25 mai 2012
Pourquoi la peine de mort tue (aussi) des innocents ?

Tout au long de l’année 2011, notre pays a subi une succession de meurtres et de faits-divers qui ont fait les beaux jours des partisans de la peine de mort. Une peine capitale abolie en 1981 par le courage politique assumé du président François Mitterrand et de son Garde des Sceaux Robert Badinter.
La cruauté des crimes perpétrés ont amené beaucoup à s’interroger sur cette abolition en considérant que la perpétuité actuelle n’est plus acceptable et, suffisamment dissuasive, pour des criminels qu’ils conviendraient de mettre hors d’état de nuire, définitivement.
Certains prônent donc une réforme des peines, avec notamment un rétablissement partiel pour les tueurs d’enfants ou pour les auteurs de crimes avec acte de torture et de barbarie.
Entre les abolitionnistes convaincus et ceux qui sont favorables à une telle réforme –totalement impossible- un véritable dialogue de sourd s’est installé. La peine de mort n’est pas sécable et donc pas modulable selon la nature du crime perpétré ! Aucun crime n’étant inférieur (ou supérieur) à un autre.
A ceux qui me demandent pourquoi je m’oppose fermement à la peine de mort –en France comme ailleurs dans le monde- je réponds simplement que je crois notre société assez mâture pour assumer et juger ses criminels et, qu’en aucun cas je ne supporterais l’idée que l’on puisse assassiner un innocent. Ces propos provoquent souvent l’hilarité, et pourtant…
23 ans après avoir exécuté Carlos DeLuna en 1989 (reconnu coupable d’avoir poignardé une jeune mère de famille en 1983), l’Etat du Texas vient officiellement de reconnaitre son innocence suite à l’enquête menée par un professeur de l’Université de Columbia et quelques élèves.
Défaillances de la Justice américaine, enquête bâclée, avocat de circonstance commis d’office, indices perdus ou témoins non interrogés, constituent le récapitulatif obligeant le Texas à se déjuger et à reconnaitre… qu’il a tué un innocent !
Carlos Deluna a commis le seul crime de ressembler comme deux gouttes d’eau et de porter le même prénom que le véritable assassin Carlos Hernandez. Ce dernier est décédé paisiblement en 1999 en prison suite à une tentative d’assassinat sur une femme. Pour l’ironie, Carlos Hernandez est décédé d’une cirrhose du foie…
C’est justement pour ne pas revivre l’épisode (restant non élucidé à ce jour) de Christian Ranucci en 1976, que je maintiens et je persiste dans l’idée que, quoi qu’il en coûte à la communauté, la peine de mort n’est pas synonyme du mot Justice. Face à la mort : aucun doute n’est permis !
A la manière de Benoît Lacroix : « Les plus innocents sont les meilleurs coupables ».
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02 avril 2012
Pourquoi la torture mise aux enchères ?

Tout se vend et tout s’achète ! C’est en substance ce qu’il faut retenir de la décision du Conseil des Ventes amené à statuer la semaine dernière sur une vente aux enchères programmée le 3 avril prochain.
La Maison Cornette de Saint-Cyr va en effet procéder à la dispersion de la collection personnelle de Fernand Meysonnier décédé en 2008 à l’âge de 77 ans. Ce monsieur avait exercé comme « exécuteur en chef des arrêts criminels » du temps de l’Algérie française où il avait procédé à quelques 200 exécutions.
Une collection pour le moins surprenante constituée d’environ 350 objets aussi divers et variés que : des papiers officiels, des lithographies illustrées, une guillotine reconstituée, des écrases-mains, entraves et autres cordes d’exécutions !
Soucieuse de veiller à la bonne déontologie de cette mise aux enchères publique, et après avoir demandé les avis du Ministère de la Justice et de la Culture, l’Autorité de régulation des ventes aux enchères a estimé un brin fataliste que rien ne pouvait s’opposer à ce type de vente.
A travers cet exemple, on comprend mieux le sens de la phrase qui indique que la culture et les artistes se révèlent parfois très torturés…
Le Conseil des Ventes indique enfin souhaiter que cette manifestation se déroule dans le respect de la « sensibilité de chacun » et précise que nombre de ces objets d’art ne peuvent en aucun cas être exportés en dehors de l’Union Européenne.
