30 décembre 2011

Pourquoi mes visiteurs de 2011 sont formidables ?

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2011 s’éteint lentement… Rendus à quelques heures de la nouvelle année, la tradition du bilan de fin d’année sera cette fois-ci encore respectée.

Fin 2010 je me suis étendu sur cette merveilleuse invention qu’est internet, en soulignant la facilité pour chacun d’entre-nous de partager ses émotions, ses sentiments et autres coups de gueule.

Amis internautes, si je donne foi à mes indicateurs : vous aimez la politique française ! Mes gentilles diatribes sur le sujet semblent encore vous avoir passionné cette année. Quoi que nous réserve 2012, ne doutons jamais de l’impérieuse nécessité de nous engager avec clarté ! La République et la France se conjuguent au présent et leur destin passe aussi par le media 2.0 et l’ensemble des réseaux sociaux !

S’engager, c’est aussi dénoncer ! Comment donc, ne pas vous être redevable de l’incontestable intérêt que vous portez à tous mes billets liés à la Justice, aux prisons et aux conditions de détention dans notre pays. Cet appui marque sans doute l’idée qu’une démocratie comme la notre ne peut faire l’économie d’une Justice juste et, que le devoir d’Excellence est la seule réponse que la France doit apporter au respect de la dignité humaine, dans ses prisons comme ailleurs…

2011 c’était aussi le 30ème anniversaire de l’abolition de la peine de mort. La célébration de cette belle promesse du président François Mitterrand élu en 1981 et mise en chantier par un certain Robert Badinter. Sujet ô combien douloureux quant cette barbarie désuète continue à s’exercer lourdement en Iran, en Arabie Saoudite ; a emporté Troy Davis dans l’Etat de Géorgie et qu’Hank Skinner lutte contre elle dans le couloir de la mort du Texas.

Que les sujets soient lourds, denses, amusants, dithyrambiques et parfois tristes, ils avaient conduit 56.000 d’entres-vous au hasard de ces pages en 2010 pour 176.000 pages vues.

En 2011, toujours plus nombreux et toujours plus fidèles, vous avez été plus de 105.000 à vous bousculer ici même et à avoir consulter près de 280.000 pages ! Encore plus qu’en 2010 et bien moins qu’en 2012 (je l’espère) soyez en toutes et tous chaleureusement remerciés !

A la manière de Madeleine Ferron : « Dans la vie, les hommes sont tributaires les uns des autres. Il y a donc toujours quelqu'un à maudire ou à remercier.  »

26 octobre 2011

Pourquoi je n’oublie pas mes prisonniers ?

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Courir après le temps et faire face à ses propres priorités est le quotidien du tout à chacun. Mes dernières semaines ont été bien occupées. Le travail et les obligations n’ont pas manqué. Pourtant, même si mes « pourquoi ? » se sont espacés, je n’ai rien oublié et surtout pas les combats auxquels je crois et le sort réservé aux prisonniers.

Non, mon silence contraint ne m’empêche pas d’entendre le discours du président de la République, déjà entré en campagne, qui redonne jeunesse à sa vieille rengaine de 2007 en accusant une fin de non recevoir aux délinquants et autres criminels. Le bilan de ses quatre années de présidence ne lui permet pourtant pas de se prévaloir d’une quelconque satisfaction.

Le chiffon rouge est une nouvelle fois agité en se bornant à constater la forme plutôt que d’agir sur le fond. Aucune réforme sur l’aménagement des peines, sur l’impérieuse nécessité de se préoccuper de la vie carcérale et du devenir des détenus une fois rendus à la société. Aucune réforme sur les conditions de détention, sur le suivi sanitaire, psychologique et psychiatrique des détenus. Aucune réforme concrète pour redéfinir le rôle de l’enfermement dans notre pays.

A l’heure où certains pointent du doigt les carences d’une Education Nationale en voie de décomposition, le Chef de l’Etat répond par l’ouverture promise de 30.000 nouvelles places de prison en France et en adoubant le rapport du Député Ciotti qui n’a pour seule vertu que de répondre aux angoisses par d’autres angoisses.

