08 octobre 2009

Pourquoi la « mauvaise de vie » de Frédéric Mitterrand vire au cauchemar ?

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La polémique autour de certains passages de la « mauvaise vie » de Frédéric Mitterrand est surprenante à bien des égards. Avant tout autre propos : j'ai lu ces passages. Je vous invite à faire de même pour juger en toute conscience.

Nous voici donc arrivés au cœur de ce qu'est devenu notre débat politique. D'un ouvrage écrit en 2005 par un intellectuel qui ne dérangeait personne à cette époque, on construit un échafaud à l'homme devenu Ministre, au détour d'une phrase se voulant dénonciatrice et appuyée par quelques novices bien mal inspirés.

Au-delà de la seule homosexualité de Frédéric Mitterrand, c'est à son honneur que l'on s'attaque en tentant de lui prêter des mots, des situations ou des pratiques sexuelles aussi honteuses qu'abjectes. Tout cela est profondément malsain et me donne de fortes nausées.

En parcourant les passages controversés de sa « mauvaise vie », je réalise très vite qu'ils n'ont pas grand-chose de honteux, ni même de litigieux. Ces passages parlent, avec une sincérité presque poignante, de la solitude d'un homme à la vie sexuelle inconstante qui s'octroie au bout du monde un moment de plaisir avec un jeune homme... Oui, un jeune homme, pas un enfant...

Parmi celles et ceux qui tirent aujourd'hui sur Frédéric Mitterrand à boulets rouges : Quelles sont les femmes -mâtures ou non- qui n'ont jamais jeté un regard appuyé sur les fesses bien fermes d'un jeune étalon qu'elles échangeraient bien contre la vieille mule qui leur sert de mari depuis des années ? Qui sont les hommes -mâtures ou non- qui n'ont jamais bavé devant le décolleté d'une jeune fille à peine en fleur qui remplacerait bien la vieille Vedette qui trône dans le salon devant les Feux de l'Amour ?

Qui est celui qui osera clamer haut et fort qu'il n'a jamais éprouvé l'envie de pousser certaines portes, même celles de tous les interdits ?

La « mauvaise vie » de Frédéric Mitterrand n'est pas plus mauvaise qu'une autre. Elle reflète avec douleur la réalité d'un monde où toutes les femmes, où tous les hommes, ne sont pas égaux devant la beauté du corps comme celle de l'esprit. Elle ne fait nullement l'apologie du tourisme sexuel et encore moins celle de pratiques ignobles. « Jeune » ne veut pas dire « enfantin ».

Ces passages ont choqué quelques biens pensants. Ils parlent de cette prostitution du bout du monde insoutenable vue de notre beau pays de France. Cette prostitution thaïlandaise dépeinte avec justesse par notre Ministre ne me choque pourtant pas. Elle ne me choque pas car je peux l'observer à Paris, du côté des boulevards maréchaux, dans la rue Saint-Denis ou dans quelques autres rues du Marais.

Frédéric Mitterrand paye ici son entrée au Gouvernement et, sans doute, son maladroit soutien à un Roman Polanski qui n'en mérite pas tant. Le procès qu'il subi est du même niveau que la lecture d'un Voici ou d'un Paris Match.

S'il faut condamner son écrit, je me condamne moi-même. Je ne me renierai pas, car la « mauvaise vie » de Frédéric Mitterrand est une vie qui pourrait être la mienne. Je laisse donc le soin aux biens pensants de le porter eux-mêmes à l'échafaud.

Régis Sada

 

19:22 Publié dans Bien s'engager ? | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : politique, ps, ump, fn, culture, fredericmitterrand, homosexualité, gay, mauvaisevie | |  Facebook