Nous voilà pleinement rassurés !
A la manière de François Raynouard : « La torture interroge et la douleur répond ».
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23 mars 2012
Pourquoi la Justice des faibles ?

Quelques minutes à peine après l’attaque meurtrière de l’école juive Ozar Hatorah ayant couté la vie à trois jeunes enfants et un père de famille, la Justice des faibles, la Justice du Peuple fou a déjà rendu son verdict : la mort !
De FaceBook à Twitter, tout ce qu’internet compte de réseaux sociaux, s’enflamme et bruisse de commentaires aussi rapides que sanguinaires. La sanction suprême et exemplaire, la peine de mort, est immédiatement requise. Le footballeur marseillais André-Pierre Gignac succombe lui-même à cette émotion de l’instant en demandant le retour de la chaise électrique, ignorant sans doute que ce procédé d’exécution n’a jamais été utilisé en France !
Pas de quoi être surpris ! Le Peuple éduqué que nous sommes doit s'interroger sur la dérive grossièrement racoleuse de nos journalistes et des chaines qui les emploient. Le traitement de l'information dans notre pays est devenu une tare insoutenable. La couverture médiatique accordée à la tuerie de Toulouse et au siège de l'appartement de Mohamed Merah était profondément affligeante. BFM TV et I-Télé n'ont plus rien a envié à la Fox !
Aucun mot, aucun qualificatif n’est assez fort pour exprimer notre horreur et notre aversion collective face à ces exécutions primaires. Un homme tuant de sang froid et n’exprimant aucune forme de regrets, est un homme fâché avec l’Humanité. Une Humanité qui l’a pourtant engendré.
Il nous appartient à tous, collectivement, d’assumer et de juger ce type de criminels. De les juger à la hauteur des crimes dont ils se rendent coupables, tout en n’ayant pas l’angélisme de croire que cette pensée pourrait remplacer les vies ôtées.
Un retour vers la peine de mort, quelque soit la nature du crime commis, est impossible. Cette éventualité serait une régression de notre démocratie. La preuve évidente d’un fléchissement collectif et d’un renoncement à combattre les racines du mal. Ce combat passe incontestablement par l'éducation donnée à nos enfants et au devoir de responsabilité des parents qui ne peuvent déléguer cette charge à la société.
La dangerosité et la haine développée par des individus comme Mohamed Merah, méritent toutefois que l’on s’interroge très sérieusement sur les peines qui peuvent être prononcées à leur encontre. Si en France depuis 1986, la peine maximale applicable est de 30 ans incompressibles, le recours à une perpétuité à vie réelle apparait désormais presque indispensable.
Notre loi naturelle, la force de loi républicaine, c’est de ne jamais cesser de prôner et de défendre nos valeurs de Liberté, d’Egalité et de Fraternité. Des valeurs auxquelles il convient d’associer dans les présentes circonstances, la Tolérance et la Justice.
Mohamed Merah voulait ébranler la République. La République a répondu et s'est défendu. Sa mort ne sert pas les desseins de la Justice. Elle permettra sans doute aux familles de toutes les victimes de se dire que les assassinats qui les ont frappé ne sont pas restés impunis. C'est là l'essentiel.
A la manière de Voltaire : « La loi naturelle est l’instinct qui nous fait sentir la justice. »
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07 octobre 2011
Pourquoi 30 ans d'abolition de la peine de mort ?

Loi n° 81-908 du 9 octobre 1981 portant abolition de la peine de mort
(Journal officiel 10 octobre 1981)
L'Assemblée nationale et le Sénat ont adopté,
Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :
Art. 1er. - La peine de mort est abolie.
Art. 2. - La loi portant réforme du code pénal déterminera en outre l'adaptation des règles d'exécution des peines rendue nécessaire pour l'application de la présente loi.
Art. 3. - Dans tous les textes en vigueur prévoyant que la peine de mort est encourue, la référence à cette peine est remplacée par la référence à la réclusion criminelle à perpétuité ou à la détention criminelle à perpétuité suivant la nature du crime concerné.