La cellule de veille citoyenne fait son travail mais, avouons-le, le temps manque à tous pour répondre point par point à l’avalanche d’inepties dont nous sommes abreuvés avec une constance déconcertante !

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Non, mon silence forcé ne m’empêche pas de penser à l’épée de Damoclès suspendue sur la tête d’Hank Skinner et de son épouse Sandrine. Le contre la montre est désormais bien avancé et, si la Cour d’Etat du Texas ou la Cour Suprême des Etats-Unis n’en décident pas autrement, n’écoutent pas les protestations qui s’élèvent de par le monde, le 9 novembre prochain Hank Skinner subira le même châtiment que Troy Davis il y a quelques semaines.

Les mêmes doutes et les mêmes interrogations sur une possible innocence d’Hank Skinner des faits qui lui sont reprochés, suffisent à nous glacer le sang. Lorsqu’il y a doute, le bénéfice de celui-ci doit en être rendu à l’accusé car une fois la sentence de mort exécutée, tout retour en arrière est impossible.

Quelques jours après avoir fêter les 30 ans d’abolition de la peine de mort dans notre pays, les nouvelles en provenance du Moyen-Orient ou des Etats-Unis doivent interpeller notre conscience humaine et ne jamais renoncer à dénoncer la barbarie du châtiment suprême. 

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Non, mon silence obligé ne m’empêche pas de penser à mon ami, appelons-le Bob, qui comme l’éponge maladroite qu’il est, absorbe la bêtise en refoulant le bon sens. Engagé j’ai été, engagé je demeure. La bataille n’est pas terminée. Il convient à tous de retrouver ses esprits et de puiser dans ses propres ressources. Lorsque la méthode employée donne des signes de faiblesse, on se rebrousse les manches et on recommence autrement ! A bon entendeur…

Enfin, comme un triste record, comme une cruelle révélation d’erreurs cumulées, mon silence de quelques temps ne me fait pas oublier que depuis le 1er janvier 2011, 79 détenus ont mis fin à leurs jours dans nos prisons.

A la manière de Bertolt Brecht : « Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu ».

12 octobre 2010

Pourquoi la peine de mort existe-t-elle en France ?

Lors de son intervention à l’occasion de la Conférence d’ECPM « la peine de mort nuit gravement à l’humanité », François Zimeray, Ambassadeur de France pour les Droits de l’Homme, relayant les préoccupations internationales sur l’état des prisons françaises a conclu son propos dans les termes suivants :

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« Au regard d’une triste moyenne annuelle de 125 suicides dans nos prisons, on peut logiquement se demander si la peine de mort a réellement été abolie dans notre pays. »

Si la salle dans laquelle ces mots ont été prononcés réunissait invités et spectateurs convaincus de la nécessité d’une abolition universelle de la peine de mort à travers le monde, il n’est pas question pour autant de faire un procès en insincérité à François Zimeray.

Le fait que l’Ambassadeur de France pour les Droits de l’Homme reconnaisse ouvertement et sans détours : que l’état de nos prisons est un problème souligné par des instances internationales comme le Conseil de l’Europe ou les Nations Unies, que de nombreux procès intentés par des détenus ont conduits à une condamnation de l’Etat, que d’autres procès sont actuellement en cours d’instruction et que le nombre de détenus ayant mis fin prématurément à leurs jours n’a jamais été aussi élevé, doit convaincre celles et ceux qui en doutent encore que nos prisons pénalisent lourdement l’image d’une France respectueuse des droits humains. 

La voix de cet Ambassadeur, c’est aussi la voix de la France…  

 

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Outre l’intervention de Robert Badinter continuant inlassablement à surnommer la peine de mort « la bête immonde » et à dresser un constat géopolitique des foyers existants et à venir où l’abolition n’est pas encore d’actualité, on retiendra les interventions de trois emblèmes de la cause. 

Trois femmes, trois destins, trois histoires aussi émouvantes qu’éprouvantes :

Antoinette Chahine (ex-condamnée à mort au Liban) relatant les tortures dont elle a été victime,

Sandrine Ageorges-Skinner (épouse de Hank Skinner, condamné à mort au Texas) qui relate la journée du 24 mars 2010 et sa visite à son mari qui bénéficiera trois quart d’heure avant l’horaire prévu de son exécution, d’une décision de réexamen de la Cour Suprême des Etats-Unis.

