10 mai 2011
Pourquoi 30 ans de génération Mitterrand ?
Nous sommes désormais à moins d’un an de l’élection présidentielle de 2012. Sur la trentaine de candidats qui se bouscule déjà au portillon de l’Elysée, seule une poignée d’entres-eux sera en capacité de se disputer les suffrages des français.
Après quatre ans de présidence Sarkozy qui ont succédé à douze années de présidence Chirac, le Peuple de gauche attend son heure et se surprend à espérer un nouveau « mai 81 ».
10 mai 1981 – 10 mai 2011 : il y a tout juste 30 ans, François Mitterrand devenait le 21ème président de la République.

Personnage aussi adulé que contesté, c’est à l’occasion de ses derniers vœux du 31 décembre 1994 que François Mitterrand avait lancé aux français sa phrase restée dans toutes les mémoires : « je crois aux forces de l’esprit et je ne vous quitterai pas ». Parole tenue puisque sa phrase continue de nourrir l’imaginaire collectif et rend encore au personnage tout le mysticisme dont il aimait tant s’enrober.
La France de 1981 n’a plus grand-chose à voir avec celle de 2011. Seule la promesse de « réformes utiles et nécessaires » a demeuré. Pour aider les plus jeunes à imaginer la France d’alors, il suffit de leur lancer que les radios n’étaient pas tout à fait libres, que la télévision ne comptait que trois chaines, que la télé-réalité c’était « Midi Première » et les « Jeux de 20 heures », que la Fête de la Musique n’existait pas, que la retraite était à 65 ans, que les R.T.T. n’avaient pas été inventés et que les salariés ne disposaient que de 4 semaines de congés payés !

François Mitterrand n’a pas été un président tout à fait comme les autres. Il détient toujours à ce jour –et pour très longtemps encore- le record de longévité à l’Elysée. Quatorze ans séparent la Force Tranquille de 1981 à la Génération Mitterrand de 1988, du Président Mitterrand au « Tonton » de tous les français. Les puristes ou les nostalgiques de l’époque rêvent de reconquérir la Bastille.
Pour ma part, je ne sais pas de quoi demain sera fait, ni celui ou celle qui accèdera à la présidence en 2012. En revanche, par gentille coquetterie, je confesse ici que j’étais déjà né en 1981 lorsque François Mitterrand est devenu président. Je connais les évolutions connues par la société française depuis cette date, celles qui se mettent lentement en place aujourd’hui et celles, futures, dont j’attends l’avènement avec une certaine impatience.
Nous devons vivre avec notre temps. Ce que le Peuple décidera sera bien décidé. De François Mitterrand, beaucoup ont parlé. L’Histoire elle, n’a rien oublié.
Pour moi, la France sous François Mitterrand a abolie la peine de mort et fait des homosexuels des citoyens comme les autres.
A la manière de François Mitterrand : « Quand la France rencontre une grande idée, elles font ensemble le tour du monde ».
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06 avril 2011
Pourquoi le Panthéon ouvre ses portes à la négritude ?

Lors de son déplacement en Martinique en janvier dernier, Nicolas Sarkozy avait annoncé l’entrée d’Aimé Césaire au Panthéon.
La plaque commémorative sera dévoilée aujourd’hui, suivi de l’hommage de la République à l’un des plus fervents défenseurs de l’anticolonialisme et Père fondateur du principe de négritude.
Une entrée symbolique afin de respecter les dernières volontés du poète, disparu en 2008, qui avait exprimé son souhait de voir son corps reposer sur la terre de Martinique. Une terre qu’il n’a jamais cessé d’aimer et de valoriser.
Dans le temple de la République, au sein du Parlement fantôme des hommes libres, égaux et fraternels, Aimé Césaire pourra converser pour l’éternité avec ceux qui, comme lui, n’ont jamais renoncé aux valeurs qu’ils ont léguées aux français.
Son esprit y côtoiera désormais les dépouilles de Félix Eboué ou de Victor Schœlcher. Les sujets ne manqueront pas, ils ont foulé les mêmes sols et ont souvent partagé les mêmes combats.
C’est un signe, la République ne se trompe jamais. Même lorsqu’elle est parfois contestée ou bousculée, elle finit toujours par reconnaitre et distinguer les grands hommes qui lui ont prodigué les meilleurs effets.
Plus de 60 ans nous sépare du Discours sur le colonialisme d’Aimé Césaire. L’introduction de celui-ci ramené à ce que la France connait aujourd’hui confirme que seuls les meilleurs d’entre-nous ont la capacité d’être de grands visionnaires.
Ainsi donc, à la manière d’Aimé Césaire : « Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte. Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde ».
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18 mars 2010
Pourquoi Simone Veil entre au Panthéon des vivants ?

