour les homosexuels ? Ais-je renoncé à dénoncer les comportements et les propos malsains véhiculés par quelques élus devenus indignes du mandat que leur ont confié les électeurs ?

Non, je ne renonce à aucun de mes combats, à aucun de mes principes et aucune de mes priorités. J’avais beaucoup misé sur les échéances du printemps 2007, en espérant que celles-ci permettraient d’avancer sur chacun de ces terrains. Même si les français n’ont pas fait exactement les mêmes choix que les miens, leur décision globale semble leur avoir apporté un peu de sérénité. Souhaitons que cette période perdure…

Si j’ai préféré cesser d’alimenter Marions les Homos ! C’est que je demeure convaincu que ce travail de lutte en faveur de toutes les formes de discriminations a trouvé un certain écho auprès des citoyens qui se corrigent eux-mêmes et qui corrigent leurs proches.

Ils ont pris conscience de l’impérieuse nécessité de se choisir un destin qui regarde vers demain et non vers hier. Ebranlé dans mes choix et certaines de mes convictions, j’ai moi-même évolué sur beaucoup de points.

La seconde raison est une fois de plus politique. Cette fois-ci l’échéance est beaucoup plus courte puisque le résultat final sera connu mi-mars 2007. Christophe Grébert m’ayant fait l’amitié de me choisir pour diriger sa campagne municipale pour Puteaux, je me dois d’assumer pleinement la tâche qui m’a été confiée.

La direction de la campagne, la préparation des documents administratifs, la réflexion politique à Puteaux et les propositions nécessaires à la construction d’un véritable projet citoyen, m’obligent à faire un choix. Ce choix, c’est celui de participer à une grande aventure collective qui –je le souhaite- permettra aux habitants de Puteaux, de connaître une nouvelle équipe dirigeante qui se chargera de leur avenir.

Cette campagne sera rude et dure. Les amis d’hier deviendront les adversaires de demain, et il est préférable de se libérer du temps nécessaire à cette organisation.

De nouveaux projets, de nouvelles propositions et de nouvelles rencontres très enrichissantes, font de l’élection municipale de Puteaux un enjeu que je ne veux pas rater. Les débuts sont encourageants et les archers commencent à affuter les flèches qu’ils viendront bientôt décocher sur ces citoyens qui ont décidé de l’ouvrir.

J’aime les challenges et les défis à la condition qu’ils soient accompagnés d’une véritable volonté de changement. L’équipe qui s’est déjà constitué autour de Christophe Grébert est solide et emprunte d’une profonde humilité.

Je me prépare à rentrer dans l’obscurité pendant six mois, avant que la lumière ne fuse…

Voilà donc les raisons de cette décision qui ravira tous les grincheux et autres homophobes qui pensent que les homosexuels doivent rester à leur place : dans l’anonymat.

Les homosexuels français sont des citoyens comme les autres, ils doivent donc bénéficier des mêmes droits. Ils contribuent chaque jour à construire cette société et à faire évoluer les mentalités. Je continue donc ce combat d’une façon moins directe mais tout aussi convaincu de la nécessité de ne rien lâcher.

La défense de nos libertés est à ce prix…

Régis Sada