18 mai 2012
Pourquoi la République est-t-elle de retour ?

L’avions nous trop blessé au point qu’elle nous ait délaissée ? L’avions nous trop froissé au point qu’elle se soit envolée ? Nous voici rassurés, la République tant aimée est aujourd’hui retrouvée !
Beaucoup jugeront ces vers trop marqués. Je ne dis pas ici que nous avions succombé à une quelconque autocratie. Mais emphatique au possible, je persiste et je signe. On n’en fera jamais trop pour réaffirmer que la République est une idée aussi belle que généreuse. On n’en fera jamais trop pour rappeler que la République concède à tous les mêmes droits et les mêmes devoirs.
Je ne brise aucun tabou. Tout au long du quinquennat qui vient de s’achever, je n’ai jamais cessé de croire et jamais renoncé à défendre ma conception de cette République à laquelle je suis tant attaché. Nombre de mots prononcés, nombre de faits avérés m’ont fait un temps douter que la République de tous, la République pour tous, soit à jamais oubliée.

Lors de sa journée d’investiture, le nouveau Chef de l’Etat a ponctué ses discours de références qui m'apparaissent aussi simples qu'essentielles :
Au Palais de l’Elysée il a souligné son devoir de contribuer à faire vivre les français sans distinction autour des mêmes valeurs. Il a insisté sur une lecture non déviée de notre Constitution. Il a martelé la primauté de la jeunesse et en a appelé au nécessaire devoir d’exemplarité dans la conduite des affaires de l'Etat.
Au jardin des Tuileries, un brin décrié, il n’a pas vacillé, il n'a pas renoncé en venant rendre hommage au Jules Ferry initiateur de l’Ecole de la République. L’Ecole laïque, obligatoire et gratuite. L’Ecole de tous les savoirs et lieu de la véritable égalité. Il a mis fin à une incohérence passée qui voulait que l’enseignement d’un maître soit relégué derrière celui d’un prêtre ou d’un pasteur, en réaffirmant que « si le savoir n'est pas le monopole du maître, celui-ci garde la responsabilité d'en ordonner le sens ».
Sur ce même élan un jour sans doute, nous serons amenés à rendre un hommage identique à Jean Zay qui en sa qualité de Ministre de l'Education Nationale, entendait utiliser l'Ecole comme base d'expression du civisme et de toutes les intelligences citoyennes.
Ne faisons pas de procès en mauvais républicanisme. Liberté est donnée à chacun d'en interpréter le sens souhaité. Il convient toutefois de revenir aux fondamentaux, à nos fondamentaux, véritables ferments de notre identité nationale et de replacer les curseurs au bon endroit. La République française n'est pas n'importe quelle forme de République. Elle est une, indivisible, laïque et humaniste.
La République n’était pas partie fâchée. Elle s’était juste éclipsée quelques temps. Ce temps est révolu, la République authentique est de retour !
A la manière de Victor Hugo : « la République affirme le droit et impose le devoir ».
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15 mai 2012
François Hollande entre à l'Elysée

Programme de la cérémonie d’investiture du président François Hollande :
- 10h. Arrivée de François Hollande au Palais de l'Elysée, où il sera accueilli dans la cour d'honneur par Nicolas Sarkozy pour la cérémonie de passation des pouvoirs. Un entretien entre les deux hommes aura lieu à l'intérieur du palais, à l'occasion duquel le chef de l'Etat sortant fera le tour des dossiers en cours et transmettra à son successeur les codes nucléaires.
- 10h45. Après la proclamation des résultats officiels et la réception du collier de grand maître de l'ordre de la Légion d'honneur, François Hollande prononcera son discours d'investiture, qui sera ponctué des 21 coups de canon tirés devant l'Hôtel des Invalides. Il saluera ensuite les invités à la cérémonie.
- 11h15. A bord d'une Citroën DS5 décapotable, le nouveau Président de la république remontera les Champs-Elysées et rendra hommage au Soldat inconnu sous l'Arc de Triomphe.
- Vers 12h. A la mi-journée, François Hollande a convié les anciens Premiers ministres socialistes à déjeuner.
- Vers 14h. En début d'après-midi, François Hollande a choisi de faire deux visites symboliques. Au jardin des Tuileries d'abord, devant la statue de Jules Ferry, entré dans l'histoire de France pour sa promotion de l'école de la République, gratuite, laïque et obligatoire. Puis à l'Institut Curie, en l'honneur de Marie Curie, la physicienne et chimiste française d'origine polonaise, double prix Nobel. Une "façon de respecter l'intelligence qui vient de l'étranger et de réaffirmer la promesse républicaine d’intégration des personnes d’origine étrangère".
