22 mars 2012

Pourquoi les petits conseils de Jacques Attali ?

 

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Note secrète, sur la conduite des dernières semaines de campagne

"Chers amis,  

Il va sans dire que la note qui suit est secrète et ne doit pas sortir de vos quatre bureaux. Elle ne vise qu'à vous servir à orienter vos équipes dans les prochaines semaines. 

Notre agence, sous les divers noms qu'elle porte, conseille à travers vous les principaux candidats à l'élection présidentielle française. Nous pouvons en être fiers. C'est le fruit d'un long travail, mené depuis de nombreuses années, pour obtenir la confiance de ces gens-là et de leurs entourages. C'est aussi le résultat des travaux approfondis de nos équipes de publicitaires, sociologues, spécialistes des sondages, du marketing interactif, d'Internet et de toutes les autres techniques, sans cesse renouvelées, si nécessaires à l'exercice de notre métier, dont je vous rappelle la haute et belle mission: convaincre. 

Pour l'instant, la campagne présidentielle française se déroule parfaitement bien, conformément à nos recommandations et à nos intérêts. Suivant nos prescriptions, tous les candidats sérieux refusent de parler de leurs bilans et encore plus de leurs programmes. Nous avons réussi à les convaincre que les électeurs sont amnésiques et myopes, que la ­campagne n'est pour eux qu'un spectacle et qu'ils ne s'intéressent ni au passé ni à l'avenir. Il était alors facile de démontrer aux candidats la nécessité de sortir chaque jour une idée nouvelle, faisant oublier celle de la veille. Peu importe le sujet, l'important est qu'on en parle. Il faut ne pas rester immobile, donner le sentiment d'un dynamisme illimité et, surtout, éviter d'être taxé de routinier ou d'ennuyeux : qui voudrait passer les cinq prochaines années avec un président rabâchant sans cesse les mêmes idées, de peur de se contredire? 

Ceci est peut-être contraire à l'intérêt de la démocratie, qui exige que les candidats s'affrontent en profondeur sur leurs visions et leurs projets. Ce n'est pas notre affaire et ne doit pas le devenir. Notre intérêt est de vendre à chaque camp un maximum de sondages (au moins un par jour), d'études qualitatives (au moins trois par semaine). Cela nous permettra non seulement d'engranger un confortable chiffre d'affaires, mais aussi - avantage annexe - de relayer, jour après jour,  

Les messages et les préoccupations de nos autres clients, entreprises commerciales dont dépend notre bien-être. 

En principe, il ne faut pas s'inquiéter : la tyrannie du neuf s'exerce partout dans la société, pour notre plus grand bénéfice. Et même si nous n'existions pas (après tout, nous n'existons peut-être pas...), tout se passerait sans doute de la même façon. Mais si je crois utile de vous l'écrire aujourd'hui, c'est pour que vous restiez vigilants, pour que vous évitiez tout dérapage, possible pendant les derniers jours, au cas où les électeurs deviendraient soudain plus pressants. 

Aucun sujet ne doit donc rester d'actualité pendant plus de vingt-quatre heures. A vous de proposer, chaque jour et à chaque équipe de campagne, selon le résultat de vos études, des thèmes nouveaux. A vous de créer des polémiques, de tester des humeurs, des mots, des gestes, des attitudes, des sourires, des slogans. Tout, sauf des projets! 

Je compte sur vous." 

Jacques Attali

06 février 2012

Pourquoi l'art de la polémique ?

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Notre Peuple est-il devenu à ce point stupide pour que seule la polémique suffise à le nourrir ? Voilà bien en substance la seule question qui me vient à l'esprit en observant les débats qui nous animent aujourd'hui. Les français sont enfants de polémique.

Un mot, une boutade ou autre gauloiserie bien calée, suffit désormais à satisfaire leur appétit politique. A écouter les échanges fleuris dont nous sommes les otages, on se surprend à retrouver quelques scènes héritées des récréations de notre enfance. A qui aura le calot le plus gros, le plus grand nombre de soldats ou la barbichette la plus longue, emportera les cœurs que la raison ne saurait ignorer !

Il est toujours utile de préciser que la controverse est un art bien né qu'il faut savoir manier avec la plus grande dextérité. La controverse est fille de l'art polémique et, à ce jeu, je ne suis pas certain que nous suffisamment armés pour l'affronter en toute tranquillité.

Notre pays dit-on, à défaut d'avoir du pétrole, regorge d'idées qui ne demandent qu'à jaillir pour inonder la société. Soyons utiles et raisonnés et laissons aux artistes, aux vrais, le seul art qu'ils manient avec génie, celui de polémiquer pour le bien de l'Humanité !

A la manière de Paul Gauguin : « La vérité ne se dégage pas de la polémique, mais des œuvres qu'on a faites. »

16 février 2011

Pourquoi des vacances en France Ultra-marine ?

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Halte aux polémiques sur les lieux de villégiature des uns et des autres ! Si le soleil boude le tout Paris et que beaucoup cherche à le retrouver, il est impératif de resserrer les rangs en répondant à l’appel du Chef de l’Etat qui entend désormais imposer la France comme destination paradisiaque.

Il a répondu ainsi en écho à l’excellente suggestion du directeur de l’Express, Christophe Barbier, qui dans son édito du 9 février sur LCI invitait nos responsables politiques à se tourner vers nos départements et territoires d’Outre-mer.

Est-il ainsi nécessaire de rappeler que la France est présente aux quatre coins du monde, sur les cinq continents, et qu’elle offre un panel de paysages, de faune et de flore qui satisferont toutes les envies :

 

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Sur la route des Indes : découvrez Mayotte (où 95% de la population est musulmane) ou La Réunion !