Art. 4. - Les articles 12, 13, 14, 15, 16, 17 du code pénal et l'article 713 du code de procédure pénale sont abrogés.
Art. 5 - Le 1° de l'article 7 du code pénal est supprimé. Les 2°, 3°, 4° et 5° de cet article deviennent en conséquence les 1°, 2°, 3° et 4°.
Art. 6. - Les articles 336 et 337 du code de justice militaire sont abrogés.
Art. 7. - L'alinéa 1er de l'article 340 du code de justice militaire est remplacé par l'alinéa suivant :
" A charge d'en aviser le ministre chargé de la défense, l'autorité militaire qui a donné l'ordre de poursuite ou revendiqué la procédure peut suspendre l'exécution de tout jugement portant condamnation ; elle possède ce droit pendant les trois mois qui suivent le jour où le jugement est devenu définitif. "
Art. 8. - La présente loi est applicable aux territoires d'outre-mer ainsi qu'à la collectivité territoriale de Mayotte.
Art. 9 - Les condamnations à la peine de mort prononcées après le 1er novembre 1980 seront converties de plein droit suivant la nature du crime concerné en condamnations à la réclusion criminelle à perpétuité ou en condamnations à la détention criminelle à perpétuité.
Lorsqu'une condamnation a fait l'objet d'un pourvoi en cassation, les dispositions de l'alinéa précédent ne sont applicables qu'en cas de désistement ou de rejet du pourvoi.
La présente loi sera exécutée comme loi de l'Etat.
Fait à Paris, le 9 octobre 1981.
Par le Président de la République :
FRANCOIS MITTERRAND.
Le Premier ministre,
PIERRE MAUROY.
Le ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de la décentralisation,
GASTON DEFFERRE.
Le garde des sceaux, ministre de la justice,
ROBERT BADINTER.
Le ministre de la défense,
CHARLES HERNU.

En 2001, pour les 20 ans d'abolition en France, la Documentation Française avait posé quelques questions à Robert Badinter, père avec le président François Mitterrand de la loi abolissant la peine capitale dans notre pays :
Documentation Française : L’abolition de la peine de mort en France est l’aboutissement d’un combat deux fois centenaire, marqué par de nombreuses tentatives d’abolition depuis la Révolution. Comment expliquer le vote de l’abolition, malgré une opinion publique plutôt réservée ?
Robert Badinter : Par le courage politique. Lors de la campagne présidentielle de 1981, François Mitterrand avait fait publiquement savoir qu’il était favorable à l’abolition de la peine de mort. Tous les partis de gauche, à l’élection législative de 1981, avaient inscrit l’abolition à leur programme. En élisant François Mitterrand, et une majorité de gauche au Parlement, les Français avaient choisi l’abolition. Celle-ci a donc été adoptée dans des conditions aussi démocratiques que possible.
Pouvez-vous rappeler les arguments qui se sont opposés au moment du débat sur l’abolition de la peine de mort en 1981 ?
Le débat était ouvert depuis deux siècles et tous les arguments avaient été échangés. Le seul argument nouveau était d’ordre européen. Tous les pays de l’Europe occidentale, à l’exception de la France, avaient choisi l’abolition. Si elle avait présenté quelque danger que ce soit face à la criminalité sanglante, les responsables de ces pays n’auraient jamais voté ni maintenu l’abolition.
Comment s’est passé le débat de 1981, dans quel esprit, dans quel climat ?
Le débat a été vif. Il y eut des orateurs éloquents parmi les abolitionnistes : Raymond Forni (PS), Guy Ducoloné (PC), Philippe Seguin (RPR), parmi d’autres. L’abolition a été votée par la totalité des députés de gauche, par un tiers des députés de l’UDF et un quart du RPR, dont Jacques Chirac.
La vraie surprise et la vraie victoire parlementaire, à mes yeux, ont été le vote de la loi par le Sénat, très hostile au gouvernement de la gauche, dans les mêmes termes que l’Assemblée nationale.
Le débat n’a pas été complètement clos par la loi de 1981 et il est réapparu en France dans les années 1980-1990, avec un courant favorable au rétablissement de la peine capitale. Comment l’expliquez-vous ? Aurait-il pu aboutir à un rétablissement de la peine capitale ?