- 15h. Comme le veut la tradition, le Président de la république élu sera ensuite reçu à l'Hôtel de Ville de Paris pour ce qui s'apparente à une "visite d'Etat", retransmise sur écran géant sur le parvis du bâtiment. Il sera accueilli par Bertrand Delanoë, pour un bref entretien dans son bureau, au terme duquel il le conduira Salon Bertrand, où l'exécutif municipal l'attendra. Le chef de l'Etat signera alors un "parchemin" attestant sa visite. Direction ensuite la Salle des Fêtes de l'Hôtel de Ville, en présence de nombreux invités. Le maire de Paris prononcera un discours, François Hollande lui répondra.
- 16h. Fin des symboles. François Hollande s'envolera pour Berlin, où l'attendra Angela Merkel, pour une réunion de travail, suivie d'une conférence de presse et d'un dîner officiel à la Chancellerie. Le nom du Premier ministre sera communiqué à la presse après la cérémonie de l'Hôtel de Ville. La composition du gouvernement doit être arrêtée pour mercredi en fin de journée.
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09 mai 2012
Pourquoi la première fois où j'ai vu pleurer mon père ?

Il y a des moments de vie que personne n'oublie. De fugaces instants de bonheur ou de malheur. Des scènes qui reviennent hanter votre mémoire comme par un effet de boomerang. Des dates improbables venues troubler votre vie.
Comme beaucoup, je me souviens avec précision, de l'endroit et des circonstances de mon premier baiser, de mon premier amour, lorsque j'ai eu mon bac, lors de la mort de la Princesse Diana, lorsque j'ai dit adieu à des proches ou que Jean-Marie Le Pen accède au deuxième tour de la présidentielle maudite de 2002.
Si comme pour conjurer le sort, j'essaye de chasser les souvenirs les plus douloureux pour me consacrer aux plus heureux, une date reste étrangement gravée dans ma mémoire. C'était au soir du dimanche 7 mai 1995, le jour où pour la première fois j'ai vu pleurer mon père.
Cette date, à nulle autre pareille, n'échappera pas aux passionnés et aux autres inconditionnels de notre vie politique. Ce jour là à 20H précises, Jacques Chirac est devenu le 22ème président de la République et le 5ème de la Vème République.
Par quel étrange concours de circonstance un tel événement, somme toute purement démocratique et aussi anodin, aurais-t-il pu venir ébranler la solidité émotionnelle d'un homme rompu au combat idéologique et à l'éternelle lutte des classes ?
Justement, l'élection de Jacques Chirac sonnait comme un échec de ce même combat et de cette même lutte, l'échec d'une période vécue et brisée, l'échec d'un Peuple qui avait porté 14 ans auparavant un François Mitterrand au pouvoir et demeurant à ce jour, le seul président de la République de gauche de cette Vème République.
Je me souviens de cet instant tragique où, dans la salle à manger familiale du 2 allée des cerisiers, nous avions tous le regard tourné vers cette télévision où s'est affiché le visage du grand Jacques. Je me souviens alors de mon père, assis dans le canapé, retomber lourdement sur lui-même en baissant la tête de celui qui est vaincu par K-O.
Je me souviens l'avoir vu se relever lentement et se diriger vers la cuisine voisine pour venir observer par la fenêtre le temps béni qui venait de s'achever. Sans me soucier du drame personnel qui se jouait à côté, je décide d'y rejoindre mon père pour relever ses premières réactions.
Je m'approche de lui d'un pas discret et, me sentant approcher, observe sa main tentant vainement de camoufler les larmes qui alourdissaient sa joue. Tellement surpris puis inquiet, je lui demande simplement : « Mais papa, pourquoi tu pleures ? ». Mon père se sachant démasqué me lâche un laconique : « Tu sais mon fils, on (les ouvriers) a mis plus de 20 ans à les foutre à la porte (la droite) et maintenant, ils reviennent au galop ! ».
Certains souriront à l'évocation de ce souvenir. Pourtant, lorsque ce dimanche 6 mai 2012 à 20H, le visage de François Hollande s'est imposé sur tous les écrans de télévision nous apprenant qu'il venait d'être élu à la présidence de la République, ce moment du passé, cet instant de pudeur partagée avec mon père il y a quelques années, m'est revenu en tête. Non, je n'ai jamais oublié la première fois où j'ai vu pleurer mon père !