Gloria Kilian (ex-condamnée à mort aux Etats-Unis) qui relate ses 17 ans passées en prison, la mort de tous ses proches durant ses années de détention et le jour où elle comprend que sa vie a été gâchée pour un meurtre qu’elle n’a jamais commis. 

A la manière de Jean-Jaurès : « Le courage, c'est de comprendre sa propre vie... Le courage, c'est d'aimer la vie et de regarder la mort d'un regard tranquille... Le courage, c'est d'aller à l'idéal et de comprendre le réel ».

07 octobre 2010

Pourquoi demander l'abolition aux USA ?

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Les États-Unis sont l'un des rares pays fédéral qui donne à chaque État le pouvoir de légiférer sur la question de la peine de mort. À l'heure actuelle, on compte 15 États abolitionnistes et 35 États rétentionnistes aux États-Unis, même si parmi ces 35 États rétentionnistes, 10 n'ont procédé à aucune exécution depuis au moins 10 ans.

Ces dernières années, les mesures abolitionnistes se sont propagées dans ce pays qui reste pourtant très divisé sur la question. Selon Amnesty International, la peine de mort aux États-Unis a atteint un sommet en 1994, mais les exécutions ont chuté de plus de 60 pour cent dans la dernière décennie et l'année dernière, en 2009, le Nouveau-Mexique est devenu le 15e État à abolir la peine capitale dans sa législation.

 

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Cette 8e Journée mondiale a pour but de renforcer la tendance vers l'abolition aux États-Unis et dans le monde entier. C'est l'occasion de s'opposer publiquement à l'utilisation de cette peine inhumaine, cruelle et dégradante et de soutenir ceux qui aux Etats-Unis qui se battent pour son abolition.

8 octobre 2010 : nous pouvons vivre sans la peine de mort

http://www.worldcoalition.org

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04 octobre 2010

Pourquoi 7 jours contre la peine de mort ?

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 http://www.abolition.fr

Programme de la semaine

du 4 au 10 octobre 2010

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27 janvier 2009

Pourquoi l’abolition de la peine de mort s’affiche sur France 2 ?

 

 

Ce soir à 20H35, France 2 diffuse la première partie de son téléfilm « L’abolition » qui retrace le combat de l’avocat Robert Badinter sous les traits de Charles Berling :

 

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« En 1971, un fait divers sanglant défraye la chronique : dans l'enceinte de la prison de Clervaux, un gardien et une infirmière ont été tués lors d'une prise d'otages orchestrée par un détenu. L'opinion publique s'attend à le voir monter bientôt sur l'échafaud. Mais les jurés condamnent aussi à la peine capitale son complice, Roger Bontems. Or, celui-ci n'a assassiné personne. L'avocat Robert Badinter et son collègue Philippe Lemaire entreprennent de mobiliser l'opinion pour sauver Bontems, condamné à mort alors qu'il n'a pas tué. Mais le pourvoi en cassation est rejeté et le président Pompidou refuse d'accorder sa grâce. Quelques années plus tard, un dénommé Patrick Henry est accusé du meurtre d'un enfant... »

 

La seconde partie sera diffusée au même horaire mardi 3 février toujours sur France 2.

 

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A cette occasion, le magazine Télérama publie une interview de Robert Badinter dans laquelle l’ancien Garde des Sceaux et ancien Président du Conseil Constitutionnel parle de l’abolition de la peine de mort en France le 30 septembre 1981, de l’élection de Barack Obama aux Etats-Unis, de la situation des prisons françaises ou encore de ce qu’il considère comme une dérive quasi-monarchique de la politique conduite par Nicolas Sarkozy et son Gouvernement. A lire et à relire…

 

Robert Badinter, un homme politique qu’on ne se lasse pas de lire ou d’entendre. Un personnage qui mêle la sensibilité à l’humanité et qui nous rappelle qu’il est toujours préférable d’écouter la voix de la raison plutôt que de se laisser guider par ses propres passions.

 

Régis Sada