Depuis 1985, il est impossible de rétablir la peine de mort en France. En effet, la France a ratifié, en 1985, un traité international de 1983, le 6ème Protocole à la Convention européenne des droits de l’Homme. Cette convention interdit aux Etats qui l’ont ratifiée, de recourir à la peine de mort. Les traités internationaux ayant une valeur supérieure à la loi, le Parlement français ne pourrait rétablir la peine de mort que si le Président de la République française dénonçait cette convention. Pareille dénonciation mettrait la France au ban moral des droits de l’Homme en Europe. Un tel acte, de la part du Président de la République française, apparaît impossible au regard de l’affirmation constante de la France, la patrie des droits de l’Homme.
De 1984 à 1995, 27 propositions de loi visant à rétablir la peine de mort sont déposées au Parlement. Parmi les déposants, on notera les noms de Yann Piat et de Jean-Marie Le Pen pour le FN ou celui de Christian Estrosi pour le RPR.
Aujourd’hui le débat semble s’intéresser davantage à la question de la peine de mort dans le monde, en particulier aux Etats-Unis, plutôt qu’en France. Comment expliquez-vous cette évolution du débat ainsi que cette focalisation, sur les Etats-Unis alors que d’autres grandes puissances, telles que le Japon, continuent d’appliquer la peine de mort ?
Aujourd’hui la peine de mort est bannie de toute l’Europe. La quasi totalité des Etats européens, y compris à l’Est, ont ratifié le 6ème Protocole à la CEDH.
En ce qui concerne le reste du monde, la cause de l’abolition a grandement progressé depuis 20 ans. En 1981, la France était le 36ème Etat à abolir la peine de mort. Aujourd’hui, 108 Etats sont abolitionnistes, sur 189 que comptent les Nations Unies. L’abolition est devenue majoritaire dans le monde.
Aujourd’hui, 90 % des exécutions dans le monde sont le fait de 4 Etats : la Chine, les Etats-Unis, l’Arabie saoudite et l’Iran. L’alliance entre totalitarisme, fanatisme et peine de mort est historique. La première question, dans la marche à l’abolition universelle, est celle de la situation aux Etats-Unis, seule grande démocratie à recourir à la peine de mort. En dépit de l’attachement de l’opinion publique américaine à la peine de mort, des signes encourageants se manifestent : moratoires des exécutions dans certains Etats, diminution du nombre des exécutions et des condamnations à mort depuis le début de l’année, ralliement de grands média à l’abolition.
30 ANS D’ABOLITION
L’Histoire est écrite. Cela fait 30 ans, jour pour jour, que la France sous l’impulsion du Président François Mitterrand et l’acharnement du Garde des Sceaux Robert Badinter, a renoncé à la peine capitale.
Samedi après-midi, en ouverture de son discours d’investiture, Jean-Pierre Bel, nouveau Président du Sénat, a rendu hommage aux acteurs qui ont permis à cette loi majeure (et courageuse dans le contexte de l’époque) d’être votée. Une loi qui place les droits humains au cœur de toute action des pouvoirs publics.
Le deuxième personnage de l’Etat a poursuivi en soulignant l’atrocité, de ce qu’il a qualifié de « crime », dans l’exécution sordide de Troy Davis aux Etats-Unis. Un crime perpétré par un système judiciaire qui ne laisse aucune place au doute et pire, à la probabilité que cet homme était innocent des faits qui lui étaient reprochés.
Notre pays est souvent considéré comme un « vieux » pays, souvent incompris, souvent inconstant. Mais un pays qui revendique avec fierté le fait d’avoir mis fin à un châtiment cruel à l’issue irréversible. Si à l’exception notable du Front National qui appelle à son rétablissement, la peine de mort ne fait plus aujourd’hui débat dans notre pays.
Certes, l’atrocité de certains crimes révélés ces dernières années amène tous les citoyens à s’interroger sur la manière la plus appropriée de punir celles et ceux qui les ont commis. Certains entendent même ouvrir un nouveau front dans la différenciation des crimes frappants des enfants ou des handicapés.
Pourtant, est-il possible de juger qu’une vie est plus importante qu’une autre et qu’un crime est supérieur à un autre ?