17 ans ont passé et les temps ont bien changé. La présidence de Nicolas Sarkozy s'achève sur un tel constat d'amertume, qu'elle nous a fait regretter celle de Jacques Chirac devenu notre regretté Cheguevara !
C'est vrai que pour toi papa, cette gauche qui redécouvre l'ivresse d'une victoire si longtemps attendue, ce n'est pas vraiment la gauche de tes espérances passées. Mais papa, cette gauche là, aussi imparfaite soit-elle, ce n'est pas la droite !

De la même manière que je n'ai jamais oublié le 7 mai 1995, je n'oublierais pas ce 6 mai 2012 où je sais qu'à quelques 550 km de distance, au même moment où je me suis laissé envahir par la joie, mon père a sans doute laisser parler la sienne. Cette fois-ci, 17 ans après, les larmes que nous avons versé sont celles d'un bonheur retrouvé.
A la manière de George Meredith : « La lutte donne au triomphe la saveur de la passion, et la victoire embellit la conquête ».
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20 avril 2012
Pourquoi mon choix pour la France ?

Moment privilégié de la vie démocratique de notre pays, l'élection présidentielle est le rendez-vous des français avec leur propre Histoire. Lorsque l'on souhaite ménager ses amitiés ou son propre avenir professionnel, il n'est jamais bon de trop se livrer. Pourtant, il ne faut jamais manquer une occasion de donner son opinion et de confier sa propre part de vérité, dans le respect des convictions et des choix de chacun.
Clairement démocrate, profondément républicain, c'est en toute conscience et en toute liberté que je me risque pourtant, aujourd'hui, à exprimer et à expliquer mon choix pour la France.
Lors de l'élection présidentielle de 2007, et encore traumatisé par le rendez-vous manqué de 2002, je n'ai pas aimé la désignation et la campagne de Ségolène Royal. Désignée par des militants PS bien plus aveuglés par la folie sondagière que par la réalité des aspirations souhaitées par les français, j'ai voté François Bayrou au premier tour et, contre Nicolas Sarkozy au second. Ce dernier fut porté logiquement à la présidence par un Peuple hésitant et un Parti Socialiste mauvais joueur envers sa candidate.
Si je confesse avoir été un Sarko-indifférent assumé en début de quinquennat, c'est en décembre 2009 lors du référendum suisse contre la construction de minarets et la tribune honteuse du président de la République dans le journal Le Monde, que je suis devenu un Anti-Sarkozyste pleinement affirmé. Les débats orientés, la stigmatisation permanente des populations, la différenciation sociale et la multitude des propos déplacés tout au long du quinquennat, m'ont confirmé dans la conviction que je ne veux plus vivre dans une France et une République dirigées par un Nicolas Sarkozy qui, à mon sens, n'a eu de cesse de déprécier la fonction présidentielle.
Le président, Chef de l’État, se doit de prendre de la hauteur et ne pas confondre ses intérêts personnels -privés ou politiques- avec les intérêts supérieurs de notre pays. Cinq ans ont suffit à Nicolas Sarkozy et sa majorité parlementaire, pour affaiblir les repères d'une société déjà en proie au doute. Cinq longues années à fouler du pied les bons usages républicains, à faire des croches pattes répétés au principe de Laïcité garante d'égalité, à mélanger les genres et à utiliser le Palais de l’Élysée comme une annexe exclusive de l'UMP. Cette méthode toute particulière de la conduite des affaires de l’État, demeure incompatible avec ma vision d'une République affirmée et d'une France qui s'adresse sans exception, à tous les français.
Sans m'abaisser à user de termes inconvenants, je souhaite que notre Peuple, fort de sa sagesse et de l'expérience passée, partage avec moi l'analyse qu'il est devenu impossible de reconduire dans ses fonctions un président Nicolas Sarkozy qui n'a respecté ni ses engagements envers les français, ni son devoir moral envers la Nation.
L'élection présidentielle de 2012 s'est déroulé dans un climat bien particulier très éloigné de l'image de la Vème République telle que l'avait pensée Charles De Gaulle. Habitués jusque là aux débats portants sur des sujets institutionnels et des visions affirmées sur le devenir de la France, les français ont du se contenter de petites phrases et de grandes postures morales. Les grands desseins de la Nation attendront.
Dans mes votes « présidentiels » précédents, j'ai toujours veillé à apporter ma voix au premier tour à mon candidat de cœur. La femme ou l'homme capable de développer un véritable projet de société, représentatif d'une République de droits et devoirs égaux pour tous. Au regard des évolutions de cette même société dans la période qui s'achève, je suis contraint de reconnaître que l'aspect programmatique ne déterminera pas mon vote de 2012.
