21 décembre 2011
Pourquoi les hussardes de l’UMP ?

Je n’aime pas la conformité car elle est l’ennemie de la diversité. Je n’aime pas les moutons car ils se contentent du minimum. Je n’aime pas l’ordre établi car il sous-entend que rien ne peut être réformé.
Ceci dit, je tiens néanmoins à préciser que : j’aime l’anticonformisme car il permet de se distinguer des autres ; j’aime aussi les brebis galeuses et autres chiens fous car ils sont parfois incontrôlables ; j’aime tout autant le désordre organisé car il permet souvent de faire évoluer les mentalités.
Fidèles lecteurs, vous l’aurez compris, je suis un grand fan des hommes et des femmes qui ne font jamais rien comme les autres et qui ne s’en laisse pas conter. Moi qui suis de nature si critique envers nos responsables politiques je souhaite conserver mon sens inné de la Justice.
Ce sens inné -ardemment défendu- m’oblige donc à rendre un hommage fortement appuyé à deux dames bien connues de tous, qui ne sont pas toujours très drôles, qui sont toujours trop à droite pour moi, mais qui sont des dames qui en ont sous la jupe !
Qui l’eue cru ! L’UMP aussi fourmille de quelques merveilles !
Non, je ne parle point ici de personnages estampillés « Morano » ou « Vanneste » de sinistre mémoire. Non, je veux rendre un hommage unanime aux deux flingueuses de l’UMP, aux deux hussardes de la Majorité Présidentielle, les biens nommées Dames Rama Yadé et Rachida Dati.
Ces Sarko-dégradées ont décidé, vaille que vaille, contre vents et marées, de ratiboiser toutes les allées de l’UMP ! Elles impriment leur marque, elles imposent leur style et donnent des insomnies au troupeau des éternels soumis et autres béni oui-oui.
Je n’ai qu’un mot : MERCI !
A la manière d’Hillary Clinton : « Première dame dans un pays, ce n'est pas un emploi, c'est un rôle. »
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02 avril 2009
Pourquoi le rapport sur le suicide en prison a-t-il été modifié par le Ministère de la Justice ?

Le président de la commission sur la prévention du suicide en milieu carcéral, le Dr Louis Albrand, n'ira pas remettre son rapport à la Chancellerie ce jeudi 2 avril comme prévu, estimant que le texte a été "modifié".
"Je n'irai pas à la chancellerie", a déclaré jeudi le Dr Albrand sur France-Info, expliquant ne pas se reconnaître dans le rapport final. "Ce rapport est modifié. Ce n'est pas le rapport princeps de la commission Albrand". Ce rapport de 155 pages et contenant 20 recommandation avait été commandé en novembre 2008 par Rachida Dati et devait être remis jeudi à 13h00 au directeur de cabinet de la ministre de la Justice.
…
"L'heure est à l'action dans les prisons et aucune des recommandations de mon pré-rapport n'ont été mises oeuvre après trois mois", a-t-il regretté. "Il faut que les politiques s'engagent!". "J'aurais souhaité aller plus loin. Certaines préconisations comme la durée du mitard ne se retrouvent pas dans le rapport. Tout cela reste flou. Non, je ne retrouve pas exactement le rapport que ma commission avait préconisé", a-t-il répété.
Interrogé par l'AFP, un des membres de la commission a déploré "l'interventionnisme" de l'Administration pénitentiaire (AP) dans la rédaction finale du rapport.
Parmi les vingt propositions, le rapport recommande "d'accentuer la formation des personnels", notamment en matière "d'évaluation du potentiel suicidaire" des détenus, à travers la généralisation d'une "grille d'évaluation du potentiel suicidaire". Il conseille également de "favoriser les échanges d'information avec les familles et proches".
…
Réagissant à ces déclarations, l'Observatoire international des prisons (OIP) a réclamé "la constitution d'une commission d'enquête indépendante placée sous l'égide du contrôleur général des lieux de privation de liberté".
Selon l'OIP, 38 suicides ont été dénombrés depuis le 1er janvier 2009 dans les prisons françaises, dont huit survenus au quartier disciplinaire, soit une proportion de 21%. Sur la base d'une équirépartition, ce chiffre correspondrait à un nombre annuel d'environ 151 suicides en 2009, qui signifierait une hausse de 31% par rapport à l'année précédente, affirme l'organisation, qui rappelle que 2008 s'était terminée avec une augmentation de 20% des suicides (115) par rapport à 2007 (96).