Mme. Simone Veil fait son entrée aujourd'hui sous la Coupole de l'Académie Française. Ancienne déportée, ancienne Présidente du Parlement Européen, ancienne membre du Conseil Constitutionnel et plusieurs fois Ministre, Mme. Simone Veil prend logiquement sa place auprès de celles et ceux que l'on surnomme les « immortels ».
Féministe convaincue et femme politique d'exception, elle est notamment à l'origine de la loi qui dépénalisera l'interruption volontaire de grossesse en 1975, permettant ainsi aux femmes françaises d'acquérir plus de libertés et de prendre toute leur place au sein de la société.
Personnalité féminine préférée des français en 2010, celle qui a longtemps lutté contre la langue de bois, fait logiquement son entrée au sein de l'institution chargée de préserver la langue française.
Une grande Dame devient aujourd'hui immortelle. Une grande Dame entre au « Panthéon des vivants ».
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06 octobre 2009
Pourquoi Jean-Jaurès ?

A l'image de la puérile polémique de 2007 qui a accompagné la décision d'une lecture de la lettre de Guy Mocquet à tous les lycéens lors de la rentrée scolaire, c'est aujourd'hui l'utilisation du nom et de l'héritage de Jean-Jaurès qui se trouve au cœur de toutes les convoitises.
Des esprits tantôt faibles ou tantôt tourmentés, ils sont nombreux désormais à revendiquer une quelconque descendance avec lui ou à citer ses plus belles tirades.
Comme Guy Mocquet, Jean-Jaurès l'homme ou Jean-Jaurès le Parlementaire est, par ses actes, ses discours et ses pensées avant-gardistes, devenu immortel. Des français bien inspirés ont estimé que celui qui parfois, contre vents et marées, a préféré prendre le parti de la France au détriment du sien propre, méritait d'entrer au Panthéon des Grands Hommes.
Jean-Jaurès l'homme ou Jean-Jaurès le Parlementaire ne peut être politisé, ne peut être approprié, ne peut être revendiqué ou même associé. Jean-Jaurès l'homme ou Jean-Jaurès le Parlementaire est un intouchable. Il appartient à tous les français et bien au-delà il n'appartient qu'à la France.
C'est souvent en période de crise, lorsque la pensée est tarie, lorsque les convictions sont ébranlées ou lorsque le discours est devenu trop aseptisé, que les rescapés du moment cherchent l'appui des Grands Hommes du passé. Ces Grands Hommes pourtant ont bien mérité de reposer en paix.
Jean-Jaurès le citoyen ou Jean-Jaurès l'humaniste.
Jean-Jaurès ou l'héritage d'une République qui ne renonce jamais à appliquer l'Egalité de tous profitable pour tous. Jean-Jaurès aurait sans doute préféré qu'à 150 ans d'ici, on se dispute bien plus pour son ardent désir d'une République affirmée que pour l'héritage de son seul patronyme...
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19 janvier 2007
Pourquoi les « justes de France » devaient entrer au Panthéon de la République ?
Il existe dans Paris un monument qui représente, plus que tout autre, le sens de mes modestes combats et des convictions que j’entends défendre chaque jour. Ce monument c’est le Panthéon.
Sous ce dôme reposent ou sont honorés pour l’éternité, les femmes et les hommes, qui par leurs combats, leurs actes et leur sens de la justice, ont fait honneur à la République et à la France.
Hier, et sous l’impulsion du Président de la République Jacques Chirac : Victor Hugo, Emile Zola, Jean Jaurès, Jean Moulin ou André Malraux, ont fait une place méritée aux 2.725 Justes de France.
On parle des "Justes", mais qu'est-ce exactement qu'un Juste ?
L'idée de « Justes des Nations » vient du Talmud (traité Baba Batra, 15 b). Au long des générations, il a servi à désigner toute personne non juive ayant manifesté une relation positive et amicale envers les Juifs.
Le Mémorial Yad Vashem décerne le titre de Juste des Nations aux non-Juifs qui pendant la Seconde Guerre mondiale et la Shoah ont aidé des Juifs en péril, au risque de leur propre vie, sans recherche d'avantages d'ordre matériel ou autre. Le titre de Juste des Nations est décerné sur la foi de témoignages des personnes sauvées ou de témoins oculaires et documents fiables.
Ces "Justes parmi les nations" sont honorés à Yad Vashem, à Jérusalem.
« Et je leur donnerai, dans ma maison et dans mes murs, un mémorial (Yad) et un nom (Shem) qui ne seront pas effacés » Bible, Isaïe 56