Je n'ai pas aimé vivre dans la France de Nicolas Sarkozy. Le français que je suis, attaché aux principes de liberté, d'égalité et de fraternité, a souffert et s'est senti humilié de trop nombreuses fois de voir la République sacrifiée au nom des intérêts personnels d'une minorité.
Ainsi, mon choix aurait du se porter presque naturellement vers François Bayrou. Celui qui à mon sens a été le plus précis dans les propositions qu'il a déclinées. Mais le cru Bayrou 2012 n'a pas la même saveur de celui de 2007. Les enjeux sont différents et une France qui a subi en cinq ans une telle révolution de pensée, ne peut se payer le luxe de s'offrir le ni-à droite, ni à gauche, prôné par le centriste. Notre pays s'est trop égaré et de nouvelles lignes plus précises doivent être définies.
Je ne suis pas un électeur socialiste de premier tour. Bien qu'ayant milité à Puteaux, dans des circonstances très particulières, j'ai toujours veillé à ne pas laisser une hégémonie trop importante au PS à gauche. Souvent, j'ai voté pour les écologistes au premier tour lors de différents scrutins. La primaire des Verts, le trust électoral, l'amateurisme des militants et la campagne affligeante d’Éva Joly m'ont fait définitivement renoncer à cette option sans valeur et sans effet pour le devenir du pays. Je marque ici ma rupture avec l'écologie politique.
Dans une France en crise, dans une société où les bases s'effritent j'ai, comme nombre de français, eu envie de tout changer et faire table rase du passé. La promesse d'une VIème République attendue et d'un discours simple et populiste m'ont naturellement porté à jeter un regard attentif sur Jean-Luc Mélenchon. Attiré par sa gouaille, sa diatribe naturelle et les prouesses de ce tribun de talent, il s'en est fallu de peu pour que je lui accorde mon vote. Il restera mon candidat de cœur dans cette élection présidentielle. Le meilleur de tous.
Cette élection présidentielle a la particularité de répondre à une question par une autre question. Loin de moi l'idée d'occulter le devenir de la France au-delà des cinq prochaines années. Mais, à mes yeux, l'essentiel est ailleurs aujourd'hui. Le véritable enjeu est de réconcilier les français avec eux-mêmes.
J'ai perdu nombre de mes illusions. Ma vision utopique s'est fanée. Je ne crois plus aux lendemains meilleurs. Je ne crois plus aux vaines promesses faites et rarement tenues. Je ne crois plus dans la parole de dirigeants intrigués et intrigants.

En revanche, je crois dans les valeurs qui nous rassemblent. Je crois en une société juste, mixte et fière de sa diversité. Je crois dans une République qui protège et respecte ses enfants, tous ses enfants. Je crois dans la grandeur de la France. Une France qui relève la tête et qui porte haut les principes qui ont toujours fait sa gloire.
A ce titre, je suis certain que Nicolas Sarkozy ne doit pas être réélu. Je suis convaincu que la France a besoin d'un grand bol d'air frais, d'un grand moment d'alternance.
Je ne veux rien avoir à regretter, le 22 avril et le 6 mai : je vote pour François Hollande !
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09 avril 2012
Pourquoi ma fable de Pâques

Profitons d’un week-end Pascal quelque peu prolongé pour retrouver un brin de plénitude et de sérénité. C'est une fable que je viens ici vous raconter :
Dans une période troublée et Ô combien mouvementée, cette campagne présidentielle n’arrive pas à point nommé.
Le printemps désormais arrivé, il n’est que grand temps de célébrer ce qui jusqu’ici n’a été qu’honteusement sacrifié.
Célébrerons-nous cette satanée politique jonchée de pantins parfois malfamés ? Que nenni ! C’est un bien outragé que je souhaite ici fêter.
Souvent maudits ou vertement critiqués, c’est de diversité et sur les étrangers que je souhaite m’émerveiller.
Y parvenir n’est pas toujours chose aisée, mais c’est la France que l’on désire ré-enchanter.
République méprisée et régulièrement outragée, d’ici quelques semaines c’est de repos que tu seras bardé.
Ce Peuple grognard bien plus souvent goguenard, renieras toujours tout sauf de remplir son bon devoir.
Attendre, plaisir éternel pour ne jamais décevoir ! Attendre, plaisir d’un jour et pour toujours !