A lire sur le site du Nouvel Obs
La sortie médiatique du Dr. Albrand est une pierre jetée dans le jardin du Gouvernement qui, malgré toutes les déclarations de bonnes intentions, ne semble pas prendre la juste mesure des conditions de détention dans notre pays.
Les sévères remontrances du Conseil de l’Europe et de l’Union Européenne sur la situation des prisons françaises n’ont visiblement pas assez porté leurs fruits pour que le Gouvernement décide de suivre à la lettre les recommandations qu’il a pourtant lui-même demandé l’analyse.
A lire les propos du Dr. Albrand et de différents membres de cette commission, le rapport présenté a été volontairement censuré par le Ministère de la Justice et l’Administration Pénitentiaire.
C’est une mauvaise nouvelle pour les détenus, les associations et les professionnels confrontés à la réalité de la vie carcérale.
Depuis le 1er janvier 2009 : 39 suicides (ou morts suspectes) ont été recensés dans les prisons françaises.
14:46 Publié dans Changer la prison en France ? | Lien permanent | Envoyer cette note
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06 mars 2009
Pourquoi l’OIP juge que le projet de loi pénitentiaire est « indécent » pour les détenus ?
Patrick Marest, secrétaire général de l’Observatoire International des Prisons, a accordé une interview au magazine l’Express consécutive à la présentation par la Garde des Sceaux Rachida Dati, du futur projet de loi pénitentiaire devant le Sénat.
Une occasion de rappeler que l’OIP demande au Gouvernement de renoncer à sa volonté de voir se texte bénéficier d’une procédure accélérée. Le Parlement a également la possibilité de la refuser. Cette procédure est jugée dangereuse au moment où l’état des prisons, les conditions de détention dans notre pays et l’organisation de la Justice, méritent que rien ne soit oublié dans la future loi.
Sur le site de l'Observatoire international des prisons (OIP), vous avez ouvert un espace dédié au projet de loi pénitentiaire présenté au Sénat ce mercredi. Pourquoi ?
A l'OIP nous voulons faire en sorte que les médias, les parlementaires et les citoyens puissent disposer de tous les éléments pour comprendre les enjeux de la réforme carcérale. Notre base documentaire, disponible sur le site, comprend notamment l'ensemble des rapports réalisés sur le sujet depuis celui de la commission Canivet il y a neuf ans (NDLR : "Rapport sur l'amélioration du contrôle extérieur des établissements pénitentiaires" remis au Garde des Sceaux le 6 mars 2000).
Ce sont ces textes de référence qui doivent servir de cadre à la réforme de la loi pénitentiaire. Le texte actuel en est trop éloigné.
Que lui reprochez-vous ?
Le projet de loi est inacceptable, et indécent à l'égard des droits des détenus. La réforme de la loi pénitentiaire devait initialement réformer le droit afférent aux prisons et aux détenus de façon à en finir avec une administration pénitentiaire qui restreint à sa guise leurs droits.
L'objectif étant de tourner la page de la prison d'aujourd'hui pour imaginer la prison de demain. Or le projet de loi consacre la prison d'aujourd'hui et pire restaure la situation d'antan. Il ne tient pas compte de ce que disent les instances internationales et nationales depuis dix ans, selon qui la loi pénitentiaire française se révèle incapable de respecter les droits de la personne humaine.
Le projet de loi actuel a été rédigé par l'administration pénitentiaire pour l'administration pénitentiaire à la lumière de ses propres critères et de ses propres critiques. Du coup, les quelques améliorations contenues dans le projet de loi ne changent rien, ou si peu, au quotidien des détenus.
Il faut réorienter la politique pénitentiaire, mais cela ne peut se faire sans une révision de l'ensemble de la politique pénale. C'est toute une révolution culturelle qui doit être envisagée.
Qu'est-ce qui vous inquiète le plus ?
Le projet de loi met en œuvre un système de différenciation des régimes de détention, qui donne la liberté à l'administration pénitentiaire de classer les détenus, notamment en fonction de leur dangerosité. Cette disposition revient à élargir le pouvoir discrétionnaire de l'administration pénitentiaire, alors qu'il faudrait le restreindre. On aggrave l'assujettissement du détenu vis-à-vis de cette administration et on consacre le règne de l'arbitraire.