Pour moi, jeune et modeste citoyen, ces « justes » et tous ceux qui ont combattu la barbarie et la folie des hommes, méritent le respect et la reconnaissance infinie de la Nation.
Leur acte de bravoure demeure un exemple pour les générations d’aujourd’hui, en démontrant que la différence était une chance et que rien n’était au-dessus de la vie des hommes.
Ils « reposent » désormais en paix au Panthéon, permettant ainsi à chaque français de venir s’incliner devant les femmes et les hommes, qui ont rendu l’honneur de la France et de la République.
Régis Sada
PARIS - Jacques Chirac a présidé jeudi au Panthéon l'hommage de la Nation aux Justes de France, qui ramenèrent la "lumière" dans les "ténèbres" de la France occupée en sauvant des juifs d'une mort quasi certaine en déportation.
Le chef de l'Etat et Simone Veil, présidente de la Fondation pour la mémoire de la Shoah , ont dévoilé une inscription en leur honneur dans la crypte du monument où reposent des grands hommes comme Jean Moulin, Victor Hugo et Victor Schoelcher.
Dans un long discours prononcé en présence de centaines de Justes, de juifs sauvés et de nombre de leurs descendants, le chef de l'Etat a rendu hommage aux personnes "de toutes classes sociales, dans toutes les professions, de toutes les convictions" qui sauvèrent des milliers de juifs dans les "ténèbres" de l'Occupation.
"Quel courage, quelle grandeur d'âme il leur a fallu", a-t-il lancé avant de citer une phrase du Talmud : "Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier".
"Vous, Justes de France, avez transmis à la Nation un message essentiel pour aujourd'hui et pour demain : le refus de l'indifférence, de l'aveuglement", a-t-il ajouté.
Avant lui, Simone Veil avait elle aussi salué le courage des 2.725 Justes de France inscrits au Mémorial Yad Vashem de Jérusalem mais aussi de tous les anonymes "grâce auxquels les trois-quarts des juifs de notre pays ont échappé à la traque" en venant en aide à des gens qui n'étaient pour eux "rien d'autre que des hommes, des femmes et des enfants en danger".
Sur les quelque 75.000 juifs français déportés pendant la guerre, seuls 2.500 sont revenus, dont Simone Veil.
Douze ans après avoir reconnu la responsabilité de l'Etat français dans la déportation des juifs, Jacques Chirac a longuement dépeint le "cauchemar" de la France occupée, dénonçant "l'illusion tragique du recours (au maréchal Philippe) Pétain et le déshonneur de Vichy".
"En France, un sombre linceul de résignation, de lâcheté, de compromissions recouvre les couleurs de la liberté, de l'égalité et de la fraternité", a-t-il dit. "Soudain, devant (les) yeux incrédules (des juifs de France, ndlr), la République abdique, rend les armes à Pétain et à Laval, cède la place à une clique revancharde et haineuse".
INTRANSIGEANCE FACE A L'EXTREMISME
Le discours de Jacques Chirac a été précédé de la projection d'un film de la cinéaste Agnès Varda et suivi d'un concert de poèmes de Paul Eluard sur une musique de Francis Poulenc.
La cérémonie s'est déroulée en présence du chef du gouvernement, Dominique de Villepin, de plusieurs ministres dont Nicolas Sarkozy et des anciens Premiers ministres Lionel Jospin et Laurent Fabius. Le président de Yad Vashem était présent, ainsi que les hauts représentants de toutes les confessions religieuses.
Dans son intervention, Jacques Chirac a souligné l'aspect contemporain du message des Justes, dont le combat "pour la tolérance et la fraternité, contre l'antisémitisme, les discriminations, le racisme, tous les racismes, est un combat toujours recommencé".
A trois mois de la présidentielle, le chef de l'Etat a aussi mis en garde contre les extrémismes et les tentations négationnistes.
"Si l'on transige avec l'extrémisme, il faut bien le mesurer, on lui offre un terreau pour prospérer, et tôt ou tard on en paye le prix", a-t-il prévenu. "Face à l'extrémisme; il n'y a qu'une attitude : le refus, l'intransigeance".
L'inscription dévoilée dans la crypte du Panthéon commence par ces mots : "Sous la chape de haine et de nuit tombée sur la France dans les années d'occupation, des lumières, par milliers, refusèrent de s'éteindre".
Le Panthéon sera ouvert gratuitement au public du 19 au 21 janvier.
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