A la manière de Voltaire :"La fable est la soeur aînée de l'Histoire".
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30 mars 2012
Pourquoi le radicalisme se nourrit du repli carcéral ?

Lors de son allocation consécutive à l’assaut du Raid contre Mohamed Merah, le président Sarkozy a annoncé une batterie de mesures complémentaires visant à lutter contre le terrorisme. Parmi elles, une mesure concerne la mise en place d’une réflexion sur la propagation des idéologies extrémistes en prison.
En réponse à cette annonce, le journal La Croix a publié des extraits d’un courrier que lui a adressé Abdelhak Eddouk, coordinateur de l’Aumônerie musulmane à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, sur le constat du radicalisme religieux en prison et des propositions permettant d’y remédier :
« Y a-t-il un radicalisme religieux dans les prisons ? Ce phénomène existe bel et bien. Il faut être aveugle, pour ne pas dire complice, pour le nier. Seulement, le reconnaître ne doit faire de lui un phénomène majoritaire. Un seul cas, qui pourrait provoquer un drame tel que celui de Montauban et de Toulouse, serait toujours un cas de trop. Mais il ne doit pas nous conduire à l’extrême en stigmatisant et pénalisant la majorité de la population carcérale, en l’accusant de ce qu’elle n’est pas.
Il faut distinguer deux types de radicalisme au sein de la prison. Le radicalisme idéologique, exprimé par des individus qui se trouvent en prison à la suite des affaires liées à leur idéologie extrémiste, et cherchent par tous les moyens à s’imposer en tant qu’imams ou leaders autoproclamés. Le radicalisme de ces individus ne reconnaît aucune limite, comme il n’obéit à aucun ordre.
Il y a ensuite le radicalisme comportemental. Il est exprimé par des détenus influencés par les premiers. Pour la majorité, ils n’ont aucune formation religieuse. Cette forme de radicalisme s’exprime par un changement brutal dans leur apparence (barbe, tenue vestimentaire…), mais elle n’altère pas la reconnaissance du règlement intérieur des établissements pénitentiaires, ni les rapports avec le personnel. Elle peut provoquer des demandes à caractère cultuel, mais elle ne dépasse pas les limites de l’organisation carcérale.
Cette distinction s’avère nécessaire pour éviter tout amalgame dans les rapports avec les détenus. Depuis quelques années maintenant, le radicalisme religieux en prison n’est présenté que sous un seul et unique schéma, qui ne reconnaît aucune frontière, entre les détenus qui cherchent à donner un sens à leur vie et les détenus qui sont dans la revendication idéologique. Ce schéma ne laisse aucune chance à l’écrasante majorité des détenus qui, lorsqu’ils empruntent le chemin de la religiosité, ne sont que dans une démarche spirituelle provoquée par le regret.
Comment éviter le risque de radicalisation religieuse dans les prisons ? Les circuits classiques, qui permettent au détenu de garder les repères, dépendent beaucoup du parcours de vie de chacun. Mais les plus importants sont la famille et l’encadrement au sein de la détention. Un troisième se rajoute lorsqu’il s’agit de la pratique religieuse : la présence de l’aumônier. Lorsque le détenu est entouré d’une bonne prise en charge familiale, administrative et religieuse, ses chances d’une réinsertion post-carcérale sont plus que sûres.
La pire des situations qui puisse arriver aux détenus, notamment les jeunes récidivistes, c’est de ne plus avoir de contacts avec leurs proches. Perdre l’espoir d’un parloir familial, c’est rompre avec les racines. Ainsi, le jeune détenu devient le client idéal pour tout type d’endoctrinement.
L’autre prise en charge doit être administrative. Dans beaucoup de prisons françaises, les syndicats déplorent le manque de personnel, notamment de proximité, pour que toutes les activités, et donc les mouvements, puissent se faire dans des conditions satisfaisantes. Nous constatons aussi que certains détenus, pour plusieurs raisons, ne sont pas assez motivés pour suivre l’ensemble des activités proposées, malgré les efforts du personnel pénitentiaire et des autres intervenants. Une vigilance à l’égard de ce type de détenus est plus que nécessaire, car n’être inscrit à aucune activité ne veut pas nécessairement dire que le détenu n’a aucune activité.