Perles et coquillages : plongez en Nouvelle-Calédonie, à Wallis et Futuna (où les rois règnent) ou en Polynésie Française !

Banane et canne à sucre : parcourez la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane, Saint-Martin ou Saint-Barthélemy (pour les peoples) !

Poissons et philatélie : rêvez à Saint-Pierre-et-Miquelon (où une réserve est en projet) !

Pour les plus difficiles : il vous reste l’atoll de Clipperton, les Terres Australes et Antarctiques Françaises ou l’Ile de Ré (très fréquentée) !

Français de métropole ! Pour vos vacances, n’allez pas chercher midi à quatorze heures ! Partez en France ! N’oubliez toutefois pas une chose essentielle : si la France Ultra-marine reste la France, elle dispose de traditions et de coutumes locales qui doivent être respectées et valorisées.

Avec mes compliments, sous vos applaudissements !

A la manière de Lionel Jospin : « Il n'y a pas un outre-mer, mais des outre-mers ».

25 octobre 2007

Pourquoi j’écris ma lettre à Guy Mocquet ?

4d3ab920836a6d85d9ca9f05e6a787a3.jpgJeudi 25 octobre 2007,

Mon cher Guy, nous ne nous connaissons pas, mais moi j’ai beaucoup entendu parler de toi.

Tu es parti en pleine guerre, et plus de soixante ans après ton départ, l’Histoire ne cesse de s’écrire et de se répéter. Rassure-toi les nazis sont partis, certains ont même été jugés pour les crimes qu’ils avaient perpétrés. Pas tous, le monde ne les a pas jugé assez vite pour qu’ils puissent être tous punis. Les allemands sont nos amis depuis longtemps. Avec eux nous avons réussi à faire la paix alors qu’entres-nous, nous continuons à nous battre pour des idéaux qui me dépassent parfois.

Depuis mai, nous avons un nouveau Président. Il s’appelle Nicolas Sarkozy. Ce n’est pas un Président de gauche, le dernier était resté quatorze ans à l’Elysée. C’était il y a bien longtemps maintenant.

Ce Président là, se revendique des idées du Général De Gaulle -que tu as tout juste connu- mais assume son libéralisme en le teintant de pointes de valeurs sociales. Il n’est pas communiste. Il n’y a plus de communistes aujourd’hui d’ailleurs, du moins au sens où tu pourrais le comprendre.

Soixante ans ont passé et la France a beaucoup évoluée. Elle souhaite faire la paix avec son passé même si elle n’y arrive pas toujours. Nous continuons à honorer les français de ton époque presque par superstition. Sans doute par peur de voir revenir de vieux démons qui ne cessent de nous hanter.

C’est dans cet esprit même, que tu seras surpris d’apprendre que notre nouveau Président t’a choisi pour incarner le visage de cette jeunesse résistante morte pour la France. Comme une relique, ta dernière lettre adressée à ta famille, a été lue lundi dernier dans tous les lycées de cette France que tu aimais tant.

Certains professeurs de lycées et les derniers communistes français n’étaient pas très contents. Ils ont parlé d’exploitation politique je crois. Marie-George qui est la « camarade en Chef » était rouge de colère.

Beaucoup de polémique pour pas grand-chose. Cette lecture ne méritait pas cela même si l’on peut comprendre que certains veuillent s’approprier des symboles qui appartiennent au patrimoine commun du Peuple.

Je ne suis pas un grand admirateur de ces célébrations perpétuelles qui empêchent les français « d’après guerre » de construire leur propre Histoire. Faut-il encore que les hommes d’aujourd’hui soient capables de construire quelque chose ensemble… Entretenir la mémoire est nécessaire, mais sans porter ombrage à l’avenir que l’on se doit de construire.

d079a910891840c5c0b14897e1400c15.jpgPourquoi toi et ta lettre ? Je ne saurais trop te dire, sans doute car tu étais trop jeune pour mourir et que ton texte, aussi simple soit-il dans sa composition, était plein de courage et d’émotion contenue. Il n’en faut pas plus pour entrer dans l’Histoire tu sais, les hommes sont si égoïstes de nos jours.

Tu es un modèle pour beaucoup, et tu ne le sauras jamais…. Mais tu sais Guy, je suis très déçu. Même si je ne te connais pas je suis déçu.

Peu m’importe de savoir si tu étais communiste ou gaulliste, peu m’importe de savoir si tu t’es évanoui ou si tu es resté debout devant ces lâches nazis qui ont fusillé ton groupe, peu m’importe de savoir si tu étais jeune ou moins jeune que les autres.

Je sais que tu es resté debout, comme des centaines de milliers d’autres français, comme mes grands-pères, pour participer à protéger la République et la France. Je sais que toi, comme tous les autres, vous avez donné votre vie et fait couler votre sang pour la France.

Je sais que toi, comme tous les autres, vous avez été sacrifié pour nous permettre d’être libres aujourd’hui. Personne n’aura jamais assez de mots pour saluer votre don éternel.

Je suis déçu Guy tu sais. Je suis déçu, car même la célébration d’un symbole aussi fort et aussi beau, les français d’aujourd’hui n’ont pas réussi à le respecter. Ils ont gâché –volontairement ou involontairement- un grand moment d’unité nationale.

Prends soin de toi, embrasse tes camarades pour moi et repose en paix. Rassure toi, ils ne t’enlèveront ni ton nom et l’honneur que tu as gagné malgré toi.

Régis

14:45 Publié dans Bien s'engager ? | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : pc, politique, polémique, sarkozy, guy mocquet, guerre, résistance | |  Facebook