Qu'attendez-vous de cette discussion au Sénat ?
S'il veut jouer son rôle, le Sénat doit refuser de voter ce projet de loi pour signifier clairement au gouvernement, à la Chancellerie et à l'administration pénitentiaire que c'est à lui de refaire la loi.
N'attendons pas que l'administration pénitentiaire se réforme par elle-même. C'est au législateur d'imposer à cette institution de réparer les dégâts causés.
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26 novembre 2008
Pourquoi Philippe Bilger pense que la prison est devenue un sujet à la mode ?

« la prison, dernier sujet à la mode » c’est le titre du post que viens de publier sur son blog Philippe Bilger –Avocat Général près la cour d’appel de Paris- qui remarque avec une certaine ironie que les medias s’intéressent de plus en plus aux conditions de vie dans les prisons françaises.
Dans son article il invite la Garde des Sceaux Rachida Dati à être aussi efficace pour les prisons qu’elle l’a été dans la réforme de la carte judiciaire….à bon entendeur…..
A lire sur le blog de Philippe Bilger et repris sur le site de Marianne
« On n'a jamais autant parlé des prisons ni écrit sur tous les lieux d'enfermement.
Le commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe y est allé de sa dénonciation. Les "conditions de vie dans les prisons françaises, la rétention de sûreté et la justice juvénile" ont alerté sa sollicitude.
Des audiences ont été annulées à cause de l'état lamentable du dépôt de Créteil (Le Parisien, Le Monde).
On a visité à huis clos la "souricière" au palais de justice à Paris, même si on perçoit mal le rapport de cette expédition avec le procès Ferrara, ou qu'on le perçoit trop bien : tout ce qui est hors sujet est béni qui éloigne du vrai, du seul sujet qui vaille.
Des surveillants ont manifesté devant la maison d'arrêt de Toulon-La Farlède pour protester contre une surpopulation de 780 détenus pour une capacité de 600.
Le contrôleur général des lieux de privation de liberté, Jean-Marie Delarue, dont j'avoue mal appréhender l'ordre de ses priorités - sans doute naïvement, je pensais qu'il allait s'impliquer d'emblée dans les problèmes strictement pénitentiaires alors qu'il semble s'être attaché aux locaux de rétention administrative pour étrangers en situation irrégulière et aux haltes précaires qui y mènent - a mis en cause l'indignité générale des prisons, dépôts des tribunaux, locaux de garde à vue et autres lieux d'enfermement.
Cet unanimisme pourrait me réjouir même si chez la plupart ce regard compassionnel sur la réalité carcérale et l'enfermement largement entendu n'est qu'une manière subtile et démagogique pour dénigrer le fond des politiques qui les entraînent, à mon sens légitimement. Mais, à la longue, cette phase d'observation et d'analyse tourne au grotesque. Ces personnalités ne nous apprennent rien avec leur discours sombre. On savait, on n'ignore pas.
Karl Marx soutenait qu'avant lui les philosophes n'avaient fait qu'interpréter le monde, qu'il lui revenait de le transformer. Pour les prisons, c'est pareil. On en parle trop. Comme pour justifier une absence ou un retard constant dans l'action. Le discours, c'est une tradition française, tient lieu de tout.
Je sais, et heureusement, qu'au début de l'année 2009 sera enfin débattu le projet de loi pénitentiaire mais en attendant ? Dans l'urgence, la garde des Sceaux a su sécuriser les tribunaux qui en avaient besoin. Pourquoi pas un geste fort avant que le législatif prenne la relève ? Pourquoi pas des travaux expéditifs là où le pire est à son comble ? Pourquoi pas la nomination d'un "proconsul" qui, vite, très vite, pallierait les délabrements et les saletés les plus criants ?
J'ai approuvé la nomination d'un contrôleur général. Mais aujourd'hui il nous faut plus qu'un contrôleur : un homme ou une femme d'action qui avec la "truelle" de l'Etat ne parlerait plus, ne dénoncerait plus mais accomplirait.
C'est possible. La ministre a su manifester sa capacité à réagir dans l'improvisation et sous la pression d'événements trop lourds pour que leurs effets soient négligés.
Les crises imposent de bousculer. Sinon, la prison demeurera un sujet de conversation à la mode. Entre la poire et le fromage.
Philippe Bilger »
18:51 Publié dans Changer la prison en France ? | Lien permanent | Envoyer cette note
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