Sur le plan religieux, tout le monde s’accorde pour dire que les prisons françaises manquent cruellement d’aumôniers musulmans. Tous ceux qui sont sur le terrain estiment qu’il faut au moins tripler le nombre des aumôniers musulmans. Seulement, suffit-il de mettre un certain nombre d’aumôniers musulmans dans les prisons pour prétendre répondre à la demande ? Un aumônier dépourvu d’une formation adéquate risque de se trouver discrédité par un simple détenu qui ne maîtrise qu’une seule littérature religieuse, celle de la haine. »
Notons que le coordinateur de l’Aumônerie musulmane ne nie en aucune manière la fragilité de jeunes détenus face aux idéologies prônées par les ultras ou certains de leurs aînés, tout en soulignant l’importance d’une formation adaptée et d’un encadrement renforcé des personnels chargés de leur détention.
En trame des annonces du Chef de l’Etat, il faut relever une précipitation devenue coutumière à vouloir légiférer sur des sujets d’importance qui méritent pourtant d’être traités dans le calme et la sérénité. Toutes formulations de Lois ou de mesures rédigées dans la précipitation, conduisent trop souvent à de mauvaises interprétations dans la possibilité de leur mise en application sur le terrain. Les prisons ne font pas exception.
Le renforcement et le maintien des liens familiaux, le suivi psychologique et psychiatrique des détenus, ainsi que le développement des programmes d’éducation et de réinsertion prennent ici tout leur sens. La prison est une sanction. Elle a pour fonction d’écarter de la société ceux qui n’ont pas respecté les règles. Elle a toutefois l’impérieuse nécessité de préparer les détenus à leur retour dans une société de droits et de devoirs.
Toujours sur le même sujet : retrouvez l’avis du Contrôleur Général des Prisons, Jean-Marie Delarue, sur l’exercice des cultes en prison et l’article que j’avais consacré à ce rapport en mai 2011.
A la manière de François-René de Chateaubriant : « Tout crime porte en soi une incapacité radicale et un germe de malheur : pratiquons donc le bien pour être heureux, et soyons justes pour être habiles. »
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28 mars 2012
Pourquoi le piège Sarko-musulman ?

Les attentats terroristes perpétrés par Mohamed Merah n’en finissent pas de troubler une opinion publique bercée entre horreur et questionnement. Au grand dam de certains, cet évènement dramatique ne place pas pour autant le thème sécuritaire au cœur des attentes des français dans cette campagne présidentielle.
Pour autant, celui-ci constitue un vilain retour de flamme pour la stratégie politicienne mise en place par l’équipe du candidat-président Nicolas Sarkozy bien avant son élection en mai 2007. Une stratégie politicienne qui visait à siphonner les voix du Front National en le débordant sur ses thèmes de prédilection et en y ajoutant un savant mélange d’amateurisme, de vulgarité et de malhonnêteté intellectuelle.
Arrivés au crépuscule du dernier quinquennat, il est grand temps de dresser le bilan désastreux de la politique de stigmatisation quasi-permanente menée contre l’Islam et les musulmans par le président Sarkozy, ses conseillers ou autres membres de l’UMP.
Résumons simplement par : l’épisode du Karcher, le discours de St-Jean-de-Latran, le débat sur l’identité nationale, le discours de Grenoble, la loi anti-Burqa, les insinuations liant le mot délinquance à celui d’immigration ou de « l’appel à la tolérance des mulsmans de France » du président Sarkozy lors du référendum sur les minarets en Suisse.
Tous ces éléments sont autant d’entorses répétées et avouées au principe de Laïcité et, d’attaques à peine dissimulées dirigées contre les musulmans présents sur notre territoire qu’ils soient français ou étrangers.
Au moment où la France traverse un épisode sinistre, comment peut-on avoir le culot d’appeler à l’unité nationale de tous les français alors, que ce président et cette majorité n’ont eu de cesse de considérer nos compatriotes musulmans comme des citoyens de seconde zone ?
Nicolas Sarkozy s’est toujours défendu d’être le porte-parole de ceux qui considèrent l’islamophobie comme un loisir. Au regard des politiques conduites ces dernières années et de la sémantique provocatrice employée par des gens comme Brice Hortefeux, Henri Guaino, Claude Guéant, Christian Vanneste et autres membres de la Droite Populaire, il appartient aux français de dire s’ils souhaitent poursuivre ce mélange des genres nauséabond.
Un retour aux fondamentaux républicains m'apparait essentiel. Ces valeurs fondamentales placent la tolérance au coeur de toute idée de développement pour notre société, en passant par un rejet ferme de toute stigmatisation de population. Il n'existe pas de "musulmans d'apparence" ou de citoyens inférieurs en droits et en devoirs, il n'y a que des français fiers de leur diversité et profondément attachés à l'égalité de tous !