Non, la peine de mort, châtiment suprême, ne peut souffrir d’une quelconque distinction. La peine de mort est insupportable car c’est une sentence immorale. L’Humanité trouve ici le moyen de se démarquer du règne animal. La peine de mort est une faiblesse d’esprit et une insulte à l’intelligence humaine.
Il n’est pas question d’être angélique, de prôner le grand pardon ou de croire que tous les hommes sont gentils ! Non, il est simplement question de rendre à la Justice, rendue au nom du Peuple français, sa rigueur, sa grandeur et les moyens de punir ceux qui ont failli.
En 2001, le président Jacques Chirac écrira dans un courrier adressé à l’association Ensemble Contre la Peine de Mort : « C'est un combat qu'il faut mener avec détermination et conviction. Car nulle justice n'est infaillible et chaque exécution peut tuer un innocent. Car rien ne peut légitimer l'exécution de mineurs ou de personnes souffrant de déficience mentale. Car jamais la mort ne peut constituer un acte de justice. »
30 ans d’abolition de la peine de mort, 30 ans d’engagement de la France pour l’Humanité. De cela, nous pouvons être fiers.
A la manière de Victor Hugo : « La peine de mort est le signe spécial et éternel de la barbarie ».
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09 août 2011
Pourquoi un nouveau contre-la-montre pour Hank Skinner ?

Suite à la Conférence de l’association Ensemble Contre la Peine de Mort, j’avais évoqué le témoignage poignant de Sandrine Ageorges-Skinner qui nous avait relaté la journée du 24 mars 2010 où son mari Hank Skinner, condamné à mort au Texas depuis 1995, avait vu son exécution ajournée suite à une décision de la Cour Suprême des Etats-Unis intervenue moins de 45 minutes avant l’heure prévue pour celle-ci.
Cette même Cour Suprême avait accepté courant mars 2011, qu’Hank Skinner puisse se pourvoir devant la juridiction civile du Tribunal Fédéral d’Amarillo (Texas) pour faire une nouvelle demande de tests ADN. Cette plainte toujours en cours, est contestée par l'Avocate Générale chargée du dossier d'accusation qui cherche à la faire annuler*. Hank Skinner continue de clamer son innocence.
Sans attendre la décision de ce Tribunal ou dans l’espoir d’hâter une décision de celui-ci, l’Etat du Texas a fixé une nouvelle date d’exécution d’Hank Skinner au 9 novembre prochain.
Un nouveau contre-la-montre est donc engagé. 90 jours, c’est le temps qui reste à la défense d’Hank Skinner et aux enquêteurs pour prouver son innocence et ainsi, lui éviter la peine capitale par injection létale.
A la manière de Gabrielle Roy : «Il ne faut jamais dire que l'espoir est mort. Ça ne meurt pas, l'espoir ».
*précision de Sandrine Ageorges-Skinner
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16 mai 2011
Pourquoi le pays des monstres gentils ?

Cet article n’est pas un énième flashback pour ramener quelques trentenaires nostalgiques au temps où Casimir régnait sans partage sur l’Ile aux Enfants. Amis lecteurs, vous êtes invités à plonger au cœur de l’Amérique qui, il y a quelques jours encore, se réjouissait de l’exécution d’Oussama Ben Laden.
Bienvenue aux Etats-Unis, le pays où la peine de mort est une tradition depuis 1608.
Pierre Desproges disait en son temps : « On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde » ! Si une étude de novembre 2010 tend à prouver que seuls 33% des américains demeurent favorables à la peine de mort, un français désireux d’entretenir de bonnes relations avec un partenaire d’outre-Atlantique sera bien inspiré d’éviter ce sujet controversé, surtout si ce dernier est originaire d’un état du sud des Etats-Unis particulièrement prolixes en la matière.
A l’exception de faits-divers sordides où la possibilité d’appliquer la peine de mort est revendiquée par quelques protagonistes, le sujet est traité dans les médias comme dans les conversations à la manière d’un lointain et triste souvenir que l’on préfère effacer. Robert Badinter, ancien Garde des Sceaux et artisan de l’abolition de la peine capitale dans notre pays en parle comme de « la bête immonde » qui n’a pas encore été éradiquée.
