21 novembre 2011
Pourquoi les journées nationales des prisons 2011 ?
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30 juillet 2010
Pourquoi la fermeture de prisons vétustes fait débat ?

C’est par un communiqué publié sur le site du Ministère de la Justice que la Garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie, a annoncé la fermeture définitive de 23 prisons -jugées trop vétustes- entre 2015 et 2017.
Cette mesure est une conséquence de la nouvelle Loi Pénitentiaire adoptée en 2009, et qui vise à mettre la France en conformité avec les recommandations du Conseil de l’Europe qui sanctionne notre pays depuis plusieurs années pour ses mauvaises conditions de détention.
Dans ces 23 établissements de taille moyenne, 14.000 places succèderont aux 9.000 actuellement en service. Ce bénéfice de 5.000 places devrait satisfaire syndicats et autres organisations qui luttent contre la surpopulation carcérale, mais visiblement des réserves sont émises car ce « bénéfice » ne permettrait qu’une mise en conformité « partielle » puisque aspiré par le principe d’encellulement individuel des détenus.
Par ailleurs, dans la liste communiquée du Ministère, on note que les nouvelles prisons seront majoritairement construites sur des sites excentrés de leur positionnement actuel. Les syndicats pénitenciers pointent du doigt les conséquences pour leurs personnels, sur le futur transfert des détenus et sur la taille des nouveaux établissements.
PRISONS A « TAILLE HUMAINE »
Les syndicats émettent les plus grosses réserves sur les points suivants :
« Américanisation » des prisons françaises : à l’image du docu-fiction Prison Valley diffusé récemment sur Arte, un risque de développement de super-prisons modernes certes, mais où les effectifs de surveillance sont réduits et où les détenus seraient gérés par caméras et interphones, n’est pas à exclure.
Sous-population de personnel contre surpopulation carcérale : ces nouvelles prisons pourraient accueillir près de 700 détenus contre des unités de 200 souhaitées par les syndicats. Ils évoquent le fait qu’un surveillant actuel est censé avoir 60 détenus à sa charge. Ce chiffre serait en réalité de 90.
La concentration ennemie de la réinsertion : comment tenir les engagements de réinsertion (surveillance sous bracelet électronique comprise) si l’on décide d’augmenter la capacité d’accueil des détenus sans tenir compte des besoins en personnel censés les accompagner.
Ces réserves ne sont pas négligeables. Elles n’abordent pourtant pas certains problèmes explosifs.
La Cour des Comptes a rendu le 20 juillet son rapport « Prévenir la récidive, gérer la vie carcérale ». L’institution juge dans ce rapport, la santé et l’accès à la formation professionnelle comme des points noirs. Nos établissements ne sont pas adaptés à une bonne prise en charge des détenus souffrant de problèmes psychiatriques, de même qu’ils ne permettent pas d’envisager de bonnes conditions de sortie (et donc de réinsertion) à des détenus souvent privés d’enseignements et de formations qualifiantes.
Comment faut-il interpréter la volonté affichée du Gouvernement à vouloir avancer rapidement sur le dossier de nos prisons ? Cet empressement vise-t-il à apporter des solutions aux recommandations et autres avertissements visant la France ?
Le débat est lancé et ne manque pas d’agiter le petit monde des commentateurs. Certains n’hésitent pas à conseiller une réouverture des bagnes d’antan ou mieux, de laisser à nos détenus les joies du pain sec et à l’eau…
Au final, la conclusion du rapport de la Cour des Comptes répond à ces questions : donner la priorité à un service public pénitentiaire qui gagne d’abord en efficacité et en dignité. S’il faut rattraper des lacunes considérables, la précipitation n’est toutefois jamais bonne conseillère. Pour redonner à la France ses lettres de noblesse en matière de dignité humaine, il convient avant tout de garder à l’esprit que les décisions prises aujourd’hui engagent notre pays pour l’avenir.
A la manière de Mencius : « Ceux qui s’avancent trop précipitamment reculeront encore plus vite ».
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31 juillet 2009
Pourquoi passer de la cellule au Barreau n’est pas une simple affaire ?

L'hebdomadaire catholique La Vie a récemment publié une interview de l'avocat Christian Laplanche. Interview ordinaire ? Pas tant que cela puisque le tout nouveau « Me Laplanche » a était dans une vie antérieure l'auteur d'une douzaine de braquages et a été incarcéré pendant près de 18 mois.
Cet ancien détenu, plus que rangé aujourd'hui, a confié à La Vie toutes les difficultés rencontrées par un ex-taulard pour faire accepter sa réinsertion, et encore plus lorsqu'il s'agit de passer de l'autre côté de la barrière.
Extrait :
« Pour devenir un nouvel homme, Christian Laplanche s'est battu, avec une énergie folle. Longtemps, d'autres n'ont pas voulu accepter sa mue. Il ne restait pourtant plus rien en lui de cet adolescent mal dans sa peau, élevé par sa grand-mère loin de ses parents, qui avait commis une douzaine de braquages, en 1982, blessé un policier municipal à la jambe, et avait été incarcéré 18 mois, en deux séjours. Il était devenu professeur de droit, et même maître de conférences, en poste à l'université de Cayenne, en Guyane. Mais quand, en 2003, de retour en métropole, il a voulu devenir avocat, le barreau de Nîmes s'y est opposé. Ces redresseurs de torts qui se gargarisent du mot réinsertion ont voulu le bannir à jamais ! Christian Laplanche n'a pas renoncé, s'est dressé contre le conseil de l'ordre.
Au total, son combat a duré « cinq ans et demi ». Une première fois, il a triomphé, prêté serment, s'est installé à Nîmes, sa ville. Mais, le 21 mars 2006, après une décision de la Cour de cassation infirmant l'arrêt de la cour d'appel qui l'avait accepté dans la profession, il a dû fermer son cabinet, après 15 mois d'activité. En juillet 2008, il a de nouveau prêté serment devant le barreau de Paris. De nouveau enfilé la robe noire. À 46 ans, il exerce enfin le métier pour lequel il se sent une vocation profonde. »
Lire la suite sur La Vie « de la prison au barreau »
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