Je dis non à cette République des infidèles. Infidèles aux valeurs universelles de la France !
A la manière d’un proverbe québécois : « Quant la cruche est pleine, elle renverse ».
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26 mars 2012
Pourquoi Mélenchon modifie tous les repères ?

La société a perdu ses repères. Une poule n'y retrouverait pas ses poussins ! De tout temps les torchons étaient tenus à distance des serviettes. Si jadis, un gosse de riche répondait au style chemisette pantalon à pinces mocassins et raie sur le côté, le gamin de la basse lui s'en tenait fièrement au tee-shirt jeans troué baskets et cheveux en bataille.
Il y avait les « salauds » à droite et la « vermine » à gauche ! Si tu allais à l'école des curés et que papa était cadre, tu étais destiné à voter à droite ! Si en revanche tu allais à l'école des ânes et que papa ne dépassait pas la maîtrise en fin de carrière, tu voterais forcément à gauche !
Pour les meetings politiques c'était un peu la même chose. A droite c'était Bleu-Blanc-Rouge et Marseillaise quant la gauche était toute rouge point levé avec l'infatigable Internationale ! Depuis 2007, j'avais laissé ma France à droite en état de grâce rangée aux ordres de Nicolas Sarkozy, avec ma gauche égarée dans la ségosphère et un PC sous Buffet totalement écrasé.
Cinq années écoulées, les temps ont bien changé ! La droite a perdu la République quant Mélenchon a repris la Bastille ! L'UMP rempli les salles du Président de ses propres militants réquisitionnés quant Mélenchon déborde les boulevards parisiens de tout ce que la capitale compte de cocos et de bobos. Pour Sarkozy c'est meeting avec la clientèle des chiffres et des lettres et du JT de TF1 quant Mélenchon mise sur celle des chaînes infos et de toutes les séries US quant y'a pas Top Chef à la télé !
La France forte fortement ébranlée s'oppose à la reprise du pouvoir par un front d'un genre nouveau. Le président du Peuple se donne des airs de Chegevara quant le vrai candidat du Peuple emprunte quelques accents gaulliens. Allez comprendre Charles ! Sarkozy entonne la Marseillaise en solitaire quant Mélenchon la fait toujours précéder par cette satanée Internationale bras tous emmêlés de ses nouveaux camarades !
La société a changé. Tous les codes sont modifiés. Difficile de s'y retrouver même en jouant à qui et qui, où et pourquoi ? Si les rouges sont devenus bleus et que les bleus deviennent tout rouge, mais où sont donc passés les communistes ? C'est à n'y rien comprendre et j'en perds mon latin. L'insurrection civique serait-elle pour demain ? C'est une révolte ? Non Sire, c'est une Révolution !
A la manière de Dominique Muller : « Il s'en faut d'un rien pour que la raison s'égare quant on a perdu ses repères ».
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23 mars 2012
Pourquoi la Justice des faibles ?

Quelques minutes à peine après l’attaque meurtrière de l’école juive Ozar Hatorah ayant couté la vie à trois jeunes enfants et un père de famille, la Justice des faibles, la Justice du Peuple fou a déjà rendu son verdict : la mort !
De FaceBook à Twitter, tout ce qu’internet compte de réseaux sociaux, s’enflamme et bruisse de commentaires aussi rapides que sanguinaires. La sanction suprême et exemplaire, la peine de mort, est immédiatement requise. Le footballeur marseillais André-Pierre Gignac succombe lui-même à cette émotion de l’instant en demandant le retour de la chaise électrique, ignorant sans doute que ce procédé d’exécution n’a jamais été utilisé en France !
Pas de quoi être surpris ! Le Peuple éduqué que nous sommes doit s'interroger sur la dérive grossièrement racoleuse de nos journalistes et des chaines qui les emploient. Le traitement de l'information dans notre pays est devenu une tare insoutenable. La couverture médiatique accordée à la tuerie de Toulouse et au siège de l'appartement de Mohamed Merah était profondément affligeante. BFM TV et I-Télé n'ont plus rien a envié à la Fox !
Aucun mot, aucun qualificatif n’est assez fort pour exprimer notre horreur et notre aversion collective face à ces exécutions primaires. Un homme tuant de sang froid et n’exprimant aucune forme de regrets, est un homme fâché avec l’Humanité. Une Humanité qui l’a pourtant engendré.