Hamida Djandoubi, criminel tunisien, fut la dernière personne exécutée dans notre pays. Il a été guillotiné le 10 septembre 1977 à la prison des Baumettes à Marseille. En octobre 2011, nous fêterons le 30ème anniversaire de l’abolition de la peine de mort en France.
1608 : année de la première exécution en Virginie, membre des Treize Colonies britanniques d’Amérique qui deviendront plus tard les Etats-Unis d’Amérique que nous connaissons actuellement.
La légitimation américaine de la peine de mort s’appuie sur le Deuxième Amendement de la Constitution américaine datant de 1791. Ce dernier donne à chaque citoyen la possibilité de disposer d’une arme à feux pour assurer sa propre défense et celle de l’Etat.
A partir de 1967, jugeant la peine de mort contraire à plusieurs amendements et estimant ce châtiment comme cruel et exceptionnel, la Cour Suprême des Etats-Unis suspens de nombreuses exécutions. Elle imposera par la suite un moratoire entre 1972 et 1976 qui sera appliqué sur l’ensemble du territoire.
Dès 1976, les exécutions reprennent dans 41 Etats américains qui ont décidé de réintroduire la peine capitale dans leur législation.
Dans les 10 dernières années, plus de 600 détenus (femmes et hommes) ont été extrait des couloirs de la mort pour être exécutés.
Connaissez-vous les « Death Row Inmates » ? La traduction la plus littérale est « Détenus dans le couloir de la mort ». En y accolant le nom de l’un des 34 Etat américain où la peine de mort est en vigueur, vous avez de fortes chances de tomber sur la sinistre galerie de portraits de femmes ou d’hommes qui attendent que leur soit communiquée la date de leur exécution. Au Texas ou dans l’Ohio, ces pages comptent parmi les plus consultées par les habitants et les différents délits et crimes des détenus y sont référencés. Spécificité américaine : le nombre et l’origine ethnique des victimes y sont clairement précisés.
Les plus intéressés peuvent naviguer sur Pro-Death Penalty (aucune traduction nécessaire) ou sur Death Penalty Info qui explique les méthodes d’exécution dans tous les Etats concernés. Après avoir lu cela, si votre sang n’est pas glacé, vous serez devenu incollables sur l’injection létale (1074 exécutions depuis 1976), l’électrocution (157), la pendaison (3), le peloton d’exécution (3)ou sur….la chambre à gaz (11) !

Le règne de l’injection létale
Une exécution par injection létale répond à un processus précis respectant la législation de l’Etat procédant. Si l’Ohio et Washington ont adopté le principe d’un seul et unique produit à administrer, tous les autres Etats procède au moyen du « 3-drug protocol ».
Le blog de soutien au condamné à mort Roger McGowen précise les modalités exactes du protocole :
Selon le protocole de Chapman, une fois que le prisonnier a été placé sur une civière et correctement attaché, deux aiguilles intraveineuses sont placées dans ses bras et reliées par une ouverture dans le mur à "l'antichambre" où le bourreau a pris place. Une solution saline est envoyée par les intraveineuses. Suit une procédure en trois étapes:
- Un anesthésique, en général du thiopental sodique (connu sous le nom de "Pentothal"), provoque un profond sommeil et une anesthésie générale. Avec la dose convenable, la concentration critique du produit chimique dans le cerveau est atteinte dans les 30 secondes. Puis la solution saline est envoyée à nouveau par les intraveineuses.
- Un agent paralysant, tel que le pancuronium bromide (''Pavulon''), le chlorure tubucarine ou la succinylcholine, est injecté. Ce sont des relaxants musculaires qui provoquent la paralysie du diaphragme et des poumons. Ils agissent entre 1 et 3 minutes après l'injection. Puis, une fois encore, la solution saline est injectée par les intraveineuses.
- Un agent toxique (ce n'est pas le cas dans tous les Etats), comme le chlorure de potassium, est injecté à une dose mortelle pour provoquer l'arrêt du cœur. Une minute ou deux plus tard, le condamné est déclaré mort.
L’exécution par injection létale s’est imposée peu à peu contre toutes les autres méthodes car jugée comme la plus respectueuse de la dignité humaine et la moins douloureuse pour les condamnés. Aujourd’hui remise en cause au niveau fédérale, l’injection létale peut à tout moment faire l’objet d’un avis défavorable de la part de la Cour Suprême des Etats-Unis.
Pour parer à cette éventualité, tous les Etats conservent une méthode d’exécution alternative et « offrent » aux condamnés à mort la possibilité d’opter pour une sentence autre que l’injection létale.
Le Département à la Justice de l’Etat du Texas très à cheval sur la publication des comptes publics, affiche régulièrement le prix du « cocktail de la mort ». Ce cocktail est la combinaison des trois produits utilisés lors d’une exécution par injection létale. En 2010, le cocktail moyen a été tarifé à 84,08 $ ! Cette somme n’est pas facturée aux familles des condamnés comme c’est l’usage pour le prix de la balle servant à exécuter certains condamnés à mort en Chine.
En 2010, plusieurs évènements surprenants sont venus enrayer le bon fonctionnement de la Justice américaine.
Le premier est la décision du laboratoire américain Hospira de fermer son usine italienne qui était la seule à produire le ThioPenthal Sodique utilisé lors des injections. Souci majeur car ce produit n’étant pas fabriqué aux Etats-Unis, cette fermeture à provoquer une pénurie obligeant les Etats à puiser dans leurs stocks pour procéder aux exécutions.
Le deuxième est venu du Royaume-Uni et de sa décision de suspendre la fourniture des produits chimiques utilisés par Hospira dans la confection du ThioPenthal Sodique.
Troisième et dernier évènement, toujours en Europe, où le Parlement Européen s’est élevé contre la participation indirecte de membres de l’Union Européenne aux exécutions américaines, usant ainsi de pressions sur l’Allemagne et l’Autriche qui fournissaient également certains composants chimiques.
Ces contretemps n’ont pas entaché la volonté des Etats à poursuivre leur désir de faire appliquer leur Justice en remplaçant le ThioPenthal Sodique par le PentoBarbital fabriqué par la Laboratoire danois LundBeck. Ce nouveau mélange est fortement contesté aux Etats-Unis puisque de l’aveu même de certains vétérinaires, aucun n’utiliserait celui-ci sur des animaux car sa composition infligerai des douleurs violentes.
L’Oklahoma n’a eu aucun scrupule le 16 décembre dernier lors de l’exécution de John Duty en lui injectant ce « cocktail de la mort » nouvelle génération.
A la manière de Fernand Ouellette : « Crois-tu que la vie soit un passage d'une mort à l'autre ? Faut-il vraiment transiter par tant de morts pour arriver à vivre ? »
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09 mars 2011
Pourquoi une lueur d’espoir pour Hank Skinner ?

Hank Skinner, 49 ans le 4 avril prochain, condamné à mort au Texas depuis 1995.
Le 7 mars 2010, la Cour Suprême des Etats-Unis a autorisé Hank Skinner à saisir un Tribunal Fédéral afin de faire procéder à l’analyse des tests d’ADN permettant de fournir la preuve de son innocence du crime qui a conduit à sa condamnation à mort. L’Etat du Texas s’oppose à fournir les échantillons nécessaires à cette analyse depuis plus de 10 ans. Hank Skinner a toujours nié avoir assassiné son ex-compagne et les deux fils de celle-ci.
En octobre dernier, lors de « 7 jours contre la peine de mort » organisé par l’association ECPM (Ensemble Contre la Peine de Mort) célébrant ses 10 ans d’existence, nous avions assisté avec quelques amis à la conférence « la peine de mort nuit gravement à la santé » venant clôturer cette semaine de mobilisation.
Outre les interventions remarquées de François Zimeray, Ambassadeur de France aux Droits et de l’Homme et de l’indétrônable Robert Badinter, ancien Garde des Sceaux et Père de la loi d’abolition de la peine de mort sous la présidence de François Mitterrand, nous avions écouté le récit de Sandrine Ageorges-Skinner, épouse de Hank Skinner.
Devant une assistance muette, Sandrine Ageorges-Skinner avait relaté la journée du 24 mars 2010 où, Hank Skinner, après avoir fait ses adieux à ses filles et à son épouse, parcourait une dernière fois le couloir de la mort pour rejoindre la salle où il devait être exécuté par injection létale.