Il nous appartient à tous, collectivement, d’assumer et de juger ce type de criminels. De les juger à la hauteur des crimes dont ils se rendent coupables, tout en n’ayant pas l’angélisme de croire que cette pensée pourrait remplacer les vies ôtées.
Un retour vers la peine de mort, quelque soit la nature du crime commis, est impossible. Cette éventualité serait une régression de notre démocratie. La preuve évidente d’un fléchissement collectif et d’un renoncement à combattre les racines du mal. Ce combat passe incontestablement par l'éducation donnée à nos enfants et au devoir de responsabilité des parents qui ne peuvent déléguer cette charge à la société.
La dangerosité et la haine développée par des individus comme Mohamed Merah, méritent toutefois que l’on s’interroge très sérieusement sur les peines qui peuvent être prononcées à leur encontre. Si en France depuis 1986, la peine maximale applicable est de 30 ans incompressibles, le recours à une perpétuité à vie réelle apparait désormais presque indispensable.
Notre loi naturelle, la force de loi républicaine, c’est de ne jamais cesser de prôner et de défendre nos valeurs de Liberté, d’Egalité et de Fraternité. Des valeurs auxquelles il convient d’associer dans les présentes circonstances, la Tolérance et la Justice.
Mohamed Merah voulait ébranler la République. La République a répondu et s'est défendu. Sa mort ne sert pas les desseins de la Justice. Elle permettra sans doute aux familles de toutes les victimes de se dire que les assassinats qui les ont frappé ne sont pas restés impunis. C'est là l'essentiel.
A la manière de Voltaire : « La loi naturelle est l’instinct qui nous fait sentir la justice. »
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14 mars 2012
Pourquoi la bourde présidentielle ?

Il y a quelques jours à peine, j’évoquais la question de la fonction même du Chef de l’Etat au moment où les candidats en lice pour l’élection présidentielle semblent l’avoir parfaitement occulté.
Au lendemain du discours de Nicolas Sarkozy à Villepinte et, de la probable riposte de son principal rival François Hollande en meeting ce soir à Marseille, certains commentateurs de notre vie politique s’interrogent aujourd’hui sur la place que doit tenir le premier des français.
Selon certains, Nicolas Sarkozy a commis l’année même de son élection, une erreur impardonnable aux yeux des français. Ils prêtent même à François Hollande -si celui-ci est élu le 6 mai prochain- l’intention de reproduire cette même erreur fondamentale ! Mais de quelle erreur s’agit-il ?
Mes chers lecteurs : cette erreur fatale, cette tare immonde, c’est d’être ou de devenir un Président proche des français !
L’analyse de ces spécialistes insiste sur le fait que l’esprit de la Vème République selon Charles De Gaulle était respecté du temps des « rois fainéants » si décriés par Nicolas Sarkozy en 2007. A ce titre, le Président doit demeurer la figure majeure de l’exécutif, tout en tenant le rang qui est le sien à savoir, au-dessus de tout…et particulièrement des français eux-mêmes !
Faut-il s’étonner d’un tel constat ou au contraire disposer d’un début d’explication du profond rejet que peut susciter le « style Sarkozy » depuis son instauration à l’Elysée ? Un Président présent sur tous les fronts, qui mêle intérêts nationaux et étrangers, qui mélange les genres et qui ne se place pas au-dessus des partis en considérant le Château comme une annexe de son propre parti, est semble-t-il un Président qui dévalorise la fonction qui doit être la sienne.
Ce raisonnement global donne un écho particulier à la proposition de François Bayrou sur un référendum de moralisation de la vie politique. Injustement passée sous silence par les médias, le projet défendu par le président du MoDem n’offrirait pourtant rien de moins qu’une présidence forte et un Parlement qui ne serait plus une simple chambre d’enregistrement.
Oui mais voilà, pour retrouver cette France qui assume ses fondamentaux et qui préfère se doter d’un Chef d’Etat plutôt que d’un chef de clan, il convient de savoir si notre Loi fondamentale est encore adaptée (ou adaptable) à l’ère vers laquelle nous souhaitons entrer.
Tous les présidents qui ont succédé à Charles De Gaulle ont apporté leur touche personnelle à notre Constitution sans jamais oser franchir le pas de la réécrire. A croire que l’idée de passer de la Vème à la VIème serait un crime de lèse majesté républicaine !
Assez de tergiversations ! Assez de vaines palabres ! Assez de micro-modifications ! Un peu d’audace et de courage que diable ! Modernisons rapidement notre sacro-sainte République !
A la manière de Marcel Proust : « L’audace réussit à ceux qui savent profiter des occasions ».
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