Le processus sera abandonné 45 minutes avant l’exécution, suite à une décision de la Cour Suprême des Etats-Unis qui ne remet toutefois pas en cause l’illégalité de sa détention.
Dans l’attente de la décision du Tribunal Fédéral et de la réalisation des tests ADN dans les meilleures conditions, c’est une nouvelle lueur d’espoir, ultime espoir, pour Hank Skinner et ses proches.
Visitez le site Hank Skinner
Visitez le site d’Ensemble Contre la Peine de Mort
Visitez le site du Département de la Justice de l’Etat du Texas
A la manière de Victor Hugo : « Partout où la peine de mort est prodiguée, la barbarie domine ; partout où la peine de mort est rare, la civilisation règne ».
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31 décembre 2010
Pourquoi remercier mes visiteurs de 2010 ?

Le monde des blogs est une formidable vitrine de la diversité de la société. En surfant tantôt sur les uns, tantôt sur les autres, vous arrivez facilement à décrypter la personnalité du (ou des) rédacteurs de ces derniers. Mon blog personnel ne fait pas exception à la règle et il vous suffit d’observer les catégories pour vous faire une petite idée de « qui je suis » et « à quoi j’aspire »...
Beaucoup de blogueurs observent à la loupe leurs statistiques sans doute pour juger de leur aura ou du bien fondé de leurs pensées. Je ne fais pas exception à cette règle avec une nuance toutefois : observer plus précisément les sujets qui peuvent passionner ou intriguer mes lecteurs.
Si les sujets politiques conservent une base solide, ma plus grande satisfaction tient à votre intérêt pour les textes relatifs à l’abolition de la peine de mort ou aux conditions des détenus dans les prisons françaises. C’est une nouvelle rassurante confirmant l’idée que la curiosité n’est pas toujours un vilain défaut !
Des lecteurs plus nombreux et plus réguliers en 2010, puisque ce blog a accueilli plus de 50.000 visiteurs contre un peu moins de 40.000 en 2009. Une vitalité aussi surprenante qu’inattendue pour laquelle je vous adresse à toutes et tous mes remerciements les plus chaleureux.
Vous avez aimé 2010 ? C'est juré, vous allez adorer 2011 !
A la manière de Guy Bedos : « Soyez sans crainte, le talent n'est pas contagieux ».
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| Tags : france, blog, régis sada, merci, visiteurs, politique, prison, justice, peine de mort, statistiques |
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25 février 2010
Pourquoi le 4ème Congrès contre la peine de mort ?

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| Tags : france, monde, suisse, genève, abolition, peine de mort |
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10 octobre 2007
Pourquoi il faut un moratoire universel sur la peine de mort ?
Au nom des cinq millions de personnes qui ont signé la pétition intitulée « Moratoire 2000 » lancée par la Communauté de Sant’Egidio et Amnesty International, nous, les signataires, renouvelons notre appel pour un moratoire sur les exécutions et l’abandon de la peine ca- pitale, car nous sommes convaincus que la peine de mort:
- Enfreint le droit universellement reconnu à la vie ;
- Est le châtiment le plus cruel, inhumain et dégradant qui soit ;
- Présente le risque constant de commettre une erreur irréparable : l’exécution d’un innocent ;
- Ne constitue pas un moyen supplémentaire de dissuasion contre la criminalité ;
- Introduit la violence dans les sociétés où l’État tue au nom de la loi.
Nous saluons les progrès importants accomplis sur la voie de l’abolition de la peine capitale à l’échelle mondiale et notons que 130 nations ont supprimé la peine de mort de leur législation ou ont cessé de l’appliquer.
Nous invitons tous les gouvernements à se mobiliser en faveur d’un monde sans exécution afin de contribuer au renforcement de la dignité humaine et de participer à l’évolution progressive des droits de l’Homme.
Nous demandons aux États membres de l’Assemblée générale des Nations unies d’approuver massivement un moratoire international sur les exécutions.
Signez la pétition sur :
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| Tags : politique, monde, peine de mort, sada, iran, france, onu |
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